Mikhaël Ivanoff dit Omraam Mikhaël Aïvanhov (en bulgare : Михаил Димитров Иванов, translittération scientifique Mihail Dimitrov Ivanov), né le à Srptsi (Vilayet de Monastir, alors Empire ottoman) et mort le à Fréjus (France), est un ésotériste bulgare.
Il est le fondateur de la Fraternité blanche universelle (déclinaison de la « Fraternité blanche » de Peter Deunov et qui s'implante notamment en France, en Suisse et au Canada), laquelle le décrit comme un « philosophe, pédagogue et maître spirituel »Omraam Mikhaël Aïvanhov sur le site de la FBU canadienne.
Biographie Enfance Mikhaël Ivanoff naît le dans le petit village de Srptsi, qui se trouve près de Bitola, dans la région de Macédoine, successivement incluse, durant sa présence, dans l'Empire ottoman (1389-1912), le royaume de Serbie (1912), le royaume des Serbes, Croates et Slovènes (1918) et le royaume de Yougoslavie (1929).
Selon sa biographe, sa famille, bulgare, est très modeste, le père, Ivan Dimitrov, est gérant à Varna d'un commerce de charbon de bois distant de plus de du village. Après le pillage du village par les Grecs en 1907, Dolia, la mère de Mikhaël, décide que la famille doit rejoindre son mari et s'installe à Varna, sur les rives de la mer Noire, à l'Est de la Bulgarie.
Formation spirituelle . À l'âge de treize ou dix-sept ans, à Varna, Mikhaël Ivanoff rencontre le maître spirituel Peter Deunov dont il va suivre l'enseignement ésotérique chrétien. Selon le professeur Lee Irwin, c'est en 1917, à la suite d'expériences mystiques intervenues dans sa seizième année, que Mickaël Ivanoff rencontre à l'âge de dix-sept ans le professeur spirituel (terme bulgare signifiant « enseignant » : Uchitelyat) Beinsa Douno, pseudonyme de Peter Deunov, qui « devint son enseignant spirituel pendant les vingt années suivantes »Lee Irwin, in "The Participatory turn. Spirituality, Mysticism, Religious Studies", State University of New-York Press, 2008, .
L'indication de cette formation spirituelle se retrouve dans plusieurs autres analyses, notamment dans L'occultisme à Paris, de Pierre GeyraudL'occultisme à Paris, Pierre Geyraud, éditions Emile Paul, Paris, 1953, . « Monsieur Michaël Ivanoff, dit Michaël le Bulgare, et que ses disciples appellent frère Michaël a lui-même pour Maître un Sage qui résidait en Bulgarie, à Sofia, Peter Deunow »., et dans L'anthologie de l'ésotérisme occidental de Pierre RiffardPierre Riffard, Anthologie de l'ésotérisme occidental. Section "O.M. Aïvanhov (1947) : un Maître. « Ivanoff célèbre ce "Maître vénéré et bien aimé Peter Deunov, messager lumineux du Soleil, esprit pur et vaste comme l'univers ». . Ed. Robert Laffont, 1990..
Départ pour la France En 1937, il se rend en France pour l'Exposition universelle de Paris et y reste. N'ayant pas de contact direct avec Deunov, il demande dans une lettre à Boyan Boev, une des figures proches de Deunov, de demander au Maître s'il est bien d'y rester pour faire des études. La réponse (toujours transmise par Boev) est positive, s'il a la possibilité et les moyens d'étudier. Ivanov y reste et commence à donner des conférences publiques sur des sujets spirituels.
Selon Mikhaël Aïvanhov, « c'est donc sur la demande du Maître Peter Deunov que je suis venu en France pour continuer à faire vivre son enseignement. Bien sûr, il ne m'a pas ordonné de partir, un véritable Maître n'exige pas l'obéissance et la soumission de ses disciples. C'est moi qui ai senti que ce qu'il me demandait était pour le bien, et j'ai accepté. »O. M. Aïvanhov, Éléments d'autobiographie, t. I : Afin de devenir un livre vivant, Fréjus, Prosveta, 2009, p. 166. Son affirmation est acceptée par certains auteurs, selon qui Deunov l'envoie en France afin de préserver son œuvre de la menace communiste.
