vignette |alt=face, recto, avers, avant ; vue d'ensemble ; vue sans cadre|La Joconde de Léonard de Vinci au musée du Louvre. La peinture italienne a, dans le domaine de l'histoire de l'art, une place singulière tant par la variété de ses genres artistiques que par son rayonnement au-delà de l'Italie. La production picturale en Italie est intimement liée à l'histoire de la péninsule et plus généralement à l'histoire du continent européen. La peinture italienne s'est nourrie des influences des puissances qui ont dominé la péninsule pendant des siècles et, dans le même temps, elle a profondément influencé l’art de tout l’Occident.

S'il subsiste des traces de la peinture italienne durant la Préhistoire, la peinture se développe avec les Étrusques et surtout après l'Antiquité romaine. À la période médiévale, la peinture chrétienne initiale connaît une transition par les apports orientaux de la peinture byzantine, puis par l'affirmation du style propre des primitifs italiens ; elle atteint son apogée à la Renaissance avec le développement d'écoles artistiques à Florence, Rome ou Venise, et l'apparition d'artistes comme Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Titien ou Le Caravage, dont l'influence sur l'art occidental est prépondérante. Cette influence décline à partir du . Au , elle retrouve une place importante avec le néoclassicisme, dont l'un des précurseurs est le romain Pompeo Batoni. Les innovations du se traduisent par l'éclosion des impressionnistes italiens, les , et des naturalistes du vérisme. Au , le futurisme est un des mouvements les plus importants dans la peinture italienne.

De la Préhistoire aux origines antiques Préhistoire et Protohistoire vignette|alt=Peintures rupestres représentant des hommes ornés d'un casque.|Pétroglyphe appelé « astronautes » dans la Réserve Naturelle de Ceto, Cimbergo et Paspardo. Il existe peu d'informations et encore moins de traces de la peinture à la période préromaine.

Au Paléolithique supérieur, à l'époque de l'Aurignacien, aux alentours de avant notre ère, les peintures sont rares mais parfois spectaculaires et on peut citer celles de la grotte Fumane en Italie du Nord. Le Néolithique ne semble pas, en Italie, avoir laissé de traces d'art pariétal à l'exception de l'art rupestre du Valcamonica du début du qui constitue l'un des plus grands ensembles de pétroglyphes préhistoriques dans le monde et est situé dans la province de Brescia, en Lombardie. Il s'agit néanmoins d'une forme artistique plus proche de la gravure que de la peinture.

Au cours du premier âge du bronze, vers le , la culture nuragique apparaît en Sardaigne. L’habileté et le goût des artisans nuragiques se manifestent essentiellement dans la décoration de vases d’usage certainement rituel, destinés à être utilisés durant des cérémonies complexes ; peut-être dans certains cas également destinés à être rituellement brisés à la fin de la cérémonie, telles les vases retrouvés au fond des puits sacrés.

La peinture antique

Le véritable développement de la peinture en Italie apparait avec la civilisation étrusque, entre le et le On retrouve des représentations picturales sur des édifices publics comme des temples ou sur des vases, comme celles que l'on trouve sur les céramiques attiques grecques, ce qui illustre d'ailleurs l'influence de l'art grec. Mais la peinture étrusque se caractérise essentiellement par la réalisation de fresques dont il reste de remarquables exemples dans les tombes des nécropoles, surtout celle de Monterozzi non loin de la ville de Tarquinia. On trouve également quelques peintures en Toscane, en Étrurie, à Chiusi, à Véies ou à Caere dans les tombes de riches aristocrates. Ces peintures représentent surtout des rites funèbres, des banquets, des danses, des jeux funéraires mais aussi, au cours de la période classique, des scènes de la mythologie étrusque. Les Étrusques conquièrent Rome au et puis l'Italie entière mais cette civilisation est lentement absorbée par Rome à partir du

