Les thermes de Saint-Honoré-les-Bains sont un établissement thermal moderne situé à Saint-Honoré-les-Bains, dans la Nièvre, à une altitude de 300 mètres. Ceux-ci, correspondant sans doute à l'antique <ref>Saint-Honoré a parfois aussi été identifiée avec , station connue par litinéraire Antonin.</ref>, ont repris l'emplacement de thermes romains.
Histoire Époque romaine Les Romains, friands d'hydrothérapie, firent construire des thermes à Saint-Honoré-les-Bains, qui portait à cette époque le nom Arbandal ou Arbandata, et lui donnèrent celui d'''Mentionnée sur la carte de Peutinger.. L'existence de Bibracte, le plus riche et le plus ancien oppidum Eduen, fut déterminante dans la création d'un établissement thermal dans ce petit village qui deviendra alors une importante cité dont il ne reste aucune ruine.
Une voie stratégique traverse le Morvan du nord au sud en passant par les lieux-dits Sanglier, Le Niret et Saint-Honoré. Proche de Saint-Honoré, aux abords d'une ancienne voie romaine, se trouve un lieu-dit Les Fossatsdu latin pour désigner une enceinte fortifiée ainsi que La Ruchette et Le Prabis, proches de Villapourçon, avec des traces d'extraction de pyrite.
Les Romains creusèrent neuf puits pour enfermer la source curative. Les bâtiments étaient en marbre de Champ-Robert, carrière située à proximité sur la commune de Larochemillay.
La ville et les thermes, avec les bienfaits des empereurs, prirent de l'importance et l'agglomération connut une prospérité croissante pendant quatre à cinq siècles. Celle-ci se trouva stoppée nette par les invasions barbares du qui ne laissèrent que des champs de ruines. De cette cité si animée ne resta que silence et désolation : les thermes furent ensevelis sous cinq mètres de terre accumulée pendant les quatorze siècles suivants.
Époque médiévale Après la fondation du prieuré Saint-Honorat en 1106, les religieux, propriétaires des anciens thermes et du voisinage, récupérèrent les matériaux des thermes pour construire le prieuré. Ils transformèrent le site en un étang sur toute l'étendue du parc actuel ; sous la chaussée ils établirent un moulin banal pour les besoins de leurs sujets. Les eaux des deux ruisseaux jadis détournés étaient amenées dans cet étang et à partir de ce moment, les alluvions, la vase et autres atterrissements vinrent s'amonceler sur les ruines des thermes romains.
L'été, lorsque le niveau de l'eau diminuait sensiblement et que les sources restaient à découvert, les paysans des environs atteints de rhumatismes ou de maladies de peaux venaient s'y baigner dans la boue saturée de matières minérales. Bon nombre y trouvaient la guérison, emportant même dans des récipients du limon et des fucus, très prisés pour le traitement des éruptions cutanées.
Redécouverte aux Tentatives d'exploitation On redécouvrit les sources en 1773 lorsqu'un violent orage détruisit la digue des moines ; l'écoulement des eaux de l'étang permit en effet leur réapparition. Les vertus thérapeutiques de ces eaux furent reconnues par le docteur Regnault de Lormes en 1787. Les sources appartiennent alors à un dénommé Lacroute qui ne souhaite pas construire d'établissement thermal, malgré l'arrêté signé par le sous-préfet en 1803 (An XI).
Entre 1809 et 1812, le docteur Pierre Jean Jacques Bacon-Tacon acheta les sources à crédit et tenta d'édifier un établissement thermal digne de ce nom, mais sans succès faute de moyens financiers. Les curistes furent peu nombreux et son établissement resta des plus modestes. Il était à la fois faux médecin, faux comte, républicain, puis bonapartiste.
En 1820, le Marquis Antoine Théodore Viel de Lunas d'Espeuilles entreprit le déblaiement de l'étang dans le but de remettre les thermes en activité. On mit au jour un nombre considérable de fragments de marbre, des débris de tuiles à rebords et de briques romaines, ainsi que de très nombreux fragments de poteries sur lesquelles se trouvait le nom du potier .
