Matha est une commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine).
Ses habitants sont appelés les Mathaliens et les MathaliennesLes gentilés de Charente-Maritime.
Géographie
La commune de Matha se situe dans le nord-est du département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine, dans l'ancienne province de Saintonge. Appartenant au midi atlantique »Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, au cœur de l'arc atlantique, elle est partie intégrante du Grand Sud-Ouest français, et est parfois également incluse dans un Grand Ouest aux contours plus flous.
Depuis 1818, la commune de Matha regroupe les paroisses de Marestay et de Saint-Hérie, ainsi que les villages de Suchet, Héritolle, Archambaud, les Hubins, Chachevrier et une partie du Goulet.
Localisation La route nationale 139, reliant La Rochelle à Périgueux et déclassée en RD 939, traverse la commune.
Communes limitrophes
Hydrographie La rivière Antenne traverse la commune, elle coule du sud-sud-ouest et forme une boucle qui contourne Matha par l'ouest. Elle est bordée de lavoirs et de moulins, aujourd’hui propriété de particuliers.
Le Briou, ainsi qu'un de ses deux affluents tous les deux nommés Node, traverse aussi la commune avant de se jeter dans l'Antenne.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Poitou-Charentes, caractérisée par un bon ensoleillement, particulièrement en été et des vents modérés. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Matha est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Matha, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (83,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (51,5 %), zones agricoles hétérogènes (18,7 %), cultures permanentes (12 %), zones urbanisées (9,7 %), forêts (4,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,8 %), prairies (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Risques majeurs Le territoire de la commune de Matha est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Antenne et le Briou. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1999, 2010, 2011 et 2019, chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Matha. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain..
Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 5,4 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (54,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 0 %, à comparer aux 57 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une ou des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie Le mot « matha » désignait une forêt ou un buisson en langage pré-gaulois : " Ainsi, Matha viendrait de la période celtique et signifierait "broussaillesFrançois Julien-Labruyère, A la recherche de la Saintonge maritime, Imprimerie de l'Ouest, La Rochelle, 1980, ". Ce toponyme trouve un certain écho en langue tudesque, où matha s'assimile à « mast », afférant à la chasse au trait. La région de Matha était en effet, dès le premier millénaire de l'ère chrétienne, couverte de forêts giboyeuses où les seigneurs de l'époque carolingienne - et, selon une légende persistante, l'empereur Charlemagne lui-même - venaient chasser le sanglierJ.M. Cassagne, Origine des noms de villes et villages de la Charente-Maritime, éditions Bordessoules, Saint-Jean d'Angély, 2002, .
Selon d’autres étymologistes, Matha vient du mot celtique « mat », qui signifie élévation, motte, éminence - ce qui est contestable car cette toponymie ne s'applique pas sur le territoire de MathaCe toponyme s'appliquerait peut-être à celui de la commune des Mathes selon J.M. Cassagne..
Histoire
Antiquité tardive Les Wisigoths se sont installés dans la région de Matha, comme en témoigne la toponymie de Gourvillette, le « village des Goths ». Ils sont chassés par les Francs au début du et Matha devient un centre de diffusion du christianisme.
Moyen Âge C'est en 866 qu'un château est édifié par Vulgrin Ier, comte d’Angoulême, pour arrêter les Vikings.
Sa lointaine descendante, la comtesse d'Angoulême Isabelle Taillefer, après avoir été reine d’Angleterre pendant son premier mariage avec Jean sans Terre, épouse en 1220 Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et comte d’Angoulême, et l’entraîne en 1242 dans une révolte contre la royauté capétienne.
Elle donne Matha (ou Mastas) à son fils de premières noces, Henry III, le roi d’Angleterre qui débarque à Royan le . Louis IX, futur Saint Louis, arrive en à Matha dont le château appartenait à Foulques II de Matha, vassal des comtes d’Angoulême. Les défenseurs du château se rendirent presque sans combattre dès , juste avant la bataille de Taillebourg. Ce château aurait été situé près de l'église Saint-Hérie.
Les premiers seigneurs de Matha étaient des cadets des Taillefer comtes d'Angoulême : - Foulques/Fouque , † vers 1190, fils cadet de Vulgrin/Vougrin II († vers 1140 ; x Amable/Mabille de Châtellerault), demi-frère de Guillaume VI d'Angoulême († 1179) et frère de Geoffroi Martel () de Viville, eut trois fils — de sa femme, probable fille d'Audéarde (des princes de Mornac) et de Francon le Jeune de Saintes : Francon ; Boson (comte de Bigorre et vicomte de Marsan par son mariage en 1228 avec Pétronille : leur fille Mathe de Matha, † 1273, transmet Marsan à son mari Gaston VII, vicomte de Béarn) ; - et Geoffroi Martel (II) (ou Geoffroi Marteau), sire de Matha et de Mornac, fl. dès 1195/1197, † vers 1222/1225...
Ce dernier semble marier une fille de Robert de Sablé, Philippe/Philippa, d'où - Robert de Sableuil (alias de Sablé) de Matha, père de - Foulques ou II (vers 1200-1256), sire de Matha et de Mornac, petit-fils donc de Geoffroi Marteau. Le fils de ce deuxième Foulques, - Robert II de Matha (vers 1230-1282), épouse une fille de Geoffroi IV de Tonnay prince de Tonnay, Didonne et Montendre, de nom inconnu mais qui lui apporte Royan : d'où - Foulques II ou III, seigneur de Matha et de Royan, prince de Mornac, mari de Yolande fille d'Hélie-Rudel de Pons-Bergerac, et père de - Robert III de Matha († 1358) qui épouse Marie fille d'Hugues II de Thouars. Leur fille Yolande de Matha, veuve d'Ithier de Magnac, épouse en 1348 Robert VII de Montbron (parents du maréchal Jacques ci-dessous), et leur fils - Foulques III ou IV de Matha, né en 1320, marié en 1341 à Isabelle fille de Pierre III de Thouars-Chémillé, a pour fille héritière - Louise de Matha (1345-1413), qui épouse en 1359/1363 Archambaud V de Périgord. Leur fille - Eléonore/Aliénor de Périgord, dame de Matha, transmet ses fiefs à son mari Jean II de Clermont-Nesle-branche de Clermont, † 1400, prince de Mortagne et vicomte d'Aunay, fils du maréchal Jean de Clermont et de Marguerite de Mortagne d'Au(l)nay. Leur fille - Louise de Clermont marie vers 1403 François de Montberon baron de Maulévrier, † 1470, fils cadet du maréchal Jacques de Montb(e)ron (lui-même fils de Yolande de Matha ci-dessus).