Dogondoutchi est une localité et commune urbaine du département de Dogondoutchi, région de Dosso au Niger. La « haute colline »), est située à environ 300 km à l’Est de Niamey, à 40 km du Nigéria, sur la route nationale qui joint la capitale aux villes de Maradi et Zinder à l’est, et Agadès et Arlit au nordDistances, coordonnées et altitude sont mesurées à l'aide de Google Earth.

Elle comprend environ 80 000 habitants répartis sur un bourg d’environ 30 000 h, 17 villages périphériques distants de 5 à 30 km de la ville, et 5 tribus nomades Peulhs non sédentaires.

Géographie thumb|Hydrogéographie de Dogondoutchi |300px Situation Dogondoutchi est située sur la route nationale 1 (axe Niamey-Ngigmi) à au nord-est du chef-lieu régional DossoDistances, coordonnées sont mesurées à l'aide de Openstreetmap.

Le site de Dogondoutchi

La ville de Dogondoutchi, dominée au nord par une grande colline d'où elle tire son nom, s’étend sur la rive gauche du Dallol Maouri, large vallée fossile encadrée de plateaux gréso-argileux parfois cuirassés.

Elle est située entre le Sahel au nord et la savane au sud. La région est caractérisée par de larges vallées généralement asséchées, les dallols du Niger qui, en période de pluie, drainent un vaste bassin qui s’étend des reliefs de l’Aïr et des Adrar de Iforas au nord jusqu’au fleuve Niger au sud.

Dans ce bassin sédimentaire se sont accumulés d’importants dépôts sableux et argileux, dont les plus récents sont d’âge tertiaire et quaternaire. Par suite d'un climat plus sec à la fin du Quaternaire ces roches ont durci, et ont formé des plateaux latéritiques imperméables découpés par des ravins courts (koris), dont l'eau est collectée dans le Dallol Maouri.

Pluviométrie, sécheresse et lutte contre l'érosion Les précipitations annuelles à Dogondoutchi varient entre 400 et 600 mm d’eau, mais ces précipitations ont lieu de juin à octobre. D’octobre à mai, il ne pleut jamais. Les précipitations souvent très violentes (50 à 150 mm par jour) entraînent des inondations brutales qui mettent à mal les maisons en banco (argile séchée) autour des grands koris qui traversent la ville et emportent la terre arable des champs. L'eau s’infiltre ensuite rapidement pour alimenter la nappe phréatique sous-jacente ou se rassemble dans de vastes étangs qui s’assèchent après les dernières pluies, et quelques mares semi-permanentes (par exemple, la "mare" de Tapkin Saw, près de la ville).

Après les inondations catastrophiques de 2002, les habitants avec l'aide d'une action de coopération décentralisée.) et du programme "food for work", ont réalisé cinq kilomètres de diguettes qui protègent efficacement la ville.

L'expérience acquise a essaimé au Niger et au Mali grâce à l'aide de l'ONG nigérienne RAIL..

Accès à l'eau potable À Dogondoutchi, l'eau de surface (mares temporaires) est utilisable pour les animaux mais impropre à la consommation humaine (infiltration d’eaux polluées par les animaux ou par l’homme). Il existe par contre une bonne nappe phréatique en profondeur, mais son exploitation se heurte à plusieurs difficultés : d'une part le terrain est souvent constitué de sable ou de gravier, donc très instable, et doit être consolidé ; d’autre part la profondeur des puits (25 à 75 m) exige une dépense d'énergie importante pour extraire l’eau. Cette énergie est fournie par l’homme (plus souvent la femme !), ou par la force animale.

Pour résoudre ces problèmes, les responsables locaux du génie rural ont fait réaliser une étude par un cabinet nigérien qui a proposé un programme de réhabilitation et de construction de 100 puits et forages couvrant toute la commune, et la formation d’un personnel d'entretien. Les travaux, en cours d'achèvement en 2015, ont été financés par la coopération décentralisée et un financement local. http://www.doutchiorsay.fr/category/eau-potable/.

