alt=|vignette|Brosse à laver dite aussi brosse chiendent, brosse à lessiver, brosse à main. Une brosse est généralement définie comme un outil ou un ustensile de nettoyage constitué de touffes de filaments de matières diverses (végétales, animales, métalliques, synthétiques), fixées sur un support. Les brosses sont principalement connues comme ustensiles de ménage et de toilette mais elles servent à des tâches très variées dans de nombreux domaines dont l'art, l'artisanat et l'industrie..
Les brosses comprennent les balais et balayettes (des brosses emmanchées), les époussettes (des brosses sans manches), les écouvillons et goupillons (des brosses à montures de fil métallique torsadé), les pinceaux pour l'art et le bâtiment.
Généralités Étymologie Les étymologies avancées pour le mot brosse se rapportent à des végétaux et des choses hérissées. Brosse pourrait venir du latin populaire bruscia, pousse d'arbre, lui-même issu du latin bruscum, excroissance ligneuse. Au , broce apparaît dans la langue française et désigne des broussailles ; vers 1300, broisse prend le sens d'ustensile de nettoyage garni de poils. Aujourd'hui, le toponyme Brosse, , s'applique toujours à des lieux broussailleux (sans impliquer qu'ils aient fourni des matières pour les brosses). Une autre origine, discutée, pourrait être le gaulois wroikos, bruyère (matière utilisée pour les balais), qui aurait donné broccus, dent saillante, puis broccia, signifiant " qui a des dents, des épines ". L'hypothèse du germanique burstja, chose hérissée, est contestée.
Composition vignette|227x227px|Brosse de cirage composée d'une monture à manche et de touffes de soies de porcs (Andrée Jardin). Une brosse se compose: d'une monture ou support, avec ou sans manche, de touffes de fibres ou filaments, d'un moyen d'assemblage de la monture et des touffes : fil, agrafe ou ancre en métal, substance adhérente. Les fibres ou filaments constituent les matières de garnissage. Les fibres sont généralement pliées en deux pour former une touffe, la partie visible des touffes est appelée la sortie. Les touffes sont aussi nommées loquets ou pions, mouchet en Suisse.. L'implantation des fibres sur le support (la disposition des rangs de touffes) peut être : parallèle, en quinconce, sur une, deux ou plusieurs faces, en hélice, en chevron.
Les familles de brosses Les brosses sont réparties traditionnellement en cinq familles, chacune est une fabrication spécialisée de la brosserie, l'activité industrielle ou artisanale qui produit les : brosses de ménage, brosses de toilette, brosses industrielles ou techniques, brosses à peindre (pinceaux pour le bâtiment), pinceaux d'art ou de maquillage dits pinceaux fins. À ces familles, peut s'ajouter la catégorie récente des brosses d'hygiène professionnelle qui comprend les brosses spécifiques destinées aux activités à hygiène réglementée : secteur de l'agroalimentaire, hôpitaux etc...
Mode d'action des brosses Les brosses sont des outils simples d'une grande adaptabilité. En conséquence, elles ont des usages innombrables, aussi bien courants que spécialisés, plus de 200 verbes s'appliquant à des opérations effectuées par des brosses ont été recensés..
D'un point de vue technique, les brosses opèrent à la façon de racloirs qui traitent des surfaces en percussion posée, « elles réalisent toutes les opérations possibles par frottement : des frôlements infimes aux grattages agressifs ». Une brosse agit avec l'extrémité de ses fibres. L'action d'une brosse tient en grande partie aux propriétés de celles-ci. Les fibres, de petite taille, permettent aux brosses de réaliser notamment des tâches fines, par exemple dépoussiérer, poudrer, compter etc. Certaines tâches ne peuvent être accomplies que par des brosses.
