L'histoire des Amériques, à fortiori des Algonquins, commence souvent avec sa découverte par l'Italien Christophe Colomb en 1492, mais pourtant, les premières traces de vies sur le continent remontent à environ avant notre ère. C'est petit à petit que des vagues d'autochtones se succédèrent et au fil des glaciations peuplèrent l'Amérique. Au Québec, on relate l'arrivée des premiers occupants vers avant notre ère à la suite du retrait tardif du glacier. Au nord-ouest du Québec, en Abitibi-Témiscamingue, « ce n'est que vers avant notre ère que commence la libération des glaces qui emprisonnent jusqu'alors le territoirePage ? » et le peuplement.
Traditionnellement, les Algonquins ou Anishinaabeg en langue algonquine, vivaient d'un mode de vie nomade, de chasse et de pêche ainsi que de la cueillette de petits fruits.
Origine À l'origine, les premiers habitants Algonquins s'établissent autour des lac Témiscamingue et Abitibi. Ils occupaient également de plus large territoire des quatre coins cardinaux : au sud, sur les rives de la rivière Outaouais ; au nord jusqu'aux territoires des Cris ; à l'est, ils côtoyaient les Attikameks sur les terres de la Haute-Mauricie ; et à l'ouest jusqu'aux territoires des Ojibwés situés au moyen Nord de l'Ontario actuelTerra incognita des Kotakoutouemis. L'Algonquinie oriental au , Robert Chamberland, Les Presses de l'université Laval, Le musée canadien des civilisations, 2004, .
Contact avec les « Blancs » Dans les années 1760 à 1820, les Algonquins pratiquent le commerce des fourrures, cette activité commerciale féconde est bénéfique pour eux et offre des avantages d'échange avec l'homme blanc. C'est à l'aide des postes de traite que ces échanges se font. Entre 1678 et 1685, les Français construisirent le fort Témiscamingue et en 1686 celui du fort Abitibi.. Autour de 1820, le changement se fait sentir, l'industrie du bois connaît une progression et oblige les Algonquins à se retirer plus loin à l'intérieur du territoire du Québec1810: Naissance du commerce du bois et de l'industrie forestière.. Bientôt, la colonisation du Nord-Ouest du Québec par la population euro-canadienne accentuera ce processus.
De 1850 à aujourd'hui… C'est au milieu du que la sédentarisation des Algonquins s'est intensifiée, en même temps que la colonisation de l'Abitibi-Témiscamingue. Après la guerre de 1812, les administrateurs responsables des Autochtones étaient préoccupés par une question : comment « civiliser » les chasseurs nomades en faisant d'eux des agriculteurs? À partir de 1850, une étape importante des traités vient d'être adoptée; une désignation de terres réservées aux Amérindiens vient d'être déterminée.»Réalités canadiennes Les peuples autochtones du Canada. 1851 fut l'année de création des deux premières réserves algonquines du territoire du Québec: Kitigan Zibi et Timiskaming.
« De 1940 à 1974, plusieurs réserves se sont fondées, entre autres celles de Lac-Simon, de Lac-Rapide, de Pikogan et de Kebaowek. Cependant, quelques communautés ne sont pas constituées en réserve : Kitcisakik et Hunter's Point»Secrétariat aux affaires autochtones, Amérindiens et Inuits, portrait des nations autochtones du Québec, Gouvernement du Québec, 2009, p-18-19. Aujourd'hui, on peut compter neuf communautés algonquines au Québec. Parmi ces réserves, sept se retrouvent en Abitibi-Témiscamingue : Hunter's Point, Kebaowek, Lac-Simon, Kitcisakik, Pikogan, Timiskaming et Winneway. Les deux autres réserves algonquines, Lac-Rapide et Kitigan Zibi, sont situées dans la région de l'Outaouais. Notez bien que certains Algonquins vivent à l'extérieur des réserves qui leur sont conférées. Les villes d'Amos, Val-d'Or et Maniwaki sont parmi les villes où ils habitentTableau de bord de l'Abitibi-Témiscamingue, Édition 2011..
La chasse et la pêche Les Algonquins, avant l'arrivée des Européens, étaient un peuple qui subsistait grâce à la chasse, la pêche et la cueillette. Selon la saison ils sont soit chasseurs ou pêcheursLes Indiens, la fourrure et les Blancs, Bruce Trigger, (1990), Boréal/seuil, . D'une part, en été quand ils pratiquent en majeure partie la pêche et la chasse aux oiseaux aquatiques, d'autre part, l'hiver, ils survivent grâce à la chasse aux mammifères terrestres.
L'hiver La chasse était l'une des activités de subsistance les plus importantes, car le gibier pouvaient les nourrir, mais ils pouvaient également se servir de la peau des animaux pour fabriquer des vêtements chauds. Ils chassaient plusieurs espèces telles que les cervidés, des ours, des rongeurs, des oiseaux. Une adaptation de leurs techniques de chasse était fait selon le type de gibiers chassés. Par exemple, ils utilisaient la trappe pour attraper les petits rongeurs et faisaient une chasse collective pour abattre un orignal. Selon les estimations des historiens, une famille autochtone (), avait besoin d'environ de territoire pour satisfaire leurs besoins en nourriture. Il faut considérer plusieurs facteurs vis-à-vis de ce chiffre ; la dispersion du gibier, la présence de montagne, de lac, de rivière et de clairière.
