thumb|upright=1.2|Tel que décrit par Conan Doyle, Sherlock Holmes est généralement représenté au cinéma comme un personnage maigre et élancé dont les méthodes d'observation et de déduction lui permettent de résoudre toutes sortes d'affaires complexes. Ici sous les traits de Basil Rathbone en 1946. Sherlock Holmes, personnage de fiction inventé par Arthur Conan Doyle, a fait l'objet de nombreuses adaptations filmées, au cinéma comme à la télévision.

Le nombre exact de productions portant Sherlock Holmes à l'écran est difficile à établir et ne peut être qu'estimé, principalement en raison du flou qui subsiste sur la période du cinéma muet où certaines productions désormais perdues ne peuvent pas être considérées comme « holmésiennes » avec certitude. Le site internet IMDb référence environ 275 films et séries où le personnage de Sherlock Holmes est présent à l'écran entre 1900 et 2013 Sherlock Holmes (Character), IMDb : ce chiffre peut être retenu comme une bonne approximation du nombre de productions « holmésiennes » malgré les contestations dont cette liste peut faire l'objet. En 1990, le Guiness Book of Movies recensait 204 adaptations cinématographiques. Ce qui fait de lui le personnage le plus utilisé de l'histoire du cinémaBernard Oudin, Enquête sur Sherlock Holmes, 1997 .Mini Encyclopédie : L'indispensable de la culture générale, France Loisirs, 1997, p. 31. L'ouvrage comptabilise alors 197 films inspiré du détective. Sherlock Holmes surpasse ainsi Napoléon (170 films), Dracula (160 films), Jésus Christ (135 films) et Frankenstein (110 film). Néanmoins, pour Napoléon, Hervé Dumont révéla une filmographie vaste, incluant la télévision, avec 395 films où il apparaît et 295 interprètes de l'empereur identifiés..

Parmi les interprétations du détective qui ont marqué les esprits se trouvent notamment la série de 14 films avec Basil Rathbone dans le rôle principal (années 1940) et la série télévisée Sherlock Holmes produite de 1984 à 1994 par la Granada Television avec Jeremy Brett dans le rôle-titre. La série Sherlock commencée en 2010, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal, semble rencontrer un succès populaire comparable à la série « Jeremy Brett » en transposant le personnage de Sherlock Holmes dans le monde moderne.

Cinéma muet Les productions les plus anciennes, notamment à l'époque du cinéma muet, ont souvent été perdues à cause des difficultés de conservation des pellicules originales. Certains films ont néanmoins pu être conservés et ont connu une nouvelle diffusion auprès des amateurs grâce au développement de la vidéo sur Internet, notamment à partir de la fin des années 2000.

thumb|Sherlock Holmes Baffled (1900), tout premier court métrage « holmésien ». Le personnage de Sherlock Holmes est porté de nombreuses fois à l'écran à l'époque du cinéma muet. La toute première production référencée est Sherlock Holmes Baffled, court métrage de moins d'une minute tourné en 1900 et diffusé à partir de 1903 de manière restreinte. La seconde apparition cinématographique du détective est un long métrage, Adventures of Sherlock Holmes; or, Held for Ransom (1905), inspiré du roman Le Signe des quatre.

1900 : Sherlock Holmes Baffled. Court métrage conservé. 1905 : Adventures of Sherlock Holmes; or, Held for Ransom. Film perdu. 1908 : Sherlock Holmes in the Great Murder Mystery. Film perdu.

De 1908 à 1910, une série de dix courts métrages danois est réalisée par Viggo Larsen et produite par Nordisk Films. Le rôle de Sherlock Holmes est joué par différents acteurs au fil des épisodes. Un seul des épisodes de la série a été conservé et peut être vu de nos jours. En dehors de cette série, Viggo Larsen réalise par ailleurs Arsene Lupin contra Sherlock Holmes, sorti sous l'Empire allemand en 1910.

1910 : Sherlock Holmes i Bondefangerkløer. Court métrage conservé Sherlock Holmes i Bondefangerklør, Danish Film Institute.. 22px 1910 : Arsene Lupin contra Sherlock Holmes. Film perdu.

