François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois ou de La Chenaye des Bois (en religion : frère Athanase), né François Alexandre de La Chenaye AubertSelon son acte de baptême, lisible en ligne sur le site des Archives Départementales de la Mayenne. le à Ernée et mort le à l'hôpital de BicêtreArchives départementales du Val-de-Marne, Gentilly, hôpital de Bicêtre, 1784 - 1785, vue 14/160., est un écrivain, généalogiste, polygraphe et compilateur français.
Biographie
Religieux
Son père, Pierre, était receveur des traites de la ville d'Ernée. Son enfance n'est pas connue. Après avoir reçu une instruction religieuse, il devient franciscain dans un couvent d'Évreux, sous le nom en religion de frère Athanase. Actif et batailleur, il quitte sa retraite, par deux fois, avec et . Il quittePour Grosse-Duperon, il quitta l'église des Capucins de Mayenne. son couvent sans plus de cérémonie car il ne s'inquiète pas même de se faire relever de ses vœux. Il garda toujours une très mauvaise opinion des religieux de toute robe : Correspondance historique, Lettre IV, ..
Mariage En 1742, il se marie avec une demoiselle Picquenot de La Croix. Il est envoyé à la prison Saint-Lazare pour avoir abandonné la vie religieuse. Sa femme ne peut plus correspondre avec lui qu'en se faisant passer pour sa sœur. Ses ennemis (Nicolas-René Berryer, lieutenant général de police, l'abbé de Choisexure…) obtiennent du roi en 1747 son exil à Amsterdam, mais sans sa femme, qui doit rester en France.
Hollande Il se rend donc en Hollande (dès 1737 ?). Les Lettres Juives paraissaient et avaient un grand succès dans les cercles philosophiques : il entreprend d'y répondre. Il est possible que cette réponse soit le premier ouvrage de La Chenaye. C'est en tout cas le premier désigné par les bibliographes. Il paraît par livraisons séparées, durant les années 1737 et 1738, sous le titre de: Correspondance historique, philosophique et critique entre Ariste, Lisandre et quelques autres amis, pour servir de réponse aux Lettres Juives ; La Haye, A. Van Dole, in-12. L'éditeur publiait deux livraisons par semaine, et l'ouvrage complet forme trois volumes.
Polygraphe Il ne semble pas rester longtemps en Hollande, car il fait publier en France dès 1740 plusieurs ouvrages de polémique, et Le parfait cocher (chez Mérigot, vers 1744 ?), puis un Dictionnaire militaire chez David et Gosey (1745-46).
À nouveau exilé, il publie des Lettres hollandaises en 1747 ; mais trois ans plus tard, il semble rentré à Paris. En 1750 parait son Dictionnaire des aliments, puis l'année suivante, chez David le jeune, un Dictionnaire universel d'agriculture censé concurrencer la Maison rustique ; d'autres éditions de ce Dictionnaire domestique verront le jour chez divers éditeurs (jusqu'en 1769). Il se partage alors entre la zoologie (chez Bauche) et les affaires militaires, puis nobiliaires (chez Duchesne). C'est à son Dictionnaire généalogique de la noblesse française, commencé en 1757 et devenu célèbre (mais non pas sans péril) qu'il consacrera ses dernières années.
Il parait que son employeur supposé, l'abbé Desfontaines, qui, dit-on, utilisait les talents d'Aubert dans sa feuille intitulée Observations sur les écrits modernes, n'avait pas « toujours autant d'esprit que lui »Biographie universelle, article : Chenaye-Desbois (La)..
Mort Il meurt sans ressources en 1783. On le décrit comme . Son adresse à Paris était rue Saint-André des Arcs, à côté l’« Hôtel de Hollande ».
La Chenaye-Desbois a plusieurs fois insisté sur la triste condition d'un écrivain pauvre et dépourvu de riches protecteurs. Pour Jean-Barthélemy Hauréau, il décrivait là sans doute les désagréments de sa propre situationHauréau indique qu'après avoir « fait connaître, dans un certain nombre d'ouvrages critiques, ses goûts littéraires, la libre humeur de son esprit et le genre facile de son talent mal réglé, il se mit aux gages des libraires et rédigea pour eux, sur les matières les plus diverses, des abrégés, des compilations. ».
Œuvres Son œuvre majeure La Chesnaye-Desbois est principalement connu par ses publications sur la généalogie des familles nobles.
Il publia de son vivant deux éditions d'un Dictionnaire de la noblesse, qui en connut au une troisième, entièrement refondue, laquelle a été plusieurs fois réimprimée au .
La première édition, en sept volumes (1757-1765) au format in-12°, imprimés par le libraire parisien Duchesne, est intitulée Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique, contenant l'origine et l'état actuel des premières maisons de France, des maisons souveraines et principales de l'Europe ; les noms des provinces, villes, terres, (…) érigées en principautés, duchés, marquisats, comtés, vicomtés et baronneries ; les maisons éteintes qui les ont possédées, celles qui par héritage, alliance ou achat ou donation du souverain les possèdent aujourd'hui, les familles nobles du royaume et les noms et les armes dont les généalogies n'ont pas été publiés par M. D.L.C.D.B..
Les trois premiers volumes, constituant une seule suite de notices familiales, classées par ordre alphabétique de nom de famille, parurent en 1757. Trois autres volumes, constituant une deuxième suite de notices familiales également classées par ordre alphabétique, parurent en 1761. Le septième et dernier volume de cette collection, constituant une suite alphabétique à lui seul, paraît en 1765.
