thumb|Ulysse du Wast à Paris thumb|Ulysse du Wast à Anvers saison musicale 1879-1880 thumb|Ulysse du Wast à Bordeaux vers 1875 thumb|Ulysse T. du Wast professeur de chant et de déclamation lyrique puis éditeur et marchand de musique

Ulysse Alexandre Toussaint, connu sous le nom de Duwast ou du Wast, est un ténor d'opéra-comique français, élève de Gilbert Duprez, né à Paris () le et décédé à Paris le .

Biographie Formation Ulysse du Wast, , . est néV3E/N2145 page 18 sur Archives de Paris en ligne et l’acte reconstitué aux Archives de Paris. au 4, rue des Francs-Bourgeois (ancien de Paris) dans la menuiserie de son père Louis Toussaint qui décède en 1842 alors qu’il n’a que trois ans. Sa mère Élisabeth Clotilde Monnin se remarie l’année suivante avec Auguste Duwast un apprenti menuisier originaire du Nord de la France. Dès ses premières mentions dans la presse comme artiste il porte le patronyme de son beau-père. On ignore de quelle manière il accède à l’école de chant fondée en 1842 par Gilbert Duprez, ni de quelle manière il a été remarqué par le maître, mais on sait que le célèbre ténor conscient de ses origines modestes se faisait un devoir d’aider par un système de bourse les élèves qui lui paraissaient les plus prometteursCf. la polémique qui a opposé Gilbert Duprez au journal L’Époque du 27 janvier 1874 concernant le ténor Lefranc et à laquelle il a répondu dans le journal Le Ménestrel du 13 septembre 1874 page 323 (sur Gallica) en explicitant son système de bourse. et qui ne pouvaient pas forcément payer les francs par an pour les cours de son « école spéciale de chant ».

Début de sa carrière lyrique Il apparaît dans des concerts dès 1861cf la Revue et Gazette musicale de Paris du 24 mars 1861, page 94 sur archive.org pour sa libération du service militaire : « Si le programme ne l’avait annoncé, ceux qui cette semaine assistaient au concert de M. Ulysse du Wast n’auraient pas deviné, malgré l’excellent sentiment musical, le goût et l’art déployés par le jeune bénéficiaire, qu’il était élève de Duprez . En effet, au nom du maître on s’attend presque toujours à une grande voix, à un style large, vigoureux et fortement accentué, même jusque dans les inflexions les plus tendres, et l’on n’a trouvé qu’une petite voix d’opéra-comique, une manière sobre et discrète, propre surtout à l’expression des sentiments agréables et délicatscf la Revue et Gazette musicale de Paris du 14 avril 1861, n°15 page 117 sur archives.org ». Il est premier ténor au théâtre de Mulhouse en d’après le journal La Comédie du 29 novembre 1863 vue 7 sur Gallica, en il est remarqué au théâtre de Colmar puis fin 1864d’après la Revue et Gazette Musicale de Paris du 20 mars 1864, page 95 consultée à la BHVP de Paris et début 1865d’après la Revue et Gazette Musicale de Paris du janvier 1865, page 5 consultée à la BHVP de Paris à Mons en Belgique et mi-1865d’après le journal La Comédie du 27 août 1865 vue 5 sur Gallica à Dieppe .

Il faudra attendre la fin de l’année 1865 pour qu’il se fasse connaître à Paris dans la Jeanne Darc de Duprez. Ce grand projet de Gilbert Duprez se situait dans l’ambition de celui-ci de transformer le Grand-Théâtre-Parisien« Ce théâtre eut une courte existence. Inauguré le 29 mars 1865, 12 rue de Lyon, il ferma en 1885. Le répertoire était constitué de drames et de vaudevilles, mais au cours des deux premières années, quatre œuvres lyriques furent montées et dirigées par le chef d’orchestre Borsat : Le Barbier de Séville (Rossini), Jeanne Darc(Duprez), La Leçon d’amour (Borsat), Richard Cœur de Lion (Grétry) » d’après la notice de N. Wild dans FAUQUET J.-M. Dictionnaire de la musique en France au , Paris, Fayard, 2003, page 527 en Opéra-populaire. Malgré l’échec global de la Jeanne Darc, Ulysse du Wast y fut remarqué dans son rôle de Lyonneld’après le journal Le Foyer du 2 novembre 1865 page 3-4 vue 3-4 sur gallica ce qui lancera sa carrière à Paris en province puis à l’étranger.

