La maladie à virus Zika, également appelée infection à virus Zika, fièvre Zika, voire simplement Zika, est une maladie infectieuse provoquée par le virus Zika, un flavivirus transmis par la piqûre d'un moustique infecté du genre Aedes ; il s'agit du seul arbovirus pour lequel une transmission sexuelle a également été mise en évidence.

D'abord responsable d'épidémies bénignes dans certaines régions tropicales d'Asie et d'Afrique, cette maladie, considérée au début du comme émergente, a provoqué plusieurs épidémies préoccupantes : en 2007 sur les îles Yap aux États fédérés de Micronésie, en 2013 en Polynésie française, en 2014 en Nouvelle-Calédonie. Depuis 2015, elle provoque une épidémie sur le continent américain. Les premiers cas ont été détectés au Brésil, pays le plus touché, avec plus de de cas.

L'infection à virus Zika est habituellement bien tolérée (souvent asymptomatique) ou induit un syndrome évoquant d'autres arboviroses, avec fièvre, éruption cutanée, céphalée et douleurs articulaires, spontanément résolutif. Cependant, l'infection peut provoquer une microcéphalie chez le fœtus de la femme enceinte touchée et augmente probablement le risque de syndrome de Guillain-Barré chez les malades. Le génome du virus est bien détecté par PCR. Il n'existe aucun traitement spécifique. La prévention repose uniquement sur les mesures de lutte contre la transmission par les moustiques (moustiquaire, répulsif…).

En des souches plus virulentes étant apparues, l'Organisation mondiale de la santé a classé le virus Zika comme urgence de santé publique de portée internationale, annonce qui devrait accélérer la lutte internationale contre le virus..

Histoire Découverte thumb|Vidéo avec des sous-titres Le virus est détecté la première fois en avril 1947 chez un singe macaque rhésus utilisé comme « sentinelle » (animal en captivité faisant l'objet d'examens périodiques) lors d'une surveillance de la fièvre jaune dans la forêt Zika, au bord du lac Victoria sur la presqu'île d'Entebbe en Ouganda. Il est à nouveau isolé dans la même forêt en 1948 chez un moustique Aedes africanus. Sa spécificité sérologique est décrite en 1952. La transmission vectorielle par un moustique du genre Aedes est par ailleurs prouvée expérimentalement en laboratoire en 1956..

Le premier cas humain est décrit en 1954. En 1968, puis à nouveau entre 1971 et 1975, le virus est isolé chez l'humain au Nigeria. Entre 1951 et 1981, des preuves d'infections, par isolement de virus ou par la recherche de traces sérologiques chez l'humain, sont détectées dans plusieurs pays africains (Ouganda, Tanzanie, Égypte, République centrafricaine, Sierra Leone, Gabon et Sénégal) et asiatiques (Inde, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Viêt Nam et Indonésie). Le génome du virus est séquencé pour la première fois en 2006..

Pics épidémiques connus et niveaux d'alerte Au début du mois d', une épidémie touche les îles Yap aux États fédérés de Micronésie.. Elle culmine au mois de mai, puis régresse, avec des cas décrits jusqu'en juillet.. Ce sont près de . qui sont probablement attribuables au virus Zika, dont confirmés.. Le virus a probablement été introduit dans îles Yap par un moustique, ou un être humain infecté, venu des Philippines, où des preuves de sa présence ont déjà été mises en évidence. Une étude sérologique montre que près des trois quarts des habitants de l'île ont été infectés, mais aucune hospitalisation, ni aucun décès lié, ne sont recensés.. Le virus gagne également d'autres îles proches, comme Ulithi, Fais, Eauripik, Woleai et Ifalik.

