Le Rassemblement bleu Marine (RBM) est une coalition politique française de partis souverainistes, à vocation électorale, annoncée par Marine Le Pen le à Paris au congrès fondateur du parti Souveraineté, identité et libertés (SIEL), et lancée officiellement le suivant. Elle associe différents partis et personnalités se réclamant comme patriotes. L'association a été déclarée à la préfecture des Hauts-de-Seine, le .. Elle est présidée par Marine Le Pen et le secrétaire général est Gilbert Collard.
Cette coalition est fondée dans le cadre de la campagne des élections législatives de 2012 par le Front national (FN) de Marine Le Pen, aux côtés notamment du SIEL de Paul-Marie Coûteaux, de l'Entente républicaine (ER) de Jacques Peyrat, du Rassemblement républicain de Jean-Yves Narquin, et avec le soutien (sans participation) du Parti de l'in-nocence de Renaud Camus. Dans le cadre des élections législatives de 2012, le Rassemblement bleu Marine fait élire deux députés : Marion Maréchal-Le Pen, dans le Vaucluse, et Gilbert Collard, dans le Gard. À sa création en 2013, le parti Patrie et citoyenneté (PeC) présidé par Bertrand Dutheil de La Rochère, ancien chevènementiste, intègre la coalition. Ce dernier en devient le trésorier.
Début 2016, plusieurs personnalités du mouvement annoncent sa dissolution. Le SIEL, seul parti autre que le FN à avoir une vie militante, quitte le RBM en novembre de la même année. Après les élections législatives de 2017, le RBM cesse toute activité militante.
Historique Préalable de l'« union des nationaux » D'après l'universitaire Valérie Igounet, le Rassemblement bleu Marine s'inscrit dans la lignée de nombreuses tentatives par le FN de s'affranchir .. Le politologue Jean-Yves Camus estime que le rôle attribué par Marine Le Pen au mouvement ..
En 1972, la constitution du Front national obéit à cette logique d'« union des nationaux » dans la perspective d'échéances électorales (en l'occurrence, les élections législatives de 1973). Le FN des débuts coalise par un consensus large symbolisé par Jean-Marie Le Pen, différentes structures autour d'Ordre nouveau (ON), son groupe fondateur. Il rencontre des succès plus ou moins inégaux et pérennes. Ainsi, le Parti national populaire de Roger Holeindre, constitué en 1970, rejoint le Front national dès sa fondation, Holeindre devenant l'un des cadres nationaux du mouvement durant près de quarante ans. Inversement, l'adhésion espérée du Mouvement pour la justice et liberté de Georges Bidault, successeur de Jean Moulin au Conseil national de la Résistance et ancien président du Conseil sous la Quatrième République, comme composante de départ du Front national, fait long feu, et achoppe au bout de quelques jours.
D'autres tentatives, souvent infructueuses, peuvent être également mentionnées, à l'instar du Regroupement nationaliste, unissant éphémèrement l'Œuvre française (OF) de Pierre Sidos au Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR) de Jean-Gilles Malliarakis, en 1982. Ces initiatives sont cependant éloignées sur un plan doctrinal du postulat du Rassemblement bleu Marine et présentent peu de rapports autres qu'organisationnels.
La démarche du Rassemblement bleu Marine est à rapprocher de la perspective, durant l'élection présidentielle de 2007, de l'« Union des patriotes » (ou « Union patriotique ») unissant autour de la candidature de Jean-Marie Le Pen et du Front national, un certain nombre de partis et des personnalités dits de droite nationale : Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret et Parti populiste (PP) de Christian Perez, notamment. Pour autant, l'Union des patriotes, , et lancée le Mégret apporte son soutien à Le Pen Article de www.lemonde.fr, publié le 21 décembre 2006, consulté le 11 juin 2014 suivant par une rencontre officielle entre Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret à Montretout, dans les Hauts-de-Seine, échoue dans les mois qui suivent et n'aboutit pas à une réconciliation durable entre les hommes et les mouvements ; le MNR constituant une scission du FN de l'époque des élections européennes de 1999.
