vignette|Le logo de la protection des propriétés culturelles est symbolisé par un , élément d’architecture japonaise.
Le , relevant de l’Agence pour les affaires culturelles, est constitué des biens, traditions ou notions particulièrement importantes de la culture du peuple japonais. Il recoupe notamment : le patrimoine matériel (architecture, arts et artisanat), le patrimoine vivant (arts scéniques, techniques et savoir-faire), le patrimoine ethnologique ou folklorique (matériel ou non), les sites historiques, scéniques et naturels, les paysages culturels, et enfin les ensembles architecturaux traditionnels ; de plus, le patrimoine enfoui (tombes, ruines…) et les techniques de conservation des biens culturels sont également protégés..
Les éléments désignés comme biens culturels doivent être préservés et transmis comme des éléments à part entière de l’héritage culturel du peuple japonais.Les propriétés culturelles du Japon n’ont pas toutes été créées ou établies sur l’archipel, et peuvent provenir par exemple de Chine ou de Corée. C’est le cas des lettres de Duarte de Menezes à Toyotomi Hideyoshi, trésor national originaire d’Inde..
Ces propriétés sont protégées selon les termes de la Loi sur la protection du patrimoine culturel de 1950 qui définit un , soit une procédure encadrant la sélection et la nomination des propriétés culturellesDans cet article, les « propriétés culturelles » désignent les propriétés officiellement protégées par la loi.. La loi impose également des restrictions sur l’altération, la rénovation et l’exportation à l’étranger des biens désignés. Ces derniers peuvent relever de trois échelons : , ou .
Au , le nombre de biens culturels se montait environ à au niveau national, au niveau préfectoral et au niveau communal (sachant qu’une propriété peut en fait inclure plusieurs éléments ou pièces..). Parallèlement au système de désignation existe également un système d’enregistrement, garantissant un niveau moindre de protection et d’aides.
Organisation du patrimoine culturel La Loi sur la protection du patrimoine culturel de 1950 et les divers amendements subséquents prévoient huit catégories de biens pouvant être , sélectionnés ou enregistrés (cf. le tableau ci-dessous). Comparé aux systèmes occidentaux, le patrimoine au Japon apporte des principes particuliers que sont l’importance des biens naturels ainsi que des processus et techniques de production des biens culturels matériels, d’où par exemple la possibilité de désigner des personnes détentrices d’un savoir ou savoir-faire traditionnel, nommées familièrement « trésors nationaux vivants ».
Différentes traductions des termes japonais sont possibles pour chaque catégorie. Le tableau ci-dessous donne à titre indicatif les traductions de Marc Bourdier et Estelle Bauer (par la suite, sauf précision contraire, la traduction d’Estelle Bauer, reprise par Christophe Pottier ou Christophe Marquet, est employée). À noter que la catégorie des paysages culturels (bunkazai keishiki) n’y est pas traduite.
Japonais Marc Bourdier Estelle Bauer. Yūkei bunkazai Bien culturel tangible Patrimoine matériel Mukei bunkazai Bien culturel intangible Patrimoine vivant Minzoku bunkazai Bien culturel folklorique Patrimoine ethnologique Kinenbutsu Monuments et sites naturels Lieux de mémoire (historiques, pittoresques ou naturels) Bunkazai keishiki — — Dentōteki kenzōbutsu-gun Groupes de bâtiments anciens Ensembles architecturaux traditionnels Bunkazai hozon gijutsu — Techniques de conservation du patrimoine Maizō bunkazai — Patrimoine enfoui
Patrimoine matériel
vignette|gauche|Château de Himeji, désigné trésor national en 1951 (patrimoine mondial de l’UNESCO).
Le , ou les biens culturels tangibles, regroupe les propriétés d’un fort intérêt historique ou artistique de nature tangible, c’est-à-dire structures (sanctuaires, temples, châteaux, autres) et objets d’art ou d’artisanat (peintures, sculptures, artisanat, calligraphies, anciens documents, objets archéologiques, matériel historique, autre)..
Les biens matériels d’intérêt ou de valeur particulièrement remarquable peuvent être classés , puis pour les plus inestimables.
En accord avec la loi, toute altération d’une propriété culturelle matérielle nécessite l’accord préalable de l’État, de même que leur sortie du territoire national. Le Trésor du Japon assume les frais de restauration et de conservation des pièces, et le Commissariat aux affaires culturelles fournit une assistance pour l’administration, la restauration, les expositions publiques ou autres activités. La conservation proprement dite reste à charge du détenteur (qui peut être l’État), mais avec une aide financière en cas de dépenses importantes. Compte tenu de l'emploi constant de matériaux inflammables (bois, écorce...) au Japon, leurs détenteurs reçoivent des aides supplémentaires pour prévenir tout désastre par le feu.
vignette|Sanctuaire Uda Mikumari-jinja à Uda, préfecture de Nara.
Au , culturels importants étaient désignés, dont nationaux répartis en environ 20 % de structures et 80 % d’objets. Plus précisément : historiques (comprenant un total de et autres structures), , , d’artisanat, ou livres, documents, archéologiques, et historiques classées biens culturels importants. Parmi ces pièces, le nombre de trésors nationaux se monte à : ( et autres structures), , , d’artisanat, ou livres, documents, archéologiques et historiques. En sus, les biens culturels importants peuvent également être désignés au niveau préfectoral () et communal ().
Patrimoine vivant vignette|gauche|Pièce de théâtre nô au sanctuaire d'Itsukushima.