vignette|Persée et Andromède, fresque du provenant de la Maison des Dioscures à Pompéi, conservée au Musée archéologique national de Naples Contemporaine de l'art étrusque, la peinture romaine a également été fortement influencée par la peinture grecque antique, mais avec ses caractéristiques propres. Les seules peintures romaines qui ont survécu sont des peintures murales et des fresques, notamment dans des villas de la région de Campanie, dans le sud de l’Italie près de Naples, telles que les fresques de Pompeï, celles d'Herculanum, de Stabies ou d'Oplontis. La peinture romaine peut être regroupée en quatre catégories selon son style ou selon la période à laquelle elle a été réalisée, marquant l'évolution d'un style pictural initialement imprégné de l'empreinte grecque vers un style qui intègre les premiers exemples de trompe-l'œil, de pseudo-perspective et de paysage pur. Parmi les très rares peintures de portraits qui ont survécu on retrouve un grand nombre de portraits sur bois des momies du Fayoum datant de l’Antiquité tardive, entre la fin du et le milieu du . Par ailleurs, au un genre de peinture particulier apparaît, les peintures triomphales, qui retracent des épisodes de la guerre, les villes et les régions conquises et, bien qu'elles ont disparu aujourd'hui, leur existence est relatée par des témoignages littéraires .

La peinture paléochrétienne

Au sein de l'Empire romain, l'Italie romaine va peu à peu prendre une place singulière et prépondérante. Par ailleurs, le christianisme va faire son apparition et jouer un rôle de plus en plus notable dans la production picturale jusqu'au .

vignette|gauche|Pain et poisson, peinture symbolique paléochrétienne, catacombes de Rome, début du Au cours des deux premiers siècles , et jusqu'en 313, la peinture est en Italie toujours majoritairement imprégnée de l'art romain, mais la peinture chrétienne commence petit à petit à se faire une place. Elle se caractérise par son caractère symbolique, fait d'images et signes destinées à des initiés car, la religion chrétienne n'étant alors pas autorisée et même persécutée, l'art paléochrétien doit se faire discret. Sans lieu de culte public à disposition, la peinture se développe majoritairement dans le cadre privé, dans certaines demeures, des catacombes ou sur des sarcophages. On retrouve ainsi des fresques murales dans les catacombes de Rome, notamment dans le cimetière de Saint-Calixte et le cimetière de Domitille, représentant des symboles tels que le poisson, l'olivier, le pain, les rameaux, la vigne, la colombe ou le bateau, dans un style géométrique et linéaire s'exprimant par des lignes de peinture rouge et verte sur fond blanc. Les portraits ou représentations de personnages bibliques sont extrêmement rares, et lorsqu'il en existe, ils sont présentés, non comme des scènes historiques, mais comme de purs symboles abstraits, comme la Résurrection de Lazare peinte dans les catacombes de Rome.

vignette|Extrait du Vergilius Vaticanus (vers 400), manuscrit enluminé contenant un texte de l'Énéide, Bibliothèque apostolique vaticane. En 313, avec l'édit de Milan, l'empereur Constantin favorise la diffusion de la religion chrétienne en supprimant les interdictions puis en s'alliant réellement à l'Église. Le christianisme devient la seule religion officielle de l'empire en 380 sous Théodose Ier et, à sa mort en 395, l'Empire romain d'Occident n'est plus constitué que de l'Italie. Avec l'essor du christianisme, de nouveaux lieux de culte voient le jour et les peintres vont ainsi décorer de nombreuses églises et basiliques, telles que la basilique Saint-Jean-de-Latran ou la basilique Saint-Pierre. Cette période est marquée par l'apparition de thèmes nouveaux, les peintres n'hésitant plus à représenter le Christ, la Vierge Marie ainsi que des scènes tirées de la Bible ou des Évangiles. Si ce sont surtout les édifices religieux qui sont alors décorés de peinture, quelques œuvres sont également faites sur des manuscrits comme celles du Vergilius Vaticanus conservé à la bibliothèque du Vatican. C'est également à cette période que fleurissent les mosaïques chrétiennes, comme celles que l'on retrouve dans les monuments de Ravenne inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les premières traces au Moyen Âge Après la disparition de l'Empire romain, au , la péninsule subit l'invasion des Wisigoths, des Huns et des Ostrogoths qui entrainent la division de l'Empire en Empire romain d'Occident, qui s'effondre rapidement, et en Empire romain d’Orient (ou Empire byzantin). Par la suite les invasions et luttes internes se sont poursuivies, atteignant leur paroxysme avec la conquête par les Ostrogoths (493-553), puis la reconquête justinienne (Guerre des Goths) et les invasions lombardes qui se produisent en (568). De ce fait, l'Italie est divisée en deux grandes zones d'influence : une byzantine au sud de l'Italie, et l'autre lombarde au nord.

