Bernard Lange, né à Toulouse le et mort à Paris le , est un sculpteur français.
Il se distingue essentiellement par sa fonction de premier restaurateur en chef des Antiques du musée du Louvre lors de sa création en 1793. Bien qu’ayant participé à de nombreux Salons tant toulousains que parisiens, Bernard Lange, ne laisse pas un grand témoignage de son passage, peu d’œuvres nous étant parvenues. Cela est en partie dû à des ventes successives, des détériorations, et surtout au fait que son emploi au sein du musée du Louvre l’a empêché de produire beaucoup d’œuvres. Néanmoins, celles qui nous sont parvenues témoignent de son talent et de son goût affirmé pour le style néoclassique.
Biographie
Bernard Lange voit le jour le à Toulouse dans le quartier de Saint-Cyprien. Issu d’une famille de faiseurs de cordes de violons, Lange se destine tout d’abord à des études de droit qu’il abandonne très vite afin de suivre les cours de l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Toulouse, dans le but de suivre une carrière de sculpteur. Lange se forme alors aux côtés de François Lucas, fils de Pierre Lucas lui-même élève d’Antoine Rivalz. Prônant un retour à l’antique, Lucas donne à son élève une formation d’esprit classique. En 1775, Lange se distingue au salon de l’Académie royale des beaux-arts de Toulouse, en obtenant une médaille de 15 livres pour le premier prix d’anatomie. Puis deux ans après, au Salon de 1777, il remporte la médaille d’orArchives du Musée des Augustins de Toulouse, attestation du prix d’anatomie et de sculpture, n° d’inventaire 48-19-1. en présentant cinq œuvres, Les Arts, le Sacrifice à Flore, un Enfant sur un bélier que Vénus fait promener avec un Sylvain et deux bas-reliefs en terre cuiteRobert Mesuret, les expositions de l’Académie Royale de Toulouse de 1751 à 1791, Espic, Toulouse, 1972, p. 324., Cette médaille lui permet d’envisager sérieusement le voyage en Italie, nécessaire à cette époque pour tout artiste désireux de réussir dans sa profession.
Dès son arrivée à Rome, Lange intègre l’atelier du maître sculpteur Carlo Albacini, atelier important où s’est formé Antonio Canova, et suit les cours de l’Académie de France, dirigée par Joseph-Marie Vien. Le voyage en Italie permet donc à Lange d’accroître sa culture classique, de chercher l’inspiration dans l’étude des grands modèles et lui donne l’occasion de se forger un réseau de relations et de connaissances en prévision du retour en France. Il se lie notamment avec l’archéologue Ennius Quirinus Visconti et fréquente des compatriotes, parfois toulousains, tels que Vigan, Roques, Castex ou Borelli. En 1793, Lange est contraint de quitter précipitamment l’Italie à la suite de l'onde de choc provoquée par la Révolution française. En effet, à la suite de l'assassinat sur le Corso du secrétaire de la Légation, Basseville, les conditions de la vie à Rome se dégradent de jour en jour et la sécurité des expatriés français n’est plus assurée.
Voyageant seul afin de ne pas exposer sa femme et sa fille à des risques inutiles, Lange débarque probablement dans le port de Marseille et s’installe dans la ville d’Antibes pour une durée assez courte.
Aux alentours de 1794-1795, il se voit nommé « statuaire du Louvre » avec la charge de restaurer les anciennes statues plus ou moins mutiléesDesazard de Montgailhard, les artistes toulousains et l’art à Toulouse, Toulouse, 1925, T.3, p. 460., grâce à l’appui d'Ennius Visconti. Les travaux de restauration composent dès 1795 l’essentiel des activités de Lange grâce à la création du Muséum central des arts au Louvre en 1793 et de l’afflux d’œuvres d’art italiennes, fort dégradées par le transport, issues du tribut de guerre de la campagne napoléonienne en Italie.
Son poste de restaurateur des antiques du Louvre offre à Lange l’opportunité de produire quantité de moulages de qualité sur les œuvres originales. Très attaché à Toulouse, sa ville natale, Lange n’aura de cesse d’envoyer ces moulages à l’Académie de peinture, sculpture et architecture.