Il fait ses débuts au Théâtre-Lyrique« après l’incendie de la salle de la place du Châtelet, Louis Martinet qui avait succédé à Pasdeloup transporta la troupe au Th. de l’Athénée, rue Scribe » d’après la notice de N. Wild dans FAUQUET J.-M. Dictionnaire de la musique en France au , Paris, Fayard, 2003, page 1208-1209 impérial en cf le journal Le Foyer du 8 mars 1866 page 7 vue 7 sur Gallica dans le rôle de Faust mais il y reste peu de temps. Il fait des essais prolongés à Marseille qui ne s’avèrent pas concluants : «..il possède toutes les qualités requises pour faire les beaux jours d’une scène plus secondaire : un talent de chanteur qui, sans être transcendant, est fort acceptable ; une voix agréable, quoiqu'un peu sourde, et qui gagnerait à se produire dans une enceinte moins vastecf La Comédie du 14 octobre 1866 vue 3-4 sur Gallica ». Il obtient un meilleur succès à Toulon de cf la Comédie du 2 décembre 1866 vue 4 sur Gallica à cf La Comédie du 24 mars 1867 vue 4 sur Gallica puis à Nice jusqu’en cf La Comédie du 9 juin 1867 vue 4 sur Gallica. Il se fait ensuite connaître à Bruxelles au théâtre toyal de la Monnaie en pour le remplacement momentané de Jourdancf pour la description de la carrière de cet artiste voir sa nécrologie dans le numéro du journal Le Ménestrel du 16 février 1879 sur Gallica. Il est engagé au théâtre royal d’Anvers pour la saison 1867-1868cf La Comédie du 29 septembre 1867 vues 4, 6 et 8 sur GallicaM. du Wast fut un des préférés du public, et pendant toute la saison (1867-1868) son succès fut complet » d'après Arthur de Gers dans son Historique du théâtre royal d'Anvers. avant d’essayer à nouveau d’obtenir un engagement à Marseille pour la saison 1868-1869 sans succès à nouveau malgré de longs débuts et de multiples polémiques rapportées dans la pressecf Journal le Théâtre illustré n°4 octobre 1868 vue 2 sur Gallica, La Comédie du 11 octobre 1868 vue 3 sur Gallica et La Comédie du 18 octobre 1868 vue 4 sur Gallica .

La poursuite de sa carrière sur des scènes plus secondaires montre de véritables succès . Il est à Lille de mi-décembre à fin la Comédie du 13 décembre 1868 vue 3, et du 25 avril 1869 vue 3 sur Gallica, à Toulouse d’la Comédie du 31 octobre 1869 vue 5 sur Gallica à d’après la Revue et Gazette Musicale de Paris du 28 mai 1870, page 174 consultée à la BHVP de Paris.

