Contrebia Leucade (quelquefois dénommés Contrebia Leukade ou Kontrebia Leukade) est le nom donné à une ville d'origine celtibère dont l'histoire remonte au premier âge du fer. Les ruines ont été jusqu'au présent préservées dans un bon état relatif. La cité se situe au sud-est de La Rioja en Espagne. Aujourd'hui il s'agit de la municipalité d'Aguilar del Río Alhama.

Description physique du site Le relief particulier de cette zone favorise la construction de lieux habités et sa transformation postérieure en ville. L'oppidum est construit sur deux collines, une étant plus haute que l'autre, séparées par une vallée. L'oppidum se situe sur la rive droite de la rivière Alhama, à un point où la rivière trace un méandre. La moitié du périmètre est protégée par une falaise naturelle avec une grande hauteur verticale qui se situe au-dessus de la rivière, ce qui convient parfaitement à la fonction défensive. L'autre moitié de la ville est entourée par un mur et un fossé dont l'union crée un système unique de défense de son temps. L'espace entre l'escarpement et le fossé fait une superficie de 12 hectares. À cela, il faut ajouter une superficie de hectare située sur le côté sud (entre le fossé principal et d'autres éléments complémentaires de défense) et une autre superficie de plus grande dimension, à l'est, entre le fossé et la seconde palissade, à peine visible aujourd'hui, qui était peut-être un espace destiné au bétail.

Évolution de la cité L'histoire de Contrebia Leucade reste en grande partie dans l'ombre. Il est connu peu de chose de la cité, malgré son importance dans l'évolution historique de la Péninsule Ibérique et sa longue histoire, qui comprend environ une vingtaine de siècles Una guía muestra el espectacular yacimiento de Contrebia Leucade. La Rioja, 5 décembre 2008.. Les étapes de son évolution historique peuvent être divisées en plusieurs phases qui comprennent ses deux mille années durant laquelle la ville a été habitée : l'âge du bronze final. De cette étape, appartiennent les restes trouvés dans la Cueva de los Lagos. premier âge du fer. Cette période correspond à une population sédentaire sur la colline occidentale. la ville celtibère. Dans cette phase, la ville celtibère se construit en agrandissant l'espace du lieu habité antérieur. L'impact de la conquête romaine de l'Hispanie oblige à des réparations successives du système défensif. la cité romaine. L'étape de l'occupation romaine commença à la fin du La muraille qui ferme le côté nord fut construite pour se substituer à la muraille nord celtibère qui avait été détruite de ce côté. la ville wisigothique. La population d'origine barbare s'installe dans la ville vers le et jusqu'au avec l'arrivée de l'influence islamique. Il est également possible qu'un détachement militaire wisigoth ait contrôlé la zone, un fait qui est actuellement analysé (2009) Influences nordiques. El Correo, 11 octobre 2009..

Par la suite, la ville fut abandonnée au , et ses habitants allèrent occuper d'autres villages voisins.

Enterrement dans La Cueva de los Lagos vignette|gauche|upright=0.9|Céramique de boquique : Cogotas I, conservée au musée archéologique de Valladolid. Les restes les plus anciens de la présence humaine à Contrebia Leucade ont été trouvés à l'extrémité occidentale du site, appelée La Cueva de los Lagos. Ce lieu est utilisé pour les enterrements par une petite communauté installée sur la Peña del Recuenco. Cette petite communauté se rattache à la culture de Cogotas qui se développe à la fin de l'âge du bronze, à la fin du et au début du .. Cette zone n'a pas encore été fouillée minutieusement. Les restes trouvés dans la grotte appartiennent à un seul individu, un homme dont l'âge est estimé à environ 25 ans.. Sur le site, des objets funéraires ont été trouvés dont un certain nombre de céramiques..