Matières premières Les brosses utilisent une grande diversité de matières premières. Celles des deux principales parties des brosses, la monture et les fibres, peuvent être d'origine végétale, animale, métallique ou synthétique. Elles sont choisies en fonction de l'action recherchée, de l'objet traité (matière, surface, résistance) mais aussi du contexte d'utilisation de la brosse : température, humidité, contraintes mécaniques, chimiques etc..
Les matières synthétiques, autant pour les montures que pour les fibres, sont aujourd'hui les plus utilisées. Cependant, les matières naturelles, notamment végétales, restent beaucoup employées pour des raisons techniques et esthétiques : par tradition (la brosserie est un métier du bois), par goût du naturel, et pour leurs propriétés difficilement remplaçables, notamment pour les fibres naturelles, antistatiques.
Les matières de garnissage : les fibres Nombreuses, les fibres possèdent des propriétés variées, différents degrés de résistance à l'abrasion (l'usure), à l'eau, à la chaleur et aux produits chimiques. La densité des touffes, leurs implantation, hauteur, inclinaison, espacement, font aussi varier leur action. Ces paramètres permettent de concevoir des brosses pour toutes sortes d'usages.
Selon leur variété, les fibres sont conditionnées en bottes de de diamètre, et de de long. En brosserie, la longueur des fibres utilisée pour fabriquer une brosse est appelée tirure.
Les fibres naturelles, végétales et animales, ont en commun la nécessité de devoir être préparées avant la fabrication des brosses. Irrégulières car naturelles, elles sont difficiles à employer en fabrication mécanique. Importées, ces fibres sont sensibles à la géopolitique, en cas d'aléas régionaux (climatiques, économiques, politiques), leur approvisionnement est difficile et leur prix varie. Aussi les fibres synthétiques, moins coûteuses, faciles d'approvisionnement, tendent à la remplacer.
Les fibres végétales vignette|Botte de fibres de coco.|163x163pxLes fibres végétales, les plus anciennes utilisées car ramassées, ont longtemps été issues de plantes autochtones. En Europe par exemple, les branchages de bouleau, de bruyère, de genêt dit genêt à balais, ont servi à confectionner des balais. Les brosseries emploient aujourd'hui des fibres végétales commercialisées qui proviennent principalement des pays tropicaux. Sous leur climat à deux saisons, l'une humide, l'autre sèche, les plantes se gorgent d'eau et développent des structures de stockage importantes. Elles donnent des fibres très solides, résistantes à l'usure, la chaleur, certaines à l'humidité, aux produits chimiques.vignette|163x163px|Racine de chiendent.Sur leur lieu d'origine, ces plantes sont exploitées, récoltées, soigneusement préparées suivant un processus propre à chacune. Les fibres végétales sont tirées différentes parties des plantes : racine, écorce, tige, feuille, fruit. Ces fibres portent souvent le nom de leur plante pourvoyeuse. Les principales sont :
- le coco : tiré de l'enveloppe de la noix de coco de cocotiers (cocos nucifera) d'Inde, de Ceylan ; il est souple, léger, économique, il retient les salissures. ; il sert pour les balais et balayettes employés à sec. vignette|165x165px|Bottes de fibres de tampico et de mélange union.- le chiendent : tiré de la racine d'une variété de chiendent cultivée au Mexique ; il est très solide, résistant à l'eau ; ondulé, il retient l'humidité ; il sert pour les balais lave-pont, les brosses à laver. - le tampico : tiré de la feuille d'agave lechuguilla du Mexique et du nom de la ville de ce pays ; il est fin, souple, nerveux, légèrement abrasif, résistant à l'eau et à la chaleur ; il sert pour des balayettes, brosses, brosses industrielles de polissage, brosses à peindre. - l'arenga, la bassine, le madagascar, le piassava.: tirés de palmiers : l'arenga du palmier Arenga pinnata d'Indonésie ; la bassine du palmier de Palmyre d'Inde et du Sri Lanka ; le madagascar du palmier vonitra de Madagascar ; le piassava du palmier bassad'Afrique ;vignette|219x219px|Bottes de fibres de piassava et de bassine. ces fibres sont très résistantes à l'usure et à la chaleur ; elles servent pour des balais d'extérieur, des brosse dures. - la " paille de riz ": tirée de la tige du sorgho ou sorgo d'Europe du Sud, elle est souple et économique, elle sert pour des balais d'extérieur dits balais de paille. On emploie aussi l'union ou mélange union ou mélange créole ou mélange éco(logique), composé de tampico et de bassine. Il sert pour des balais d'extérieur, des brosses de ménage.
