thumb|Symbole standard OTAN pour une compagnie d'infanterie.

La compagnie est une unité militaire qui, de nos jours, représente un groupe de cent à deux cent cinquante soldatsMais suivant l'époque, l'effectif pouvait être beaucoup plus bas ou beaucoup plus élevé. En France, sous l'Ancien Régime, une compagnie pouvait compter moins de cinquante soldats. . Dans la plupart des armées, la compagnie, commandée par un officier subalterne du grade de capitaine — ou parfois par un officier du grade immédiatement supérieur (commandant, major, etc.) — est la plus petite unité administrative autonome au sein d'une formation plus large (régiment, groupement ou bataillon etc.). Unité de combat ou de soutien, la compagnie est la composante de base d'une force armée et le commandement d'une compagnie (ou d'un escadron, ou d'une batterie qui sont des formations équivalentes dans certaines armes) est une étape très importante dans la carrière d'un officier. Enfin, de nombreuses organisations non-militaires (police, pompiers, etc.) sont également organisées en compagnies mais le terme prend alors un sens différent : il ne s'agit plus alors d'une unité constituée de taille normalisée, mais d'un échelon administratif correspondant le plus souvent à un territoire, et dont l'effectif dépend de la taille de ce dernierOn observe qu'en France, la Gendarmerie nationale, mais aussi la Police nationale, comportent les deux types de compagnies. En effet, les deux corps comportent, à côté de compagnies "territoriales", des compagnies organisées comme des unités tactiques de type militaire ou paramilitaire (Compagnies d'Honneur et de Sécurité de la Garde républicaine, compagnies d'intervention de la Police, CRS)..

Histoire Moyen Âge et Renaissance Au Moyen Âge, une compagnie est une troupe de taille variable, commandée par un capitaine.

Souvent constituées de mercenaires, les Grandes compagnies sont des troupes d'aventuriers, « soldées » par les princes en temps de guerre, et vivant de pillage et de rançons en temps de paix ou de trêve.

Mais le terme de compagnie s'applique également à des unités levées pour assurer la défense d'une ville ou d'une cité-État.

En Italie, par exemple, les sont levées à partir des hommes sélectionnés selon le quartier de la ville de Sienne. Elles sont constituées en force militaire du bas Moyen Âge au Quattrocento, jusqu'à ce que la ville tombe sous la coupe des Médicis et fasse partie du grand-duché de Toscane, moment à partir duquel elles sont interdites par le pouvoir en place.

Temps modernes et époque contemporaine

Dans le monde British Army

Les compagnies de fusiliers sont composées de trois pelotons et d'un quartier général de compagnie.

Les organisations de la taille d'une compagnie dans les unités ayant un héritage équestre, comme la Household Cavalry, le Royal Armoured Corps, le Royal Engineers, le Royal Corps of Signals, le Army Air Corps, Special Air Service, Honourable Artillery Company, Royal Army Medical Corps et Royal Logistic Corps, utilisent le terme Escadron au lieu de compagnie, et dans la Royal Artillery ils sont appelés batteries. Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Royal Engineers et les Royal Signals avaient à la fois des escadrons et des compagnies, selon que les unités soutenaient des formations à cheval ou à pied.

L'infanterie de la British Army identifie normalement ses compagnies de fusiliers par une lettre (généralement, mais pas toujours, A, B et C) au sein d'un bataillon, généralement avec l'ajout d'une compagnie de quartier général et d'une compagnie de soutien/d'armes lourdes. Certaines unités nomment leurs compagnies d'après les honneurs de la bataille régimentaire ; c'est généralement le cas des unités composites, par exemple le London Regiment avec ses compagnies de la Somme, de la Messines et de Cambrai. Les régiments de la garde à pied utilisent des noms traditionnels pour certaines de leurs compagnies, par exemple Compagnie de la Reine, Flanc gauche, Compagnie du Prince de Galles, etc.

Les compagnies des Royal Marines sont désignées par une lettre qui est unique dans tout le corps, et pas seulement au sein de leur commandement. Le Intelligence Corps, la Royal Military Police et les Royal Electrical and Mechanical Engineers ont tous des compagnies numérotées de manière unique dans leur corps.

Les défunts Royal Logistic Corps, Royal Pioneer Corps et Royal Army Ordnance Corps avaient des compagnies ; le Royal Corps of Transport avait des escadrons.

Les compagnies britanniques sont généralement commandées par un major, l'officier commandant (OC), avec un capitaine ou un lieutenant supérieur comme commandant en second (2i/c). Le quartier général de la compagnie comprend également un sergent-major de la compagnie (CSM) ayant normalement le grade d'Adj2 et un sergent quartier-maître de compagnie (CQMS) ayant le grade de sergent de couleur, les deux soldats les plus anciens de la compagnie.

La Honourable Artillery Company est en fait un régiment, et non une compagnie, sur le plan de l'organisation et de la taille.

Canada Dans l’armée de terre du Canada (Armée canadienne ou Canadian Army), une compagnie (company) est composée d'environ cent quarante huit hommes. Elle comporte au moins trois pelotons (platoons) de trente-six hommes ainsi qu'un poste de commandement et de soutien. La compagnie est commandée par un majorSource : Site officiel de l'Armée canadienne http://www.armee.forces.gc.ca/land-terre/ata-asl/units-unites-fra.asp page "Formations de l'Armée de terre".

Comme dans les autres armées de terre des pays francophones, la compagnie (company) est une unité comparable à l’escadron (squadron) : les bataillons d’infanterie sont composés de compagnies alors que les régiments appartenant à l’arme blindée (armour) ou au génie de combat (combat engineers) sont composés d’escadrons. Les régiments d’artillerie sont quant à eux composés de batteries.

