vignette|269x269px|Candidats pour le second tour des élections municipales de 2026 à Nancy. Cette élection était une triangulaire entre Mathieu Klein (PS), Laurent Hénart (Parti radical) et Sarah Farghaly (LFI). Les configurations de second tour font référence au nombre de candidats (listes ou binômes, selon le mode de scrutin) présents au cours du tour de ballottage. Celles-ci peuvent être très variées, allant du simple duel à des scénarios plus complexes impliquant le maintien de plusieurs concurrents, tels que les triangulaires (trois candidats) ou les quadrangulaires (quatre candidats).
La présence de ces différentes configurations est en partie le fait du mode de scrutin de l'élection, mais aussi de l'influence de divers facteurs, tantôt liée à l'action du corps électoral, tantôt à celle des candidats qualifiés. Ainsi, l'étude du nombre de candidats participant au second tour peut en dire beaucoup sur une situation politique.
Les différents types
Récapitulatif des configurations de second tour Ce tableau présente le nom des vingt premières configurations de second tour, correspondant aux cas où une unique candidature est maintenue jusqu’à la qualification éventuelle de vingt concurrents. Sont également recensés les scrutins français pour lesquels certaines de ces configurations ne peuvent se produire, en raison des règles spécifiques au mode de scrutin. +Nb. candidats 2d tourNom de la configurationImpossible lors d'une élection française...1candidature unique au (uniangulaire)présidentielle2duelaucune3triangulaireprésidentielle4quadrangulaire.présidentielle5quinquangulaire.présidentielle6sexangulaire.présidentielle7septangulaireprésidentielle8octangulaireprésidentielle9novangulaireprésidentielle, législative, départementale.10décangulaireprésidentielle, législative, départementale11undécangulairetoutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse.12duodécangulairetoutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse13trédécangulairetoutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse14quattuordécangulairetoutes sauf sénatoriales et territoriales en Corse15quindécangulairetoutes sauf sénatoriales16sédécangulairetoutes sauf sénatoriales17septendécangulairetoutes sauf sénatoriales18octodécangulaire ou duodévigintangulairetoutes sauf sénatoriales19novemdécangulaire ou undévigintangulairetoutes sauf sénatoriales20vigintangulairetoutes sauf sénatoriales∞...toutes sauf sénatoriales Il convient de préciser que cette impossibilité ne concerne que les élections françaises organisées au scrutin à deux tours ; les scrutins ne comportant pas de second tour, tels que les élections européennes, ne sont donc pas pris en compte.
Construction des noms de ces configurations Il convient d'apporter quelques précisions concernant la formation des noms de ces configurations, car tous les termes présentés dans le tableau ne sont pas encore entrés dans le dictionnaire, il est alors nécessaire de faire appel à des néologismes.
L'ensemble des noms de configurations à plus de trois candidats se forme selon le principe suivant :
Préfixe latin cardinal + suffixe «-angulaire».
Les termes «triangulaire» et «quadrangulaire» sont entrés dans le langage courant pour désigner un vote opposant respectivement trois et quatre candidats, il convient ainsi de poursuivre la même construction, à savoir l'emploi d'un préfixe latin cardinal comme «tri-» et «quadri-» suivi du suffixe «-angulaire» qui vient du latin «angularis». À titre d'exemple, le terme de «quinquangulaire» est employé pour désigner une configuration dans laquelle cinq candidats s'affrontent au second tour, le préfixe latin associé étant «quinque-». Pourtant, le mot «pentagulaire» a été suggéré par plusieurs médias à la place de «quinquangulaire». Cependant, «penta-» est un préfixe grec, ce qui donne en fin de compte un mot mi-grec, mi-latin, soit un mot monstrueux ou hybride selon l'Académie française : en définitive, il convient d'adopter une structure 100 % latine.
Il convient de préciser que l'élision de la voyelle finale des préfixes latins cardinaux devant la voyelle initiale du suffixe «-angulaire» est systématique pour assurer une prononciation fluide devant une voyelle, à l'exception de «uni-», «du-» et «tri-» qui forment respectivement «uniangulaire», «duel» et «triangulaire». C'est pourquoi par exemple, le terme de «septangulaire» est privilégié, bien que le préfixe utilisé soit «septi-», ce mot étant également employé pour dénommer l'ériocaulon septangulaire, une espèce de plante à fleurs.
Aussi, il existe parfois plusieurs préfixes latins cardinaux pour un même chiffre, par exemple «septem-» et «septi-» pour sept. En ce cas, le préfixe le plus court donc le mot le plus simple à prononcer est en règle général privilégié, car on ne dirait guère «septemangulaire» mais bien «septangulaire», mot largement popularisé dans le contexte précédemment décrit.
Dans le cas d'un éventuel maintien de 18 ou 19 candidats lors d'un second tour d'une élection, deux termes pourraient alors être employés : octodécangulaire ou duodévigintangulaire (18) et novemdécangulaire ou undévigintangulaire (19). Effectivement, les préfixes latins cardinaux «octodec-» et «duodeviginti-» sont tous deux valables pour 18, tout comme «novemdec-» et «undeviginti-» sont tous deux valables pour 19.
Le terme «uniangulaire» est parfois employé pour désigner quelque chose qui à un seul angle, mais jamais ce terme n'a été employé dans le cadre d'une élection, la description plus précise de candidature unique au second tour est privilégiée.
