L'Open américain (« The US Open » aux États-Unis) est un tournoi annuel de golf organisé par l’United States Golf Association (USGA). Créé en 1895, il constitue l’un des quatre tournois majeurs du Grand Chelem de golf masculin aux côtés du Masters, du Championnat de la PGA et de l'Open britannique. Disputé traditionnellement à la mi-juin, souvent autour de la fête des Pères aux États-Unis, il se joue chaque année sur un parcours différent situé aux États-Unis.

Le tournoi se distingue par son système de qualification ouvert, permettant à des joueurs amateurs et professionnels du monde entier de tenter d’intégrer le tableau final à travers des tournois qualificatifs locaux et sectionnels. Cette caractéristique lui vaut d’être considéré comme le tournoi majeur le plus accessible du golf professionnel, tout en demeurant l’un des plus exigeants sportivement.

L’Open américain est réputé pour la difficulté extrême des parcours sélectionnés par l’USGA : fairways étroits, roughs particulièrement épais et greens rapides mettent l’accent sur la précision du jeu et la maîtrise stratégique. Au fil de son histoire, l’épreuve a été remportée par certains des plus grands joueurs de l’histoire du golf, tels que Willie Anderson, Ben Hogan, Jack Nicklaus ou Tiger Woods.

Épreuve centrale du calendrier international, l’Open américain est aujourd’hui l’un des tournois les plus prestigieux du golf mondial et compte pour les principaux circuits professionnels, notamment le PGA Tour et le DP World Tour.

Histoire

Création du tournoi L’US Open est créé en 1895 par la United States Golf Association (USGA), fondée l'année précédente afin d'organiser et de réguler les compétitions de golf aux États-Unis. La première édition se déroule le au Newport Country Club à Newport, dans l’État du Rhode Island. Disputée sur un parcours de neuf trous parcouru à quatre reprises (36 trous) en une seule journée, elle réunit onze participants, dont dix professionnels et un amateur. Le vainqueur est l’Anglais Horace Rawlins, qui remporte un prix de 150 dollars ainsi qu’une médaille d’or.

Domination britannique Durant ses premières années, le tournoi est largement dominé par des joueurs originaires des Îles Britanniques, alors très influents dans le développement du golf aux États-Unis. Parmi eux figurent notamment Willie Anderson, premier joueur à remporter quatre titres (1901, 1903, 1904 et 1905), et Harry Vardon, vainqueur en 1900. Cette période reflète l’influence encore forte du golf britannique dans l’organisation et la pratique du sport aux États-Unis.

Le tournant de 1913 L’édition 1913 constitue l’un des moments les plus marquants de l’histoire du tournoi. Disputée au The Country Club de Brookline, elle voit la victoire de l’amateur américain Francis Ouimet à l’issue d’un barrage face aux Britanniques Harry Vardon et Ted Ray. Ce succès inattendu, remporté devant un public nombreux, contribue fortement à populariser le golf aux États-Unis et marque symboliquement l’émergence d’une génération de joueurs américains capables de rivaliser avec les professionnels britanniques.

L’ère des grandes figures du golf Au cours de l’entre-deux-guerres et de l’après-Seconde Guerre mondiale, l’US Open s’impose progressivement comme l’un des tournois majeurs du golf mondial. Des joueurs tels que Bobby Jones, Ben Hogan, Sam Snead ou encore Jack Nicklaus inscrivent leur nom au palmarès et contribuent à renforcer le prestige de la compétition. La difficulté des parcours sélectionnés par l’USGA devient également l’une des caractéristiques du tournoi, qui privilégie traditionnellement des scores relativement élevés.

