Montcornet est une commune française située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France, au confluent de la Serre et de l'Hurtaut.

Elle est le lieu de la bataille de Montcornet de la Seconde Guerre mondiale, où s'est notamment illustré le colonel Charles de Gaulle, et accueille l'une des églises fortifiées de Thiérache, l'église Saint-Martin, classée monument historique.

Géographie Localisation

Montcornet est un bourg picard de Thiérache situé à l'emplacement d'un important carrefour de routes entre Laon, Reims, Charleville-Mézières et la Belgique.

Le bourg est situé dans la zone d'emploi de Laon et est la ville-centre de son bassin de vie

Communes limitrophes

Géologie et relief

La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Hydrographie vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de MontcornetLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Serre, le Hurtaut et le ruisseau de Soize.

La Serre, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Férée, à 265 m d'altitude, et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Danizy, à 52 m d'altitude, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques du la Serre sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:06 TU à partir des 320 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/12/1991 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..

L'Hurtaut, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Signy-l'Abbaye, à 235 mètres d'altitude, et se jette dans la Serre à Chaourse, après avoir traversé .

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le bassin de décantation, d'une superficie totale de ( sur la commune)..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Selve à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Montcornet est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (77,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (77,7 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (75,3 %), zones urbanisées (16,6 %), mines, décharges et chantiers (3,5 %), forêts (2,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %), prairies (0,5 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de 691, alors qu'il était de 679 en 2016 et de 721 en 2011..

Parmi ces logements, 85,5 % étaient des résidences principales, 1,7 % des résidences secondaires et 12,7 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 78,4 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 21,3 % des appartements.

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Montcornet en 2022 en comparaison avec celle de l'Aisne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (1,7 %) par rapport au département (3,3 %) et à la France entière (9,7 %).

+ Le logement à Montcornet en 2022. Typologie Montcornet. Aisne. France entière. Résidences principales (en %)85,586,782,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)1,73,39,7 Logements vacants (en %)12,7108

Voies de communication et transports Le bourg se trouve au croisement de deux anciennes routes nationales : la RN 46, orientée est-ouest et la RN 366 (orientée nord-sud) sur lesquelles se connecte l'ancienne RN 377 (actuelles RD 946, RD 966 et RD 977).

La plate-forme de l'ancienne ligne de Laon à Liart à l'ouest de Montcornet est réaménagée pour former une voie verte le long de la Serre.

Toponymie

Le nom du bourg apparaît pour la première fois sous l'appellation latine de Monscornutus en 1256, Moncornet en 1267, Monscornet en 1269 dans un cartulaire de l'abbaye Saint-Martin de Laon, puis Montcornet-en-Thiéraisse, Montcornet-en-Terrache, Montcornetz, Moncorné, et enfin l'orthographe actuelle Montcornet sur la carte de Cassini vers 1750..

De l'oïl mont et cornet « petite corne »., désignant une pointe..

L'origine de son nom de commune est dû à son ancien nom de bourg qui était Mons Cornutus ce qui voulait dire « le mont qui est corné » du fait qu'en haut de la colline où Montcornet était installée poussaient deux énormes chênes qui donnaient l'impression de deux cornes sur le mont.

Histoire

Antiquité Le bourg de Montcornet bâti sur la rive gauche de la Serre est d'origine très ancienne puisque situé à l'intersection des voies romaines de Laon à Charleville-Mézières et de Reims à Bavay. Montcornet était un castrum gallo-romain ville fortifiée (voie d'Antonin le Pieux sous le règne de Dioclétien vers 280) prouvent que c'était déjà un point historique important de l'ancienne Thiérache.

Autrefois, la région était presque entièrement recouverte de bois ; les hommes qui y vivaient élevaient du bétail qu'ils nourrissaient avec les glands des chênes et d'autres fruits de la forêt. Les habitants faisaient très peu de cultures, ils se servaient des animaux qu'ils élevaient et chassaient pour se nourrir et s'habiller ainsi que la cueillette des fruits de la forêt. La vraie culture des terres commencera un peu plus tard.