La peinture byzantine

Tout comme l'Empire byzantin est le prolongement politique de l'Empire romain, l'art byzantin se développe à partir de l'art romain, lui-même inspiré de l'art grec, ce qui explique que la peinture byzantine soit dite « manière grecque ». Les thèmes principaux de l'art byzantin sont essentiellement le religieux et l'impérial. L'un des principaux genres de l'art byzantin est l'icône, représentant une image du Christ, de la Vierge ou d'un saint. L'empire byzantin qui s'étend du jusqu'à la chute de Constantinople en 1453, comprend sur le plan artistique diverses époques.

Entre le , sous le règne de l'empereur Constantin , et le qui correspond au début de l'iconoclasme, période que l'on appelle le premier art byzantin, la production picturale se caractérise par un mélange de tradition romaine, de tradition orientale et de christianisme. Si la fresque reste toujours majoritaire, apparait la peinture sur bois avec l'art des Icônes. Les thèmes abordés par l'art de cette période qui connaît son apogée sous le règne de Justinien (527-565), sont d'un grand conservatisme, avec des œuvres représentant des scènes classiques de l'art romain. Rares sont les peintures qui ont résisté au temps mais les dignitaires religieux étaient favorables aux peintures religieuses dans les lieux de culte perçues comme un moyen de diffuser la religionLe pape Grégoire Ier écrivait ainsi : « Que la peinture remplisse les églises, afin que ceux qui ne connaissent pas leurs lettres puissent au moins lire sur les murailles ce qu'ils ne peuvent pas lire dans les manuscrits », . On retrouve en revanche de nombreuses mosaïques d'époque notamment dans les édifices religieux de Constantinople, et aussi à Rome. Toutefois, un nombre important de manuscrits enluminés nous sont parvenus avec des peintures narratives illustrant des auteurs classiques, tels que Virgile ou Homère, ou des manuscrits bibliques dont ne survivent que quelques fragments comme l'Itala de Quedlinbourg qui illustrait du Premier livre des Rois ou encore au cours de la première moitié du , la Genèse de Vienne, l'évangéliaire de Rossano, et le Codex Sinopensis, ainsi que le Dioscoride de Vienne, un traité de botanique illustré.

vignette|gauche|Saint Érasme flagellé en présence de l'empereur Dioclétien, fresque de la Crypta Balbi à Rome (fin du ).  vignette|Fresque du dans la Basilique Saint-Clément-du-Latran de Rome. Par la suite, entre 728 et 843, les empereurs byzantins chercheront à interdire le culte des icônes et feront détruire systématiquement, parfois avec violence, les images représentant le Christ ou les saints qu’il s’agisse de mosaïques ornant les murs des églises, d’images peintes ou d’enluminures de livres. C'est ce que l'on appelle la période iconoclaste au cours de laquelle les productions artistiques sont relativement pauvres s'agissant notamment de la peinture. En revanche, les sujets profanes n'étaient pas interdits et les scènes religieuses furent remplacées par des paysages ou des animaux.