Les fibres animales Les principales fibres animales utilisées pour les brosses sont :vignette|218x218px|Botte de soies de porc blanches. la soie de porc, la soie de sanglier, le crin de cheval, le poil de chèvre, quelques autres matières animales. Ces fibres proviennent d'animaux de régions d'élevage traditionnel où ils vivent suffisamment longtemps pour que poussent des poils longs et solides. Elles existent en plusieurs couleurs (blanc, gris, marron, noir). Elles sont utilisées pures ou mélangées avec des fibres synthétiques pour des raisons économiques ou techniques.
La Chine est depuis le le principal fournisseur de fibres animales notamment de soies. Jusqu'au milieu du , la Russie, la Bulgarie, la Pologne, fournissaient aussi des soies et leur collecte était aussi organisée en France.
Les soies de porc vignette|170x170px|Botte de soies marron. La soie de porc est une matière première essentielle en brosserie. Sa constitution lui confère des propriétés très recherchées pour les brosses. Composée d'écailles de kératine, elle comporte une racine (côté implanté dans la peau de l'animal), un corps, et une fleur à son extrémité.
Les caractéristiques de la soie sont: sa fleur fourchue, particulière à la soie, qui permet les brossages délicats, sa conicité (son diamètre diminue vers son extrémité), son ressort ou résilience (la capacité à revenir droite) qui fait sa nervosité, sa solidité et sa souplesse, son canal interne qui la rend creuse et lui permet d'absorber et restituer les liquides. Les soies servent dans toutes les catégories de brosses : de ménage, de toilette, brosses à peindre, pinceaux d'art, brosses industrielles. Selon les types de brosses, les soies sont employées avec ou sans la fleur ; en mélange tête-bêche alternant côté fleur, côté racine ; ou encore seulement côté racine.
La préparation des soies Sur leur lieu de collecte, les soies sont prélevées de la peau par échaudage pour conserver la racine, puis elles subissent un long processus de nettoyage, lavage, triage. Pendant ce processus, elles sont redressées (cuites pour être rendues droites), alignées sur la racine (toutes orientées de ce côté) ; elles peuvent être blanchies, teintes. Enfin, elles sont mises en bottes par tirures (longueurs).
Les soies passent ensuite par des préparateurs de fibres qui réalisent, selon les directives des brossiers et les techniques de fabrication qui seront employées, des mélanges spécifiques pour les différents types de brosses et de pinceaux. Préparateur de fibres est un métier à part entière, rare. En France en 2017, pour quarante brosseries., il existe deux préparateurs.. Ce métier comporte des savoir-faire particuliers ; par exemple pour les soies de moins de trois centimètres, les mélanges sont faits à la main, les soies étant coniques et glissantes, leur manipulation difficile demande un tour de main..
Les soies de sanglier De nature similaire aux soies de porc, celles de sanglier d'élevage, qualité Calcutta, proviennent d'Inde. La soie de sanglier, noire, est très forte et raide. Elle sert dans des fabrications de qualité : brosses à cheveux (elle est plus rigide et démêlante que le nylon), pinceaux d'art, brosses industrielles. Jusqu'au milieu du , les brosses à dents étaient en soies de sanglier, matière non hygiénique en raison du canal interne propice aux micro-organismes. vignette|214x214px|Bottes de crin noir, blanc et mixed.
Le crin de cheval