Le combat des Sept est un épisode de la guerre de Cent Ans. Opposant sept chevaliers français et sept chevaliers anglais (anglo-aquitains), ce combat épique se déroule en 1402, selon la tradition, au pied du château de Montendre, au lieu-dit « La motte à Vaillant ».

Contexte En 1154, le remariage de la duchesse Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt marque la formation d'une « Grande Aquitaine » (Guyenne, Saintonge, Poitou, Angoumois…) sous influence anglaise. Les différentes provinces qui la constituent en tirent des avantages politiques (relative autonomie du fait de l'éloignement du centre du pouvoir) et économiques (ouverture du marché britannique aux produits aquitains, notamment au vin de Guyenne et au sel et au vin de Saintonge). Plusieurs villes sont dotées de chartes communales à la fin du , calquées sur les célèbres « Établissements de Rouen ». En dépit de quelques révoltes ponctuelles, la fidélité aux descendants d'Aliénor n'est pas vraiment remise en cause jusqu'au début du . La situation change sous Philippe Auguste, Louis VIII et Louis IX, qui conquièrent une grande partie de la Saintonge, dont une fraction (au sud de la Charente) est rétrocédée aux Anglo-Aquitains lors du traité de Paris (1259).

La guerre de Cent Ans débute en 1337. Région frontalière, la Saintonge est alors en première ligne. Plus que de véritables batailles, il est question d'actions ponctuelles, de raids et de « chevauchées » entrecoupées de trêves plus ou moins bien respectées. Après une période qui voit la reconquête d'une partie de la dot d'Aliénor, puis la recréation d'une nouvelle « Grande Aquitaine » après le traité de Brétigny (1360), le sort des armes s'inverse, et Charles V, secondé par le connétable Du Guesclin, parvient à reprendre le Poitou et la plus grande partie de la Saintonge. En 1385, la seigneurie de Montendre, jusqu'alors aux mains d'un fidèle du roi d'Angleterre, est confisquée par Charles V et donnée à un de ses lieutenants, Jean de Harpedanne, sénéchal de Saintonge. C'est sous l'autorité de ce dernier, désormais seigneur de Montendre, que se déroule le Combat des Sept, au matin du Julien François-Labruyère et Jean-Louis Neveu (dir.), La Haute-Saintonge, Le croît vif, ..

Déroulement Dans la même veine que le célèbre combat des Trente, le combat des Sept relève de la tradition courtoise et chevaleresque médiévale. Un défi ayant été lancé l'honneur exigeait qu'il soit relevé : la proposition d'organiser un combat à sept contre sept « pour l'honneur des Dames » est transmise à Paris, qui envoie sept gentilshommes de la suite du régent, Louis d'Orléans. Les deux parties s'accordent pour faire de Montendre le lieu du combat : probablement au lieu-dit « La motte à Vaillant », au pied du château. Le sénéchal de Harpedanne représente le parti français, et le comte de Rutland le parti anglo-aquitain.

Au matin du , les combattants français (Juvénal des Ursins) et s'engagent à . Tous réputés preux, ils ont à leur tête Arnault Guilhem de Barbazan, chevalier banneret apparenté à la Maison de FoixJean-Bernard de Vaivre, Le rôle armorié du combat de Montendre, , , secondé par Ivon de Carouis, Guillaume du Chastel — frère aîné de Tanneguy du ChastelJean-Bernard de Vaivre, Le rôle armorié du combat de Montendre, , — Pierre de Bréban, chambellan du roi, Guillaume Bataille, Guillaume de La Champagne, chambellan du duc d'Orléans, et Archambaut de VillarsRobert Renaud, De Mons Andronis à Montendre, . Les gentilshommes aquitains font sans doute de même, les chroniques françaises se bornant à rapporter : , précisant malgré tout, non sans quelque partialité : . Ils ont à leur tête un certain Scalles, secondé par Aimar Clouet, Richard Witevalle, Jean Héron (ou Hilton), Jean Fleury, Thomas Tray et Robert de Scalles.

Préambule à la bataille, un héraut crie : et le combat s'engage. Aux lances succèdent rapidement les haches, et c'est bientôt un véritable corps à corps, sans pitié. Carouis, mis en difficulté par Scalles, est secouru par Villars, qui fracasse le crâne de Scalles d'un coup sec, portant , le tuant net. Bataille, également en mauvaise posture face à un adversaire, est secouru par La Champagne. La lutte se poursuit un long moment, et se solde par la victoire des Français. Un manuscrit du temps rapporte :

Ce combat épique sera célébré longtemps par la « propagande » française, sous la plume, notamment, d'Octavien de Saint-Gelais et de Christine de Pisan.

Le , des plaques commémorant cet événement sont placées sur la place des Halles à Montendre (elles sont aujourd'hui fixées à l'entrée de ces mêmes halles).

Notes et références

Annexes Sources et bibliographie Articles connexes Liste des batailles de la guerre de Cent Ans

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