Lange remplit ses fonctions de restaurateur des statues antiques avec un zèle et une habileté remarquables, mais surtout, il ne cesse de produire des ouvrages de sa composition. Quelques-unes de ses statues ont figuré avec éclat à chacune des expositions du Louvre auxquelles il participa. Plusieurs œuvres ont plus particulièrement fixé l’attention du public, parmi lesquelles deux bas-reliefs exécutés avant 1800, qui se situent dans une des salles du Muséum, l’un l'Egypte montrant le colosse de Memnon, l’autre, la Grèce montrant l’Apollon Pythien. Lange a aussi participé plus tard aux travaux de décoration de la Cour carrée du Louvre en exécutant pour l’une des « lunettes », à côté de l’ouvrage de Jean Goujon, un bas-relief représentant la Logique et l’EloquenceAppelée aussi La Logique et la Rhétorique, numéro d’inventaire LL436.. De même, il laisse au cimetière du Père-Lachaise, plusieurs ornements funéraires.
Durant les quarante-six ans qu’il réside à Paris, et malgré un attachement incontestable à la ville de Toulouse, Lange ne revient dans sa ville natale qu’en 1826, soit cinquante ans après l’avoir quittée, afin d’ériger deux monuments dans l’église paroissiale de Saint-Jérôme. Le premier à François Lucas, en témoignage de sa reconnaissance éternelle, le second, à la mémoire de Jacques-Pascal Virebent.
Au cours de sa longue carrière, Lange sait s’attirer les faveurs des plus grands, la princesse Marie d’Orléans se plaisait à travailler dans le même atelier que lui et le Roi Louis-Philippe le visitait souvent et le complimentait sans cesse.
Bernard Lange achève sa carrière à Paris avec le titre de restaurateur en chef de l’atelier de restauration des statues antiques. Épuisé par une longue maladie, il s’éteint dans sa résidence, située dans le Palais du Louvre, le mardi à l’âge de 85 ans. Ses obsèques sont célébrées le lendemain, à 13 heures, en l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.
À la demande de Jean Suau en 1843, Lange fait don au musée de la ville de Toulouse d’un monument élevé à la mémoire de Bernard Lange. Il consiste en un médaillon de marbre représentant Lange de profil, grand comme nature, et exécuté par Antoine Étex. Ce médaillon est incrusté dans un piédestal sur lequel est placée la statue de Philopoemen à Sellasie, œuvre de Lange en marbre également, qui lui valut une médaille de première classe à l’une des expositions du Louvre sous le Consulat. L’ensemble est aujourd’hui visible dans le salon rouge du musée des Augustins de Toulouse.
Si le vœu le plus cher de Lange qui était de mourir à Toulouse ne fut exaucé, sa ville natale garde un fort témoignage du passage de cet artiste dont elle a conservé bon nombre d’œuvres. Elle lui a rendu un dernier hommage en lui dédiant une place et une rue, entretenant ainsi le souvenir de cet artiste.
Œuvre thumb|Philopoemen à Sellasie (1829), musée des Augustins de Toulouse. Les Arts, bas-relief, terre cuite, 1777, médaille d’or au Salon de l’Académie royale de Toulouse de 1777, localisation inconnue. Sacrifice de Flore, bas-relief, terre cuite, 1777, médaille d’or au Salon de l’Académie royale de Toulouse de 1777, localisation inconnue. Enfant sur un bélier que Vénus fait promener avec un Sylvain, bas-relief, terre cuite, 1777, médaille d’or au Salon de l’Académie royale de Toulouse de 1777, localisation inconnue. Deux bas-reliefs, terre cuite, 1780, Salon de l’Académie royale de Toulouse de 1780. Bacchante au joueur de flûte, bas relief, terre cuite, H : , L : , PR : , entre 1777 et 1794, Musée des Augustins de Toulouse. Faune tirant les cheveux d’une bacchante, bas-relief, terre cuite, H :0.17m, L :0.26m, PR :0.2m, entre 1777 et 1794, Musée des Augustins de Toulouse. Anacréon et l’Amour, modelage, terre cuite, H : 0.16,m, L : , PR : , entre 1777 et 1794, galerie Patrice Bellanger Paris. Les Arts relevés par le Temps, fusain sur papier, 1795, localisation inconnue mais se situait anciennement dans