Haybes est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.
Haybes est également appelée Haybes-sur-Meuse, Haybes-la-Rose, Haybes-les-Ardoisières, et le plus souvent Haybes-la-Jolie, en raison des couvertures en ardoise, dont l'extraction fit, ainsi que sa commune voisine Fumay, la réputation du bourg. La ville, martyrisée puis détruite au tout début de la Première Guerre mondiale, fut entièrement reconstruite dans les années 1920.
Géographie Situation La commune de Haybes, située à au nord de Charleville-Mézières, s'est développée en rive droite de la Meuse. Les habitations de la ville s'étendent tout d'abord en longueur le long du fleuve depuis sa limite avec la commune de Fumay jusqu'au lieu-dit de Moraypré et s'appuient sur les contreforts du massif schisteux le long de la rue de Madame-de-Cormont à partir de laquelle se construisent des secteurs pavillonnaires.
Communes limitrophes
Relief et hydrographie Le territoire communal est traversé bien entendu par la Meuse, et par des ruisseaux descendants de la montagne et alimentant ce fleuve. Le massif ardennais enserre la vallée de la Meuse jusqu'à Fumay, puis desserre son étreinte à Haybes, et laisse davantage passer la lumière. vignette|Le quai du Dr Adolphe Hamaide (qui se prolonge en la voie verte Trans-Ardennes), le pont, la Meuse et le TER Grand Est marquant l'arrêt en gare de Haybes. vignette|Vue sur Haybes dans la vallée de la Meuse.
Voies de communication et transports À Haybes, un pont relie les deux rives de la Meuse. Le long de ce fleuve, sur les anciens chemins de halage, passe une voie verte, la Trans-Ardennes, reliant Charleville-Mézières à Givet. Reliant également Charleville-Mézières à Givet, un transport express régional, une composante du TER Grand Est, s'arrête en gare d'Haybes. Pour la circulation routière, la D 7, allant de Fumay à Hargnies, traverse la ville. Par le pont sur la Meuse, il est possible de rejoindre la D 8051, sur l'autre rive de la Meuse, reliant Fumay à l'extrémité de la pointe de Givet.
Hydrographie La commune est dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Meuse, le canal de l'Est Branche-Nord, le ruisseau des Manises, le ruisseau Moron, le ruisseau de la Fontaine Aux Bairons, le ruisseau le Risdoux, le ruisseau du Fond des Soquays et le ruisseau Fond du Poirier..
La Meuse, d'une longueur de , est un fleuve européen qui prend sa source en France, dans la commune du Châtelet-sur-Meuse, à d'altitude, et se jette dans la mer du Nord après un cours long d'approximativement traversant la France, la Belgique et les Pays-Bas. Le bourg est situé dans un méandre en rive droite de la Meuse, qui s'écoule d'ouest en est sur une longueur d'environ .
Le canal de l'Est Branche-Nord, d'une longueur de , est un chenal et un cours d'eau naturel navigable qui relie Givet à Troussey, où il rejoint le canal de la Marne au Rhin. Il se superpose par endroits, dans la commune, à la Meuse sur une longueur d'environ .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Haybes.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rocroi à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Haybes est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Fumay, une agglomération intra-départementale regroupant deux communes dont elle est la commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Fumay, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (88,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (88,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (83,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (5,6 %), zones urbanisées (4,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,7 %), prairies (1,8 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Haybes s'est écrit, au cours des siècles, Heibes, Hebbis, Hebbes, Hebbez, Hebes, Haibbes, ou Heppe.
Histoire Moyen Âge La mention de Haybes la plus ancienne connue à ce jour daterait de 919. C'est également au cours de ce qu'on relate la construction, sur une île faisant face au bourg, d'un château. Haybes est alors une dépendance du comté de Lomme. Elle le reste jusqu'en 1342, année de son rattachement au comté de Namur que Philippe le Bon, duc de Bourgogne achète en 1421 et est ensuite, par voie d'héritage transmis à la branche des [Habsbourg] d'Espagne.
