vignette|250px|Les Armoiries de Quimper se se blasonnent ainsi : D'azur au bélier d'argent accorné et onglé d'or; au chef d'hermine. Devise: « unanet e vimp kreñv » (unis nous serons forts). Timbre : une couronne murale. Historique : Ces armoiries datent de 1697. En effet, en novembre 1696, un édit royal de Louis XIV imposa l’établissement d’un recueil de toutes les armoiries du royaume. Charles d'Hozier fut chargé de ce travail. L’armorial de Guy Le Borgne rédigé en 1667 donnait pour armes anciennes à la ville de Quimper : De gueule au cerf passant d’or, au chef d’azur semé de France. Après l'union de la Bretagne à la France, la ville de Quimper cessa d’utiliser ces armes et comme d’autres cités bretonnes choisit un blason aux hermines de Bretagne mi-parti des lys de France jusque 1697. Au XVIe siècle, sur les armes de l'évêque de Quimper figurait un mouton d’argent..

Préhistoire

Le site était de nature à attirer très tôt une population: en effet, outre la confluence de deux cours d'eau importants localement, l'Odet et le Steïr, la ville se trouve au fond d'une ria, ou aber (la marée remonte depuis l'océan, sur environ ), et à la hauteur d'un gué.

Le Quimper préhistorique et antique a fait l'objet de recherches archéologiques importantes depuis le début du (notamment sous l'égide, à partir de 1873, de la Société archéologique du Finistère), mais celles-ci ont connu un développement décisif, selon les méthodes modernes de fouille, avec la création en 1970 d'un Centre municipal d'étude et de recherche archéologique.

Des silex retrouvés à Pluguffan, commune limitrophe, sont datés de . Le quartier de Kerjestin a fourni des vestiges (tertre funéraire, céramique) s'échelonnant du Néolithique au Bronze ancien (3000-1800 av. J. C.), celui de Penancreac'h les traces d'un habitat important datant de la fin du millénaire avant notre ère, celui du Braden des fragments de poterie remontant à 1800 av. J. C. environ. D'autres trouvailles disséminées sur tout le territoire de la commune (haches, tessons…) et remontant aux mêmes époques montrent que la zone a été occupée depuis plusieurs millénaires.

Protohistoire

Des vestiges d'un oppidum ont été mis au jour au sommet de la colline de Kercaradec (quartier Ouest), et des traces d'habitats datant de l'âge du fer (- s. av. J. C.), de forges et de sépultures ont été trouvées dans les quartiers d'Ergué-Armel et de Penhars avec une concentration sur le site du Braden. Une activité agricole florissante semble s'être développée à cette époque.

La découverte en 2003 d'une agglomération gauloise à cheval sur le Steïr au nord de Quimper, près du village de Kergolvez en Guengat, a apporté la confirmation d'un peuplement important de la zone dès avant la conquête romaine, puisque les datations vont du ou du à un abandon daté de -30. Des traces d'artisanat ont été trouvées et des scories métalliques indiquent une activité métallurgique notable. L'habitat, à l'époque, semble donc s'être présenté sous la forme d'un ensemble de villages ou hameaux.

Antiquité

Des écrits de Jules César et des historiens grecs, on déduit que le site de Quimper était inclus dans la cité des Osismes dont la capitale, au moins après la conquête romaine, était Vorgium (Carhaix).

Une agglomération gallo-romaine (Civitas Aquilonia) d'une quinzaine d'hectares a été repérée dans le quartier de Locmaria. Elle fut fondée sous le règne de l'empereur Auguste et fut surtout florissante aux deux premiers siècles de notre ère. Elle comportait un forum et des thermes situés au centre d'un plan orthogonal, dont un élément significatif a été retrouvé en 2006 à proximité d'un probable port sur l'Odet et d'une acropole située sur le sommet occidental du mont Frugy. Une voie romaine la reliait à Vannes et d'autres à Brest, Carhaix et la pointe du Van.