France La compagnie est un type d'unité utilisé dans l'armée de terre, la marine et la gendarmerie.

Dans l'armée de terre, une compagnie regroupe environ cent quarante personnes sous le commandement d’un capitaine. La compagnie — comme l'escadron ou la batterie — est une unité élémentaireC'est la plus petite unité administrative; elle est placée sous les ordres d'un capitaine qui est responsable de l'administration, de l'instruction et de la capacité opérationnelle de son unité., qui appartient généralement à un corps de troupeLe corps de troupe est placé sous le commandement d'un officier supérieur qui est responsable de l'administration, de l'instruction et de la conduite opérationnelle de son unité. Pour cela il dispose de ses commandants d'unités et d'un état-major regroupant les différents services dont le corps a besoin pour fonctionner (services administratifs, services techniques, service médical, base arrière, bureau opération-instruction). (le plus souvent ce corps de troupe, également appelé formation administrative, est un régiment).

Dans l'Armée de terre moderne, l'appellation de compagnie marque l'appartenance d'une troupe aux armes dites « à pied ». Ainsi un régiment d'infanterie, du génie ou des transmissions est composé de compagnies alors qu'un régiment de l'arme blindée cavalerie (ABC) ou du train, qui sont des troupes dites « à cheval » est composé d'escadrons et un régiment d'artillerie est composé de batteries.

Aujourd’hui, les compagnies d’un même régiment ne sont pas toujours appelées à combattre ensemble. En effet, elles sont souvent détachées au sein de formations temporaires créées pour exécuter une mission déterminée : les Groupements Tactiques Inter Armes ou GTIA. Un GTIA est un bataillon temporaire qui regroupe généralement plusieurs unités élémentaires (compagnies d'infanterie, escadrons de l'Arme blindée cavalerie) provenant de régiments distincts et renforcées par d'autres éléments (artillerie, génie, etc.).

La subdivision d'une compagnie est la section. Une compagnie d'infanterie compte habituellement cinq sections dont une de commandement, trois de combat et une d'appui.

Fin 2015, on envisage la configuration suivante dans le cadre du programme Au contact pour une compagnie d'infanterie de 174 personnels : Une section de commandement avec 19 personnels, Une section d'appui de 35 personnels (avec deux mortiers de et deux postes de tir Missile moyenne portée antichar), Trois sections de combat d'infanterie de 40 personnels articulées chacune en 3 groupes de combats : Un groupe de commandement de 5 personnels Le chef de la section 4 autres personnes, dont un adjudant chargé de seconder le chef de section Un groupe d'appui de 5 personnels : Deux postes de tir Eryx (puis lance-roquettes de nouvelle génération), chacun composé d'un tireur et d'un pourvoyeur Chef de groupe Trois groupes de combat de 10 soldats se composant chacun : d'un VBCI ou VBMR avec un chef de groupe, un pilote, un tireur servant le canon du véhicule, un tireur de précision, six combattants..

Dans la marine, on trouve des compagnies de fusiliers-marins (CIFUSIL) dans la Force maritime des fusiliers marins et commandos. Les compagnies de fusiliers marins appartiennent à des groupements qui sont destinés à la protection des sites sensibles de la Marine (port militaire, base d'aéronautique navale, station de transmissions, dépôt de munitions) et fournissent des personnels embarqués à bord des navires.

Dans la Gendarmerie, la compagnie peut également être une unité élémentaire dont le format est relativement constant (sauf réorganisation organique), comme une compagnie d'infanterie de la garde républicaine mais, dans la gendarmerie départementale, c'est l' unité territoriale qui correspond à l'échelon administratif de l'arrondissement départemental, quelles que soient la superficie ou la population de ce dernierJusqu'en 1958, la compagnie correspondait à l'échelon d'un département et la section à l'arrondissement. De nos jours, l'échelon du département est le groupement et la compagnie est donc devenue l'échelon correspondant à l'arrondissement. L'effectif de la compagnie est donc très variable puisqu'il dépend de la taille du territoire administré. Cette dernière regroupe les brigades territoriales autonomes et les communautés de brigades implantées dans l'arrondissement ainsi que certaines formations plus spécialisées (brigades de recherche, Pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie (PSIG) etc.). A préciser que dans certains arrondissements, il peut y avoir une autre compagnie.

À l'occasion d'événements particuliers, comme les Jeux olympiques d'été de 2024, ou à la suite du cyclone Chido à Mayotte en 2025, la gendarmerie départementale a constitué des compagnies de marche, unités temporaires formées à partir de personnels volontaires provenant d'autres parties du territoire national, afin de renforcer son dispositif.

On trouve également des compagnies dans les formations de gendarmerie spécialisées : la Gendarmerie maritime, la Gendarmerie de l'air et de l'espace, la Gendarmerie des transports aériens, la Gendarmerie de l'armement, la Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires.

Une compagnie de gendarmerie est souvent commandée par un capitaine ou un chef d'escadron mais dans la gendarmerie départementale, le commandement des compagnies les plus importantes est assuré par un lieutenant-colonel.

Rappel historique Le terme de compagnie apparaît dès le Moyen Âge. Il désigne alors une troupe de taille variable, dont le chef est appelé capitaine.

Pendant une période qui ne s’achèvera qu’au avec la formation des régiments, le terme de compagnie, (mais aussi compeignie, compaignie compengne, etc.) n'est qu’un des multiples termes utilisé pour décrire une troupe dont l’effectif peut varier entre quelques dizaines et plusieurs milliers de combattants.