Marie-Louise Dubreil-Jacotin, née Marie-Louise Jacotin le à Paris (17e arrondissement), morte le à Paris (16e arrondissement), est une mathématicienne française, spécialiste d'algèbre.
Biographie
Marie-Louise Amélie Jacotin est issue d'une famille aisée originaire de la Haute-Marne.
Son père, Xavier Jacotin, né en 1865 à Langres, mort en 1925 à Paris (17e arrondissement), est sous-chef de bureau au Crédit foncier de France. Au terme de son service militaire, il est élevé au grade de lieutenant au sein du 221e régiment d'infanterie.
En 1924, Marie-Louise Jacotin, scolarisée au lycée Jules-Ferry à Paris (9e arrondissement) où elle est la disciple d'Anna Cartan, est reçue au baccalauréat de mathématiques élémentaires. Elle effectue ses études supérieures en classes préparatoires mathématiques et physique au lycée Chaptal à Paris (8e arrondissement).
En 1926, Marie-Louise Jacotin est reçue, la seconde, au concours scientifique de l'École normale supérieure de Paris où elle est la seule femme admise. En raison de son genre, elle est reclassée d'office et reçoit une bourse de licence. Le 21 janvier 1927, le Conseil supérieur de l'Instruction publique admet les femmes à l'École normale.
En parallèle de ses études à l'École normale, Marie-Louise Jacotin suit les cours à la faculté des sciences de Paris, en particulier les cours de mécanique des fluides d'Henri Villat, grâce auxquels elle obtient la licence ès sciences mathématiques.
En 1929, Marie-Louise Jacotin est reçue, la troisième ex æquo avec Claude Chevalley, à l'agrégation de mathématiques.
Marie-Louise Jacotin obtient, avec l'aide du directeur des études de l'époque, Ernest Vessiot, une bourse pour entreprendre des recherches de physique mathématique à Oslo auprès du professeur norvégien Wilhelm Bjerknes.
Elle épouse Paul Dubreil à Paris en et suit celui-ci, alors boursier de la Fondation Rockefeller, en Allemagne où sa rencontre avec Emmy Noether est déterminante pour la suite, et en Italie où elle rencontre Levi-Civita, qui travaillait dans le même domaine qu'elle. Durant l'été 1931, le couple rejoint le groupe de recherche dirigé par Hilbert et Weyl à Göttingen. À la rentrée 1931, son mari succède à Henri Cartan à la faculté des sciences de Lille. Elle soutient sa thèse de doctorat ès sciences mathématiques en 1934, devant un jury de la faculté des sciences de l'université de Paris composé d'Ernest Vessiot, Gaston Julia et Henri Villat. Elle devient l'année suivante chargée de recherche de la Caisse nationale de la recherche scientifique (précurseur du Centre national de la recherche scientifique) à Rennes et est chargée du cours Peccot au Collège de FranceLoukia Efthymiou, « Le genre des concours », Clio. Histoire‚ femmes et sociétés, n°18, 2003, p. 91-112.. Après la physique théorique, elle s'oriente vers l'algèbre et la théorie des nombres.
Son mari est nommé à Nancy. Elle est nommée chargée de cours à la faculté des sciences de l'université de Rennes en 1938, suppléante d'un professeur titulaire, puis maître de conférences de mathématiques générales à Lyon de 1939 à 1941, avant d'être transférée à nouveau à Rennes par échange de poste. En , elle est nommée professeur titulaire de la chaire de calcul différentiel et intégral à la faculté des sciences de l'université de Poitiers. Elle réunit autour d'elle une communauté de chercheurs qui comprend Arbault, Croisot, et Lesieur, enrichie, pour la théorie des demi-groupes, par Marcel-Paul Schützenberger. Directrice de recherche du Centre national de la recherche scientifique durant l'année 1954-1955, elle est nommée maître de conférences à la faculté des sciences de l'université de Paris en 1956, chargée de la préparation au concours d'agrégation féminine de mathématiques, puis professeure titulaire à titre personnel deux ans plus tard.
Marie-Louise Dubreil-Jacotin est victime d'un accident de la circulation en 1972 et meurt cinq semaines plus tard d'un infarctus.
Travaux
Sa thèse portait sur la mécanique des fluides. Après la rencontre avec Emmy Noether, elle travaille sur des problèmes d'algèbre, incluant les ensembles ordonnés, les demi-groupes, la théorie des idéauxSa thèse et un certain nombre d'articles sont accessibles sur Numdam.. Elle forme une école à Poitiers, et après sa nomination à Paris, contribue à côté de son mari au rayonnement de l'algèbre. De ses deux livres, ce sont les Leçons d'algèbre moderne qui ont une diffusion large, y compris une traduction en anglais.
Elle s'intéresse également à la place des femmes dans les mathématiques et les sciences et publie des articles sur des femmes scientifiques célèbres. Elle a contribué au chapitre intitulé « Figures de mathématiciennes » du livre de François Le Lionnais Les grands courants de la pensée mathématique..
Livres
Prix 1935 : prix Peccot du Collège de France 1938 : prix de M. de Parville de l'Académie des sciences
Hommages Marie-Louise Dubreil-Jacotin donne son nom à la rue Marie-Louise-Dubreil-Jacotin dans le arrondissement de Paris, ainsi qu'à une rue située sur le campus de l'université de Poitiers et Toulouse dans le quartier de Montaudran. . — Une vidéo sur Youtube est disponible
Notes et références
Annexes Articles connexes Emmy Noether Paul Dubreil Marcel-Paul Schützenberger Liste de femmes scientifiques
Liens externes
Catégorie:Naissance en juillet 1905 Catégorie:Naissance dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Mathématicienne française du XXe siècle Catégorie:Physicien français du XXe siècle Catégorie:Physicienne française Catégorie:Élève du lycée Jules-Ferry (Paris) Catégorie:Élève du lycée Chaptal Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Étudiant de la faculté des sciences de Paris Catégorie:Décès en octobre 1972 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 67 ans Catégorie:Auteur publié par les éditions Gauthier-Villars Catégorie:Auteur publié par les éditions Dunod