La bataille de Hanoï est le premier engagement de la guerre d'Indochine, livrée du au à la suite du bombardement de Haïphong par les français en novembre. Le Viet Minh, dirigé par Hô Chi Minh (président de la République démocratique du Viêt Nam, dont l'indépendance est proclamée à Hanoï le ), décide de lancer une offensive ayant pour but la libération de la ville de Hanoï.
Histoire
Contexte Selon le traité préliminaire du , l'armée vietnamienne était sous contrôle français. Le , la France et la RDV avaient signé un modus vivendi, promettant des droits réciproques et des négociations pour mettre fin aux hostilités armées. Les Français n'ont fait aucune concession politique. Au lieu de cela, la France a débarqué des renforts à Da Nang, en violation d'un accord signé le . Puis, en , des conflits locaux ont conduit à des massacres de colons à Haïphong, Langson et Tourane.
Les Français avaient rechigné à accorder l'indépendance à la RDV, insistant plutôt sur la reconstruction de leur fédération indochinoise. Dès la mi-octobre de la même année, l'état-major du Viet Minh concluait que les Français attaqueraient et que des préparatifs étaient donc nécessaires. Cela devint plus évident à Haïphong, où un conflit de souveraineté concernant le droit de percevoir des droits de douane a vu Georges Bidault, responsable français local, donner le feu vert à une résolution militaire violente. Après cet incident, l'attention française se porta sur Hanoï, où elle maintint une présence conjointe avec la RDV par le biais de commissions militaires conjointes. Leur présence militaire à Hanoï comptait environ 6 000 hommes, tandis que la RDV comptait 10 000 miliciens et 2 500 à 3 000 soldats de l'armée régulière en service actif.
Déroulement À 20 heures 03, une explosion dans la centrale électrique de la ville annonce le début de l'insurrection. Pendant plus d'une semaine, des ressortissants français sont massacrés et des maisons pillées Mark Philip Bradley, Vietnam at war. Oxford University Press. p. 47. , notamment l'Institut Pasteur, totalement dévasté. Ho Chi Minh appelle tout le peuple vietnamien à se soulever contre la présence française :
Dès lors, la ville se retrouve dans l'obscurité et se retrouve bombardée par l'artillerie française, l'armée se déploie ensuite et réalise des perquisitions domiciliaires afin de trouver d'éventuels dirigeants du Viet Minh. Les guérilleros vietnamiens se replient alors dans les montagnes, à d'Hanoï Nghia M. Vo, The Vietnamese boat people, 1954 and 1975-1992, McFarland. p. 13. . Selon le Viet-Minh, cette retraite stratégique leur permit de préserver leurs forces. Après avoir nettoyé la ville de toute présence Viet Minh, les Français exigent la reddition militaire de leurs adversaires, qui refusent aussitôt. Les États-Unis, alarmés par l'incident, envisageaient un référendum sur l'indépendance, mais le projet fut aussitôt abandonné devant le refus de l'Union française et du Viet Minh Robert D. Schulzinger, A time for war: the United States and Vietnam, 1941-1975, Oxford University Press US. pp. 28-31 .
Galerie
Dans la culture populaire Peinture Hanoï 1946 par Bui Xuan Phai. Drame Les hanoïens par Pham-van-Quy.
Références
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