Histoire Les limites de l’arrondissement de Dogondoutchi sont approximativement celles de l’ancienne région de l’Aréwa. D’abord sous-préfecture, Dogondoutchi est devenue en 2008 chef-lieu du département du même nom, qui appartient à la région de Dosso.

Dogondoutchi est connue comme la capitale culturelle de la région de l'Arewa, qui correspond approximativement au berceau des Mawari un sous-groupe de Haoussa. L'histoire de Dogondoutchi se confond avec celle de l'ancienne région de l'Arewa. Au , la Sarraounia, reine guerrière résidant à Lougou (cf. Chronique des Kwanawa), avait d'abord résisté à l'invasion des Touaregs avant de s'opposer à la pénétration coloniale en 1899 par la colonne Voulet-Chanoine. Cette colonne vainquit les forces locales lors de la bataille de Lougou. Après force massacres et destructions diverses, un poste militaire a été installé à Dogondoutchi. À l'arrivée des forces françaises en 1899, l'emplacement actuel de Dogondoutchi était occupé par le village des Kwanawa, qui était entouré d'autres villages à l'origine des quartiers actuels de la ville. La situation de Dogondoutchi au centre de l'Arewa permit ensuite le maintien et le développement de services administratifs.

Population

Les habitants de Doutchi

La population de la commune urbaine était estimée à 79 389 habitants en 2011Institut National de la Statistique du Niger : Le Niger en chiffres 2011, p. 24 dont environ 30 000 dans le centre urbain (57 521 en 2008 et 7 367 en 1966).

Cette population est répartie en 11 quartiers, 17 villages administratifs distants de 5 à 30 km de la ville, et 5 tribus nomades Peulhs non sédentaires.

Les groupes ethniques sont, par ordre d’importance numérique, les Haoussa, les Peulhs, les Touareg et les Zarma. Dogondoutchi se situe à la bordure ouest des populations Haoussa qui s'étalent sur un arc allant jusqu'à Zinder à l'est. Les Zarma qui constituent la population sédentaire majoritaire au Niger sont plutôt localisés vers l'Ouest alors que pour les Peulhs qui sont éleveurs nomades venant du nord, Dogondoutchi est la limite sud.. Certaines personnes Peulh âgées y sont sédentarisées. tandis que les Haoussa et les Zarma sont des sédentaires agriculteurs, cultivateurs de mil et de niébé (petit haricot). Les Touareg émigrés du Nord sont aussi sédentarisés mais continuent à faire leur élevage traditionnel. Certains se sont convertis à l'agriculture et au commerce.

Administration actuelle et traditionnelle

Le Conseil municipal, désormais élu depuis les réformes de 2004, administre la ville. Cependant comme partout au Niger, la chefferie traditionnelle représentée par un chef appelé « Kona », associé aux chefs de quartiers et de canton continue à percevoir les impôts locaux et contribue à la formation et à la sensibilisation de la population au développement de la ville.

Religions

Dans la ville comme dans l'ensemble du Niger, l'islam est la religion dominante à 90 %. Il y a donc plusieurs mosquées. Mais les Mawris autour de Dogondoutchi sont les dernières populations animistes parmi les Haoussa. Dogondoutchi est aussi un centre de rassemblement pour le rituel de la possession de l'esprit de Bori qui a été très étudié par les anthropologues occidentaux.

Sont également présentes, une mission catholique et une mission protestante.

Santé publique

Hôpitaux, médecine

Dogondoutchi est équipé en 2015 d'un hôpital de district, d'un centre de PMI, de 3 centres de santé intégrés, de 7 cases de santé réparties dans les villages périphériques, avec 3 médecins, 14 infirmier(e)s, 6 sages-femmes diplômées, 4 « matrones », 4 pharmacies et 2 dépôts pharmaceutiques. Une grande partie des accouchements se fait dans les centres de santé, ce qui a réduit la mortalité des mères et des enfants.

Paludisme : formation de marigots favorisant la prolifération des moustiques).