Arrivé en France le , il perfectionne sa connaissance du français en écoutant les gens et la radio, en allant au cinéma et au théâtre. Il donne sa première conférence publique à Paris le 29Milka Andonova Hristova, Les nouveaux mouvements religieux, défi pour l'église orthodoxe bulgare, thèse de doctorat, Université de Fribourg, 2007 lire en ligne ou le , à la Salle du Luxembourg, place de la Sorbonne. On l'appelle « frère Michaël ». Ses conférences sont sténographiées et seront publiées ultérieurement.
Seconde Guerre mondiale et suites La guerre rendant impossibles les réunions publiques, le groupe qui l'entoure loue en 1942 une maison à Sèvres dans le jardin de laquelle, presque tous les matins, ils suivent le lever du soleil avant d'écouter parler Mikhaël Ivanoff. En 1947, ils achètent une villa à l'abandon, dans le haut de la ville de Sèvres, renommée « Izgrev » — d'après le nom de la colonie « Izgreva » (« lе lever de soleil » en Bulgare), créée en 1927 par Peter Deunov près de Sofia. C'est là que Ivanoff vivra de nombreuses années et que se trouvera plus tard le siège de la Fraternité blanche universelleIzgrev sur le site de la FBU.
Après la guerre, le lieutenant-colonel Lagarde signe un certificat attestant de son engagement dans la Résistance à partir de 1943.
En 1946, un premier recueil des conférences de 1938 est publié sous le titre Amour, Sagesse, Vérité, avec une introduction de Lanza del Vasto.
Condamnation
En 1947, « un aventurier qui se faisait appeler prince Cherenzi Lind, Maha Chohan (Grand chef) et Suprême Régent du Royaume de l'Agartha »Mikhaël Aïvanhov, L'alchimie spirituelle, préface du Maha Chohan, Paris, Éditions Izgrev, collection de l'École divine, 1947, 259 p.Point de vue, , 20 novembre 1947. O. Cherenzi-Lind, Tourmente et Terreur sur le monde, Montrouge, Éditions de l'Agartha, 1948, 166 p., soupçonné par la police d'être un ancien nazi passé au service des Soviétiques, se lie avec Mikhael Ivanoff avec qui il entretient des « relations cordiales » : ils reçoivent ensemble à Sèvres, d'après Pierre PéanPierre Péan, La Diabolique de Caluire, , chapitre X Lire en ligne, et ils organisent ensemble le « Congrès Spirituel de Grande Fraternité blanche universelle ». Leur rupture violente provoque la dénonciation par le « Maha Chohan » de la Fraternité blanche universelle à la police (cela ne l'empêche pas d'être interdit de séjour en 1950) ; la raison serait que Mikhael Ivanoff aurait refusé d'être un agent soviétique.
Arrêté le , connu d'après Pierre Péan, « pour des pratiques alliant occultisme à la sexualité la plus débridée », mais sur base, selon Pierre A. Riffard, de « faux témoignages », Mikhael Ivanoff est condamné le à quatre ans de prison et dix ans d'interdiction de séjourL'enfant d'abord, juillet-août 1990, : "Maternités sous influence des sectes" lire en ligne par la correctionnelle de Paris, pour « excitation de mineures à la débauche » (on parle de « viols »Continental Daily Mail, 17.02.1950Renaud Marhic et Alain KerLidou, Sectes et mouvements initiatiques en Bretagne, Rennes, Terre de brume, 1996. G. Feuerstein, o.c., , 305. — « quatre jeunes danseuses » pour Pierre Péan).
En , Walter Farr, du Daily Mail, rapporte que la police et le contrespionnage français seraient convaincus que les preuves ont été fabriquées par les communistes bulgares. Le jugement est réformé en appel le , et il est condamné pour « outrage public à la pudeur », ce qui réduit la peine à 30 mois d'emprisonnement. Il est donc libéré ce jour-là de la prison du camp de la Châtaigneraie, à La Celle Saint-Cloud, après deux ans de détention. Le garde des sceaux aurait, selon la FBU, envoyé une lettre d'excuses pour « avoir illégalement influencé la décision du juge » qui l'avait condamnéLouise-Marie Frenette, La vie d'un Maître en Occident, Éditions AdA, Québec, Canada, 2008, .. Les disciples de Mikhaël Ivanoff interviennent dès 1962 pour témoigner en sa faveur dans la presse.
Le centre du Bonfin Mikhaël Ivanoff fonde, en 1953 dans l’arrière-pays de Fréjus, « un centre de ressourcement spirituel, un lieu d’étude et d’application des vérités initiatiques, et surtout un foyer de vie fraternelle », le centre du Bonfin, dans un endroit « peu facile d’accès à l’époque, mais toujours ensoleillé ».. Mikhaël Ivanoff reprend ainsi son activité d'enseignement jusqu'à son départ pour l'Inde.
En Inde Le , il part pour l'Himalaya, le Cachemire, Gulmarg, Calcutta, Tiruvannamalaï, Ganeshpuri. Selon son témoignage, il rencontre en Inde différents maîtres spirituels, dont Mā Ānanda Moyī (1896-1982), Spiwāmi Nityananda (1896-1961), Anāgārika Govinda (1898-1985), swāmi Shivananda (1887-1963), et surtout, le , (?-1973)Ram Dass, Miracle of Love. Stories about Neem Karoli Baba, Hanuman Foundation, Santa Fe, Nouveau-Mexique, États-Unis, 1979. Dada Mukerjee, By His Grace. A Devotee's Story, Hanuman Foundation, 2001., qu'il assimile plus ou moins à Mahavatar Babaji, croisé par des yogins dès 1861Yogananda, Autobiographie d'un yogi (1946), chap. 33, 34 et 36, trad., Paris, Adyar, 2003. Marshall Govindan, M. Babaji et la tradition du Kriya-Yoga des 18 Siddhas (1991), trad., Montréal, Éditions Kriya, 1991.. D'après lui, Neem Karoli Baba l'appelle the French Sadhu (le sage français)O. M. Aïvanhov, Éléments d'autobiographie, t. I, Prosveta, 2009, . Louise-Marie Frenette, La vie d'un Maître en Occident, Éditions AdA, Québec, Canada, 2008, ..
Développement de l'enseignement Sous le nom d'Omraam Mikhaël AïvanhovO. M. Aïvanhov, O.C., t. XXV : Le Verseau et l'avènement de l'Âge d'or, Prosveta, 1979, ., il rentre d'Inde en France un an plus tard, le . À partir de ce jour-là, il sera appelé « Maître » par ses disciples"Enfin, nous apercevons une lumière" Les premiers disciples d'Omraam Mikhaël Aïvanhov racontent, Chap. "Renée Giraud", et 89, Ed. Prosveta, 2014, John G. Melton, "Religions of the world", , éditions ABC-CLIO, 2010, .. Il exerce alors une autorité sans partage sur le mouvement, jusqu'à ce que la vieillesse lui impose de déléguer.
Durant les années qui suivent, il partage son temps entre voyages et enseignement, visitant les lieux saints de la planète, donnant plus de . Dès commencent à paraître ses Œuvres complètes aux éditions Prosveta, à Fréjus, en 32 tomes.
En 1985, il enregistre un message humanitaire dans le cadre du Live Aid.. Interviewé à l'occasion de sa réception d'un prix de la Smithsonian Institution remis pour l'ingénierie de la diffusion TV internationale du Live Aid, affirme que cette intervention fut déterminante dans son investissement personnel pour la réalisation et le succès de cet événement.
Il décède au Bonfin, près de Fréjus, le , quelques mois avant la publication de son décret de naturalisation à la nationalité françaiseJournal officiel du 11 octobre 1987, pour lequel il a reçu le soutien des députés Pierre Billotte et de Maurice Chevance.
Critiques post mortem L' Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes (UNADFI) et le magazine L'enfant d'abord, issu d'une association éponyme de la région grenobloise spécialisée dans l'accompagnement des familles divorcées, rapportent que « plusieurs journaux » (dont un seul est cité, le mensuel local le Cactus Varois) affirment qu'il aurait eu de bonnes relations avec la Gestapo durant la Seconde Guerre mondiale, et qu'il aurait sauvé des JuifsLa Fraternité blanche universelle sur le site de l'UNADFISvezda, Vie et Enseignement en France du Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov, Sèvres, F.B.U., 1971, .. (Pour autant, il n'a pas été reconnu Juste parmi les nations par l'institut Yad Vashem.)
Un article de Yves Tenret, journaliste belge, publié en 1990 dans le mensuel L'enfant d'abord, qualifie l'ensemble des 400 références de son œuvre de « creuses divagations, compilation superficielle de diverses niaiseries, de faux bon sens et de franc délire ».
Le Centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales estime qu'Aïvanhov affirmait détenir un savoir secret et caché d'un maître tibétain, à l'instar de Peter Deunov. Mélangeant christianisme, ésotérisme et théosophisme, il déclarait être .
La Fraternité blanche universelle (FBU)