Cransac-les-Thermes, anciennement Cransac jusqu'au , est une commune française située dans le département de l'Aveyron, en région Occitanie.
Cransac-les-Thermes est situé dans le Bassin historique de Decazeville-Aubin, dans le Nord Aveyron, une région riche en houille devenue à partir des années 1830 un des bassins houillers les plus importants du sud de la France.
Géographie Localisation gauche|vignette|Fumées s'échappant de la « Montagne qui brûle ». Cransac-les-Thermes se trouve à cinq kilomètres au sud-est de Decazeville.
La commune se trouve dans l'aire d'attraction de Decazeville, ainsi que dans son unité urbaine et son bassin de vie. Elle fait partie de la zone d'emploi de Figeac-Villefranche.
Communes limitrophes
Hydrographie vignette|redresse=1.4|Carte hydrographique de la commune. La commune est traversée par l'Enne un affluent du Riou mort. centre|vignette|Le ruisseau de l'Enne.
Géologie et relief right|vignette|300px|Schéma résumant la transformation du thermalisme du à aujourd’hui.
La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .
La ville possède des ressources thermales. En effet, la combustion des pyrites de fer à l'intérieur de la « montagne qui brûle » crée une sortie de vapeurs dont les effets sont bénéfiques en cas de douleurs ostéo-articulaires et de rhumatismes. De plus, la minéralisation des eaux de pluie infiltrées dans la montagne crée des sources chaudes minéralisées : les sources Fraysse, Saint-Augustin, et Geneviève, mais seule la dernière est exploitée à des fins médicales. Ces sources, qui ont été perdues dans les années 1860, coulent dans d'anciennes galeries minières.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Ouest et nord-ouest du Massif Central » et « Sud-est du Massif Central ». Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Colombiès à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Cransac est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022..
Elle appartient à l'unité urbaine de Decazeville, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue..
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Decazeville, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols
centre|vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine Cransac-les-Thermes est situé dans l'étroite vallée de l'Enne, recouvert sur la majorité de son parcours, et à proximité d'Aubin. Ces deux villes sont tellement proches que le bâti reste continu entre ces deux villes. Cela n'a pas toujours été le cas, et jusqu'au milieu du , Cransac, tout comme Aubin étaient de petits villages. L'arrivée de la mine, très gourmande en main d’œuvre, a été pour beaucoup dans le peuplement très rapide de Cransac et dans la densification de l'espace bâti.
L'habitat se présente donc, comme dans de nombreuses villes ouvrières, sous la forme d'un village-rue : des immeubles bâtis de façon continue le long d'une rue (la rue Anatole-France), à proximité du lieu de travail ; derrière ses immeubles est traditionnellement situé un petit jardin potager. Mais la déprise démographique suite de la fermeture des mines en 1963 a transformé ces rues bouillonnantes de vie en un espace calme.
Lieux-dits, hameaux et écarts Le Gua, Le Montet, Bezelgues, Le Fraysse, La Treille, La Rayasse.
Habitat et logement En 2021, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2016 et de en 2011..
Parmi ces logements, 57 % étaient des résidences principales, 26,1 % des résidences secondaires et 16,9 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 52,9 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 47,1 % des appartements.
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Cransac en 2021 en comparaison avec celle de l'Aveyron et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (26,1 %) supérieure à celle du département (17,4 %) et à celle de la France entière (9,7 %).
+ Le logement à Cransac en 2021. Typologie Cransac. Aveyron. France entière. Résidences principales (en %)5771,782,2 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)26,117,49,7 Logements vacants (en %)16,910,98,1
Voies de communication et transports Accès par les routes départementales RD 11 et RD 53.
La gare de Cransac, située sur la ligne de Capdenac à Rodez desservie par des trains de grandes lignes et des trains régionaux
Une ligne de bus : le TUB dessert depuis 2004 à heures régulières les cinq communes du bassin. Elle fait un crochet par les thermes pour transporter les curistes.
Énergie En matière de développement durable, Cransac a inauguré son réseau de chaleur biomasse - alimenté par des noyaux de fruits - le .. de chauffer un lotissement en construction : le Belvédère de la Vaysse, surplombant la vallée.
Toponymie Le , la modification du nom de la commune de Cransac en Cransac-les-Thermes est parue au Journal officiel pour une date d'effet au ..
Histoire vignette|gauche|250px|La source Saint-Augustin.
