est la dépouille de Dorje Morup, un soldat indien mort durant la saison d'alpinisme 1996 sur l'Everest. Les chaussures vertes (« » en anglais) qu'il porte en font un repère visuel dans l'ascension du mont Everest par la voie nord en provenance du versant tibétain. Il repose sous petit abri rocheux à près de d'altitude, entre le camp et les trois ressauts qui marquent les derniers obstacles de l'ascension sur l'arête nord-est.

Avant son identification par ADN en 2026, des théories alternatives sur son identité ont circulé et majoritairement impliqué une autre victime de la tempête de 1996 ; une rumeur ensuite démentie a également fait état de la disparition du corps dans les . Du fait du gel qui le maintient contre la roche et de la très grande difficulté à fournir des efforts physiques à une telle altitude, il est cependant risqué de le redescendre de la montagne et les conditions météorologiques rendent périlleuse une inhumation formelle. demeure ainsi dans le « cimetière à ciel ouvert » que serait, selon des alpinistes, devenu l'Everest au cours de la seconde moitié du .

Figé à seulement quelques centaines de mètres du plus haut sommet du monde, est devenu le symbole populaire du manque de solidarité qui sévit parfois en alpinisme. S'il est communément admis qu'un grimpeur n'a pas à mettre sa vie en jeu pour en secourir un autre quand le risque est trop grand, il s'avère que de plus en plus d'expéditions, dans leur hâte d'atteindre le sommet, ont parfois délaissé des victimes qu'elles auraient pu, selon certains experts, être en mesure de secourir. La majorité des victimes de l'ascension de l'Everest, à l'instar de , « balisent » malgré elles les sentiers, mais leur sort est également un rappel permanent du caractère incertain de la survie en haute montagne.

Situation vignette|alt=Image satellite de l'Everest et de ses environs, et tracés en couleur de deux voies d'accès.| se situe non loin du sommet, à environ d'altitude, le long de la voie d'accès nord (ici en jaune).

Du fait de sa fréquentation, la cavité sous laquelle gît se voit attribuer par métonymie le nom de son hôte et devient autour des années 2000 connue et référencée par les alpinistes comme un repère dans l'ascension menant au sommet.. Cet abri creusé naturellement dans la roche se situe dans la de l'Everest, en deçà du « premier ressaut », à près de d'altitude.. Le refuge qu'il offre sur une pente non loin de la crête sommitale. permet de reprendre son souffle et devient très populaire lors des descentes du sommet, en accueillant près de 80 % des alpinistes.

Au fil des ans, le corps aurait été légèrement déplacé, malgré le gel qui le maintient probablement contre le sol de la grotte, et ses vêtements se sont décolorés. D'après une vidéo amateur réalisée en 2001., il gisait sur son flanc droit, mais une photographie prise en le montre sur son flanc gauche, tourné vers l'extérieur de l'abri et dans la direction du sommetVoir la photographie sur cette page : .. Ces mouvements pourraient être dus aux efforts (interrompus par la fatigue) de certains visiteurs pour le déplacer, ou bien tenir du retournement d'image imputable aux appareils photo non numériques.. Aux yeux des alpinistes qui doivent passer devant lui sur cette voie pour atteindre le sommet, il semble sommeiller. Plusieurs bouteilles d'oxygène vides sont visibles à ses côtés.

Un habitué de l'Everest passé par la cavité en s'étonne de ne pas y voir et fait circuler la rumeur que le corps a disparu.. En 2017, cependant, une expédition lancée avec le but d'inhumer plusieurs corps prétend l'avoir trouvé à l'endroit habituel et sommairement enseveli, avant de se rétracter et d'expliquer qu'elle n'a pu qu'inhumer le corps d'un autre alpiniste..

Identités les plus fréquemment théorisées Tsewang Paljor (1996)

vignette|alt=Photographie couleur d'une crête de montagne dont une face, abrupte, est recouverte de neige, et dont l'autre, rocheuse, est escaladée par quelques grimpeurs paraissant minuscules.|Des alpinistes près du sommet. Dans des conditions climatiques comme celles de la saison 1996, l'ascension comme la descente deviennent terriblement périlleuses.