Configurations possibles et existantes En France, seules les élections sénatoriales organisées au scrutin uninominal majoritaire à deux tours permettent la qualification d’un nombre illimité de candidats au tour de ballottage, étant donné que le mode de scrutin de ces élections autorise tous les candidats présents au premier tour à se maintenir au second.
Néanmoins, dans le cadre des élections françaises se déroulant au suffrage universel direct, il n'est pas possible à ce jour de trouver une configuration dans laquelle plus de sont maintenus au second tour. Effectivement, le scrutin comportant le plus bas seuil de maintien qualifient pour le tour de ballottage tous ceux qui sont parvenus à recueillir au moins 7 % des votes, il s'agit des élections territoriales en Corse. En conséquence, la quattuordécangulaire est la plus haute configuration de second tour atteignable au cours d'un scrutin direct.
Dans une élection à deux tours, il peut également arriver qu'un candidat remporte la victoire dès le premier tour, dans le cas où il parvient à réunir la majorité requise. Dans ce cas, le tour de ballottage n'a pas lieu... Il convient de préciser que cette situation est différente de celle où un unique candidat se maintient au second tour, les autres concurrents s'étant désistés.
Au cours d'une élection, toutes les configurations de second tour ne sont pas possibles en raison du mode de scrutin. Aussi, certaines situations sont favorisées, ou à l'inverse sont plus rares, selon l'action de plusieurs phénomènes décrits plus loin dans l'article.
Selon le mode de scrutin En France, les modalités de qualification au second tour varient selon le type de scrutin, ce qui influe directement sur les configurations électorales possibles. En fonction des élections, ces règles peuvent favoriser, limiter ou exclure certaines configurations de second tour.
Aux élections législatives françaises Lors des élections législatives, un second tour est organisé lorsqu’aucun candidat n’a obtenu, au premier tour, la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu'un nombre de suffrages au moins égal à un quart des électeurs inscrits. Peuvent alors se présenter au second tour les deux candidats arrivés en tête, ainsi que tous ceux ayant recueilli un minimum de 12,5 % des électeurs inscrits.
Ce mode de scrutin permet des configurations de second tour variées. On parle, par exemple, de triangulaire lorsque trois candidats sont en lice., ou de quadrangulaire lorsque quatre candidats se maintiennent. Le seuil de 12,5 % des inscrits rend également théoriquement possible l’émergence de configurations plus rares, telles que la quinquangulaire (cinq candidats), la sexangulaire (six candidats) ou la septangulaire (sept candidats), cette dernière ne s’étant toutefois jamais produite sous la Cinquième République. Une octangulaire ne pourrait survenir que dans le cas exceptionnel d’une participation totale (100 % des inscrits) et d’une répartition parfaitement égale des suffrages entre huit candidats, chacun obtenant précisément 12,5 % des voix. Il convient également de noter qu’un second tour peut n’opposer qu’un seul candidat, si tous les autres qualifiés décident de se retirer..
Aux élections municipales françaises
Cas du scrutin de liste à deux tours Lors des élections municipales, dans les communes soumises au scrutin de liste à deux tours, un second tour est organisé si aucune liste n’a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour. Sont alors qualifiées pour ce second tour les listes ayant recueilli au moins 10 % des suffrages exprimés. Celles ayant obtenu plus de 5 % peuvent, quant à elles, fusionner avec une liste qualifiée, comme c’est également le cas lors des élections départementales.
Les configurations du second tour peuvent ainsi varier considérablement : d’une situation où une seule liste se maintient (les autres s’étant désistées ou ayant fusionné), jusqu’au cas exceptionnel où dix listes restent en lice — un scénario appelé «décangulaire», comme évoqué précédemment.
Cas du scrutin majoritaire plurinominal à deux tours (jusqu'en 2020) Ce mode de scrutin a été durablement appliqué, tout au long de la Ve République, lors des élections municipales.. Plus précisément, au cours des élections municipales de 2008, il est de vigueur pour les communes de moins de . Il est ensuite restreint, en 2014 et 2020, aux localités de moins de 1000 habitants, puis, à partir de 2026, réservé exclusivement aux communes de Polynésie française répondant à ce même critère démographique. Enfin, à partir de 2032, plus aucune commune n'utilisera ce système en France.
Dans les communes ayant adopté ce mode de scrutin, tous les candidats n’ayant pas recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu’au moins un quart des électeurs inscrits au premier tour se sont retrouvés en ballottage. Toutefois, l’utilisation des termes tels que « duel », « triangulaire » ou « quadrangulaire » s’avérait inappropriée, dans la mesure où les candidats qualifiés pour le second tour pouvaient être regroupés sur une même liste..
Aux élections départementales françaises Lors des élections départementales, un second tour est organisé dans les cantons où aucun binôme de candidats n’a obtenu, au premier tour, la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi qu'un nombre de suffrages au moins égal à un quart des électeurs inscrits. Sont alors autorisés à se présenter au second tour les deux binômes arrivés en tête, ainsi que ceux ayant recueilli au moins un huitième des électeurs inscrits.
Ce mode de scrutin peut ainsi donner lieu à une grande diversité de configurations au second tour, allant de la candidature unique (en cas de désistement des autres binômes) jusqu’à des situations exceptionnelles telles que l’octangulaire, où huit binômes se maintiennent. Le seuil requis pour accéder au second tour étant identique à celui en vigueur pour les élections législatives, la variété des scénarios possibles s’en trouve comparable.
Cas des élections cantonales (jusqu'en 2011)