En 1912, une série de huit courts métrages franco-britanniques adaptée de huit nouvelles du « canon holmésien » est produite par la Société Française des Films Éclair. L'acteur franco-britannique Georges Tréville y incarne le détective londonien. Deux films de cette série sont toujours conservés de nos jours, les six autres ont été perdus.

/ 1912 : Les Hêtres rouges. Court métrage conservé The Adventures of Sherlock Holmes - The Copper Beeches - 1912, Archive.org. / 1912 : Le Rituel des Musgrave. Court métrage conservé.

En 1914, Richard Oswald et Rudolf Meinert réalisent sous l'Empire allemand une adaptation du Chien des Baskerville. Le film rencontre un succès qui pousse les deux hommes à réaliser trois suites jusqu'en 1915, puis deux autres réalisateurs réalisent encore trois autres suites en 1920 sous la République de Weimar.

20px 1914 : Der Hund von Baskerville. Film conservé.

Toujours en 1914, le roman Une étude en rouge est porté à l'écran par George Pearson. En 1916, l'acteur William Gillette joue le rôle du détective dans une adaptation cinématographique de sa pièce à succès Sherlock Holmes (pièce de théâtre). Le titre du film, comme celui de la pièce, est simplement Sherlock Holmes. La même année, Harry Arthur Saintsbury joue dans une adaptation de La Vallée de la peur. Toujours en 1916, un court métrage humoristique intitulé The Mystery of the Leaping Fish met en scène un détective inspiré de Sherlock Holmes dans une affaire de trafic de cocaïne. Ce court métrage n'est pas toujours considéré comme holmésien.

1914 : A Study in Scarlet. Film perdu. 1916 : Sherlock Holmes. Film retrouvé et restauré en 2014Céline Ruivo, « Sherlock Holmes : un film disparu depuis cent ans, retrouvé à la Cinémathèque française ! ». 1916 : The Valley of Fear. Film perdu. 1916 : The Mystery of the Leaping Fish. Court métrage conservé.

De 1921 à 1923, Stoll Picture Productions entreprend l'adaptation de la quasi-totalité du « canon holmésien » sous forme de 45 courts métrages correspondant chacun à une nouvelle de Conan Doyle, ainsi que deux longs métrages correspondant à deux romans à succès : Le Chien des Baskerville (1921) et Le Signe des quatre (1923). L'acteur Eille Norwood joue le rôle de Sherlock Holmes.

1921-1923 : Sherlock Holmes (série de films, 1921-1923). Trois courts métrages conservés, peut-être davantage. 1921 : Le Chien des Baskerville (film, 1921). Film conservé mais inaccessible au grand public. 1923 : Le Signe des quatre (film, 1923). Film conservé.

thumb|Holmes et Watson dans le film Sherlock Holmes de 1922. La première production à grand budget (pour l'époque) mettant en scène Sherlock Holmes est le film de 1922 intitulé simplement Sherlock Holmes, inspiré de la pièce éponyme de William Gillette. John Barrymore, star américaine de l'époque, incarne le détective. Le film se fait remarquer et, selon Bernard Oudin, spécialiste de Sherlock Holmes, « de cette période [du cinéma muet holmésien], un seul film se détache, le Sherlock Holmes américain de 1922 avec John Barrymore »..

1922 : Sherlock Holmes. Film partiellement conservé.

Souvent considéré à tort comme un film holmésien, le film Sherlock Junior (1924), considéré comme l'un des meilleurs films de Buster Keaton, ne met pas en scène le détective de Londres, mais un jeune homme qui rêve de devenir un grand détective et tente de mener une enquête en suivant les conseils d'un manuel.

En 1929, Richard Oswald adapte une nouvelle fois Le Chien des Baskerville en un long métrage, Der Hund von Baskerville, qui constitue la dernière production muette mettant en scène le détective. Carlyle Blackwell, acteur américain, joue Sherlock Holmes. Ce film a longtemps été considéré comme perdu jusqu'à ce qu'une copie soit retrouvée en Pologne en 2009 et restaurée en 2018.

1929 : Der Hund von Baskerville. Film retrouvé en 2009 et restauré en 2018.