Le quartier de Roz-Avel, à deux kilomètres au nord-ouest du centre-ville actuel, comportait au début du une grande et belle villa avec des thermes privés qui restent utilisés jusqu'à la fin du ; c'est aujourd'hui le site gallo-romain de Roz-Avel. Une villa similaire existait à Kervéguen, à la limite Est, près de l'Odet.

En mars 2019, 140 urnes funéraires sont exhumées de la nécropole romaine du Frugy..

Moyen Âge

Apparition de Quimper dans les textes vignette|upright|Le vieux Quimper La cité gallo-romaine semble disparaître à peu près complètement dès le (en tout cas d'un point de vue archéologique), et on ignore tout de l'histoire du site au cours du très Haut Moyen Âge, excepté le fait qu'un peuplement ait subsisté dans le quartier portuaire où a été retrouvée une nécropole de l'époque carolingienne. Une civitas aquilonia, au nom latin obscur (la cité du Nord, mais du Nord de quoi?), est mentionnée dans un acte daté d'environ 1020 dans le nom d'un lieu de culte Sancta Maria in aquilonia civitate: elle existait autour de l'église abbatiale de Locmaria comme semble le confirmer un autre acte de 1124 par lequel l'abbaye devient un prieuré de Saint-Sulpice de Rennes. L'abbaye de femmes semble avoir été fondée par des donations du comte et évêque de Cornouaille, Binidic (Benoît), peu avant sa mort en 1055, et bénéficier de la protection de son fils, Alain Canhiart, son successeur au comté, dont la fille, Hodierne, est la première abbesse connue.

Cette ancienneté a amené à supposer que Locmaria a été le premier siège de l'évêché de Quimper et donc de sa cathédrale.

Déjà vers l'an 900, un certain Huarwethen porte le titre d'évêque de Saint-Corentin; le personnage de saint Corentin, premier évêque de Quimper selon la tradition, est mentionné vers 880 dans la Vie de saint Guénolé, due à Wrdisten (Gourdisten), abbé de Landévennec. Dès les années 850, un autre document parle d'un dénommé Anaweten, qualifié d'évêque de Cornouaille (episcopus Cornugallensis), et il n'est pas douteux qu'il devait résider à Quimper.

Le nom de Kemper ou de Quempercorentin apparaît à la fin du . La référence toponymique au confluent (Kemper en breton) de l'Odet et du Frout est due à sa proximité immédiate du centre urbain et de la cathédrale Saint-Corentin. On trouve aussi les termes latins Confluentia et aussi C(h)orisopitum (dans le titre Corisopitensis presul attribué à l'évêque au milieu du ), ce que l'on croit être une cacographie de Curiosolitum (le nom, employé au génitif, de l'ancienne cité gauloise des Curiosolites, chef-lieu « Fanum Martis »/Corseul, près de Dinan), résultat, donc, d'une simple erreur d'un clerc de l'époqueIl y eut à l'époque un effort pour asseoir la légitimité des évêques et archevêques sur le souvenir des cités et provinces gauloises du Bas-Empire (dont la liste était conservée, avec de nombreuses fautes de copie, dans la Notitia provinciarum et civitatum Galliae), ce qui était impossible pour Quimper, qui n'était pas chef-lieu de cité à l'époque romaine. Cependant le nom de ville Corisopitum, ou Coriosopitum, ou Corstopitum est attesté en Grande-Bretagne dans l'Itinéraire d'Antonin (document qui daterait du règne de Dioclétien) : il s'agit de l'actuelle ville de Corbridge, fort romain en arrière du Mur d'Hadrien (appelé plus brièvement Coria dans les Tablettes de Vindolanda). On sait par un autre document, la notitia dignitatum, que vers l'an 400 une Cohors prima Cornoviorum était stationnée non loin de là, à Pons Ælius (sur le site de l'actuelle Newcastle upon Tyne). Voir Joseph Loth, L'émigration bretonne en Armorique, Rennes, 1883, 60-61..

