Pueraria montana, la Puéraire hirsute, Kudzu (くず), ou vigne du Japon, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabacées, originaire d'Asie de l'Est, du Sud-Est et du Sud. Il s’agit d’une liane qui grimpe aux arbres et s’étend rapidement en développant de longues tiges sur le sol et les falaises. Ces tiges sont capables de s’enraciner au niveau de nœuds (collets). Son système racinaire a la capacité de former de grosses racines tubéreuses gorgées de réserves vitales et d’eau.
Elle est cultivée dans son aire d'origine pour ses racines fournissant une fécule alimentaire. Sa variété lobata peut se montrer particulièrement envahissante. Elle peut recouvrir complètement d’importantes surfaces en grimpant par-dessus des arbres entiers et en supplantant la flore indigène.
Sa racine tubéreuse entre dans la matière médicale de la médecine traditionnelle chinoise. Elle est considérée en Chine comme l’une des 50 herbes fondamentales. Riches en amidon et en protéines, fleurs, feuilles et racines sont consommées. Au Japon, ses racines féculentes sont réduites en une fine poudre servant à préparer diverses sortes de Wagashi (confiseries traditionnelles). Les fibres végétales de ses jeunes tiges ont servi en Chine à fabriquer du papier.
Liste des variétés Pueraria montana var. lobata
Étymologie Le nom de genre Pueraria a été dédié au botaniste suisse Marc Nicolas Puerari par un autre botaniste suisse Augustin-Pyramus de Candolle, le créateur du genre Pueraria.
L’épithète spécifique montana est un emprunt au latin mōntānus, a, um, . João de Loureiro indique dans la description de l’espèce Habitat in sylvis montanis Cochinchinae.
Le terme de « Kudzu » est apparu d'abord dans les Kojiki et Nihon shoki pour désigner une sorte de laine ou couramment utilisée par les habitants de , région de l'actuelle Yoshino (préfecture de Nara). On ne sait pas si c'est le nom de la ville qui a été étendu à la plante ou l'inverse.
Nomenclature La première description botanique sous le nom de Dolichos montanus, est l’œuvre du botaniste portugais João de Loureiro dans Flora Cochinchinensis 2: 440–441. en 1790.
En 1935, le botaniste américain Elmer Drew Merrill transfère l’espèce dans le genre Pueraria dans Transactions of the American Philosophical Society, new series 24(2): 210.
Description Aspect général C'est une plante grimpante vivace par ses racines tubéreuses, à tiges ligneuses capables de grimper dans les arbres, sur les falaises et les murs. Ses tiges grimpent par enroulement apical sénestrepour un observateur qui regarde une tige enroulée sur un support vertical, la tige monte (au cours de sa croissance) de sa gauche vers sa droite dans la partie visible de l’hélice autour de support, sans s’aider de vrilles. Lorsque la tige court sur un support couvert de résidus végétaux (une falaise ou le sol), des racines peuvent apparaitre au niveau des nœuds (collet) pour prélever les substances nutritives et se fixer solidement au support (à la manière du lierre) et émettre de nouvelles tiges. Les nœuds enracinés peuvent produire un grand nombre de jeunes tiges herbacées, de couleur vert strié de pourpre et couverte de poils de couleur bronze. Ces dernières vont s’étendre au sol ou grimper sur des arbustes. Elles peuvent atteindre jusqu’à de long. Elles sont ligneuses à la base et velues avec des poils jaunâtres.
Le variant Pueraria montana var. lobata est particulièrement vigoureux et peut se montrer envahissant. En conditions idéales, ces tiges peuvent pousser jusqu’à par an. Au sud des Alpes suisses, Pron a mesuré des croissances jusqu’à par jour, avec des lianes poussant jusqu’à par an. Le résultat d’une telle vigueur de croissance est la formation d’un dense réseau de tiges enchevêtrées qui rendent l’amas presque impénétrable.
Certaines racines peuvent se développer en gros tubercules de plus de , et atteindre plus de deux mètres de long et 10 à de diamètre. Les substances de réserve y sont stockées.
Les racines présentent des protubérances racinaires, ou nodosités, dans lesquelles résident des bactéries symbiotiques de la famille des Rhizobiaceae, capables de fixer l’azote atmosphérique (N2).
Feuilles
Le pétiole fait dix à vingt centimètres de long et porte 2 stipules insérées dessus, ovales-oblongues.
Les feuilles, caduques, alternes, sont composées de 3 folioles, chacune 3-lobée, rarement entière, la foliole terminale largement ovale, de de long sur de large, à apex acuminé, les folioles latérales obliquement ovales, plus petites, à poils apprimés (appliqués) dessus et plus densément poilu dessous. Fleurs et fruits Les inflorescences sont des racèmes dressés, de de long, qui portent de 30 à . Celles-ci sont agrégées par 2 à 3 aux nœuds.
Les fleurs, du type papilionacé et de couleur pourpres, sont relativement petites. Le calice villeux à poils jaune-brun, fait de 7 à . Elles produisent un nectar abondant et attirent de nombreux insectes, y compris les abeilles.
La floraison se produit en fin d'été et donne naissance à des gousses allongées, de sur , aplaties, hirsutes brunes, étroites contenant jusqu'à dix graines.
La floraison a lieu en juillet-octobre, la fructification en octobre-décembre.
Album de photos
Aire de répartition et habitat Cette espèce est originaire des régions tempérées et chaudes de l'Extrême-Orient et du Pacifique occidental: Extrême-Orient russe, Chine, Japon, Corée, Taïwan ; Inde, Nepal, Myanmar, Thaïlande, Viêt Nam, Malaisie, Indonésie (Java); Australie, Philippines, Fidji, Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie, Îles Salomon.