De cette époque nous avons une description des locaux : . Un peu plus tard un tonneau à claire-voie garnira les puits et sera coiffé d'une sorte de guérite recouverte en tuiles.
En 1822, le Conseil général de la Nièvre émit le vœu que soit allouée au département une somme permettant de poursuivre les travaux entrepris, sur les fonds de l'État destinés aux établissements thermaux. Cette demande n'ayant pas eu de suite, plusieurs propriétaires créèrent une société et achetèrent successivement les sources : le préfet Talleyrand, de Bonneau du Matray, le comte de Clerroy, le marquis d'Espeuilles et Trémeau. Faute de moyens financiers, le Conseil général déclina l'offre des propriétaires consistant à reprendre leurs droits. Un premier architecte, Charles Ledru, architecte départemental du Puy-de-Dôme qui venait d'achever les thermes du Mont-Dore, soumit un projet préservant les fondations et structures gallo-romaines restantes ; mais ce fut François Agnéty qui présenta le un nouveau projet qui fut adopté. Les travaux de terrassement commencèrent mais s'arrêtèrent faute de financement.
La société fut dissoute, n'ayant pas réussi à trouver d'actionnaires en quantité suffisante. Monsieur le Marquis d'Espeuilles racheta à la barre du Tribunal en 1837 les sources thermales de Saint-Honoré-les-Bains. Il confia à Andoche Parthiot, architecte de la ville de Château-Chinon, la réalisation d'un autre projet. Les questions hydrauliques furent confiées à l'ingénieur des mines Jules François.
Archéologie Les fouilles reprirent en 1838, mettant cette fois-ci à jour les piscines recouvertes de marbre blanc. Plus de 600 médailles romaines furent retirées du fond des puits, représentant notamment Germanicus, Claude, Néron, Vespasien, Titus, Domitien, Nerva, Trajan, Antonin le Pieux, Hadrien, , Sabine, Œlius César, Marc Aurèle, Lucius Verus, Lucille, Commode, Albinus, Alexandre Sévère, Gordien III, Philippe, Claude II le Gothique, Gallien, Salonin, Tetricus Ier, Constantin le Grand, Constantin II, Constant Ier, Constant II, Julien, Magnence
Tous les savants s'accordèrent alors pour reconnaître l' de la carte de Peutinger dans les thermes de St Honoré. Ces découvertes permirent d'établir que les thermes étaient fréquentés à partir du règne de Tibère, de 14 à 37 On remarque ensuite une absence de pièces sous les règnes de Caracalla, Aurélien et Probus, période s'étendant de 211 à 282. Il est fort probable que les thermes furent détruits lors des premières invasions puis que sous les règnes de Carin et Dioclétien, les Bagaudes gaulois, en rébellion contre l'autorité romaine, achevèrent le travail de destruction. Il est en outre à peu près certain qu'un second établissement fut reconstruit et utilisé jusqu'au , époque à laquelle il sera détruit par Gondéric à la tête du peuple Vandale.
Qui dit thermes, dit lieu de culte ; on trouva en 1902 une statuette en argent représentant une femme, lors des fouilles en vue de l'agrandissement de l'église. Elle était façonnée dans une feuille d'argent très mince battue dans un moule et dont les bords sont soudés à l'arrière. Une description très précise en fut donnée par Antoine Héron de Villefosse, membre de l'Institut. Il est très vraisemblable qu'elle fut une déesse locale protectrice des bains, dans un temple dressé au lieu et place de l'église. Elle fut vendue à Paris sous une fausse origine et acquise par un collectionneur belge qui en fit don au musée royal de Mariemont à Morlanwelz, où l'on peut encore la voir.
Agrandissement et renouveau L'établissement thermal une fois terminé est inauguré en juillet 1855. Le Marquis d'Espeuilles œuvre au développement de son entreprise et fera classer les eaux d'intérêt public le . Un casino et des hôtels seront édifiés entre 1863 et 1870. La chapelle du parc, édifiée dans un premier temps en bois en 1855, sera reconstruite en 1875.
