Key West () est une ville américaine située à l'extrémité occidentale de l'archipel des Keys, en Floride. Siège du comté de Monroe, elle compte selon le recensement des États-Unis de 2010.

La ville occupe la totalité de la dernière des îles dont elle tire son nom ainsi qu'un ensemble d'îlots qui l'entourent. La partie de Stock Island au nord de l'U.S. Route 1, Fleming Key et Sigsbee Park, connu également sous le nom de Dredgers Key, au nord (deux terrains militaires à accès restreint) et Sunset Key (autrefois appelée Tank Island et avec accès limité aux résidents) à l'ouest en font partie.

Key West est connue pour être le point extrême du sud des États-Unis contigus et le terminal sud de la Route 1. Située à au sud-ouest de Miami et à au nord-ouest de La Havane, elle offre une position stratégique incomparable sur le détroit de Floride, à moins de des côtes de Cuba. Il s'agit d'un port de croisière important. Key West possède un aéroport régional et une base aéronavale stratégique. Le centre de la ville se situe au nord-ouest de l'île dans le quartier historique, protégé en tant que district historique de Key West.

Histoire Avant l’arrivée des Espagnols sur le continent nord-américain, l'île est peuplée par les indiens Calusa. Repérée par Juan Ponce de León, en 1521, elle n'est qu'épisodiquement occupée par des pêcheurs et des chasseurs d'épaves pendant l'époque espagnole ..

Cayo Hueso À l’origine appelée « Cayo Hueso » c’est-à-dire Caye aux os par les Espagnols à cause des nombreux ossements qu’ils y trouvèrent lors de leur arrivée, vestiges de batailles entre indigènes ou Espagnols, le nom fut transformé par les Anglais en Key West, selon certains parce que la prononciation du mot espagnol hueso était proche du mot anglais west, selon d’autres du fait de la position géographique de l’île. Cayo Hueso est encore utilisé localement par les hispanophones et apparaît aussi dans de nombreuses raisons commerciales de Key West.

En 1763, quand la Floride passa sous contrôle britannique, Espagnols et Amérindiens qui occupaient l’île furent expulsés vers Cuba. Quand la Floride revint à nouveau aux Espagnols vingt ans plus tard, l’île ne fut habitée qu’épisodiquement sans colonisation permanente. Des pêcheurs de Cuba ou des Bahamas, puis plus tard après l’indépendance des États-Unis, d’autres venus de la côte atlantique, utilisaient l’île comme refuge saisonnier. Bien qu’officiellement espagnol, Key West n’était contrôlé de fait par aucune des trois puissances en lice.

Thompson’s Island En 1815, le gouverneur de la Havane donna l’île à Juan Pablo Salas Key West: General History and Sketches Exploring Florida, un officier d’artillerie de la marine espagnole en poste à Saint Augustine. Salas s’empressa de vendre l’île quand la Floride passa sous le contrôle des États-Unis. En fait, il la vendit deux fois – d’abord il l’échangea pour un sloop évalué à 575 dollars, puis il la vendit à un commerçant américain, John W. Simonton, rencontré dans une taverne de La Havane, pour une somme équivalente à . Le premier acheteur qui avait échangé le sloop revendit l’île au Général , ancien gouverneur de Caroline du Sud qui eut du mal à faire reconnaître son titre de propriété. En effet, grâce aux appuis que Simonton avait à Washington, ce dernier obtint gain de cause. Simonton avait de nombreux intérêts commerciaux à Mobile en Alabama. Il avait porté un intérêt particulier sur l’île quand John Whitehead lui avait parlé de la position stratégique qu’elle occupait sur le détroit de Floride alors qu’il l’avait découverte lors d’un naufrage en 1819. C’est le port en eaux profondes qui l’avait surtout impressionné et qu’il comparait à un Gibraltar de l’Ouest. Le , Matthew C. Perry arriva à Key West sur le et prit possession de l’île au nom des États-Unis qu’il baptisa Thompson’s Island en l’honneur de Smith Thompson, secrétaire à la Marine des États-Unis et le port devint Port Rodgers en l’honneur de John Rodgers, héros de la guerre anglo-américaine de 1812. Les deux noms furent rapidement abandonnés. La piraterie qui affligeait alors le bassin caraïbe que Perry avait déjà signalé, amena un détachement commandé par David Porter, commodore de la marine américaine qui administra l’île de façon quasi-dictatoriale en imposant la loi martiale.