Le retour de Ben Hogan en 1950 L’une des éditions les plus célèbres de l’histoire du tournoi est celle de 1950, disputée au Merion Golf Club en Pennsylvanie. Le tournoi est remporté par Ben Hogan seize mois seulement après un grave accident de voiture survenu en , qui faillit lui coûter la vie. Malgré des séquelles importantes, Hogan réalise lors du dernier tour un coup de fer resté célèbre au trou qui lui permet de forcer un barrage. Il remporte le lendemain ce barrage face à Lloyd Mangrum et George Fazio, signant ainsi l’un des retours les plus marquants de l’histoire du sport.

Nicklaus contre Palmer (1960) L’édition 1960 disputée au Cherry Hills Country Club dans le Colorado marque l’émergence de Jack Nicklaus sur la scène internationale. Alors amateur, Nicklaus remporte le tournoi avec un score de 283 (−1) et devance le favori du public Arnold Palmer de deux coups. Cette victoire est souvent considérée comme le début de la rivalité sportive entre Palmer et Nicklaus, qui domine le golf mondial durant les années 1960.

L’Open américain à l’ère moderne Au cours des décennies suivantes, le tournoi continue d’attirer les meilleurs joueurs du monde et se forge une réputation particulière en raison de la difficulté des parcours préparés par l’USGA. Les parcours étroits, les roughs épais et les greens rapides font de l’Open américain l’un des tournois les plus exigeants du calendrier.

Plusieurs éditions marquantes jalonnent cette période, notamment celles remportées par Tom Watson (1982), Curtis Strange (1988 et 1989) ou Payne Stewart (1999). Cette dernière victoire, obtenue à Pinehurst, reste célèbre pour le putt décisif réussi par Stewart au trou devant Phil Mickelson.

La victoire de Tiger Woods en 2008 L’édition 2008 disputée au Torrey Pines Golf Course en Californie est l’une des plus célèbres de l’histoire du tournoi. Tiger Woods y remporte son troisième Open américain au terme d’un barrage face à Rocco Mediate, alors qu’il souffre d’une grave blessure au genou gauche. Malgré la douleur, Woods parvient à égaliser au trou grâce à un putt décisif avant de s’imposer lors du barrage disputé le lendemain.

Évolutions récentes Au , l’Open américain demeure l’un des quatre tournois majeurs du golf masculin et attire chaque année les meilleurs joueurs du monde. Organisé sur différents parcours prestigieux à travers les États-Unis, il conserve sa réputation de tournoi particulièrement exigeant, où la préparation des parcours vise à privilégier la précision et la gestion du jeu plutôt que les scores très bas.

Il existe également une version féminine du tournoi, l’Open américain féminin, créé en 1946.

Qualification

Le tournoi est ouvert à un champ de 156 joueurs. Ceux-ci accèdent à l’épreuve soit par exemption, soit par le biais du processus de qualification organisé par la United States Golf Association (USGA).

Plusieurs catégories d’exemption permettent d’intégrer directement le tableau principal. Parmi les principales figurent notamment : les vainqueurs des dix dernières éditions de l'US Open ; les vainqueurs des cinq dernières éditions des autres tournois du Grand Chelem ; le vainqueur du The Players Championship des trois dernières années ; les dix premiers et ex æquo de l’édition précédente ; les cinquante premiers du classement mondial à certaines dates déterminées avant le tournoi ; les meilleurs joueurs de la saison précédente du PGA Tour et du DP World Tour.

Les autres places sont attribuées par un système de qualification en deux étapes. La première phase, appelée local qualifying, consiste en une série de tournois disputés sur 18 trous organisés dans plusieurs pays. Les joueurs qualifiés accèdent ensuite à la seconde phase, le final qualifying, disputé sur 36 trous en une journée. Cette étape finale est organisée sur plusieurs parcours aux États-Unis ainsi que sur quelques sites internationaux.

Le vainqueur de l’US Open bénéficie de plusieurs exemptions importantes. Il est notamment automatiquement qualifié pour les dix éditions suivantes du tournoi, ainsi que pour les cinq éditions suivantes des autres tournois majeurs.

Vainqueurs