Al-Ikhlas (, ) est le nom traditionnellement donné à la sourate du Coran, le livre sacré de l'islam. Elle comporte 4 versets. Rédigée en arabe comme l'ensemble de l'œuvre religieuse, elle fut proclamée, selon la tradition musulmane, durant la période mecquoise.
Origine du nom Bien que ne faisant pas partie de la proclamation, la tradition musulmane a donné comme nom à cette sourate La Pureté de la Foi .
Historique
Il n'existe à ce jour pas de sources ou documents historiques permettant de s'assurer de l'ordre chronologique des sourates du Coran. Néanmoins selon une chronologie musulmane attribuée à Ǧaʿfar al-Ṣādiq () et largement diffusée en 1924 sous l’autorité d’al-AzharG.S. Reynolds, « Le problème de la chronologie du Coran », Arabica 58, 2011, .R. Blachère, Introduction au Coran, ., cette sourate occupe la place. Elle aurait été proclamée pendant la période mecquoise, c'est-à-dire schématiquement durant la première partie de l'histoire de Mahomet avant de quitter La MecqueR. Blachère, Le Coran, 1966, .. Contestée dès le par des recherches universitaires, cette chronologie a été revue par NöldekeG. Dye « Le Coran et son contexte Remarques sur un ouvrage récent », Oriens Christianus , 2011, .E. Stefanidis, « The Qur'an Made Linear: A Study of the Geschichte des Qorâns' Chronological Reordering », Journal of Qur'anic Studies, X, II, 2008, ., pour qui cette sourate est la .
Les sourates de la fin du CoranL’auteur précise que ces remarques, si elles sont dans une partie consacrée aux sourates 69 à 99, s’appliquent aussi aux sourates 100 à 114. sont généralement considérées comme appartenant aux plus anciennes. Elles se caractérisent par des particularités propres. Elles sont brèves, semblent issues de proclamations oraculaires (ce qui ne signifie pas, pour autant, qu’elles en sont des enregistrements), elles contiennent de nombreux hapaxG. Dye, « Introduction aux sourates 69-99 », Le Coran des historiens, 2019, et suiv....
Pour Nöldeke et Schwally, la quasi-totalité des sourates 69 à 114 sont de la première période mecquoise. Neuwirth les classe en quatre groupes supposés être chronologiques. Bien que reconnaissant leur ancienneté, certains auteurs refusent de les qualifier de « mecquoise », car cela présuppose un contexte et une version de la genèse du corpus coranique qui n’est pas tranchée. Cette approche est spéculative.
En effet, ces textes ne sont pas une simple transcription sténographique de proclamation mais sont des textes écrits, souvent opaques, possédant des strates de composition et des réécritures. Cela n’empêche pas ces sourates de fournir des éléments contextuels (comme l’attente d’une Fin des Temps imminente chez les partisans de Mahomet). Ces textes sont marqués par une forme de piété tributaire du christianisme oriental.
Cette sourate a fait l’objet de datations contradictoires. Pour NöldekeLes islamologues ont utilisé plusieurs approches pour tenter de dater les différentes sourates du Coran. Paret et Neuwirth appartiennent à l’« école allemande » qui, à la suite de Nöldeke, s’appuie sur la chronologie traditionnelle et sur un récit « laïcisé » des traditions musulmanes. Autrefois dominant dans les études islamologiques, ce paradigme nöldekien n'est plus qu'« en partie présent ». Les auteurs du Coran des historiens appartiennent davantage à l’autre courant (dit « sceptique ») qui prend davantage en compte une critique des sources traditionnelles. Voir : Historiographie de l'islam et du Coran et Schwally, elle est de datation incertaine. Bell y voit, de par le fait qu’elle est une réponse à la doctrine chrétienne de la divinité du Fils, une sourate médinoise. Si la majorité des exégètes (mufassirūn) y ont vu une sourate mecquoise, d’autres y ont reconnu une sourate médinoiseP. Neuenkirchen, "Sourate 112", Le Coran des Historiens, 2019, et suiv..
Au-delà de ces discussions d’un lien hypothétique entre certaines parties du Coran et la vie de Mahomet, il peut être remarqué que cette sourate est l’un des plus anciens textes pré-coraniques. Elle est attestée dans des inscriptions et de manuscrits plus datés que les corans les plus anciens, avec des variantes plus ou moins importantes. On la trouve ainsi dans les inscriptions du dôme du Rocher ou sur des monnaies d’Abd al-Malik. Cette sourate semble avoir eu une « vie précoce en tant que texte politico-religieux sous la première dynastie de l’islam ».
Il n’est pas impossible que cette sourate ait clos le corpus coranique, avant l’ajout postérieur des deux dernières sourates. Pour Neuwirth, les deux dernières sourates sont moins des sourates que des textes prophylactiques visant à protéger le Coran.
Contenu Texte de la sourate Al-Ikhlas en français (traduction de Muhammad Hamidullah) :
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
« 1. Dis : « Il est Allah, Unique.
2. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.
3. Il n'a jamais engendré, n'a pas été engendré non plus.
4. Et nul n'est égal à Lui. » »
Interprétations Cette sourate est une profession de foiM. Azaiez (Ed.), G.S. Reynolds (Ed.), T. Tesei (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter. partie. QS 50 Q112, connue dans les graffitis et les inscriptions (parfois dans une « forme un peu différente » ou sous forme de glose, selon Imbert). Kropp la rapproche formellement de textes préislamiques. Une hypothèse voit dans le verset 2 un ajout plus tardif. Le verset 3 est souvent perçu comme visant les chrétiens, mais pourrait viser d’autres groupes.
Pour Pregill, ce texte renvoi aussi bien au Chema Israël qu’au credo de Nicée. Pour l’auteur, ce passage montre une « familiarité intime » avec les textes monothéistes.
Tesei remarque la très forte présence d’hapax dans les sourates finales, soulevant la question de la présence de registres linguistiques différents.
Voir aussi
Articles connexes
Islam, troisième religion abrahamique Coran, livre sacré de l'islam Mahomet, prophète majeur de l'islam Sourate, nom donné pour les chapitres du Coran Ayat, nom donné pour les versets du Coran
Bibliographie
P. Neuenkirchen, "Sourate 112", Le Coran des Historiens, 2019, et suiv. R. Paret, Der Koran. Kommentar und konkordanz, 1980En 2019, seuls deux ouvrages peuvent être considérés comme des commentaires scientifiques et continus du texte coranique. Il s'agit du Commentary on the Qur'an de Richard Bell publié en 1991 (aujourd'hui daté) et du Coran des historiens publié en 2019. L'ouvrage de Paret s'inscrit, avec ceux de Blachère, Khoury et Reynolds, dans un ensemble de traduction avec apparat critique. Voir : Sourate.
Liens externes
Texte de la sourate 112 en français, d'après la traduction de Claude-Étienne Savary de 1783.
Notes et références
Notes
Références
Ikhlas