Si la similitude entre Union des patriotes et Rassemblement bleu Marine est patente, dans sa perspective explicite de la réunion de toutes les forces patriotes et « nationales » — c'est-à-dire nationalistes — elle en diffère toutefois par deux aspects majeurs. Ainsi, l'Union des patriotes s'adresse prioritairement aux anciens scissionnistes du FN, dans l'équivalent d'une « paix des braves ». Le Rassemblement bleu Marine et Marine Le Pen ont depuis plusieurs années coupé les ponts avec ces derniers, renforcés dans leur choix par la constitution en 2011 d'une Union de la droite nationale (UDN), confédération rivale autour de Carl Lang, artisan d'une scission supplémentaire au sein du Front national durant la campagne des élections européennes de 2009 en créant le Parti de la France.
Par ailleurs, l'Union des patriotes a la vocation implicite de constituer en réalité davantage une qu'une union des Français, qu'ils soient de droite ou de gauche — selon les termes mêmes de Bruno Mégret, partisan de cette union dans le cadre, d'un « Epinay de la droite nationale », sur le modèle du congrès constitutif de l'actuel Parti socialiste, en 1971 —. Inversement, Marine Le Pen et le Rassemblement bleu Marine prétendent dépasser le clivage traditionnel entre droite et gauche, dans l'établissement d'un rassemblement large, s'adressant y compris à la gauche, notamment chevènementiste.
Fondation thumb|Marine Le Pen à la tribune d'un meeting organisé à Paris, le .
D'après Valérie Igounet, . Philippe Olivier et son frère Jacques sont présentés comme les principaux artisans du lancement du RBM...
L'idée de la constitution d'une coalition politique agrégeant le Front national à d'autres mouvements et des personnalités proche, dans le cadre des élections législatives de 2012, est consécutive à l'élection de Marine Le Pen à la présidence du FN, le , au Congrès de Tours. À ce titre, et en même temps qu'est préparée la campagne présidentielle de 2012, le bureau politique du Front national valide par ses votes le un « gel » de 30 % des circonscriptions législatives — environ cent quatre-vingt — pour des « candidats d'ouverture » non encartés au FN, dans le cadre d'un « Rassemblement national ».
Jean-Yves Camus souligne que le RBM s'adresse , dans lesquels Marine Le Pen voit , l'arrivée de Paul-Marie Coûteaux ayant . Il précise cependant que le RBM : il évoque ainsi l'adhésion au RBM de militants monarchistes, identitaires ou nationalistes-révolutionnaires.
Aux élections législatives de juin 2012, le Rassemblement bleu Marine parvient à faire élire deux députés « marinistes », Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, respectivement dans le Vaucluse face à Jean-Michel Ferrand et le Gard face à Étienne Mourrut.. C'est la première fois depuis 1997 et l'élection de Jean-Marie Le Chevallier que le Front national, composante de ce rassemblement, obtient des sièges à l'Assemblée nationale.
L'hypothèse d'un changement de nom du Front national - parti fondateur - au profit du nom de « Rassemblement bleu Marine » est évoquée par un certain nombre de commentateurs, ce à quoi le Front national et Marine Le Pen répondent que, si réflexion il y a, elle n'est pas à l'ordre du jour et que seuls les adhérents du Front national demeurent décisionnaires sur le nom de leur mouvement. Cependant, Gilbert Collard, l'un des deux députés du Rassemblement bleu Marine, favorable à un tel changement de nom, évoque sa . dans la mesure où, selon lui, la majorité du Front national serait hostile à l'éventualité de ce changement. Pour sa part, le porte-parole du Rassemblement bleu Marine, Florian Philippot, estime, le sur BFM TV que
Élections législatives de 2012
Dans le cadre des élections législatives de 2012, le Rassemblement bleu Marine présente 572 candidats "bleu marine" aux législatives, dont 289 femmes Article de www.lemonde.fr, publié le 21 mai 2012, parmi lesquels une cinquantaine font figure de candidats « d'ouverture » ou « d'union », non encartés officiellement au Front national, voire membre d'aucun des partis fondateurs du RBM. Il est significatif, à ce titre, que le terme de « candidat d'ouverture » symbolise en fait « d'ouverture par rapport au FN », marquant combien le FN est l'artisan premier du RBM (selon les termes de Marine Le Pen, son ).
