La Serbie a déposé sa candidature d'adhésion à l'Union européenne le ; la candidature a été transmise à la Commission européenne le afin qu'elle commence à l'examiner. Le , la Commission européenne confirme l'ouverture du processus d'adhésion en lui accordant le statut de candidat à l'entrée dans l'Union européenne.

Le , le Conseil européen accorde le statut de candidat officiel à la Serbie ; cette décision a été motivée par la France, l'Italie et l'Autriche, aux vues des récents progrès de Belgrade pour œuvrer à la stabilité régionale, notamment à la suite des accords conclus le entre Belgrade et Pristina dans le cadre du dialogue entre l'Union européenne et les pays des Balkans.

En 2013 un sondage réalisé en Serbie montrait que les Serbes étaient plus favorables à une Union avec la Russie qu'avec l'Union européenne, ce qui illustre l'importance des relations entre la Russie et la Serbie..

Historique

Accord de stabilisation et d'association

Les négociations de l'accord de stabilisation et d'association commencèrent en .

Le , l'Union européenne suspendit les discussions avec la Serbie car Ratko Mladić n'avait pas été encore arrêté et qu'en cela la Serbie avait failli à remplir son engagement selon lequel elle coopérait pleinement avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Ceci ralentit le rythme du processus de réformes. En , un plan d'action visant à arrêter Ratko Mladić fut préparé par le gouvernement afin de localiser et de porter devant les tribunaux l'ancien général, dans le but d'améliorer les relations avec l'UE. En , les partis serbes parvinrent à un accord pour la mise en place d'un nouveau gouvernement et firent de Boris Tadić le chef du Conseil national de sécurité. Les premières semaines qui ont suivi la création de ce Conseil, les polices serbes ont arrêté deux criminels de guerre recherchés. En conséquence, le , l'Union européenne rouvrit les négociations. Le , Radovan Karadžić fut arrêté. Le , Mladić fut finalement arrêté.

Le , le vice-Premier ministre serbe Božidar Đelić et le Commissaire à l'élargissement Olli Rehn paraphèrent à Bruxelles l'accord de stabilisation et d'association entre la Serbie et l'Union européenne. Olli Rehn déclara que cette décision était le résultat de l'amélioration de la coopération avec le TPIY, comme l'a constaté la procureure générale, Carla Del Ponte.

Rehn souligna que la pleine coopération de Belgrade avec le TPIY restait une pré-condition pour la signature de l'Accord de stabilisation et d'association. Il fut parafé deux ans après le début des négociations. Le , la Belgique et les Pays-Bas confirmèrent que leur pays ne signeraient pas l'ASA (la signature de tous les États membres de l'Union étant nécessaire) jusqu'à ce que la Serbie coopère pleinement avec le TPIY. Le , le procureur du TPIY Serge Brammertz déclara qu'il n'y avait aucun changement et que la Serbie ne coopérait pas encore pleinement.

L'UE planifiait d'accorder le statut de candidat à la Serbie début 2009, à la condition de sa pleine coopération avec le tribunal de La Haye. La Serbie obtint finalement le statut d’État candidat le .

L'Accord de stabilisation et d'association (ASA) est entré en application le .

Demande d'adhésion

thumb|right|Mairie de Novi Sad où se tiennent les négociations entre l'UE et le gouvernement serbe.

Le , Radovan Karadžić est arrêté à Belgrade et transféré 9 jours plus tard devant le TPIY. Ce transfert eut un impact positif au sein de l'UE et fut considéré comme une étape importante de la procédure d'adhésion serbe.

Le , le vice-Premier ministre serbe Božidar Đelić indiquait que la Serbie allait remettre sa demande d'adhésion à la présidence tchèque du Conseil de l'Union européenne en 2009 qui se terminait le . Cependant, ce n'est qu'en que le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremić dépose la demande d'adhésion après une rencontre avec le commissaire à l'élargissement Olli Rehn.

Le , les ministres des Affaires étrangères de l'Union ont publié un accord provisoire sur la facilitation du commerce avec la Serbie, jusqu'alors bloqué par les Pays-Bas.

Par décision des ministres de l'intérieur de l'Union en date du , les citoyens serbes, mais aussi macédoniens, monténégrins bénéficient, depuis le , d'une exemption de visa pour les États Schengen de l'Union européenne.

Le , le président Boris Tadić a remis la demande d'adhésion serbe à la présidence suédoise du Conseil de l'Union.

Octroi du statut de candidat

Le , les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Luxembourg ont décidé à l'unanimité de transmettre la demande d'adhésion de la Serbie à la Commission européenne. Celle-ci transmet alors un questionnaire concernant les différents chapitres de l'acquis à la Serbie. Le , les réponses au questionnaire sont données à la Commission.

Le , Ratko Mladić a été arrêté à Lazarevo. La Serbie espérait alors une adhésion rapide à l'Union, compliquée par la crise économique et financière des États de l'UE. Le , Goran Hadžić, le dernier criminel de guerre recherché, fut arrêté. La Serbie réunit dès lors presque toutes les exigences de l'Union. Cependant, en dépit de cette arrestation, le statut d’État candidat a été refusé à la Serbie lors du sommet européen du début du mois de . La décision d'octroyer le statut de candidat se fait par un vote à l'unanimité et, lors de ce Conseil, l'Allemagne a opposé son veto.

Le différend entre la Serbie et le Kosovo fait aussi partie des difficultés. En , des manifestants serbes ont attaqué des soldats de la KFOR de l'OTAN dans la région frontalière. Des soldats allemands, notamment, furent blessés. En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le ministre de la défense autrichien Norbert Darabos a déclaré que la Serbie devait rapidement recevoir le statut de candidat car le gouvernement serbe avait montré des signaux clairs indiquant qu'il souhait trouver une solution au différend avec le Kosovo.

Négociations

Le , la Serbie reçut le statut de candidat. Auparavant, la Roumanie a abandonné son opposition à l'octroi du statut de candidat après un accord serbo-roumain pour protéger les minorités. Le politicien roumain Cristian Diaconescu avait demandé des garanties concernant la minorité serbe dans les roumanophones de Serbie, /12 D -157/12.

Les perspectives d'adhésion de la Serbie se sont assombris au début du mois d'. Fin juillet, après l'installation du nouveau gouvernement du Premier ministre Ivica Dačić (PSS), le Parlement devait se prononcer sur une loi controversée. Celle-ci était liée à l'existence d'un déficit budgétaire historique de 2,2 milliards d'euros. Le gouvernement souhaitait plus de contrôle sur la Banque centrale. Bien que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l'Union européenne avaient déjà contesté le projet de loi, 139 députés ont voté pour le projet de loi et 39 ont voté contre. Le gouverneur de la Banque nationale Dejan Šoškić avait démissionné deux jours avant le vote en signe de protestation. L'Union européenne a déclaré que les efforts de la Serbie en vue de l'adhésion à l'UE avaient été retardés par l'adoption de la loi.

Le , David McAllister a présenté à la commission des affaires étrangères son projet de résolution sur le rapport de suivi sur la Serbie en 2014.

Chronologie