Moyen Âge Le saint patron de Montcornet est saint Martin.

Vers 1250, Nicolas, seigneur de Rumigny, approuve la donation de la dîme de Sormonne, de Harcy et de Montcornet, faite au monastère de Saint-Nicaise de Reims par Albric, chevalier de Lislet.

Le droit de patronage de la cure de Montcornet, appartenait au chapitre de Saint-Laurent de Rozoy, qui dîmait en totalité dans la paroisse Saint-Côme et Saint-Damien de Montcornet.

Au Montcornet connaît une époque de prospérité, grâce aux activités textiles et au travail de la laine. On y comptait , soit environ .

Temps modernes

Montcornet est détruit par un important incendie le , qui fait de très importants dommages à l'église Saint-Martin.

La carte de Cassini montre qu'au XVIIIe siècle, Montcornet est une ville fortifiée située sur le ruisseau le Ru d'Hurtaut qui va ensuite se jeter dans la Serre au niveau du Pont Caillou ou Pont Cailleau qui était une ferme rattachée à la paroisse de Chaourse déjà détruite en 1880. qui appartenait à la paroisse de Chaourse.

A l'est sur la route conduisant à Rozoy-sur-Serre est représenté le Calvaire qui était, au , une chapelle où se déroulaient des offices.. Laissé à l'abandon au fil des siècles, la chapelle est démoli après la Seconde Guerre mondiale. La rue du Calvaire rappelle son existence de nos jours.

Un relais de poste établi dans la ville permettait aux cavaliers ou diligences de disposer de chevaux frais.

Un moulin à eau est symbolisé par une roue dentée sur le ruisseau le Hurtaut.

Sous l'Ancien Régime, Montcornet relève de l'intendance de Soissons, ainsi que du bailliage, de l'élection et du diocèse de LaonArchives départementales de l'Aisne, page mentionnée en Liens externes.

Révolution française et Empire Durant la Révolution française, l'église Saint-Martin est déchristianisé et devient de 1794 à 1796 un Temple de la Raison et de l’Être Suprême, puis une fabrique de salpêtre pour fabriquer de la poudre afin d'assurer la défense de la France lors de la guerre de la deuxième coalition et laissé à l’abandon..

En 1802 intervient un nouvel incendie du bourg, qui s'étend jusqu’aux abords de l’église.

Époque contemporaine Les sapeurs-pompiers de Montcornet sont créés à partir du sous la tutelle de Garde nationale. Le , ils sont placés sous la responsabilité du préfet du département.

Une première sucrerie semble avoir été exploitée à Montcornet dès les années 1840. En 1866, la sucrerie de Montcornet est fondée par la famille Linard, suivie par l'installation, en 1867, près de la ferme de Saint-Aquaire, de la première râperie de France, celle de Boncourt, qui extrayait le jus sucré des betteraves cultivées aux alentours, et de l'envoyer par des tuyaux souterrains (conduites de fonte de 100mm à emboîtement et cordon) à la sucrerie de Montcornet. Le dispositif est ensuite renforcé par la râperie de Montloué qui reste active jusqu'en 1886.

Guerre franco-allemande de 1870-71 Le vendredi , les premiers soldats français en retraite devant l'ennemi prussien arrivent dans la région après la capitulation de Sedan. Le jeudi au matin, les premiers Prussiens passent avec le duc de Mecklembourg et l'état-major d'uhlans en direction de Laon, venant des Ardennes.

Aux dires des habitants de la région, au début de l'occupation, les soldats ennemis sont silencieux, jamais agressifs, rarement exigeants avec les civils (sauf quelques cas isolés). Par la suite, ils commirent bon nombre d'exactions. Leur admirable organisation militaire fait partout l'étonnement des populations. On remarque que les officiers prussiens ont d'excellentes cartes lithographiées et disposent de copies des cartes d'état-major françaises.