Benjamin III Gradis, dit Le JeuneIl se faisait appeler le jeune pour se distinguer de son cousin Benjamin II Gradis (1782-1843), qui fut crique littéraire et romancier, est un armateur, planteur esclavagiste et publiciste français né à Bordeaux le et mort le .

Biographie

Membre de la communauté juive du Sud-Ouest, Benjamin Gradis est le fils d'Abraham II Gradis (1738-1790) et de Rachel Mercadé (?-1806).

On le désigne sous l'appellation « Benjamin III Gradis » puisqu'il est le troisième du nom. Il signait et se faisait appeler Benjamin Gradis Jeune pour se distinguer de son cousin et contemporain Benjamin II Gradis (1782-1843), dit Benjamin Aîné, qui fut critique littéraire et romancier. Les deux Benjamin (II l'aîné et III le jeune) s'associent en 1823Voir la Donation Gradis aux Archives nationales, pp. 17-36 de l'inventaire..

En 1806, son oncle David Gradis devient son tuteurVoir la Donation Gradis aux Archives nationales, pp. 17-23 de l'inventaire.. À la mort de celui-ci en 1811, Benjamin prend la direction de la Maison Gradis, entreprise qu'il dirige jusqu'en 1858. Il prend aussi les rênes de la plantation coloniale martiniquaise appartenant à la firme, ainsi que des esclaves qui y travaillent.

Héritier des plantations esclavagistes que possédaient ses aïeux Abraham, David, Moïse et Jacob Gradis dans la colonie de Saint-Domingue, Benjamin reçoit en 1827 la somme de . Cette indemnité que la République d'Haïti fut contrainte de payer servait à compenser la perte des biens causée par les révoltes d'esclaves.

Puis, après l'abolition de l'esclavage en 1848, il reçoit à nouveau la somme de , de la part de l’État français, en dédommagement de l'affranchissement des de la plantation qu'il possédait en Martinique.

En 1839, il hérite du Domaine d'Israël, actuel château des Lauriers à Lormont.

Dans ses affaires commerciales, la Jewish Encyclopedia de 1906 indique qu'il dominait le marché colonial français en envoyant du vin, de l'alcool, de la farine et des viandes marinées à Cayenne, en Martinique et à Saint-Domingue, et obtenant du sucre et de l'indigo en retour.

Il est, sous le nom de Benjam ou de Bin Gradis, l'auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique et de science politique. Légitimiste et opposé au régime parlementaire, il défendit la monarchie dans plusieurs pamphletsZosa Szajkowski, « Jews and the French Revolutions of 1789, 1830 and 1848 », 1970.

Il fut vice-président du Comité consistorial de secours et membre du Consistoire de Bordeaux. Intervenant dans l'organisation des consistoires israélites, il laissa plusieurs brochures promouvant la réforme du culte israélite.

Marié à sa cousine Sara-Laure Rodrigues-Henriques, sœur d'Eugénie Foa, de Hippolyte Rodrigues et de Léonie Halévy, il est le père d'Henri Gradis.

Publications À messieurs les membres du Consistoire central israélite de France Considérations sur la politique et sur les circonstances actuelles Coup d'œil sur les colonies et en particulier sur celle d'Alger De l'Élection du grand-rabbin du Consistoire central De la Musique sacrée (1851) De la Pairie et de ses rapports avec la constitution de l'État Des Classes inférieures et des rapports qui les unissent aux autres classes de la société Des Lois organiques Des Principes politiques qui doivent servir de base à la législation électorale (1831) Des Réformateurs et des changements qu'ils proposent d'introduire dans le culte israélite Du Refus du budget Du Sort des minorités dans les gouvernements représentatifs et dans les assemblées délibérantes, ou Observations en faveur des propriétaires de vignobles et des colons français Réflexions sur le nouveau projet d'organisation consistoriale Réponse à quelques objections ou Nouvelles réflexions sur le projet d'organisation consistoriale Réflexions sur le rapport présenté au Roi, le , par Mgr le ministre du Commerce, relativement aux encouragements à accorder à l'industrie et au commerce Des Forges, des vignobles et des colonies, pour faire suite aux Réflexions sur le rapport présenté au Roi, le , par Mgr le ministre du Commerce Mémoire en faveur des colons et des propriétaires de vignobles, ou Observations sur l'exposé des motifs du projet de loi relatif à diverses modifications au tarif des douanes, présenté le par S. E. le ministre du Commerce Observations sur les deux projets de loi de douane présentés, le 3 et le , par M. le comte d'Argout, ministre du Commerce Observations sur le projet de loi organique présenté par le consistoire israélite (1851) De la Révision des lois organiques du culte israélite (1851 Mémoire au sujet du tarif des sucres (1853) De la Nouvelle école talmudique fondée à Paris (1853) Réflexions sur l'histoire des Girondins de Lamartine et sur la manière d'écrire l'histoire Œuvres politiques de Benjam De la nouvelle école talmudique fondée à Paris (1853) Des Forges, des Vignobles et des Colonies'' (1829)

Notes et références

Sources Jean Cavignac, « Les vingt cinq familles: les négociants à Bordeaux sous Louis-Philippe », 1985 « Les patrons du Second Empire: Bordeaux et la Gironde », 1999 Patrick-Joseph O'Really, « Histoire complète de Bordeaux », 1860

Voir aussi

Articles connexes

Famille Gradis Société française pour le commerce avec l'Outre-mer (Maison Gradis) Habitation Gradis

Liens externes

Catégorie:Armateur de Bordeaux Catégorie:Écrivain français du XIXe siècle Catégorie:Naissance en juillet 1789 Catégorie:Naissance à Bordeaux Catégorie:Décès en avril 1858 Catégorie:Personnalité légitimiste du XIXe siècle Catégorie:Décès à 68 ans Catégorie:Famille Gradis Catégorie:Millionnaire au XIXe siècle