Maturité de sa carrière Il participe à la réouverture du Théâtre-Lyrique dans la salle de l’Athénée« Le Théâtre de l’Athénée, située 17 rue Scribe. Cette salle aménagée dans le sous-sol d’un vaste immeuble en construction abrita diverses entreprises. Destinée tout d’abord à des concerts et des conférences le banquier Bischoffsheim qui en était à l’origine la fit transformer en théâtre après 1866. En avril 1869 Jules Martinet y transféra ses Fantaisies-Parisiennes. Le succès de son entreprise fut interrompu par sa nomination au Théâtre-Lyrique en juin 1870 et par la guerre. Il revint néanmoins dans cette salle de l’Athénée en septembre 1871, la salle du Châtelet ayant été incendiée et tenta d’y implanter le Théâtre-Lyrique ». D’après la notice de N. Wild page 66 dans FAUQUET, 2003, cité plus haut. en et chante dans Martha de Flotow avec Balbi-Verdiercitée plusieurs fois dans Le Ménestrel sous le nom de Balbi-Verdier, élève de Duprez (et Dell-Sédie, pour le chant italien) cf. Le Ménestrel du 27 mai 1866 page 208 sur Gallica, succès à Gand en 1866, à Bruxelles en 67 à Bade en 69, Marseille 69, n’est plus citée après cette date dans ce journal., après une Fête à Venise il incarne ensuite Rodolphe dans Sylvana en qui s’avère un succès. C’est d’ailleurs pour la création de son rôle de Rodolphe que son nom sera retenu dans le Grand Dictionnaire du de LarousseDans l’article consacré à Sylvana : Grand dictionnaire du de Pierre Larousse, 1875, page 1308 vue 1312 sur Gallica https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k398019/f1312.image.r=Duwast.langFR. En Mariages, arr., 28/07/1873. V4E 3657 page 21 sur Archives de Paris en ligne il épouse à Paris Gilberte Gay la petite fille de son maître Gilbert Duprez Après avoir tenté un engagement à Bruxelles puis à Anvers il fait une saison au Grand Théâtre de Bordeaux en 1874-1875d’après la Revue et Gazette Musicale de Paris du 8 novembre 1874 page 358 et la Revue et Gazette Musicale de Paris du 4 avril 1875 page 110, BHVP de Paris avant d’être engagé à Gand en le Monde artiste du 5 février 1876 vue 6 sur Gallica. Il lui faudra attendre l’âge de 37 ans pour obtenir un engagement au prestigieux Opéra-Comique d’ à la fin , il s’y fait applaudir dans PiccolinoLa Revue et Gazette Musicale de Paris du 8 octobre 1876, page 325, BHVP de Paris, la Fête du Village Voisind’après l’ouvrage de Soubies et Malherbe, Histoire de l'Opéra-Comique. La seconde Salle Favart--1840- Paris Flammarion 1893 la Fille du régimentselon l’Orchestre du 22 janvier 1877 vue 85 et du 13 février 1877 vue 52 sur Gallica et CendrillonCe numéro 41 de 1878 de la revue La Comédie, ne comporte malheureusement pas de date plus précise sur Gallica. Après un passage à Genève de janvier à Le Monde artiste du 12 janvier 1878 vue 5 sur Gallica on le retrouve à Anvers pour la totalité de la saison 1879-1880Le Monde artiste du 28 décembre 1878 vue 6 sur Gallica, où il chante parfois avec Madame Lacombe-Duprezd’après la Revue et Gazette Musicale de Paris du 30 novembre 1879 page 391, BHVP de Paris, fille d’un frère de Gilbert Duprez Bernard DuprezBernard Duprez (Paris 27 mars 1808-Paris 12 janvier 1888) clarinettiste à l’Opéra puis professeur de musique. De son mariage avec Madeleine Gélard à Paris le 3 octobre 1843, il a eu trois enfants Louis, Jules, et Pauline (épouse Lacombe), cette dernière eut une carrière de chanteuse lyrique. devenue sa cousine par alliance. Il fait la saison lyrique 1883-1884 à Saint-Étienne.

La fin de sa carrière : l’enseignement et l’édition En d’après Le Ménestrel du vendredi 9 octobre 1885 page 4 sur Gallica Ulysse Duwast commence à 46 ans une carrière de pédagogue dans l’école de son ami Léon DuprezLéon Duprez (Paris 12 sept. 1838-Valmondois (Seine-et-Oise) 26 août 1928) avait à peu près le même âge qu’Ulysse du Wast. Sa carrière lyrique fut courte mais il reprit en octobre 1870 la direction de l’École spéciale de chant créée par son père qu’il dirigea au moins jusqu’en 1894 qui a repris la direction de l’école spéciale de chant de son père. Dans le même temps il ouvre un cours particulier au 135, Faubourg Poissonnièrecf L’Europe artiste du 18 octobre 1885 page 4 vue 155 sur Gallica. Quelques mois après il se fait seconder par son épouse Gilberte Gay qui se fait connaître sous le nom de Madame du Wast-Duprez en souvenir de son célèbre grand-père . Monsieur et Madame du Wast commencent à produire quelques-unes de leurs meilleures élèves à partir de au travers de séances artistiques mensuelles qui les confrontaient au public pour être éventuellement remarquées. Ces séances artistiques parfois reprises dans la presse se poursuivront jusqu’au décès de Madame du Wast en 1901cf le Journal Le Ménestrel des janvier 1899 page 7, 12 mars 1899 page 88, 14 mai 1899 page 160, 11 juin 1899 page 192, du 9 juillet 1899 page 233, du 24 décembre 1899 page 415, du 28 janvier 1900 page 32, du 4 mars 1900 page 71 et du 10 février 1901 page 41 sur Gallica.