Assainissement

Pour améliorer l'hygiène, les habitants ont créé un Comité Central de Salubrité qui a impulsé depuis 1998 des progrès dans deux directions : la construction des latrines avec l'éducation à l'hygiène et la collecte et le ramassage des ordures.

La confection des latrines

Les latrines dans les habitations individuelles (concessions) étaient inexistantes dans la ville en 1998. Leur construction ainsi que celle de puisards pour les eaux usées a été mise en œuvre selon un protocole. en collaboration avec Aide et Action. Elle a été financée grâce à des prêts contractés auprès d'une mutuelle de micro-crédits créée à cette occasion. À raison de 50 par an, plus de 600 latrines individuelles ont été construites depuis la fin des années 1990. Par ailleurs, des latrines dans les écoles et dans le domaine public ont été réalisées, certaines accompagnées de douches. Le succès de ce financement familial est unique en Afrique.. Dans les villages périphériques, où les habitants sont plus pauvres, des latrines familiales adaptées aux possibilités financières des familles ont été construites par la population elle-même. Mais un préalable à l'installation a été une campagne active d'information et de sensibilisation à la propreté et à l'hygiène. qui a été réalisée selon la méthode ATPC (Assainissement Total Piloté par la Communauté), initiée par USAID.. Les séances sont organisées au niveau de chaque village et sont appuyées par des émissions de la radio locale. (Radio Dallol). Elles accompagnent le programme d’accès à l’eau potable (cf. 1.3).

Le ramassage des ordures

Devant les problèmes engendrés par le ramassage aléatoire des ordures et leur dispersion par les animaux domestiques errants., le Comité Central de Salubrité et les Comités de quartiers soutenus par la coopération décentralisée (Département de l'Essonne, AESN, SIOM) ont impulsé la création de dépotoirs dans chaque quartier (20 dans un premier temps) et d'un système de ramassage des ordures. Un charretier dont le matériel est fourni par la mairie est chargé de vider chaque dépotoir deux à trois fois par semaine. Le bœuf de traction est fourni au charretier qui l’entretient et le paie en 18 mois. Dans les "aires économiques" (marchés…) chaque commerçant bénéficiaire a reçu en 2015 deux poubelles, dont l'une est destinée aux déchets biodégradables et l'autre aux déchets plastiques.

Les ordures sont vidées en décharges ou achetées par des paysans, à charge pour eux de les trier. Un groupe de concertation a été constitué pour suivre et évaluer la gestion, notamment le grave problème des déchets plastiques (qui, pour l'instant sont incinérés).

Éducation, vie culturelle

Le système scolaire

10 langues africaines sont parlées quotidiennement au Niger dont au moins quatre à Dogondoutchi. Mais le français est la langue officielle ; c'est pourquoi les enfants reçoivent une initiation au français dès la première année de l'école primaire où ils passent 6 ans ; à partir de la année et dans tout le secondaire, l'enseignement est donné entièrement en français.

En 2015-2016, il y a à Doutchi 67 écoles primaires publiques dont 1 franco-arabe, avec 299 classes et 36 959 élèves dont 17 597 filles et 19 362 garçons (données fournies par les inspecteurs locaux de l’Éducation Nationale.

L'enseignement secondaire est dispensé dans 7 établissements au niveau collège (4 publics dont 1 franco-arabe, 3 privés dont 1 franco-arabe) et 6 au niveau lycée (3 publics dont 1 d'enseignement général, 1 professionnel, 1 franco-arabe ; 3 privés dont 1 franco-arabe).

Au total, tous types d'établissement confondus, 20 173 élèves sont scolarisés dans le secondaire, dont 11 918 garçons et 8 255 filles.

On peut donc remarquer qu'en primaire les filles sont presque autant scolarisées que les garçons, et qu'elles le sont moins dans le secondaire. Mais ce taux de scolarisation voisin de 100 % est exceptionnel par rapport à la moyenne observée au Niger.

Le lycée d'enseignement général public accueille 1 049 élèves répartis en 20 classes dont l'effectif varie de 40 à 80.