La version longtemps la plus répandue sur l'identité de lui attribue celle du grimpeur indien Tsewang Paljor, qui porte des chaussures vertes de la marque Koflach le jour de où il se lance à l'assaut du sommet avec ses compagnons de cordée Tsewang Samanla et Dorje Morup. Cette saison d'alpinisme 1996 sur l'Everest est plus connue pour la mort de cinq grimpeurs des expéditions occidentales et sur la voie sud-est ; pourtant, la tempête qui cause leur perte voit également la mort de trois Indiens sur la voie nord-est, dont Paljor, qui font partie de l'expédition organisée par des gardes-frontières de l' (ITBP). L'expédition, dirigée par le commandant Mohinder Singh, constitue la première ascension indienne par l'est..

Le , trois membres de cette expédition, le subedar Tsewang Samanla, le lance naik Dorje Morup et le Tsewang Paljor, sélectionnés par leur commandant pour tenter l'ascension en premier., sont ainsi surpris par le blizzard, juste au-dessous du sommet qu'ils n'ont pas encore atteint. Alors que trois autres de leurs compagnons font demi-tour, Samanla, Morup et Paljor décident de pousser l'ascension jusqu'au bout.. Vers , les trois grimpeurs contactent leur commandant d'expédition par radio, qui transmet au Premier ministre indien une bonne nouvelle : l'équipée a atteint le sommet. Ils laissent sur les lieux une offrande de drapeaux de prières, de khatas et de pitons ; d'après l'écrivain américain Jon Krakauer, présent ce jour-là, la visibilité déclinante les aurait cependant trompés et ils se seraient retrouvés, en réalité, à encore deux heures des hauteurs de l'Everest. Cet échange avec leur commandant serait leur dernier contact radio. Depuis les camps avancés à , deux de leurs lampes frontales sont aperçues une dernière fois au-dessus du second ressaut à , mais aucun des trois grimpeurs ne retourne à sa tente après la tombée de la nuit.

Le , le lendemain, un groupe de deux Japonais et trois sherpas emprunte le même chemin qu'eux pour se rendre au sommet. À du matin, alors qu'ils entament le premier ressaut, les grimpeurs rencontrent vers d'altitude l'un des trois Indiens, que Jon Krakauer désigne plus tard dans ses mémoires comme Tsewang Paljor, mais que l'écrivain Richard Cowper refuse de nommer dans son témoignage. Après une nuit entière passée dans la neige, sans oxygène, l'homme est encore vivant et capable de gémir mais souffre de gelures terribles. Peut-être pour ne pas avoir à renoncer à leur ascension, les Japonais décident de ne pas s'arrêter et poursuivent leur route. C'est vers , au-delà du second ressaut, qu'ils croisent les deux derniers Indiens, qui seraient donc Tsewang Samanla et Dorje Morup. L'un d'eux est alors , et l'autre recroquevillé dans la neige. Les Japonais ne s'arrêtent pas non plus et diront plus tard à leur sujet qu' et qu'ils ..

Les journaux occidentaux BBC et The Washington Post font partie des médias relayant l'identité de Tsewang Paljor pour , en plus de nombreux blogs amateurs.

Dorje Morup (1996) Un article publié dans le en 1997 évoque plutôt la possibilité que le corps de soit celui du lance naik Dorje Morup, intervertissant ainsi les identités attribuées aux trois hommes dans la « version Tsewang Paljor ». La BBC relaie cette supposition en 2015. L'article de 1997, intitulé , est écrit par un certain , le commandant en second de l'expédition dont font partie Samanla, Morup et Paljor. Das rapporte que les trois alpinistes annoncent à , le , avoir atteint le sommet, et que deux grimpeurs sont ensuite brièvement repérés à , grâce à leur lampe frontale, en train de redescendre. Aucun ne parvient cependant à rejoindre le camp .. Le lendemain, un autre membre de l'expédition indienne placé près du col Nord contacte le camp de base par radio pour annoncer que Morup a été aperçu en train de descendre lentement entre les premier et deuxième ressauts. Puisqu'une équipe japonaise stationne au camp ce jour-là avant d'attaquer le sommet, les Indiens leur demandent d'être attentifs aux grimpeurs croisés sur la route. Les Japonais rencontrent en effet Morup entre le premier et le second ressauts ; d'après eux, il et . Ils l'aident à passer d'une corde fixe à l'autre puis continuent leur ascension, découvrant le corps inanimé de Tsewang Samanla au-dessus du second ressaut.