Premiers pionniers John Simonton subdivisa l’île en parcelles qu’il vendit à: John Whitehead, un ami qui lui avait conseillé de se porter acquéreur de l’île, John Fleeming, un marchand anglais de Mobile en Alabama, John Mountain et John Warner qui revendirent aussitôt leur parcelle à Pardon C. Greene. C’est ce dernier seul qui fit de Key West sa résidence permanente et qui devint un commerçant prospère et pour un temps maire de la ville. Il mourut en 1838 à l’âge de .

Simonton passait l’hiver à Key West et l’été à Washington où il mettait ses relations à profit pour susciter un intérêt pour l’île, notamment en soutenant la nécessité d’une base navale pour exploiter la position stratégique du lieu et pour y amener un peu d’ordre et de légalité. John Fleeming ne passa que quelques mois à Key West après son achat en 1822 et n’y revint qu’en 1832 avec l’intention d’y développer l’exploitation du sel de mer mais mourut dans l’année à l’âge de . Whitehead ne vécut à Key West que huit ans seulement. Associé avec Pardon C. Greene de 1824 à 1827. Il quitta Key West en 1832 et n’y revint que pendant la guerre de Sécession en 1861. Il mourut l’année suivante. Les noms de ces quatre « Pères de la Cité Moderne » comme on se plaît à les nommer, se retrouvent dans le Key West d’aujourd’hui et ont été donnés aux artères du quartier historique lors du premier cadastre établi en 1829 par William Adee Whitehead, un frère cadet de John Whitehead. Ce cadastre est encore en vigueur aujourd’hui et n’a subi que peu de modifications. La rue Fleming est cependant orthographiée avec un seul « e ». La rue principale qui traverse le quartier historique du nord au sud a reçu le nom du premier gouverneur de la Floride, William Pope Duval, gouverneur de 1822 à 1834.

William Whitehead en tant qu’éditeur du journal local Enquirer en 1834 eut l’heureuse idée de transmettre les archives de son périodique ainsi que celles du journal qui l’avait précédé, la Key West Gazette, au greffe du comté, ce qui nous donne aujourd’hui une idée assez précise de la vie à Key West entre 1820 et 1840.

Guerre de Sécession

Pendant la guerre de Sécession, alors que la Floride rejoignait la Confédération en , Key West et sa base navale restèrent sous le contrôle de l’Union. La population penchait plutôt pour les Sudistes. Le fort Zachary Taylor, construit de 1845 à 1866, joua un rôle important pendant le conflit. Deux autres fortifications, les Tours Martello Est et Ouest furent construites à partir de 1861 pour servir de dépôt d’armes et de batteries annexes au fort Taylor. Elles furent par la suite reliées au fort par une voie ferrée pour faciliter le mouvement des munitions A Chronological History of Key West A Tropical Island City, Stephen Nichols, ed.. Fort Jefferson aux Dry Tortugas, situé à à l’ouest de Key West, servi de prison à la fin de la Guerre de Sécession et son prisonnier le plus célèbre fut le Samuel A. Mudd, accusé de conspiration pour avoir soigné l’assassin d’Abraham Lincoln, John Wilkes Booth.

Conchs Le terme de Conchs qui se prononce conque comme le coquillage éponyme s’applique aux natifs des Bahamas de descendance européenne. Ce sont ces « Conchs » qui arrivèrent en grand nombre après 1830 et peuplèrent Key West. Le terme aujourd’hui s’applique aux habitants de Key West en général mais distingue les natifs propres ou « Conchs » et les habitants de longue date mais nés ailleurs ou « Freshwater Conchs » c’est-à-dire conque d’eau douce. Les Bahaméens de descendance africaine qui arrivèrent plus tard au se regroupèrent dans un quartier au sud-ouest de Whitehead Street, toujours connu comme .

