La dyspraxie, également appelée trouble développemental de la coordination, trouble développemental des coordinations (TDC), trouble d’acquisition de la coordination, trouble d’acquisition des coordinations (TAC), dyspraxie de développement ou dyspraxie développementale (DD), est un trouble neurologique chronique qui apparaît dès l'enfance.

Ce trouble spécifique des apprentissages (TSAp)Laurence Launay, Du DSM-5 au diagnostic orthophonique : élaboration d’un arbre décisionnel , sur Fédération nationale des orthophonistes. (terminologie APA, 2013) se caractérise par une affection de la planification des mouvements et de la coordination en raison d'une altération de la communication entre le cerveau et le corps. Ce trouble se caractérise en particulier par une altération de la capacité à exécuter de manière automatique des mouvements déterminés, en l'absence de toute paralysie ou parésie des muscles impliqués dans le mouvement. Le sujet doit contrôler volontairement chacun de ses gestes, ce qui est très coûteux en attention, et rend la coordination des mouvements complexes de la vie courante extrêmement difficile, donc rarement obtenue. C'est une apraxie d'origine développementale. Les déficiences de l'habileté chez l'enfant interfèrent avec les activités de la vie quotidienne.

Malgré des premiers travaux réalisés en France en 1964 (Stambak ), la dyspraxie de développement est un trouble peu connu qui concernerait 2 % à 4 % des enfants dans le monde. La dyspraxie perturbe le développement de l'enfant, notamment dans la vie quotidienne et la scolarité, c'est pourquoi il faudrait la diagnostiquer avant l'âge de . Occasionnant des difficultés dans les gestes, les jeux, l'écriture… elle est souvent dépistée à l'école. Un bilan médical est établi par une équipe pluridisciplinaire permettant une approche globale des difficultés.

La dyspraxie est parfois mise à tort sur le compte d'un retard intellectuel ou de la mauvaise volonté. Il existe de nombreux types de dyspraxie qui sont alors des symptômes pouvant être présents dans différents troubles ou syndromes et relever de causes diverses.

Éléments de définition Il n'est pas toujours facile de définir la dyspraxie ; sa définition est encore parfois débattue dans la littérature.

Selon Costini, Roy, Faure et Le Gall (2013)., la dyspraxie est souvent définie de manière trop générale englobant l’ensemble des difficultés liées à la gestualité et à l’appréhension de l’espace chez l’enfant. Or, ce n’est pas le cas. Toutes ces difficultés ne sont pas liées à la dyspraxie. Bien souvent, il y a confusion entre la coordination motrice qui correspond à la réalisation d’un mouvement fluide, rapide et précis et les praxies qui correspondent à des gestes complexes humainement et culturellement transmis. Il faut donc bien distinguer les deux.

La dyspraxie est un trouble développemental durable affectant la planification, l’organisation, l’exécution ainsi que l’automatisation des gestes et des mouvements. Tous les gestes et mouvements peuvent être touchés.

Les dyspraxies sont définies comme des anomalies survenant dans la planification et l'automatisation des gestes volontaires. 5 à 7 % des enfants de 5 à seraient concernés.

La dyspraxie est caractérisée par un trouble de la représentation du corps en mouvement qui semble échapper à la pensée..

La dyspraxie de l’enfant est généralement considérée comme indépendante de l’environnement et de toute pathologie psychique ou déficience. Vaivre-Douret. ; elle évoque un dysfonctionnement neuropsychologique non verbal : ..

Dans la littérature internationale, la dyspraxie développementale est généralement intégrée au trouble développemental de la coordination (TDC), tel que défini dans le DSM-5 et la CIM-11. Le TDC touche environ 5 à 7 % des enfants d’âge scolaire, avec une grande variabilité de formes et de sévérité.

Selon Vaivre‑Douret, la dyspraxie relève d’un dysfonctionnement neuropsychologique non verbal : ..

Certaines approches théoriques, notamment psychanalytiques, décrivent la dyspraxie comme un trouble de la représentation du corps en mouvement, dont l’organisation échappe à la pensée.. Cette perspective demeure minoritaire.

La dyspraxie développementale est indépendante de toute déficience intellectuelle, de troubles psychiques ou de facteurs environnementaux, et s’inscrit dans le champ des troubles neurodéveloppementaux.

Les troubles liés à la dyspraxie sur le plan neuropsychique Les troubles de la dyspraxie permettent d’observer la formidable plasticité psychique et neuronale de l’enfant et la manière dont certains dysfonctionnements peuvent produire des compétences cognitives très développées dans un processus transmodal qui affecte tout le développement psychique. Le sujet dyspraxique se trouve obligé de modifier ses perceptions en les transférant d’un registre sensoriel à un autre : du spatio-visuel au verbal et de du concret à l’abstrait.

L’enfant dyspraxique semble sauter les marches du développement linéaire piagétien. Il est désorienté face à des situations complexes et capable de résoudre des problèmes très abstraits.

On constate des troubles psychomoteurs constants avec un manque de liberté motrice et perturbations fréquentes du schéma corporel souvent en lien avec l’image du corps qui se traduit fréquemment par un évitement du dessin de personnages.

Selon Bergès, la question du corps est problématique chez un enfant dyspraxique : la représentation des limites et des rapports des différentes parties du corps sont flous. L’enfant dyspraxique souffre d’une imprécision du geste (le boutonnage, le laçage et autres fermetures sont des sources de désarroi), il se cogne souvent et a des difficultés à évaluer les distances à partir de sa place. Il a des difficultés à trouver « Le point de départ » d’une figure, d’une action ou d’un événement (chronologie) d’où des difficultés à reproduire un rond où il est censé revenir au point de départ pour finir le tracé de la figure ou pour trouver, par exemple, le mois qui suit le mois de juin, quand il doit commencer à énumérer les mois à partir du mois de janvier. Ce type spécifique de problèmes n'est pas systématique.