Cinéma parlant et télévision 1929-1937 : Les débuts Sherlock Holmes fait ses débuts dans le cinéma parlant en 1929 sous les traits de Clive Brook, star américaine de l'époque, dans le film The Return of Sherlock Holmes. Il est néanmoins désormais impossible d'entendre la première voix de Holmes sur grand écran car le film a été perdu, et seules des images ayant servi à déposer un copyright sur l'œuvre subsistentThierry Saint-Joanis, Ironmongers Daily News n°7078, Société Sherlock Holmes de France, juin 2012 (inscription nécessaire pour la consultation). Clive Brook incarne le détective une seconde fois la même année dans un court sketch du film Paramount on Parade, puis de nouveau en 1932 dans un film intitulé simplement Sherlock Holmes dont le scénario constitue une suite narrative de la pièce éponyme de William Gillette.

1929 : The Return of Sherlock Holmes. Film perdu. 1929 : Paramount on Parade (sketch). Film conservé. 1932 : Sherlock Holmes. Film conservé.

thumb|Arthur Wontner interprète le détective dans une série de cinq films des années 1930. Le Sherlock Holmes britannique des années 1930 est incarné par Arthur Wontner qui joue dans une série de cinq films entre 1931 et 1937. Wontner incarne un Holmes proche de celui décrit par Conan Doyle, mais cette série est occultée quelques années plus tard par le succès de la série américaine avec Basil Rathbone. L'un des cinq films de la série Wontner a été perdu.

1931 : The Sleeping Cardinal (titre américain : Sherlock Holmes' Fatal Hour) 1932 : The Missing Rembrandt. Film perdu. 1932 : The Sign of Four 1935 : The Triumph of Sherlock Holmes 1937 : Silver Blaze (titre américain : Murder at the Baskervilles)

Plusieurs productions indépendantes sont aussi réalisées dans les années 1930, principalement des adaptations de nouvelles ou de romans. Un long métrage adapté du Ruban moucheté sort en 1931 avec Raymond Massey dans le rôle du détective. En 1933, un film se présente comme une adaptation d’Une étude en rouge mais n'a aucun point commun avec l'intrigue de Conan Doyle. Reginald Owen y incarne le détective. Le Chien des Baskerville est adapté en 1932 dans une petite production britannique réputée médiocre, puis de nouveau en 1937 par le réalisateur tchèque Carl Lamac sous le Troisième Reich allemand. Malgré le contexte politique de la production, cette adaptation se fait remarquer en Allemagne pour ses qualités. Carl Lamac avait réalisé un premier film holmésien en 1932, dans un registre humoristique, avec Lelícek ve sluzbách Sherlocka Holmese (en tchèque). Karl Hartl réalise quant à lui en 1937 le film On a tué Sherlock Holmes (Der Mann, der Sherlock Holmes war), toujours sous le Troisième Reich, avec Hans Albers dans le rôle principal. Le film se joue dans un registre parodique vis-à-vis de Sherlock Holmes, mais n'en reste pas moins considéré comme une excellente variation sur le thème du détective britanniqueBernard Oudin, Mort de Hans Albers il y a 52 ans, Ironmongers Daily News n°7131, Société Sherlock Holmes de France, 24 juillet 2012 (inscription nécessaire pour la consultation) malgré le contexte politique de la production. Toujours en 1937 est diffusé aux États-Unis le premier téléfilm holmésien avec une adaptation de la nouvelle Les Trois Garrideb. Ce téléfilm est réalisé de manière très précoce par rapport au développement de la télévision et n'est pas enregistré sur une pellicule.

1931 : The Speckled Band. Film conservé. 1932 : The Hound of the Baskervilles. Film conservé mais inaccessible au grand public. 1932 : Lelícek ve sluzbách Sherlocka Holmese. Film conservé. 1933 : A Study in Scarlet. Film conservé. 22px 1937 : Der Hund von Baskerville. Film conservé. 22px 1937 : Der Mann, der Sherlock Holmes war. Film conservé. 1937 : The Three Garridebs. Téléfilm perdu.

1939-1946 : Basil Rathbone La production holmésienne de divertissement s'arrête en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, mais se développe aux États-Unis.