La première période thermale
Cransac était déjà réputé à l’époque romaine pour les vertus de ses eaux.. Il semble que l'usage des eaux thermales soit resté libre jusqu'au , époque à laquelle les sources ont été rachetées par les notables du village qui y bâtissent des pavillons pour accueillir les curistesYves Lacout, Renaissance du thermalisme à Cransac; mémoire d'histoire, université Toulouse-II le Mirail, 1984, p. 17.
Henri de Boulainvilliers, écrivain prolifique et encyclopédiste du , va décrire un état de la France dans plusieurs ouvrages et au sujet de Cransac, voici ce qu'il rapporteBoulainvilliers, Henri de (1658-1722) État de la France Tome 2, 1727, pages 280-281:
" Il y a dans le même lieu de Cransac deux fontaines d'eaux minérales que l'on tient des meilleures d'Europe. Elles attirent en ce lieu quantité de malades dans les deux saisons de May et Septembre et on les transporte dans les lieux éloignés, même jusqu'à Paris. Leur principal effet est de rétablir les estomacs faibles et languissants, les obstructions et de soulager les douleurs néphrétiques. Au-dessus de ces fontaines, il y a des grottes ou étuves où les malades se font suer pour guérir les rhumatismes, sciatiques, gouttes et paralysies, et rétablir les membres blessés ou affaiblis. La vertu de ces eaux consiste dans l'alun dont elles sont imprégnées ... Il faut ajouter que ces eaux minérales sortent de la montagne dans laquelle on a pratiqué les dont il vient d'être parlé et que cette montagne renferme un feu intérieur qui exhale ordinairement en fumée, mais qui jette assez souvent des flammes considérables. La superficie du terrain y est toute brûlée, marque certaine que le feu n'en est pas profond, aussi ne s'y plaint-on guère des tremblements de terre si fréquents dans le voisinage des autres volcans."
Les trois principales sources de l'époque étaient les sources Basse-Richard, Haute-Richard, et Belzègues. La source Haute-Richard était la plus minéralisée et se situait dans le hameau de la Pélonie. Les autres sources coulaient dans le parc thermal de l'époque, devenu aujourd'hui le bassin de Passelaygues, ayant été transformé en mine à ciel ouvert pendant la période minière. Ces sources étaient utilisées afin de soigner des maladies aujourd'hui marginales comme le paludisme ou les maladies du foie.
Les gisements de vapeur à la sortie de la montagne qui brûle étaient eux aussi exploités. Une cabane en bois appelée étuve était bâtie à l'émergence des vapeurs. Les curistes s'y asseyaient au-dessus, nus, durant une vingtaine de minutes. À la sortie, un personnel soignant les attendait et les couvrait de vêtements chauds afin de leur éviter un choc thermique.
Les hôtels accueillant les curistes appartenaient aux propriétaires des sources thermales. On comptait cinq hôtels en 1848 à l'apogée du thermalisme à Cransac : l'hôtel Saint-Charles, l'hôtel Rocques, l'hôtel Sahut, et le Château. Ces hôtels, pour la plupart situés sur la partie haute, le Cransac originel, sont soit abandonnés, ou bien abritent des logements pour des particuliers. L'hôtel Saint-Charles est aujourd'hui en restauration. vignette|250px|L'hôtel Rocques, démoli en novembre 2014.
La période minière L'apogée du Cransac thermal, qui accueillait près de curistes par an début du ibid, p31 va prendre fin dès lors que les compagnies minières vont s'intéresser à Cransac. La houille est en effet une ressource traditionnelle dans le bassin de Decazeville. Les charbonnières, mines creusées de façon artisanale, ont alimenté en combustible des générations de forgerons cransacrois. Mais la révolution industrielle et ses besoins astronomiques en charbon vont faire de Cransac un des bassins houillers les plus importants du Sud de la France. Ainsi, avec la révolution industrielle, Cransac-les-Eaux devient Cransac-les-Mines, et son sous-sol est partagé entre la compagnie d'Orléans et la compagnie de Campagnac, qui seront réunies en 1947 avec la nationalisation des compagnies minières.
Le village qui comptait alors 500 habitants en 1848, va en compter jusqu'à au début du . Ainsi, le puits , organe central de l'industrie houillère, va devenir le centre du village autour duquel l'habitat va se développer. Les sources thermales vont se perdre à cause de travaux dans les galeries, et seules vont subsister les étuves qui donneront à Cransac le surnom de ville thermale sans eaux.
Une terrible catastrophe eut lieu le aux mines de Campagnac, dans le puits Sainte-Barbe. Un coup de grisou fit une cinquantaine de victimes...