Haudonville est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est.
Géographie
Localisation
La commune de Haudonville est située dans une plaine resserrée à au nord-ouest de Gerbéviller ; séparée de ce dernier par le ruisseau de Moranviller qui se jette dans la Mortagne à l'extrémité sud du territoire communal. À l'ouest du village, se situent les territoires de Moriviller, Franconville et Lamath. En direction de cette dernière commune, à environ à l'ouest, le territoire comprend une ferme nommée les Bordes.
La superficie totale du territoire est de . Le village se divise en 4 grandes parties : 1/ Broth; 2/ la Garenne et le Salvon; 3/ les Bordes; 4/ le village.
Géologie et relief Le territoire appartient aux formations sédimentaires secondaires : au Nord et à l'Est du territoire, les terrains sont siliceux ; dans les autres parties, ils sont argilo-siliceux.
La géologie du secteur est dominée par les formations du Trias, interrompu par un ensemble d'argile et de calcaire (Keuper) à la jonction avec Gerbéviller, sur le secteur de la vallée de la Mortagne.
Haudonville a une altitude minimale de et une altitude maximale de . Le point culminant du village se situe dans le bois de Haudonville, alors que son point inférieur se trouve au cœur de la vallée de la Mortagne au nord.
Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Mortagne, le ruisseau de Étang (le ruisseau de la Garenne), le ruisseau de Moranviller et le ruisseau le Grand Rupt..
La Mortagne longe le flanc nord-est de la commune. D'une longueur de , elle prend sa source dans la commune de Saint-Léonard et se jette dans la Meurthe à Mont-sur-Meurthe, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de la Mortagne sont données par la station hydrologique située sur la commune de Gerbéviller. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 21/05/2024 à 02:05 TU à partir des 646 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/11/1969 au 01/04/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour..
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de la Garenne ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Roville-aux-Chênes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Haudonville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Nancy, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (66,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (37,3 %), forêts (33,5 %), terres arables (28,5 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
Voies routières La D 122 traversant le village permet de relier la commune avec les villages de Gerbéviller, Franconville et Lamath. La D 914, traversant la commune voisine de Gerbéviller, permet de rejoindre les Vosges et la ville de Lunéville.
Transports en commun gauche|vignette|151x151px|Ancienne voie ferrée reliant Lunéville à Bruyère. Depuis la fermeture de la ligne de chemin de fer desservant les communes voisines dans les années 1980 (voir photos ci-contre), le village est aujourd’hui desservi par la ligne de bus allant de Lunéville à Bruyères.
gauche|vignette|152x152px|Panneau de signalisation ferroviaire "S" avec dispositifs réfléchissants.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Haidonvilla (1164) ; Haidunvilla (1182) ; Hadunvilla et Haydunvile (1186) ; Adonvilla (1195) ; Hadonville (1316) ; Haldonville (1393) ; Hadonvilla (1402) ; Hadonville (1414) ; Hauldonville (1433 et 1453) ; Haudonuiller (1488) ; Haudonville-lez-Gerbéviller (1557) ; Haudonville (1793)Henri Lepage, Dictionnaire topographique du département de la Meurthe, Paris, Imprimerie impériale, 1862, (lire en ligne) .
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural » dont le premier élément Haudon- représente un anthroponyme selon le cas général..
Albert Dauzat qui ne se base que sur les formes en Hald- > Haud- a proposé le nom de personne germanique Haldo, dont le cas régime serait *Haldon > *Haudon.