L'été L'été est considéré comme une saison d'abondance. Les plans d'eau sont accessibles et la migration de plusieurs espèces d'oiseaux se fait. À l'aide arc à flèche, ils pouvaient chasser des bêtes à plumes. Plusieurs techniques de pêche étaient employées telles que la pêche au filet, à la ligne, au barrage et au harpon. Pour la pêche au barrage, ils construisaient un barrage à l'aide de branche. L'eau pouvait circuler, mais le poisson ne pouvait pas passer. Les chasseurs n'avaient qu'à récolter le poisson. Outre le gibier, ils se nourrissait d'une grandes variétés de fruits sauvages.
Avant l'arrivée des Européens, les Algonquins étaient en harmonie avec l'écosystème. Ils chassaient, pêchaient et cueillaient selon leur capacité et selon les saisons. Cependant, cette harmonie fut brisée avec l'arrivée des blancs, ils se sont mis à chasser pour commercialiser.
Le commerce Le commerce du tabac
La traite des fourrures Pour les prochains paragraphes, il sera question de la traite des fourrures entre les blancs et les Algonquins. En effet, la traite des fourrures est très populaire au début de la colonisation de la Nouvelle-France par les Européens. Pour être plus précis, les paragraphes suivants traiteront des débuts de la traite des fourrures, de la manipulation exercée par les Français sur les Algonquins, des bénéfices pour les blancs ainsi que pour les autochtones à marchander entre eux et les changements de mode de vie des Algonquins dû à la traite des fourrures.
Les débuts de la traite des fourrures () Lors du , les Français débarquent en Amérique. Une fois sur les côtes, ils y trouvent plusieurs tribus autochtones algonquiennes. Ceux-ci vivent de chasse, de pêche ainsi que de la trappe. Les Français commencent à établir un réseau d'échanges avec les autochtones vivants sur ces lieux. L'activité qui solidifie la fondation et la suivie de la Nouvelle-France et assurément la traite des fourrures. Ce système était basé sur le troc impliquant les peuples autochtones et les colonisateurs plutôt que sur une économie monétaire. Les Français obtenaient des peaux et des fourrures contre des objets d'utilisation courante tels que des miroirs, des outils, de l'alcool En effet, les fourrures, qui sont faciles à obtenir pour les Algonquins, ne sont pas aussi aisées à obtenir pour les Français. Les Algonquins pensaient berner les Français en leur remettant de vieilles fourrures qu'ils disaient de qualités communes à leurs yeux• (1) Dechêne, Louise (1974). Habitants et marchands de Montréal au , Montréal et Paris, Éditions Plon. Montréal, 588 p. • (2) Rpfo []. La communauté franco-ontarienne, http://www.rpfo.ca/fr/Survol_Historique_35/La_Traite_Des_Fourrures__La_Saga_Du_Coureur_Des_Bois_Et_Du_Voyageur_33 (Consulté le 30 avril 2012). • (5) Trigger, Bruce (1991). Les Enfants d'Aataentsic – L'histoire du peuple huron, Montréal, Éditions Libre Expression, 972 p. • (6) Allaire, Bernard (1999). Pelleteries, manchons et chapeaux de castor : les fourrures nord-américaines à Paris 1500-1632, Québec, Éditions du Septentrion, 295 p. • (7) Thierry, Éric (2009). À la rencontre des Algonquins et des Hurons 1612-1619, Québec, Éditions du Septentrion, 240 p. .
Évolution pour un bénéfice commun () Français comme autochtones bénéficiaient donc de ce commerce. Au début, les échanges se déroulaient principalement dans la plaine du Saint-Laurent, mais cette industrie encore récente prend vite de l'expansion et finit par se déplacer très rapidement vers les régions nordiques dont le Témiscamingue et l'Abitibi. Au milieu du , les Algonquins du Témiscamingue et de l'Abitibi exercent le commerce des fourrures avec les Français en allant soit à Tadoussac ou Montréal. Toutefois, la qualité des fourrures algonquines était tellement bonne que cela incite certains marchands montréalais à construire le premier vrai poste de traite des fourrures. Ce poste de traite voit donc le jour en 1679 au Témiscamingue sur une île se trouvant à l'embouchure de la rivière MontréalEncyclobec [s.d.. Les premiers pas du Fort Témiscamingue, 1679-1760], (Consulté le 9 mai 2012).Thierry, Éric (2009). À la rencontre des Algonquins et des Hurons 1612-1619, Québec, Éditions du Septentrion, 240 p..
L'industrie forestière et les Algonquins Depuis l'arrivée des blancs en Amérique du Nord, les relations entre ces derniers et les Algonquins ont souvent été une source de conflits. Les relations avec la communauté du Lac Barrière ne font pas exception. Les compagnies forestières ont repoussé sans cesse la limite de leurs activités, de concert avec les différents paliers gouvernementaux, confinant ainsi les communautés autochtones dans des territoires insuffisants quant à la superficie et aux ressources. Des causes de conflits entre ces deux groupes sont l'exploitation de la ressource ligneuse sur le territoire algonquin et la reconnaissance de leur nation.
La guerre de 1793 entre l'Angleterre et la France stimule l'économie des colonies anglaise établie en Amérique du Nord. Ces dernières agissent comme fournisseurs de bois pour l'Empire britannique. À la suite d'une demande grandissante de la matière ligneuse, de nouveaux territoires d'exploration forestière sont découverts. En 1805, le territoire où se situe l'actuel emplacement de la ville de Gatineau est ouvert à la colonisation. L'ouverture du passage pour les terres du Témiscamingue se fait quant à elle en 1829. De fil en aiguille, l'industrie du sciage et des pâtes et papier se développe au Témiscamingue et par la suite, au début des années 1900, le chemin de fer ouvre le territoire de l'Abitibi. Des joueurs majeurs de l'industrie du sciage tels que la Pontiac Pulp And Lumber et Canadian International Paper Co. (CIP) parviennent à s'y établir..