Eucheria, ou Euchérie, est une poétesse du ayant vécu en Gaule, et connue par une seule épigramme satirique, en latin, de trente-deux vers, , ou Vers satiriques contre un certain prétendant.

Biographie Eucheria vivait en Gaule, probablement à l'époque de Sidoine Apollinaire, au cercle duquel elle semble avoir appartenu Voir S. Santella, Per amare Eucheria (2005).. La seule œuvre que nous lui connaissions, mi-épigramme, mi-énigme, dans laquelle elle s'indigne qu'un homme de peu ait osé solliciter sa main, ou ses faveursSelon le sens que l'on donne à , dans le dernier vers : ., suggère qu'elle était de haute naissance. Ce n'est pas une raison suffisante pour identifier la poétesse avec l'épouse homonyme de Dynamius le Patrice : cette dernière mourut en 605/606 et rien n'indique qu'elle ait cultivé la poésie. Eucheria l'épigrammatiste était assez vraisemblablement issue de la famille aristocratique provençale qui produisit saint Eucher (mort entre 449 et 455), important écrivain ecclésiastique, qui fut moine à Lérins avant de devenir évêque de Lyon.

Œuvre Le poème consiste en une série d'adynata, énumérés au long de seize distiques, et trouve son modèle dans la huitième églogue de Virgile ou l'épode XVI d'Horace Virgile, Bucoliques, VIII, 52-56 ; Horace, Épodes, XVI, 25-34. Voir à ce sujet (bien qu'il omette malheureusement Eucheria) E.R. Curtius, La littérature européenne et le Moyen Âge latin. Traduit de l'allemand par Jean Bréjoux. Tome I. Paris, Agora, 1986, p. 170-176 : "7. Le monde renversé".. Les adynata, au nombre de vingt-sept, ce qui en fait la série la plus longue de toute la poésie latine connue, sont disposés selon un plan soigneusement conçu Miroslav Marcovich et Aristoula Georgiadou, « Eucheria's Adynata », et suiv.. Les appariements impossibles s'accumulent avec virtuosité jusqu'à l'ultime impossibilité, celle d'une relation entre Eucheria elle-même et son trop hardi prétendant Peter Dronke, Women Writers of the Middle Ages, Cambridge University Press, 1984, 28-29 . :

Le vocabulaire utilisé dans le poème témoigne de la diversification régionale du latin, processus devant conduire aux différentes langues gallo-romanes James Noel Adams, The Regional Diversification of Latin, 200 BC-AD 600, Cambridge University Press, 2007, 335-337 .. Le poème contient plusieurs néologismes : sericeum, nullificare, crassantus, cavannus. Crassantus, ou craxantus, pourrait être mis en rapport avec le nom du crapaud en ancien provençal, graissan, ce qui donnerait une indication sur la région où vivait EucheriaAntoine Thomas, Crassantus ou Craxantus, nom du crapaud chez Eucheria et ailleurs, Union académique internationale, Bruxelles, 1927 .Antoine Thomas, « Un vers de la poétesse Eucheria, sur le sens du mot crassantus », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1926, vol. 70, , ..

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Éditions et traductions Édition critique du poème : Aemilius Baehrens, Poetae Latini minores. Vol. V. Lipsiae, Teubner, 1883, p. 361-362 Poetae minores, traduction de M. Cabaret-Dupaty. Paris, C.L.F. Panckoucke, Seconde série de la Bibliothèque latine-française, 1842 Poetae minores, traduction d'Ernest Raynaud. Paris, Librairie Garnier Frères, collection « Classiques Garnier », 1931

Études Peter Dronke, Women Writers of the Middle Ages. Cambridge (GB), Cambridge University Press, 1984, p. 28-29. Miroslav Marcovich et Aristoula Georgiadou, « Eucheria's Adynata », dans Illinois Classical Studies, 13/1 (1988), p. 165-174 Stefania Santella, Per amare Eucheria : Anth. Lat. 386 Shackleton Bailey. Bari, Palomar, 2005.

Liens externes

Catégorie:Poétesse de la Rome antique Catégorie:Auteur d'épigrammes du haut Moyen Âge Catégorie:Écrivaine du Ve siècle Catégorie:Écrivain de langue latine Catégorie:Poète du haut Moyen Âge Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom