La bataille de la crête de Bazentin est une bataille qui a marqué le début de la seconde phase de la bataille de la Somme. Elle a été lancée par la britannique à l'aube du . Désignée par un officier français comme , c'est un grand succès pour les Britanniques, au contraire du désastre du premier jour de la bataille de la Somme. Cependant, au même titre que lors de cette première journée de bataille, les Britanniques ne peuvent exploiter leur avantage et percer les lignes allemandes. Avec le raidissement de la défense allemande ce premier succès débouche sur une période de guerre de positions sanglante.

Contexte historique Au lendemain du , premier jour de la bataille de la Somme, les plans du général Douglas Haig sont complètement bouleversés. Au nord de la route reliant Albert à Bapaume l'attaque britannique échoue complètement. Au sud de cette route, les troupes britanniques en coordination avec le d'armée français arrivent à capturer leurs objectifs, les villages Montauban et de Mametz. Par conséquent Haig décide de concentrer ses prochaines attaques dans le sud. La du lieutenant-général Henry Rawlinson, responsable de l'ensemble du secteur britannique le , cède le secteur nord à l'armée de Réserve (la future britannique) du lieutenant-général Hubert Gough.

Les troupes britanniques restent bloquées au nord de la Somme sur la première ligne de défense allemande, elles sont maintenant confrontées au sud de la rivière à une deuxième ligne complète de défenses qui s'étend le long de la crête de Thiepval dans le nord de cette zone, aux villages de Guillemont et Ginchy au sud. Dans la partie du front des villages de Mametz et Montauban, la deuxième position est située le long de la crête de Bazentin, elle passe par les villages de Bazentin-le-Petit, Bazentin-le-Grand et Longueval. À côté de Longueval se trouve le bois Delville. Ces villages deviennent les objectifs de la nouvelle offensive britannique.

Intentions britanniques Les préparatifs de l'offensive britannique Quinze jours avant le début de la bataille, la mène une série d'opérations destinée à préparer une ligne de départ correcte pour l'assaut sur la crête. Durant cette période, les hommes de la doivent capturer une série d'objectifs du premier jour non pris, au prix de très fortes pertes en hommes.

Le , la , en réserve du d'armée le réussit à occuper le bois de Bernafay à l'est de Montauban tandis que la capture La Boisselle lors de leur deuxième attaque. Le même jour, l'attaque de la sur le village d'Ovillers, au nord de la route reliant Albert à Bapaume, est un échec. Le lendemain, la occupe le bois Caterpillar à l'ouest de Montauban. La progression du d'armée dans le bois de Mametz est laborieuse. Les Allemands qui ont abandonné le bois le premier jour de la bataille de la Somme, le réoccupent le quand les Britanniques tentent de s'en emparer.

Le , une série d'attaques simultanées est réalisée sur les villages d'Ovillers, de Contalmaison et sur le bois de Mametz. Les et obtiennent des progrès mineures sur Ovillers, par contre les attaques de la et de la (Welsh) division sur Contalmaison sont des échecs. Les troupes galloises attaquent à nouveau le et parviennent à s'emparer du bois de Mametz à la seconde tentative, dans le même temps la capture Contalmaison.

Du au , la réalise en préparation de la prochaine attaque générale. Ces différentes opérations sont à l'origine de . Rawlinson et Haig sont fortement critiqués pour cette approche fragmentée de la bataille qui cause souvent plus de pertes dans les rangs britanniques que dans les rangs allemands. Avec la capture de Contalmaison et du bois de Mametz, la est maintenant en position pour attaquer la crête de Bazentin.

Plan d'attaque britannique Le plan de l'attaque du est conçu par le général Henry Rawlinson et par le lieutenant-général Congreve, le commandant du d'armée, il diffère complètement du plan manqué du . L'attaque doit être menée par le d'armée et le d'armée. Le doit attaquer sur l'aile gauche de la britannique Bazentin-le-Petit et Bazentin-le-Grand. Le doit attaquer sur l'aile droite Longueval. Chaque corps doit attaquer à l'aube à , avec deux divisions pour chaque corps d'armée. Les bataillons d'assaut doivent effectuer une marche de nuit puis sortir dans le no man's land large d'environ () s'approcher au plus près des barbelés allemands et être prêts à se précipiter dans les tranchées allemandes lorsque le barrage d'artillerie sera levé.

L'attaque est précédée d'un bombardement d'artillerie très violent de cinq minutes. La préparation d'artillerie commence effectivement trois jours plus tôt, le , mais elle n'est pas aussi lourde que celle du . Cette préparation n'est pas identifiée comme telle par les troupes allemandes. Un gros effort d'artillerie est fourni pour les tirs de contre-batterie afin d'éliminer les canons allemands. le général Rawlinson dispose de et d'obusiers, soit les deux tiers de la force de l'artillerie disponible le , mais le front de l'attaque est réduit à () soit environ un quart du front d'attaque du ( ou ). Les objectifs sont révisés à la baisse, mais la allemande est fortement bombardée, environ ( par yard).

Le général Haig exprime des réserves sur le plan proposé. Il le considère trop complexe et qu'une marche de nuit par les troupes inexpérimentées de la Nouvelle Armée pourrait entraîner la confusion et le désarroi avant même le début de l'attaque. Haig propose un plan alternatif, impliquant d'attaquer à partir du bois de Mametz, où les lignes sont les plus proches puis d'aborder de flanc la position de Longueval. Toutefois, le plan de Rawlinson est retenu, Haig exige que la (Eastern) division en réserve du occupe le bois du Trônes à l'extrême droite des positions des lignes de la .

Bataille thumb|Carte de la seconde ligne allemande face à la britannique autour de Bazentin-le-Petit, le . La ligne pleine rouge correspond à la ligne de départ, la ligne en trait mixte rouge, l'avance alliée à . La portion de ligne allemande entre Bazentin-le-Petit et Longueval est tenue par la division de la Garde. À , l'artillerie britannique entame un bombardement intense sur les tranchées allemandes. À , le bombardement est déplacé sur les tranchées de deuxième ligne et dure deux minutes supplémentaires avant de se déplacer à nouveau. La première vague d'infanterie britannique doit occuper directement les tranchées de réserve, laissant les vagues suivantes éliminer les poches résiduelles de résistance. La surprise de l'attaque n'est pas complète partout. Dans certaines zones les défenseurs allemands reçoivent les troupes britanniques à coups de fusil et de tirs de mitrailleuse. Dans d'autres zones, les troupes allemandes de première ligne sont capturées directement dans leurs abris. Comme dans le cas de l'attaque du , les fils de fer barbelés ne sont pas tous coupés de façon homogène, parfois ils sont devenus inexistants alors que dans d'autres endroits ils ne sont pas coupés.

Sur la gauche du front d'attaque du d'armée, la attaque du bois de Mametz traverse le no man's land pour atteindre le bois de Bazentin-le-Petit. À la droite du front d'attaque, la traverse pendant le bombardement de barrage britannique () du no man's land pour placer ses bataillons chargés de l'attaque à moins de () de la première ligne allemande. La est confrontée à un complexe de tranchées allemandes fortement défendu , au-delà duquel se trouve le bois de Bazentin-le-Grand. Les deux divisions du d'armée atteignent leurs objectifs, en milieu de matinée elles réussissent à capturer le village de Bazentin-le-Petit.

Sur la droite, la et la du d'armée attaquent entre Bazentin-le-Grand et Longueval. À la droite du dispositif du , la (Scottish) division comprend la brigade sud-africaine qui se trouve en réserve à Canoy. Cette division attaque Longueval et une partie du bois Delville mais est incapable de prendre la redoute allemande de la ferme de Waterlot.

La attaque de Montauban vers Bazentin-le-Grand, mais les résultats sont faibles. Le fil de fer allemand reste en état et les défenseurs se montrent agressifs. Le barrage défensif allemand se déclenche dans le no man's land, il rate les bataillons d'assaut mais touche les vagues de soutien. Ainsi le du Shropshire Light Infantry King à la a huit officiers et du rang tués par le barrage d'artillerie. Conformément aux exigences de Haig, la (East) division attaque du bois de Bernafay et de l'est de Montauban et capture le bois du Trônes.

Après la réorganisation du front de la Somme côté allemand, le général Sixt von Armin prend en charge le front compris entre Longueval et les hauteurs de l'Ancre le , il ordonne aux troupes sous ses ordres de s'accrocher au terrain. La division du qui se déplace entre le bois de Bazentin-le-Petit et Pozières pour renforcer la allemande renforce la partie du front attaqué. De même des éléments de la allemande, des et divisions de réserve, de la division de la Garde et une partie du de Landwehr sont envoyés renforcer le front à l'ouest de Longueval. Les Allemands se rassemblent sur une nouvelle ligne de défense. Lorsque vers (ou à l'heure britannique) Sixt von Armin apprend que la cavalerie britannique atteint High Wood ; il envoie l'intégralité de ses réserves (les et , la de réserve et la de réserve bavaroise). Après analyse de la situation, Sixt von Armin annule les mouvements de la et de la de réserve bavaroise.

High Wood : Alors que les progrès sur le flanc droit de l'attaque sont lents et que la prise de Longueval est en cours, le prend le contrôle des villages de Bazentin-le-Petit et de Bazentin-le-Grand à , la percée tant attendue est toute proche. De la crête de Bazentin, les troupes britanniques peuvent se rassembler et se diriger vers le nord-est à travers une vallée peu marquée en direction de High Wood, qui forme la troisième position allemande encore incomplète. Sur ce versant de la colline, il n'y a pas trace d'Allemands et les champs de blé sont peu marqués par les tirs d'obus, ces terrains sont parfaitement adaptés à la cavalerie.

Avant de progresser davantage, les généraux britanniques, le brigadier-général Potter de la de la et le major-général Watts commandant de la , ordonnent de procéder à des reconnaissances. Ces dernières indiquent que High Wood paraît vide. Une demande du à la pour permettre d'utiliser la brigade de réserve de la pour occuper High Wood. Cette demande est rejetée, les officiers de la souhaitent conserver cette troupe pour faire face aux contre-attaques allemandes. Ils envisagent d'employer à la place la de cavalerie indienne.

thumb|Cavalerie indienne des Deccan Horse durant la bataille de la crête de Bazentin. Les lances seront utilisées lors de charge le . La de cavalerie indienne est positionnée à Morlancourt, à six km (quatre miles) au sud d'Albert, elle doit traverser le champ de bataille retournée par les obus sur lequel les Britanniques progressent depuis quinze jours. L'ordre de déplacement de la division est donnée à mais à midi, elle atteint seulement Carnoy, loin derrière l'ancien front britannique. À , le quartier-général de la ordonne à la d'avancer ; l'ordre est annulé car Longueval n'est toujours pas dégagée et les canons allemands peuvent prendre en enfilade les troupes qui progressent vers High Wood.

Enfin, à , la de cavalerie indienne arrive en position. Deux régiments, le Guards et le Deccan, passent entre Bazentin-le-Grand et Longueval et chargent à la lance en direction de High Wood. Malheureusement, l'occasion d'une prise rapide de High Wood est passée. Les Allemands se sont ralliés après le choc de la matinée et commencent à s'infiltrer de nouveau dans High Wood. Les cavaliers sont atteints par des tirs d'artillerie et de mitrailleuses.