La clef de Saint-Hubert est un reliquaire de laiton datant du Datations de la clé-reliquaire de Saint-Hubert, Connaître la Wallonie. De grandes dimensions, ce chef-d'œuvre d'orfèvrerie, qui contient une relique de l'apôtre Pierre, se trouve exposée au Trésor de la cathédrale de Liège dans la salle du Grand Prévôt.
La légende La clef de Saint-Hubert, conservée d'abord à la collégiale Saint-Pierre de Liège puis à la collégiale Sainte-Croix, est un des objets les plus précieux de la cité mosane. Cette clef, de grande taille, est en général associée à saint Hubert, évêque de Liège de 706 à 727, qui l'aurait reçue des mains du pape Grégoire II lors de son voyage à Rome. La poignée de la clef contient une limaille des chaînes de saint Pierre. La légende fut amplifiée dans les forêts des Ardennes. Tandis que saint Hubert célébrait la messe à Rome, saint Pierre lui serait apparu et lui aurait remis une clef d'or « comme signe de son pouvoir de lier et de délier, ainsi que de guérir les fous et les furieux ».
Les sources Elle n'apparaît dans les documents historique que vers 1250 (version éditée par Johannes Heller). La clé dite de saint Hubert est une clé monumentale, longue de , qui étonne avant tout par ses dimensions et par la conservation remarquable du fragment de fer, informe mais combien insigne, précieuse relique de saint Pierre contenue à l'intérieur de la poignée. L'œuvre en laiton fondu et travaillé à jour comporte trois parties de dates différentes mais peu visible par le fait d'avoir utilisé la même matière : la bélière, la poignée et la tige avec un panneton.
Description Au sommet de la poignée, une bélière, anneau de suspension, s'appuie sur des espèces d'arcs-boutants. La poignée ovoïde, légèrement effilée, d'une largeur de est divisée en huit compartiments de forme triangulaire par des bandes de , l'une horizontale et médiane, et les deux autres verticales, comme deux hémisphères juxtaposés. Les reliefs de la poignée sont fort usés, ce qui envisage un usage fréquent; il est difficile de rétablir leur état original. Tout le décor est ajouré de manière à laisser voir, enfermé à l'intérieur de la poignée, le fragment de métal réputé provenir des liens de saint Pierre; quand on déplace la clé, on l'entend bouger. Les bandes sont ornées d'animaux fantastiques, très vraisemblablement des félins, affrontés de part et d'autre d'un arbuste stylisé représentant l'arbre de vie. Dans les compartiments triangulaires, on devine les figures en pied de saint Pierre en haut (avec une clé comme attribut) et du Christ en majesté en bas (avec un livre en mains), tous deux bénissant, qui se répètent quatre fois; outre ces figures en relief, des triangles et des croix grecques constituent les ouvertures du réseau. Au bas de la poignée, quatre demi anneaux en saillie assurent la transition vers la tige.
Modification de l'original Une étude interdisciplinaire a révélé que la clé de saint Hubert telle qu'elle est conservée aujourd'hui n'est pas l'objet originel que les textes historiques mentionnent. Un texte de la vie de Saint Hubert publié à la fin du 19ème affirme déjà qu'il s'agit d'un fac-simile"(Le pape) lui remit une clef d'or marquant la puissance de lier et délier comme aussi de guérir les fous et les personnes atteintes de la rage. De cette clef, on ne conserve plus qu'un 'fac-simile' assez grossièrement travaillé." Théodore-Joseph Gravez, Vie du grand Saint Hubert à la Cour, au désert et sur le siège épiscopal de Tongres. Namur, imprimerie Picard-Balon. 28 pp. 12 septembre 1870.). pages 10 et 11. . La clé a été modifiée au cours des siècles. Les trois parties sont nettement différenciées par la composition exacte des alliages. La partie qui comprend le panneton, la tige et le calvaire, est pour l'analyse la partie la plus ancienne à situer selon un corpus expérimental, entre le . La poignée, qui contient la relique, est caractérisée par un alliage dont la fabrication se situerait entre le et la première moitié du . Enfin, la bélière est identifiée par un alliage plus récent encore, pas avant le milieu du car vraisemblablement avec du zinc d'importation. Enfin, malgré la légende, la clé n'a jamais été doréeCette pièce n’a jamais été dorée : le procédé classique de la dorure à l’amalgame laisse toujours des traces de mercure sur le métal recouvert. Ces traces sont identifiables par la technique PIXE mais elles sont ici absentes in .
Le souvenir du voyage de Saint-Hubert à Rome
Le dossier a permis l'hypothèse suivante: apparue à Liège seulement vers le milieu du , cette relique historique insigne de Liège pourrait faire partie de l'arsenal des pièces justificatives destinées à redorer le blason de l'Église de Liège, affaiblie par la Querelle des investitures. Ce n'est qu'au milieu du que les sources historiques commencent à en parler, quand l'objet subit quelques transformations au moment de la rénovation de l'édifice dans lequel il est conservé, la collégiale Saint-Pierre de Liège, premier lieu de sépulture sépulture de saint Hubert. La clé est placée dans le souvenir de saint Hubert et de son pèlerinage à Rome qui est une « nécessité anthropologique », la justification obligatoire a posteriori d'un déplacement de saint Hubert à Rome et son contact direct avec des reliques de saint Pierre. L'association de Saint-Pierre à Saint-Hubert, de Pierre au fondateur de Liège, est une obligation pour la fondation d'une grande Église: l'association du fondateur de l'Église universelle au fondateur de l'Église locale.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Patrimoine religieux de Liège Collégiale Saint-Pierre de Liège Collégiale Sainte-Croix de Liège Hubert de Liège
Catégorie:Patrimoine mobilier classé à Liège Catégorie:Trésor liturgique Catégorie:Œuvre d'art à Liège Catégorie:Trésor d'orfèvrerie