Difficultés scolaires Les dyspraxies font partie des troubles non verbaux de l'apprentissage scolaire : les enfants concernés montrent une raideur corporelle mais apprennent à lire rapidement, et sont à l’aise avec le raisonnement et les nombres ainsi qu'avaec la logique et l'abstraction verbale.

Ils ont par contre plus de difficultés dans les mesures et la géométrie (notamment la reproduction de figures). Le facteur visio-spatial peut les induire en erreur notamment dans les opérations mathématiques à retenue, qu'ils préfèrent effectuer mentalement.

Les différents types de dyspraxies Certaines formes de dyspraxies peuvent se cumuler.

La dyspraxie constructive Difficulté à assembler des pièces pour construire un tout. La difficulté est dans l’assemblage des pièces les unes par rapport aux autres. Exemple : construire un objet avec des Lego, assembler des cubes, faire un puzzle…

La dyspraxie constructive visio-spatiale Difficulté à se repérer dans l'espace. Exemple : fixer une ligne pour lire, suivre la trajectoire d’un objet, rechercher une information dans un texte, lire un plan, faire une figure géométrique avec des outils…

La dyspraxie idéatoire Difficulté de réaliser un geste avec un objet ou un outil. Exemple : brosse à dents, aiguille à coudre, fer à repasser, ciseaux, tournevis, fourchette, rasoir, crayon… Ce type de dyspraxie nécessite donc une concentration accrue pour tous les gestes un minimum minutieux, ce qui occasionne une grande fatigue au-delà d'une répétition qui varie selon les cas. Tout le monde n'est pas touché au même degré.

Selon certains auteurs, la dyspraxie peut également prendre d'autres formes : la dyspraxie non-constructive qui concerne des troubles de la succession des gestes. la dyspraxie idéomotrice qui correspond à la difficulté de réaliser des gestes sans manipuler d’objet ou d’outil. la dyspraxie de l’habillage qui concerne les difficultés liées à l’habillage, c’est-à-dire à la manière d’orienter ou de disposer les vêtements, à l’utilisation des différents systèmes de fermeture (boutons, tirette, lacets…). la dyspraxie orofaciale qui correspond à la difficulté de réaliser des gestes à l’aide des organes phonatoires et du visage (siffler, souffler, déglutir…). la dysgraphie dyspraxique qui correspond aux difficultés rencontrées pour écrire.

Symptômes possibles

Tous ne sont pas présents dans tous les cas. Troubles du développement moteur : maladresse, difficulté à exécuter des mouvements volontaires et coordonnés (marche, bicyclette, nage, jeux d'adresse, manier ses couverts, s'habiller seul, se brosser les dents, nouer ses lacets, se laver seul). Pas ou peu d'utilisation des mains chez le bébé. Par exemple, il ne s'accroche pas, ou il lâche ses jouets. Dysgraphie : difficulté à écrire à la main et à automatiser l'écriture manuelle. Troubles oculaires (oculomoteurs) : saccades et poursuite oculaire, fixation oculaire : difficultés à lire, à suivre sa ligne, à se repérer sur une page et à adopter une stratégie d'exploration de la page. Troubles de la parole : apraxie buccolinguofaciale, difficultés d'élocution. Troubles orthophoniques (pseudo-dyslexie entraînée par la dyspraxie), difficultés du langage écrit. Troubles logico-mathématiques : difficulté à poser des opérations en colonnes, à appréhender les faits mathématiques, problèmes de séquences, difficulté à se positionner dans le temps, difficulté à réaliser des opérations par écrit, avec la géométrie, les opérations de base Difficultés d'organisation, perceptibles dans l'ensemble des tâches manuelles. Certaines capacités sont acquises par le dyspraxique au cours du temps, d'autres resteront inaccessibles ou floues. Pour les adultes, les conséquences peuvent inclure des difficultés notoires de rangement. Difficulté d’orientation dans l’espace et dans le temps : retard, maladresse, confusion des heures de cours, perte d'orientation Isolement : le comportement peut être en décalage avec ses pairs. Fatigue importante et fatigabilité. Perte d’objets, oublis (FWB, 2018)

Causes possibles Grossesse et boissons alcoolisées Si la mère a consommé des boissons alcoolisées lors de la grossesse, l'enfant peut naître avec des troubles. Dans une étude portant sur exposés à l'alcool in utero, 34 % étaient dyspraxiques.

Enfant prématuré Un grand prématuré a des probabilités plus élevées d'être dyspraxique.

Neuroatypies Elles se retrouvent quelquefois chez les enfants prématurés.

Des études évoquent aussi des anomalies situées au niveau des motoneurones qui ne se développent pas normalement. Les motoneurones (situés dans le tronc cérébral et dans la moelle spinale) transmettent le message nerveux du cerveau vers les muscles . En cas de dyspraxie, ces derniers seraient moins efficaces.

Trouble développemental Certaines zones du cerveau, impliquées dans l'apprentissage, sont non fonctionnelles. La dyspraxie est considérée comme développementale, c'est-à-dire sans cause identifiée.

Accidents à la naissance : anoxie, AVC… La dyspraxie est souvent associée à la prématurité et à la précocité, y compris intellectuelle, et elle est combinée avec un trouble du déficit de l'attention dans plus de la moitié des cas, ou avec d'autres troubles des apprentissages (dyscalculie, dysorthographie, dysgraphie). Attention, il ne faut pas confondre dyspraxie et apraxie. Dans le premier cas, les troubles sont présents avant la naissance.

Trouble des représentations internes du corps