Époque moderne Ville frontalière entre la France et les Pays-Bas, Haybes, comme les autres bourgs formant la Pointe de Givet, connaîtra plusieurs épisodes d'occupations militaires, et de destruction. Aussi, en 1554, lors du raid orchestré par le duc de Nevers, sur l'ordre de Henri II, roi de France, le village et son château sont détruits. De nouveaux mouvements de troupes sont enregistrés au moment du traité de Nimègue : Haybes est occupée en 1679, Haybes par l'armée espagnole avant d'être enlevée l'année suivante par les Français. En 1697, le traité de Ryswick rend le territoire de Haybes aux Pays-Bas espagnols. Deux ans plus tard, en 1699, le village, avec le bourg voisin d'Hargnies, est rattaché à la France lors de la signature du traité de Lille.
vignette|300px|Ancienne clôture en dalles d'ardoise.|alt=
Époque contemporaine Au , l'histoire de la commune est essentiellement marquée par l'essor économique et la modernisation des axes de communication. En 1840, le gué séparant Haybes à Fumay est remplacé par un pont, lequel est détruit aux deux Guerres Mondiales. En 1852, débutent les travaux d'aménagement de la route menant de Haybes à Hargnies, l'actuelle route départementale 7. En 1878, débute la construction des écoles, l'ouverture d'une poste en 1879. Un nouvel hôtel de ville est inauguré en 1883.
vignette|alt= La Grand rue de Haybes avant la 1ère guerre mondiale| La Grand-rue de Haybes avant la Première Guerre mondiale.
Première Guerre mondiale Le , l'armée impériale allemande exécute 61 civils et détruit 596 maisons, lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion.Les unités mises en cause sont les , RI -Régiment d'Infanterie-, RH -Régiment de Hussards-. L'avance allemande s'est, en effet, accompagnée d'exactions nombreuses contre les populations civiles, notamment à Dinant, en Belgique. Haybes, comme l'ensemble des Ardennes, est occupée durant quatre ans.
Entre-deux-guerres Le Président de la République française, Raymond Poincaré, se rend à Haybes, encore dévasté, un an après la fin de la Première Guerre mondiale, en . La mairie ayant été détruite, il est reçu dans un baraquement faisant office de mairie provisoire. La reconstruction du bourg débute dès 1919. Le nouvel hôtel de ville, situé à l'emplacement de l'ancienne église, est construit en 1923, la nouvelle église en 1927. La coopérative de reconstruction, constituée pour ce faire, est dissoute en 1933.
Cette reconstruction a favorisé, comme à Fumay, une reprise d'activité rapide des ardoisières. La Nouvelle Espérance se dote, sous l'impulsion de son directeur, M. Devauchelle, d'équipements destinés à favoriser la vie des ouvriers et de leur propre société de secours. Mais la crise économique vient briser ces démarches paternalistes, entraînant la disparition de nombreux emplois.
Seconde Guerre mondiale et suite
En 1952, des effondrements souterrains conduisent à la fermeture de la dernière exploitation ardoisière de la commune : Belle Rose, site qu'occupe ensuite une importante scierie.
Politique et administration
Tendances politiques et résultats Le développement de l'extraction d'ardoises va être accompagné à la fin du par l'émergence de mouvements ouvriers dans les entreprises du bourg. Une des premières grèves éclate en pour protester contre un nouveau règlement au sein de la société de l'Espérance, même si en 1887, ces ouvriers ardoisiers se montrent réticents à la mise en place d'une organisation syndicale voulant fédérer les travailleurs de différentes branches d'activité, la Fédération des travailleurs socialistes des Ardennes, une organisation animée notamment par le célèbre militant Jean-Baptiste Clément. Pour autant, la municipalité de la ville reste conservatrice, à la différence de la ville voisine de Fumay, qui comporte également une forte activité ardoisière, et qui est emportée en 1897 par un syndicaliste et militant politique du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR), parti politique socialiste français de tendance allemaniste, Jean-Léon Hambert-Hamaide, un ami de Jean-Baptiste Clément.