la salle du Conseil de la ville de Bolbec. Philopoemen mégapolitain, statue, plâtre, H : , 1799, Salon de Paris de 1799, localisation inconnue. L'Égypte montrant le colosse de Memnon : bas-relief, terre cuite, H : , L : , PR : , avant 1800, Musée des Augustins de Toulouse. Fusain sur papier, H : , L : , autour de 1800, Musée Paul Dupuy de Toulouse. Bas-relief, marbre, 1800, rotonde de Mars du Musée du Louvre. La Grèce montrant l’Apollon Pythien : bas-relief, terre cuite, H : , L : , PR : , avant 1800, Musée des Augustins de Toulouse. Bas-relief, marbre, 1800, rotonde de Mars du Musée du Louvre. L'Amour et l’Amitié : modelage, terre cuite rose, H : , Diam. socle : , entre 1795 et 1801, Musée des Augustins de Toulouse. Modelage, plâtre, H : , Diam. Socle : , entre 1795 et 1801, Musée des Augustins de Toulouse. Turenne, buste, marbre, 1800, Salon de Paris de 1801, œuvre disparue lors de l’incendie des Tuileries en 1871. Colbert, buste, marbre, 1801, Salon de Paris de 1801, œuvre disparue. Esculape, ronde-bosse, marbre, 1804, prix d’encouragement au Salon de Paris de 1804, œuvre disparue. Jupiter-Soleil, buste sur piédouche, marbre, plâtre et bronze, H : , L : , PR : , 1805, Musée des Augustins de Toulouse. La Logique et l'Éloquence ou La Logique et la Rhétorique : bas-relief, terre cuite blanche, H : , L : , PR : , avant 1806, Musée des Augustins de Toulouse. Bas-relief, terre cuite blanche, H : , L : , PR : , avant 1806, Musée des Augustins de Toulouse. Bas-relief, marbre, H : , L : , PR : , 1806, cour carré du Louvre, aile nord, à l’ouest. Sapho, modelage, terre cuite, 1807, localisation inconnue. Bacchus, ronde-bosse, marbre, H : entre 0.81 et , 1810, Salon de Paris de 1810, localisation inconnue. Flore, il s’agit peut-être d’un buste, plâtre, 1810, Salon de Paris de 1810, localisation inconnue. Le Printemps, esquisse pour une statue, plâtre, H : entre 0.81 et , 1810, Salon de Paris de 1810, localisation inconnue, il se pourrait que cette œuvre soit en Angleterre. Orphée perdant Eurydice pour la seconde fois, ronde-bosse, marbre, 1811, localisation inconnue. Madame Marbelle, buste sur piédouche, terre cuite blanche avec revêtement de peinture monochrome de couleur noire, H : , L : , PR : , H. piédouche : , 1812, Salon de Paris de 1812, Musée des Augustins de Toulouse. Pierre-Théodore Suau, buste, plâtre 1812, en 1812, localisation inconnue. Minerve, buste, marbre, 1812, localisation inconnue. Anacréon et l’Amour, esquisse, terre cuite, H : ; Diamètre de la base : X , vers 1813, collection privée (Paris). Groupe, marbre, 1814, Salon de Paris de 1814, localisation inconnue. Vase aux masques, Vase, marbre, H. avec piédouche : , H : , L : , diam. :0.78m, avant 1815, Musée du Louvre. Cratère bacchique, vase, marbre de carrare, H. avec piédouche : , avant 1815, arrière cour de la Malmaison. thumb|La France et la Religion soutenant les armes de la France, bas-relief surmontant l'inscription , fronton de l'aile Gabriel du château de Versailles. La France et la Religion soutenant les armes de la France, relief, pierre, H : environ , L : environ , 1815-1816, château de Versailles, au fronton du pavillon GabrielBéatrix Saule, La France et la Religion soutenant les armes de la France, notice du catalogue Versailles, décor sculpté extérieur, Château de Versailles, 2005.. Gilles Ménage, buste, marbre, H. : , L : , PR : , 1817, Salon de Paris de 1817, Monument à la mémoire du Bailli de Crussol, Pair de France, monument funéraire, stèle, marbre blanc, 1816 Le Printemps, ronde-bosse, marbre, 1817, Salon de Paris de 1817, localisation inconnue. Cratinos montrant une de ses comédies à Thalie, bas-relief, terre cuite, H : , L : , PR : , 1820, Musée des Augustins de Toulouse. Bas-relief, marbre, 1820, localisation inconnue. Vase de forme Médicis, orné de symboles bacchiques, vase, marbre de Saint-Béat, H : , 1822, actuellement posé sur un pylône de la grille des jardins de l’infante, Paris.