Devant le succès de cette entreprise, La Chenaye Desbois entreprend en 1769 la mise en souscription d'une nouvelle édition d'une toute autre ampleur, au format in 4°, qu'il débute par la publication du tome 1, en 1770, toujours chez le libraire Duchesne.
Le titre en est différent : Dictionnaire de la noblesse contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, l'explication de leurs armes et l'état des grandes terres du Royaume aujourd'hui possédées à titre de principautés, duchés, marquisats, comtés, vicomtés, baronnies par création, héritages, alliances, donations, substitutions, mutations, achats ou autrement. L'auteur le signe de son nom complet.
Onze autres volumes sont publiés successivement au format in-4° jusqu'en 1778, formant une suite alphabétique complète.
En 1781, Jacques Badier, « éditeur et continuateur », fait paraître au même format in-4°, un premier volume de supplément intitulé Recueil de généalogies pour servir de suite ou de supplément au Dictionnaire de la noblesse, constituant à lui seul une suite alphabétique. Deux autres volumes de ce supplément voient le jour en 1784 et 1786, après la mort de La Chenaye-Desbois.
L'ouvrage complet comprend donc, en définitive, quinze volumes, mais les trois volumes de supplément manquent souvent aux collections disponibles, car un grand nombre d'exemplaires en auraient été détruits à la Révolution, opposée au principe nobiliaire.
Devenu rare et recherché, surtout complet de ses suppléments, l'ouvrage est réédité à partir de 1863 par l'éditeur Schlesinger, de manière à former une seule suite alphabétique, intégrant tous les suppléments de l'édition précédente. 19 volumes, au total, paraissent au format in 4°, jusqu'en 1876.
Cette version de l'ouvrage, qui doit être considérée comme définitive, en dépit de ses imperfections, a connu plusieurs reproductions, notamment en 1980 par les éditions Berger-Levrault. Elle constitue un ensemble de données généalogiques unique par son ampleur et figure dans la plupart des bibliothèques spécialisées :
1863, tome 1 tome 2 tome 3 1864, tome 4 tome 5 1865, tome 6 tome 7 1866, tome 8 tome 9 tome 10 1867, tome 11 1868, tome 12 tome 13 1869, tome 14 tome 15 1870, tome 16 1872, tome 17 1873, tome 18 1876, tome 19
Le succès des publications nobiliaires entreprises par La Chesnaye-Desbois est tel qu'il fait paraître aussi, en parallèle, annuellement et sous plusieurs titres successifs, des annuaires dédiés à l'état présent des familles nobles, annuaires énumérés à la fin de la liste qui va suivre. Ces annuaires succèdent à L'Almanach généalogique, chronologique et historique, publié par l'abbé Jacques Destrées à partir de 1747.
Le premier d'entre eux, paru dès 1762, préfigure l'Almanach de Gotha, publié à partir de 1763, et les almanachs généalogiques qui paraîtront au , notamment en France l'Annuaire de la noblesse de France.
Autres publications La Chenaye-Desbois a laissé, dans des domaines divers, un grand nombre d'écrits ; quelques-uns sont ignorés ou n'existent plus, d'autres sont rares. Plusieurs de ces ouvrages sont signés d'un pseudonyme (ou de ses initiales D.L.C.D.B. pour ). Certains de ses ouvrages sont vivement critiqués pour leur partialité ou leur manque de rigueur. On peut reprocher à La Chenaye Desbois d'avoir consigné des faits dont il n'avait pas toujours contrôlé l'authenticité, mais il ne faut pas oublier qu'il a été obligé de travailler pour le compte d'éditeurs qui exploitèrent souvent sa pauvreté.
Correspondance historique, philosophique et critique pour servir de réponse aux Lettres juives, La Haye : Van Dole, 1737-1738, 3 volPour Jean-Barthélemy Hauréau, ce n'est pas une réfutation des critiques acerbes du marquis d'Argens; on les approuve aussi souvent qu'on les blâme : c'est une conversation sur les mêmes sujets entre d'autres interlocuteurs qui ne manquent ni de goût, ni d'esprit. La Correspondance historique est assurément un des meilleurs ouvrages de La Chenaye-Desbois.. Lettre à la Comtesse D… pour servir de supplément à l'amusement philosophique sur le langage des bêtes du Père Bougeant, 1739, brochure<ref group=alpha>Pour Hauréau, la brochure n'est pas dépourvue d'enjouement. C'était un mérite assez commun au qu'un style vif, facile, dégagé de toutes périphrases ; mais il n'y avait pas non plus en ce temps-là disette d'écrits lourds, pédants et maussades : il y a donc lieu de signaler cet heureux tour qui distingue certains libelles de La Chenaye-Desbois</ref>. L'abbé d'Olivet, qui est assez mal traité dans cette Lettre, la croyaitNote sur un exemplaire de la Bibliothèque Nationale de France : Z. 2281,*, J., 107. de son impitoyable adversaire, l'abbé Desfontaines. L'astrologue dans le puits, à l'auteur de la nouvelle astronomie du Parnasse, Paris, 1740, in-12C'est pour Hauréau un des plus violents et des plus médiocres pamphlets de La Chenaye-Desbois. La Nouvelle Astronomie avait été publiée sans nom d'auteur par le chevalier de Neufville-Montador, très-fécond et très vulgaire écrivain. La Chenaye-Desbois lui fit comprendre qu'il savait son secret, et il le traita de la façon la plus incivile. Ces méchants libelles étaient lus dans les cafés et avaient un jour de vogue. On en cite plusieurs qui ont mérité de survivre. L'Astrologue dans le Puits n'est pas de ce nombre.