En 1898, une nouvelle société d'exploitation des thermes et créée. Son premier Président en est le Général Marie Louis Antonin Viel de Lunas d'Espeuilles qui décide de moderniser l'établissement. L'ancienne entrée, très modeste, sera remplacée en 1907 par le hall monumental que nous connaissons aujourd'hui, coiffé d'un dôme à terrasse faîtière s'ouvrant sur deux niveaux d'arcades, œuvre de l'architecte Honoré Pons. Ce dernier confiera la décoration du sol et du plafond au maître mosaïste Pietro Favret de Nevers. Un pavillon est aménagé au sud du bâtiment central, une nouvelle piscine est construite, qui sera plus tard démolie pour faire place à un bâtiment de soins pour les enfants et à des salles d'inhalation.
Le pavillon ouest qui abrite les bureaux et les cabines de soins ORL sont les derniers témoins de l'établissement édifié en 1855. Une revue publicitaire de 1886 nous laisse imaginer ce qu'était Saint-Honoré à la Belle Époque : nous y apprenons que l'Assistance Publique utilisait l'eau de Saint-Honoré-les-Bains dans les hôpitaux de Paris et qu'il fallait, pour tirer une carafe ou bouteille d'eau, acquitter un droit de . De plus, les prix des soins à Saint-Honoré étaient de loin supérieurs à ceux pratiqués dans les autres stations thermales françaises.
Dans les années 1950, le Directeur des Thermes charge l'artiste Christian Gerber de la création des baignoires et des mosaïques dans les Thermes.
Le parc Le parc date de la seconde moitié du mais son aspect actuel date des années 1950 ; en effet les bancs, escaliers et vasques du parc sont l'œuvre de Christian Gerber à cette période.
Des boutiques étaient autrefois présentes dans le parc, qui disparurent lors de la construction de la galerie marchande sous l'hôtel Bristol. Le Pavillon des Fleurs avec sa terrasse est un lieu où l'on vient se désaltérer ; le grand bassin du parc était alimenté par l'eau de l'étang Honoré et jaillissait par gravitation. Des courts de tennis furent aménagés au bas de l'hôtel Morvan, ainsi que face au Pavillon des Fleurs.
Le parc est aussi le refuge d'une importante colonie de corneilles noires qui nichent au sommet des grands arbres.
Les eaux
Les eaux qui émergent naturellement au niveau des thermes proviennent des eaux pluviales infiltrées à de la station, sur les pentes du Mont Beuvray, dans des failles granitiques atteignant une profondeur de et rencontrant des températures très élevées. Après un parcours souterrain d'une vingtaine de kilomètres, elles remontent en surface par les trois sources encore utilisées au niveau des thermes. Elles se chargent en éléments minéraux qui leur donnent leur qualité thérapeutiqueÉtudes du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minéralogiques), cité par le Henri Ducros, op.cit., p.54.. Les eaux sont captées au niveau de l'établissement et ont des qualités antiseptiques et antiallergisantes.
En 1855, elles étaient cinq, puis six : Acacia Crevasse utilisée de nos jours, a un débit de 6 m par heure, sa thermalité est de , c'est la moins sulfurée des trois sources. La Grotte Marquise Romains utilisée de nos jours, la moins abondante a un débit de par heure et sa thermalité est de . Garenne' utilisée de nos jours, la plus sulfurée des trois, a un débit de 24 m par heure et sa thermalité approche les Les trois sources utilisées de nos jours ont des eaux sulfurées et chlorurées sodiques.
Elles furent commercialisées en bouteille en 1886, mais sans succès.
En 1855, les eaux étaient réchauffées dans une chaudière à charbon, puis l'équipement fut modernisé en 1897.
Usages Affections rhumatismales Les indications englobent l'arthrose sous toutes ses formes et localisations, les séquelles de maladies inflammatoires en dehors des poussées aiguës, les séquelles de traumatismes ostéo-articulaires.
Les traitements proposés font appel aux bienfaits des eaux : bains, douches pénétrantes, douches au jet, étuves, ainsi qu'aux applications de cataplasmes de boues thermales longuement maturées et aux massages sous l'eau.
Affections O.R.L et broncho-pulmonaires