Le premier lieu habité au début de l'âge du fer se situe sur le coteau occidental. Il y a aussi d'autres lieux habités dans les zones limitrophes, comme El Castelar de San Felices, los Castillejos de Valdeprado et los Castillares de Magaña.. Il n'existe aucun contact avec la culture centre-européenne, comme le démontrent les techniques d’inhumation sur ce lieu : l'incinération des morts, ainsi que les études réalisées sur la céramique, avec les décorations de style boquique, qui proviennent du plateau voisin.

Installations postérieures vignette|upright=1.2|Répartition approximative des Arvaques. L'arrivée des peuples indo-européens, entre 900 et 400 av. J.-C., provoque un changement(échange) radical dans les modes de vie en Hispanie. À Contrebia Leucade, une première installation apparaît pendant l'âge du Fer, entre les Ce site de l'époque du Hallstatt se trouve sur la colline ouest, est proche de la rivière Alhama et a une localisation idéale avec un petit plateau facilement défendable avec ses côtés escarpés donnant sur la rivière et le reste entouré de murailles.

Les maisons qui datent de l'époque de Hallstatt et que nous avons pu conserver sont petites et de forme rectangulaire, avec un foyer central et une salle à l'arrière servant de garde-manger. Certaines maisons sont adossées à la muraille. Il existe également d'autres lieux habités de cette époque dans la localisation proche : à Fitero (Navarre), à Arnedo (La Rioja) et à San Felices (Soria). Ce sont principalement les installations qui ont eu lieu entre les qui permettent à la ville de s'agrandir et qui ont favorisé son développement. La ville a d'abord appartenu aux Pelendons, puis par la suite aux Arvaques, des peuples du plateau castillan. Leurs arrivées sont mentionnées à peu près vers Les tribus celtibères continuent de dominer Contrebia Leucade jusqu'à leur défaite contre les Romains, et la romanisation qui s'ensuit de la zone, à partir du

Valeur géostratégique vignette|upright=1.2|Carte du nord de l'Hispanie montrant la localisation de Contrebia Leucade au La ville contrôle un territoire entre deux espaces différents mais très importants, entre la vallée de l'Èbre et le plateau castillan. Elle contrôle également le cours de la rivière Alhama qui constitue le chemin rapide et direct entre ces deux espaces, dont les Romains ont rapidement compris la valeur géostratégique au moment de planifier l'assaut et la conquête de la Meseta et qui justifie la fondation précoce de Graccurris en , une véritable base d'opérations militaires à l'embouchure de l'Alhama et où sur la rive opposée se situe Numance. Le contrôle de cette route justifie plus tard, à l'époque impériale, la réoccupation du lieu et son dispositif de défense afin de faciliter le passage des troupes entre l'Èbre et la Meseta.

Les Contrebia

Le toponyme « contrebia » a parfois semé une confusion parmi les chercheurs, car il peut s'appliquer à différentes localités. Parmi les peuples celtes de la péninsule ibérique, nous trouvons trois « contrebia »Terme indoeuropéen composé par « con- » et « treb- » qui signifie en français « union de maisons », qui maintiennent les mêmes droits parmi tous les peuples de l'union. Tite-Live mentionne plusieurs fois indistinctement une population importante comme , ou dans une moindre mesure . Les trois grands composés par le toponyme contrebia sont : Contrebia Belaisca, dans la province de Saragosse, où ont été découverts les plaques de Botorrita; Contrebia Carbica, dans la province de Cuenca; Contrebia Leucade, dans la communauté autonome de La Rioja.

À Contrebia Belaisca et Contrebia Carbica, les toponymes font référence aux ethnies qui composent les contrebias, c'est-à-dire les Belli et les Carpétans.

Ville Blanche

Le nom de la ville peut avoir différents noms, mais le plus utilisé pour traduire est le suivant : « Contrebia Leukade » est formé par la fusion des syllabes « con » qui signifie « cent » et « treb » qui veut dire « maison », ce qui voudrait dire littéralement « plus de cent maisons ou plus généralement de « nombreuses maisons », c'est-à-dire une ville. Leukade provient du grec leukósΛευκάς, Leukás, Λευκάδα, Lefkáda, lɛf.ˈka.ða. Léucade, qui se rapporte à la couleur blanche. Si l'on assemble les deux mots, Contrebia Leukade veut dire un « village blanc » ou une « ville blanche ».