Pendant leur descente, les Japonais retrouvent Dorje Morup toujours vivant, tentant tant bien que mal et très lentement de descendre. Ils supposent que l'Indien sera capable de regagner le camp et poursuivent leur route. Morup n'est cependant jamais revu vivant, et son corps est trouvé le par le second groupe d'ascension indien, . Quant au corps de Tsewang Paljor, Das écrit qu'il n'a jamais été retrouvé.

L indien est ainsi la seule publication à appuyer l'identité de Dorje Morup pour , bien que la BBC se fasse l'écho de cette théorie. L'identité de Dorje Morup est confirmée en 2026 par une étude d'ADN.

Une autre identité ? Interrogée sur ses raisons pour ne pas tenter de ramener le corps de , l'ITBP annonce ne pas pouvoir garantir qu'il s'agirait bien du corps de Paljor : , déclare-t-elle en 2015 pour mettre fin aux questions.

Postérité Mort de David Sharp

vignette|alt=Vue panoramique donnant sur l'Everest et les montagnes alentours, avec des tracés des différentes voies d'ascension.|gauche|upright=1.3|David Sharp est retrouvé aux côtés de , à peu près au niveau du second ressaut (†2 sur la carte).

L'alpiniste britannique David Sharp meurt de froid au cours d'une tentative d'ascension en solitaire le , après avoir été trouvé en état d'hypothermie dans l'abri rocheux de , recroquevillé près des pieds du corps aux chaussures d'alpinisme vertes.

L'accident fait grand bruit dans la communauté des alpinistes, les uns accusant les autres d'avoir ignoré les avertissements radio envoyés au camp de base avancé, ou d'avoir délibérément refusé de venir en aide au mourant pour mieux poursuivre l'ascension. En tout, une quarantaine d'alpinistes passent devant entre le soir du 14 et le , sans nécessairement s'arrêter pour porter assistance à Sharp. Quant à la plupart de ceux qui s'approchent finalement du mourant, ils ne le font qu'à la descente (soit lors de leur deuxième passage devant ), non à l'ascension. D'aucuns diront plus tard qu'ils ne l'ont pas vu, ou qu'ils l'ont pris pour , le corps dont ils connaissaient la présence à cet endroit. Le documentaire (2007), retraçant l'ascension du double amputé Mark Inglis, avance que la situation de détresse de Sharp a réellement pu être ignorée par les grimpeurs qui l'apercevaient mais choisissaient de ne pas s'arrêter, parce qu'ils le confondaient avec .

D'après certains, le fait que Sharp soit resté accroché à la corde de guidage obligeait néanmoins tout passant à déclipser puis reclipser ses maillons autour de son corps. Il reste probable cependant que l'évaluation de ce drame a perdu de sa nuance devant le caractère tragique et cruel d'une telle fin. La couverture médiatique qui en est faite renforce la renommée du surnom de , utilisé naturellement à l'époque dans les communications radio au moment d'indiquer qu'« il y a une victime à ».

Tentatives d'inhumation L'alpiniste britannique a été profondément marqué par la tempête de 1996 et les morts qu'elle a laissés derrière elle. Lui-même est alors présent sur la montagne et dirige une expédition sud-africaine au quand elle survient.. En , il organise une expédition qui vise à « inhumer » formellement , David Sharp, et surtout une autre grimpeuse restée dans les sommets, Francys Arsentiev, qu'il a vue dépérir sans pouvoir lui venir en aide en , et dont la mort le hante.. Il parvient au terme d'une cérémonie à faire glisser le corps d'Arsentiev sur la pente de la face nord, mais le mauvais temps ne lui permet pas de s'occuper de ..