Fin 2013, les services sanitaires de Polynésie française estiment que ont été touchées par le zika sur une période d'environ trois mois, soit un cinquième de la population totale. Cette épidémie de zika touche pour la première fois un territoire associé à un pays européen, provoquant ainsi un intérêt accru de la communauté scientifique, d'autant plus que la Polynésie française dispose d'un réseau hospitalier et de structures permettant d'observer la propagation de ce virus et son impact sur une population. Fin , de complication en syndrome de Guillain-Barré sont enregistrés.. (soit 1 cas sur ).

Une épidémie a touché en 2013-2014 plusieurs îles du Pacifique : la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie (également dans les îles Cook et l'île de Pâques (Chili).

En , l'OMS a fait une déclaration d'urgence et placé le virus sous surveillance élevée, en février l'OMS déclarait la microcéphalie associée au virus Zika au Brésil . Un peu plus de 10 mois plus tard, (le ) l'OMS a mis fin à sa déclaration d'urgence pour recommander une approche de santé publique à portée internationale sur le long terme (PHEIC), ce qui n'est pas une rétrogradation de la maladie sur l'échelle de risque mais , dans les régions où vit le moustique vecteur. L'OMS a insisté sur le fait que le virus Zika et ses complications (dont malformations congénitales et paralysies temporaires) ne disparaîtront pas avant longtempsGretchen Vogel (2016) WHO ends Zika designation as international public health emergency ; News publiée par la Revue Science le 18 novembre 2016. La recherche doit se poursuivre sur les modes de propagation du virus, par le moustique et d'une personne à l'autre, sur l'occurrence et les causes des complications graves, sur l'existence éventuelle de cofacteurs, (autres virus, susceptibilités génétiques, facteurs environnementaux...).

Épidémiologie Répartition avant 2013 vignette|upright=2 |Carte du monde montrant la répartition du virus Zika en 2012 :

Le virus Zika a pour origine des régions tropicales d'Afrique et d'Asie. En Afrique, il a été isolé chez l'humain en Ouganda, en République centrafricaine, au Nigeria et au Sénégal, et des preuves sérologiques d'infections ont été rapportées en Tanzanie, en Égypte, au Sierra Leone, au Gabon, en Éthiopie, en Somalie et au Cameroun. En Asie, il a été isolé en Indonésie et au Cambodge, et des preuves sérologiques d'infections ont été décrites en Inde, en Malaisie, en Thaïlande, au Pakistan, aux Philippines, à Singapour et au Viêt Nam..

Le virus est considéré comme émergent.. après avoir été identifié comme responsable d'une épidémie sur les îles Yap, en États fédérés de Micronésie, et d'autres îles voisines en 2007. Le virus Zika est néanmoins rarement à l'origine de grandes épidémies et sa diffusion est difficile à suivre : l'infection n'est pas obligatoirement symptomatique, et lorsqu'elle l'est, le diagnostic peut être difficile à poser, tant les symptômes peuvent être confondus à ceux d'autres arboviroses comme la dengue ou le chikungunya..

Avant l'épidémie des îles Yap, seuls une quarantaine de cas cliniques étaient décrits. D'autre part, les tests de diagnostic rapide pour la dengue peuvent être sujets à une réactivité croisée avec le virus Zika, occasionnant une mauvaise attribution étiologique pour certaines épidémies de dengue.. L'importance en santé publique et la répartition réelle du virus Zika peuvent dès lors être grandement sous-estimées, ce que tend à suggérer l'amplitude de la séroprévalence mise en évidence dans de nombreuses études.

En 2013, aucun décès ou hospitalisation due à une fièvre Zika n'a été répertorié mais en 2019, alors que les facteurs explicatif de la propagation rapide et à la gravité de la maladie observée lors des épidémies récentes sont encore insaisissablesStephen S. Whitehead & Theodore C. Pierson (2019) { Effects of dengue immunity on Zika virus infection / The factors that contributed to the explosive nature of the 2015 Zika outbreak in the Americas are not well understood. A new analysis explores the link between prior dengue virus exposure and Zika virus infection] |Nature |paru le 25 mars 2019, à la suite de l'étude fine d'une épidémie survenue en 2015 au Brésil, des liens entre ce virus et celui de la Dengue sont apparus. De manière générale, selon les observations disponibles en 2019, une immunité acquise contre la dengue (DENV) protège l'individu contre une infection ultérieure par le ZIKV, ce qui pourrait expliquer la faible incidence de la maladie Zika observée en Afrique du Sud, cependant, au moins dans certaines circonstances, rares, une infection antérieure par la dengue (qui est un virus apparenté, véhiculé par un moustique) semble aggraver le risque de contracter le virus Zika, et qu'il induise une maladie plus aigüe.