Hernández Vera soutient que l'allusion à la couleur pourrait venir de la pierre calcaire utilisée pour construire les maisons Interview de José Antonio Hernández Vera, directeur des fouilles à Contrebia Leucade sur lanoticia.es. Consulté le 24 avril 2017..

Références historiques

En raison de la bonne conservation des ruines, ainsi que la monumentalité de ses murailles, Contrebia Leucade est considrée comme l'une des plus importantes de son époque. Son importance à travers l'histoire est restée marquée grâce aux auteurs latins comme Tite-Live, qui nomme la ville de Contrebia Leucade, lorsqu'il raconte la fin de la guerre sertorienne qui oppose Pompée et ses alliés, aux partisans de Sertorius pendant le

Tite-Live

La notice historiographique la plus ancienne vient de Tite-Live, qui dans un bref fragment du livre XCI de son œuvre Ab Urbe condita libri traite de la campagne des années 77 et 76 av. J.-C. de la guerre sertorienne.

Dans ce fragment, Tite-Live raconte comment, Sertorius après avoir remonté l'Èbre et la de Calagurris Nasica, traverse la plaine des Vascons ou jusqu'aux limites de ses voisins immédiats, les Berones. Une étude comparée de ce fragment permet de déduire que cette limite se trouve à l'ouest de la ville, et que vers le sud les Vascons sont les voisins de la ville celtibère de Contrebia Leucade. Blas Taracena Aguirre est le premier à avoir identifié ces ruines comme étant celle de Contrebia Leucade. Après une première visite, il publie un article sur le site qui va avoir une grande importance dans l'historiographie moderne. Il commence par déterminer le périmètre du site archéologique et ses éléments les plus importants, en concluant que les ruines doiventt appartenir à Contrebia Leucade, la ville celtibère citée par Tite-Live et liée aux événements qu'il cite en 77 et 76 av. J.-C..

Recherches archéologiques vignette|upright=1.2|Vestiges de maisons. vignette|upright=1.2|Vestiges de maisons. Au , les frères Domingo Traggia et Joaquín Traggia sont les premiers à étudier les ruines.

Après eux, l'historien Ángel Casimiro de Govantes s'intéresse à la ville, qui a déjà levé un certain émoi entre les historiens de l'époque, pour délimiter son emplacement. Il en fait le sujet de son discours d'intégration à l'Académie royale d'Histoire, sous le titre Contrebia Léucada. Su reducción geográfica. Sa dissertation porte sur l'emplacement de la ville antique de Contrebia Leucade. Cependant ses calculs et son hypothèse comportent des erreurs et l'amène à situer Contrebia Leucade à l'emplacement du village de Contreras, dans l'actuelle province de Burgos.

Puis c'est Blas Taracena Aguirre, archéologue et directeur du Musée archéologique national à Madrid, qui initie en 1924 les travaux de recherche avec une démarche plus scientifique et qui publie en 1926 l'article Noticias de un despoblado junto a Cervera del Río Alhama. On lui doit les premières fouilles systématiques et l'identification des ruines comme celles de la cité de Contrebia Leucade, la ville qui selon le livre XCI de Tite-Live a pris une part active d'abord dans les guerres celtibères et plus tard dans l'affrontement entre Sertorius et les partisans de Sylla lors de la guerre sertorienne. Pendant les années 1934 et 1935, il réalise de nouvelles fouilles en différents points, qui lui permettent de réaffirmer ses hypothèses par rapport à l'identification des ruines. Il analyse les caractéristiques les plus importantes du système défensif, les éléments de l'espace se situant à l'intérieur et trace la séquence des diverses occupations de l'.

En 1989, pendant plusieurs années, le professeur José Antonio Hernández Vera prend le relais dans la recherche, en faisant une étude approfondie sur le terrain.

Vestiges archéologiques