Elle a été introduite dès le en Europe (Ukraine, Yougoslavie) et aux États-Unis (du Texas au Maine). Elle a aussi été introduite en Argentine du Nord-Est, en Afrique (Cameroun, République centrafricaine, Éthiopie, Gabon, Ghana, Libéria, Mozambique, Nigeria, Sénégal, Soudan, Congo).
De nos jours, elle est naturalisée en Ukraine et dans la région du Caucase, en Afrique du Sud, ainsi qu'aux États-Unis où elle est considérée comme une plante envahissante.
Le kudzu pousse bien dans une large gamme de milieux et dans la plupart des types de sols. Il préfère cependant les lisières de forêts, les champs en friche, les bords de route et les zones perturbées où l'ensoleillement est abondant. Il prospère mieux là où les hivers ne descendent pas sous les –15 °C, où la température moyenne l'été est régulièrement au-dessus de et où la pluviosité annuelle est d'au moins 1000 mm. Dans les régions où la température descend sous les –15 °C, il est détruit au-dessus du sol mais peut repartir des racines au printemps. Taxons inférieurs
Trois variétés sont distinguées, en particulier par des critères de taille (Flora of China)
Variétés de Pueraria montana (chin. 葛 ge) Nom botanique var. montana var. lobata var. thomsonii Nom chinois 葛 gé 葛麻姆 gémámǔ 粉葛 fěngé Calice 7–8 mm 8–10 mm jusq. 20 mm Gousse 4–9 cm x 6–8 mm 5–9 cm x 8–11 mm 10–14 cm x 10–13 mm Répartition Chine (Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Hainan, Hubei, Hunan, Jiangxi, Sichuan, Yunnan, Zhejiang), Taiwan, Japon, Laos, Myanmar, Philippines, Thaïlande, Vietnam Partout en Chine (sauf Qinghai, Xinjiang et Xizang) Asie du Sud-Est jusqu'en Australie Chine du Sud, Inde, Laos, Myanmar, Philippines, Thaïlande, Vietnam Plante envahissante Caractère envahissant thumb|L'espèce peut être très envahissante et recouvrir de vieilles bâtisses ou des arbres.
La puéraire hérissée peut recouvrir complètement d’importantes surfaces en grimpant par-dessus des arbres entiers, supplantant la flore indigène et causant des dommages aux infrastructures. La Pueraria montana var. lobata a été introduite du Japon aux États-Unis à l'occasion de l'Exposition universelle de 1876, où il fut présenté comme plante fourragère et comme plante ornementale. De 1935 au début des années 1950, les agriculteurs du sud des États-Unis ont été encouragés à planter du kudzu pour combattre l'érosion des sols et les Civilian Conservation Corps de Franklin Roosevelt l'ont largement planté pendant des années. Le kudzu fut déclaré plante envahissante par le ministère américain de l'Agriculture en 1953 et fut dès lors retiré de la liste des plantes admises comme plantes couvre-sol .
Le kudzu est maintenant très répandu dans la plupart des États du Sud-Est des États-Unis et se trouve vers le nord jusqu'en Pennsylvanie et vers le sud jusqu'au nord de la Floride . On l'a également trouvé (de façon plutôt inexplicable) dans le Comté de Clackamas dans l'Oregon en 2000. Au total, le kudzu infeste de 20 à de territoire aux États-Unis et entraîne environ 500 millions de dollars de frais annuels tant pour les terres perdues pour la culture que pour les charges engagées pour combattre son expansion. Cette plante ne supporte pas les très basses températures si elles conduisent le seuil de gelée plus bas que l'ensemble de son système de racines ; toutefois, elle nécessite une saison froide (une bonne gelée annuelle).
Les tiges de kudzu, qui recouvrent toutes les surfaces horizontales et verticales, qu'elles soient naturelles ou créées par l'homme, peuvent pratiquement interdire de traverser tout un territoire à la marche. Cette espèce tue ou dégrade les autres plantes en les étouffant sous un solide manteau de feuilles, en étranglant les tiges ligneuses et les troncs des arbres et en cassant les branches ou en déracinant même des arbres sous son poids.
L'expansion du kudzu aux États-Unis se fait principalement par multiplication végétative par les stolons et les rhizomes et aussi par l'enracinement des tiges qui produisent des racines adventives au niveau des nœuds et engendrent ainsi de nouveaux pieds. Le kudzu se propage aussi par ses graines, qui sont contenues dans des gousses et mûrissent en automne. Une ou deux graines viables sont produites par bouquet de gousses. Ces graines à tégument coriace peuvent germer après plusieurs années, ce qui provoque la réapparition de la plante des années après qu'on a cru l'avoir éradiquée.
En Europe, Pueraria Montana var. lobata est inscrite depuis 2016 dans la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne. Cela signifie qu'elle ne peut pas être importée, cultivée, commercialisée, plantée, ou libérée intentionnellement dans la nature, et ce nulle part dans l’Union européenne.
En France, la variété de kudzu Pueraria montana var. lobata est légalement inscrite sur la liste annexe de l'Arrêté du relatif aux espèces végétales exotiques envahissantes sur le territoire métropolitain.
Le Kudzu n’a été importé que très récemment en Europe, pour un usage horticole. Aucune installation dans le milieu naturel n’a été constaté en métropole. En Nouvelle-Calédonie, son introduction est plus ancienne. C’est une espèce qui tire profit de la dégradation des milieux et qui peut être localement abondante dans les zones ouvertes et dégradées. Toutefois, son caractère envahissant s’exprime principalement dans les milieux anthropisés. On en peut observer un pied au Jardin des Plantes de Paris. On retrouve des populations de Kudzu en Italie et en Suisse, notamment au Tessin.
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