Épidémie américaine

vignette|upright=2 |Carte du monde montrant la répartition du virus Zika en janvier 2016 :

thumb|300px|Situation américaine en février 2016

Le virus Zika est détecté dans le Nord-Ouest du Brésil en . Ce pays rapporte ensuite le plus grand nombre de cas de zika jamais décrit jusqu’alors ( suspects, portés à fin selon l'OMS). Le virus est ensuite détecté d' à mi-janvier dans une vingtaine de pays : Argentine, Barbade, Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Haïti, Salvador, Guadeloupe, Guatemala, Guyane, Guyana, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay, Saint-Martin, Salvador, Surinam, Porto Rico, VenezuelaINVS (2015) ZIKA, note de veille sanitaire publié le 22 décembre 2015, complétée 22 janvier 2016..

Le virus a aussi été détecté dans des îles isolées du Pacifique (îles Samoa et Solomon en février-), Fiji (en août) et Vanuatu de même qu'au Cap-Vert au large de l’Afrique ().

Fin 2015, le Suriname Enfissi, A., Codrington, J., Roosblad, J., Kazanji, M., & Rousset, D. (2016). . (présentation)., la Guyane françaiseUn premier cas de zika en Guyane dans France-Antilles, le 18 décembre 2015. puis les îles des petites Antilles. sont à leur tour touchées, puis en , la Barbade avec quelques cas autochtones confirmés sur nationnews le 15 janvier 2016., la MartiniqueZika : la Martinique en alerte dans France-Antilles le 9 janvier 2016. et la GuadeloupeCette fois, le zika est bien là… dans France-Antilles le 16 janvier 2016.. En , deux cas sont détectés en Guyane (par l’Institut Pasteur), puis toujours dans l'arc antillais les agences régionales de santé le repèrent en Martinique ( en ). puis (début ) et en Guadeloupe (avec confinement rapide des malades dans tous ces cas).

Une première hypothèse a été que le virus Zika aurait été importé en Amérique avec l'organisation au Brésil, en été 2014, de la Coupe du monde de football ou bien d'un championnat international de pirogue polynésienne.... Durant le premier semestre 2015, il y avait déjà des cas confirmés dans toutes les régions du pays. Avec des symptômes plus doux que ceux de la dengue ou de la fièvre liée au chikungunya (maladies aussi transmises par le moustique Aedes aegypti), l'épidémie de Zika était considérée comme banale. Mais en , la publication d'analyses moléculaires et de l’horloge phylogénétique de ces souches virales (faite à partir de sept échantillons viraux provenant respectivement de quatre patients spontanément guéris, d’un donneur de sang, d’un adulte décédé de la maladie, et d’un nouveau-né microcéphale et atteint de malformations congénitales) montraient que selon ces données, il n'y a eu qu'une seule introduction de ZIKV dans les Amériques, entre mai et (plus d'un an avant la détection de ZIKV au Brésil). Cette période correspond au Brésil à une augmentation des débarquements de passagers aériens provenant de zones d'endémie ZIKV des îles du Pacifique.

Le virus Zika s'est montré au Brésil potentiellement associé à des symptômes neurologiques graves comme la microcéphalie congénitale (acquise lors des grossesses de femmes infectées) et le syndrome de Guillain-Barré, qui, quoiqu'ils continuent à être rares, augmentèrent beaucoup dans le pays.....