Remarques : Les formes en Hald-, Haud- sont isolées, puis tardives (à partir de 1433) comme la forme actuelle, alors que les mentions initiales et régulières jusqu'au contiennent toutes un élément Haid- précoce ou Had- généralement plus tardif. Il existe un thème anthroponymique germanique HAD signifiant « bataille », d'où vieux haut allemand Hadu- que l'on retrouve dans les noms de personnes Haduwig, Haderich, Hadebert, etc.Site de Nordic Names : l'élément HAD et dérivés (lire en ligne), d'où l'hypocoristique Haddo (cas régime Haddon) qui parait convenir et que le même Albert Dauzat croit reconnaître dans Hadonville-lès-Lachaussée, commune de la Meuse, à moins d'y voir Haido apparemment utilisé dans les formes les plus anciennes et qu'Albert Dauzat propose pour expliquer Hadol (Vosges, Haidois ; Haidolz ). Il se perpétue quant à lui dans les noms de familles Hède, Hedde, Hédon < *HaidonAlbert Dauzat, Noms et prénoms de France, Librairie Larousse, 1980, édition revue et commentée par Marie-Thérèse Morlet, p. 323a. Quoi qu'il en soit, ces deux anthroponymes semblent bien représentés dans la toponymie de l'Est de la France, particulièrement en Lorraine. L'altération en Hald- / Haud- pourrait s'expliquer par l'analogie avec les toponymes en Hau(t)- « haut » (< gallo-roman HALTU) et les noms de personnes comme Haudidier, typiquement lorrain, et Haudier (Hald-hari), Haudry (Hald-rik), Haudouin (Hald-win)
Histoire Moyen Age et Renaissance Haudonville est un vieux village lorrain mentionné pour la première fois au dans une charte de l'abbaye de Beaupré, mais l'existence d'un domaine rural est sans doute antérieure, c'est-à-dire d'époque mérovingienne ou carolingienne. Pendant une ou plusieurs périodes historiques non définies, Haudonville n'était qu'une dépendance de Gerbéviller..
Dans la tradition locale, le village de Haudonville aurait donné naissance à Gerbéviller.. Cette croyance reste cependant très obscure et il semble que cet inégal développement entre ces deux communes soit dû à la qualité de leurs seigneurs. Henri Lepage. mentionne le seigneur Dericus (comprendre Deric, probablement germanique Theudo-rik), chevalier de Haudonville, possédant un alleu sur cette commune. Alleu qui par la suite a dû revenir au seigneur de Gerbéviller ; puisque Philippe de Gerbéviller en fit don à l'abbaye de Beaupré en 1225.
À la fin du , les nouveaux mariés de Haudonuiller étaient astreints à une curieuse coutume appelée le droit de coillaige qui consistait à payer deux redevances le soir même du mariage : l'une au seigneur du lieu, et la seconde aux garçons en âge de se marier. Ce qui est très curieux ici, c'est que ces jeunes gens bénéficiaires n'étaient pas ceux de Haudonville, mais ceux de Gerbéviller, Commune voisine, ce qui semble un cas unique pour ce droit..
Le lieu-dit la Garenne, à l'ouest du village, donnerait à supposer qu'en ce lieu, les seigneurs entretinrent une garenne (réserve de chasse).
En 1594, Haudonville fait partie de la prévôté et châtellerie de Lunéville ainsi que du bailliage de Nancy ; les terres de la commune appartenait au prieuré de Beaupré. Au lieu-dit les Bordes, les seigneurs de Gerbéviller venaient y faire soigner leurs vassaux malades et indigents. Sur la route reliant le village à la commune de Lamath, il existait une ladrerie sous la tutelle des moines de l'abbaye de Beaupré. Ces moines ont eu une grande influence dans le développement de la commune. Pour relier leur abbaye aux Bordes, ils construisirent un chemin encore visible aujourd'hui, à travers les bois au nord de la route allant vers Lunéville ; et ils construisirent également un ponton de bois sur la Mortagne, dans les bois au nord de la ladrerie..
La seigneurie de Haudonville Haudonville n'a pas toujours dépendu des seigneurs de Gerbéviller. Philippe de Haraucourt-Haudonville décédé en 1540 se revendique seigneur partiel de Haraucourt, seigneur de Méhoncourt, de Removille et de Haudonville. Sa branche familiale est connue sous le patronyme De Haraucourt-Haudonville. Son petit-fils François de Haraucourt se convertit à la nouvelle religion. Par prudence, il vend ses biens dans sa famille. Il semble être le dernier de cette famille à revendiquer la seigneurie de Haudonville.
En 1710, ce lieu devient une dépendance du marquisat de Gerbéviller, cette dernière affiliée au bailliage de Lunéville. La léproserie des Bordes n'est plus visible aujourd'hui, elle brûla dans un incendie survenu au milieu du ; plus au nord de l'emplacement initial, une ferme actuellement visible y fut construite.
Époque moderne