Le , immatériel ou intangible, regroupe les arts scéniques, métiers artisanaux et coutumes culturelles présentant un intérêt historique ou artistique, comme le théâtre, la musique, les savoir-faire ou les techniques d’artisanat. Ce type de biens correspond approximativement au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Le patrimoine vivant apparaît particulièrement important au Japon, où les techniques, les savoirs et l’essence des biens importent autant que les biens matériels proprement dit.
De la même façon, les biens culturels vivants particulièrement précieux peuvent être désignés . La maîtrise de techniques ou savoir-faire associés est reconnue en même temps, afin de favoriser leur transmission. Il existe trois types de reconnaissance : individuelle, collective ou de groupe. Les personnes primées individuellement reçoivent une dotation de deux millions de yens par an ; ils sont communément appelés « trésors nationaux vivants » du Japon, ou plus correctement « détenteurs d’un bien culturel immatériel » ; cette notion de patrimoine lié à une personne apparaît comme une spécificité japonaise, signifiant que les techniques et arts traditionnels sont actualisés et restent liés au présent... L’État finance également en partie la transmission des techniques à des apprentis et les démonstrations publiques pour les groupes.
Au , on dénombrait culturels intangibles importants (incarnés par et ), auxquels s’ajoutent préfectorales et .
Patrimoine ethnologique vignette|Festival Karatsu Kunchi de Kyūshū, désigné bien culturel folklorique important en 1980.
Le , ou les biens culturels folkloriques, transcrit le rôle et l’importance des traditions dans la vie quotidienne des Japonais, par exemple cuisine, habillement, travaux, religion, représentations folkloriques, ainsi que les techniques associées.
Ces biens sont classés selon leur nature : matériels (tangibles) ou vivants (intangibles). Le regroupe les us et coutumes, l’art de la table, la tenue de la maison, les pratiques religieuses, les événements annuels, ainsi que les arts folkloriques et les techniques liées. Les divers objets liés aux biens intangibles, tels que vêtements, outils, ustensiles ou autre, tombent dans la catégorie du . Les propriétés qui présentent une valeur particulière parmi ces deux catégories peuvent être respectivement désignées ou .
Le gouvernement finance la protection et la restauration de ces propriétés ; dans le cas de biens folkloriques intangibles importants, des fonds sont également alloués pour la formation des apprentis et la préservation des objets liés.
Au , intangibles et tangibles étaient répertoriés dans cette catégorie, auxquels s’ajoutent un total de au niveau préfectoral et au niveau communal.
Lieux de mémoire gauche|vignette|Le jardin du Tenryū-ji de Kyoto, classé site pittoresque.
Les ou monuments regroupent en fait pour les Japonais sites historiques et sites naturels au sens large. Ils se découpent plus précisément en trois catégories : les (amas coquillier, tombes anciennes, sites de palais ou châteaux, clochers…) ; les (jardins, ponts, gorges, montagnes…) ; les (animaux, plantes, formations géologiques ou minérales particulières…).
Les éléments les plus significatifs parmi ces trois catégories respectives peuvent être désignés comme « ». Tout risque d’altération de ce patrimoine doit faire l’objet d’une autorisation de l’Agence des affaires culturelles. Des aides financières pour l’acquisition et la conservation de tels sites sont possibles auprès des administrations locales.
Au étaient protégés historiques (dont 61 désignés spéciaux), 383 sites pittoresques (dont 36 désignés spéciaux) et naturels (dont 75 désignés spéciaux), en sus de quoi au niveau préfectoral et au niveau communal doivent être comptés. Un même monument pouvant être inscrit dans plusieurs catégories (par exemple, le jardin Hama-Rikyū de Tokyo est classé en premier site pittoresque, et en second site historique), les chiffres ci-dessus ne tiennent compte que de la catégorie principale..
Ensembles architecturaux traditionnels et secteurs préservés La catégorie des , ou groupes de bâtiments traditionnels, a été créée afin de préserver des ensembles architecturaux anciens présentant, dans leur environnement, un attrait particulier. Il peut s’agir de villes, villes fortifiées, villes minières, quartiers marchands ou traditionnels, ports, villages de pêche et d’agriculture, etc.
Depuis l’amendement de 1975 à la Loi sur la protection du patrimoine, les sites les plus importants peuvent être désignés comme « secteurs préservés » par les municipalités, ou « secteurs préservés importants » par l’Agence des affaires culturelles, offrant une protection accrue et des fonds pour les rénovations. Des aides additionnelles peuvent être accordées sous forme de réduction d’impôts. La protection de secteurs traditionnels a d’abord été adoptée à Kyoto au début des années 1970, puis a été étendue à d'autres grandes villes du Japon afin de préserver des zones traditionnelles de l’urbanisation, bien que les interventions effectives restent limitées en pratique..
Au , de bâtiments traditionnels ont été enregistrés au niveau national, 1 au niveau préfectoral et 110 au niveau communal.
Paysages culturels thumb|La ville d’Uji, près de Kyoto, désignée paysage exceptionnel.
Les concernent les paysages façonnés tant par l’homme que par les caractéristiques naturelles d'une région, et qui sont indispensables pour saisir la façon de vivre des Japonais. Il s’agit par exemple de rizières en terrasse, villages de montagnes ou canaux. Les paysages les plus significatifs sont désignés paysages culturels importants, distinction qui concerne, au , 47 zones du Japon, plus 9 au niveau préfectoral et 23 au niveau communal. La sélection de paysages culturels a été définie par un amendement de 2004 à la Loi sur la protection du patrimoine.
Techniques de conservation du patrimoine vignette|La technique de l'estampe ukiyo-e est protégée par la loi.
Les différentes techniques de fabrication des outils traditionnels nécessaires à la restauration et la préservation des biens culturels, ainsi que les méthodes de restauration et de conservation elles-mêmes, peuvent être classées comme techniques de conservation du patrimoine.