Au cours du , la pêche, notamment la pêche aux éponges, l’exploitation du sel de mer et la chasse aux épaves constituaient la base de l’économie. En 1860, cette dernière activité seule fit de Key West la ville la plus importante et la plus prospère de Floride et la ville au revenu le plus élevé par habitant de tous les États-Unis. Les récifs qui entourent l’île ne manquaient pas d’écueils pour les nombreux navires qui croisaient dans le détroit et ceux que la nature épargnait, tombaient parfois sur d’habiles naufrageurs.

En , un incendie détruisit la majorité du centre historique faisant quatre victimes. Plus de furent réduits en cendres et la reconstruction des bâtiments officiels se fit en briques dans les dernières années du siècle. Vers la fin du , l’industrie cigarière remplaça les salines et le commerce du naufrage. L’arrivée de nombreux Cubains pendant cette période de rébellion contre la domination espagnole (guerre des Dix Ans, puis guerre d’indépendance) fournit une main d’œuvre experte pour cette industrie. En 1890, la population de Key West approchait les , dont la moitié était d’origine cubaine. Près de 200 fabriques produisaient une centaine de millions de cigares annuellement. José Martí le père de l’indépendance cubaine, vint à Key West à plusieurs reprises pour recruter des volontaires pour la cause et y fonda le Parti révolutionnaire cubain. C’est de Key West que partit le cuirassé qui coula dans le port de La Havane et déclencha la guerre hispano-américaine. L’équipage du Maine est enterré dans le cimetière de Key West.

Avec l'âge, le peintre américain Winslow Homer installé dans le Maine, trouve les hivers de plus en plus durs, et décide, à la fin des années 1880, de les passer aux Bahamas, non sans faire un crochet par la Floride ou Cuba. Neuf aquarelles de ces voyages en mer sont reproduites par (1885-1886) Nicolai Cikovsky (dir.), Winslow Homer, Boston, Yale University Press, 1995, .. Dans Fishing Boats, Key West (1903), par exemple, le sujet est l'appareillage d'une goélette à voile aurique LLoyd Goodrich, Winslow Homer, 1973, . Bien que le titre qu'il lui attribue la situe Key West, cette aquarelle semble montrer des bateaux de pêche typiques des Bahamas. Key West n'est qu'à environ 280 milles à l'ouest de Nassau, de l'autre côté du Gulf StreamHomer au Metropolitan.

Lien rail et route L’insularité de Key West devenait un handicap au fur et à mesure que la Floride méridionale se développait. En 1905, Henry Flagler, un homme d’affaires qui avait contribué au développement de Palm Beach et de Miami en y amenant le chemin de fer, eut l’idée de continuer la liaison ferroviaire jusqu’à Key West en reliant les nombreuses îles et îlots de l’archipel par d’audacieux ouvrages d’art. Le Overseas Railroad, inauguré en 1912 après de coûteux investissements en hommes et en matériel, fut détruit par l’ouragan de 1935 qui frappa les Keys le jour de la Fête du Travail et fit de nombreuses victimes, dont près de 400 anciens combattants de la Grande Guerre qui travaillaient à des projets de travaux publics sous les auspices du gouvernement fédéral. Trop coûteuse à reconstruire et médiocrement profitable, la liaison ferroviaire fut abandonnée. Les années de crise de 1930 à 1940 furent une période de déclin économique avec une forte émigration vers Miami. En 1934, la ville était au bord de la faillite et aurait bien pu disparaître sans l’aide de l’État et du gouvernement fédéral qui entreprit alors de construire une route sur le tracé de la voie ferrée. Le Overseas Highway fut achevé en 1938.

Seconde Guerre mondiale