La plus grande majorité de ces candidats proviennent de Souveraineté, Indépendance et Libertés (SIEL), parti allié au Front national à partir de en vue des élections législatives. Les membres de ce parti souverainiste se réclamant du gaullisme sous la présidence de Paul-Marie Coûteaux (par ailleurs candidat dans la Haute-Marne), sont eux-mêmes issus d'un spectre politique assez large, du villiérisme au chevènementisme, en passant par le RIF, ancien parti de Paul-Marie Coûteaux, le MNR, scission du FN, plus rarement, des partis « institutionnels » (Karim Ouchikh est un ancien du PS, Xavier Renaud, ancien du RPR). Parmi les plus emblématiques de ces candidats d'ouverture, figurent notamment l'un des deux députés élus du Rassemblement bleu Marine, Gilbert Collard, et Jean-Yves Narquin, frère de l'ancienne ministre UMP Roselyne Bachelot, et un des rares maires du RBM (avec Christian Alexandre, maire de Héronchelles et Jean-Jacques Adoux, maire de Le Hamel).
Parmi les candidats non membres du Front national, il est possible de citer : Benoît Girard, dans la deuxième circonscription des Ardennes, ancien membre du FN (mars-) et de l'Alliance républicaine éthique. Il obtient 16,20 % des suffrages au premier tour. Catherine Rouvier, membre du SIEL depuis sa fondation le , et vice-présidente du SIEL. Candidate dans la dix-neuvième circonscription du Nord, elle récolte 19,61 % des voix au premier tour. Catherine Blein, ancienne chargée de mission du secrétariat général du RPR, puis attachée de presse du Bloc identitaire, candidate dans la quatrième circonscription des Côtes-d'Armor. Elle recueille 7,22 % des voix. Claude Dassié, dans la deuxième circonscription de l'Yonne, ancien vice-président du conseil régional de Bourgogne (alors au MPF), membre du SIEL depuis . Il récolte 16,02 % au premier tour, ne pouvant se maintenir au second. Francine Hantzberg, candidate du SIEL dans la dixième circonscription de Seine-et-Marne. Elle recueillera 12,94 % des voix au premier tour. Gaël Nofri, dans la troisième circonscription des Alpes-Maritimes, conseiller politique de Marine Le Pen depuis . Il obtient 22,75 % des suffrages au premier tour. Gilbert Collard, dans la deuxième circonscription du Gard, ancien président du comité de soutien à Marine Le Pen, candidat indépendant. Arrivé largement en tête au premier tour avec 34,57 %, devant la socialiste Katy Guyot (32,87 %), il exhorte l'UMP sortant, Étienne Mourrut, arrivé troisième avec 23,89 %, à se désister en sa faveur. Finalement, il est élu sur fond de triangulaire avec 42,82 %, face à Katy Guyot (41,56 %), siphonnant les suffrages d'Étienne Mourrut (15,63 %). Gilles Lebreton, candidat du SIEL dans la quatrième circonscription du Calvados. Il obtient 12,60 % au premier tour. Hervé de Lépinau, suppléant de Marion Maréchal-Le Pen), dans la troisième circonscription de Vaucluse, vice-président de la Ligue du Sud. Jacques Peyrat, dans la première circonscription des Alpes-Maritimes, ancien sénateur-maire UMP de Nice, président de l'Entente républicaine. Il réalise le score de 16,16 % contre le député UMP sortant, Éric Ciotti (43,89 %). Jean-Yves Narquin, dans la troisième circonscription de Loir-et-Cher, ancien UMP, maire divers droite de Villedieu-le-Château. Il obtient 13,08 % au premier tour. Karim Ouchikh, dans la troisième circonscription de la Somme, conseiller politique de Marine Le Pen depuis , et membre du SIEL depuis . Louise Buchmann, dans la quatrième circonscription des Vosges, membre du SIEL depuis . Elle récolte 15,12 % au premier tour.