Les brumes des légendes, des cartulaires et des Vies de saints bretons

Sa Vie latine fait de saint Corentin un protégé de Gradlon, roi de Cornouaille ayant échappé à la submersion de la ville d'Ys et auquel le prince aurait fait don de son château pour établir son palais épiscopal, ce qui expliquerait le nom de "Tour-du-Châtel" (en latin Circuitus Castri, c'est-à-dire le "pourtour du château") donné autrefois à la place entourant la cathédrale. Cependant ces événements, sûrement en grande partie fictifs, sont généralement situés vers le , alors que rien ne permet d'affirmer l'existence d'un évêché chrétien à cette époque, d'autant que les Bretons n'eurent longtemps pas de diocèses territoriaux. Selon certains historiens modernes, le diocèse de Quimper aurait été fondé seulement au , après la conquête carolingienne de l'Armorique. Trois Gradlon sont connus par le Cartulaire de Landévennec, mais le seul pouvant avoir laissé une traceLes Actes de l"abbaye Saint-Mesmin de Micy, rédigés avant 972, indiquent que l'abbaye de Noirmoutier aurait accueilli pour la fin de sa vie, un Gradlon, évêque et neveu d'un très puisant roi des Bretons. Il est curieux de constater qu'un prieuré de Landévennec à Lanvern, près de Plonéour, est dédié à Saint-Philibert, le fondateur de Noirmoutier. est le troisième, Gradlon de Plonéour-(Lanvern), dont le petit-fils supposé, Dilès, fit justement une donation de terres de Plonéour à l'abbaye de Landévennec.Saint Corentin est associé dans la légende à un ermite de Kerfeunteun pour lequel il aurait créé par miracle la fontaine sacrée toujours visible près de l"église et saint Guénaël aurait été remarqué par saint Guénolé dans les rues de Quimper, n'ayant encore que onze ans. L'ayant fait éduquer à l'abbaye de Landévennec, le disciple serait devenu son successeur. Selon le Cartulaire de Landévennec, Corentin aurait eu pour successeur Guenuc et Allorus, ce dernier pouvant être le fondateur de la paroisse d'Ergué-Armel, à trois kilomètres de la cathédrale. La Vie latine de saint Méloir, donné comme petit-fils du comte de Cornouaille, Budic Meur, montre le meurtrier du saint emmené par l'oncle Rivod, commanditaire du meurtre, au sommet du mont Coci dans lequel, il semble approprié de voir le Mont Frugy.

On trouve à Locmaria quelques traces d'un culte de saint Tudy, dit aussi saint Pabu (voir à ce propos l'équivalence avec Saint Tugdual) : la donation de l'évêque Binidic (un peu avant 1055) mentionne une pierre Maen Tudi et une fontaine de Pabu sur le minihi (territoire propre) de l'abbaye Sainte-Marie de Locmaria, près du mont Frugy, mentionné comme le Cnech Cuki. il a donc peut-être existé en ce lieu, avant l'abbaye Sainte-Marie, un monastère dédié à saint Tudy, ce dernier formant une triade avec saint Corentin et saint Guénolé, tant dans la Vie de saint Guénolé de Wrdisten que dans la Vie de saint Corentin (). Autres preuves d'un lieu de prière ancien, la référence tardive à une chapelle Saint-Colomban (Irlandais du , auteur d'une règle monastique) et le fait qu'un abbé, Gourki, est présent lors de la donation principale, donc avant la création de l'abbaye de femmes. Mais rien encore de probant n'a été découvert sur la préhistoire du siège épiscopal, qui n'est pas donné comme d'origine insulaire comme d'autres en BretagneJoëlle Quaghebeur, La Cornouaille du au …, soutient l'existence d'un monastère très ancien, ayant été le siège de l'évêché breton primitif, ce qui expliquerait qu'un simple transfert à quelques centaines de mètres n'ait pu donner matière à un récit de fondation comme pour les évêchés voisins..

Les relations complexes entre les pouvoirs civils et religieux