thumb|450px|Carte diachronique des territoires colonisés par les Provinces-Unies. L’empire colonial néerlandais (1603-1975) est le nom donné à des territoires colonisés par les Provinces-Unies, principalement entre le et le , puis repris par le royaume uni des Pays-Bas et par les Pays-Bas actuels. Il s'est développé au cours du , à l'époque du siècle d'or néerlandais où les Provinces-Unies étaient la puissance maritime et économique dominante dans le monde sous l'impulsion de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les Provinces-Unies perdirent une partie de leurs colonies au notamment aux mains des Anglais mais conservèrent jusqu'au milieu du les Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie), le Suriname et les Antilles néerlandaises.
Développement historique alt=|vignette|Mappemonde pour connoitre les progrés & les conquestes […] des Provinces-Unies, dans : Dans HENRI-ABRAHAM CHATELAIN (1684-1743), NICOLAS GUEUDEVILLE (1652-1721 ?), Atlas historique, Amsterdam : L’Honoré & Chatelain, 1721, tome 1, planche 46.. Les Néerlandais ont suivi l'Espagne et le Portugal dans la création d'un empire hors de l'Europe continentale. Sous le règne de Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne, les actuels Pays-Bas faisaient partie des 17 provinces des Pays-Bas espagnols qui comprenaient également la Belgique et le Luxembourg actuels, ainsi que le nord de la France. En 1624, le Néerlandais Pierre Minuit fonde La Nouvelle-Amsterdam sur le site actuel de New York, aux États-Unis. Après avoir obtenu leur indépendance de l'Espagne en 1648, les Néerlandais des Provinces-Unies devinrent l'une des plus importantes puissances maritimes et économiques du . Cette période durant laquelle les Pays-Bas établirent des colonies et des comptoirs à travers le monde est aussi connue sous le nom de siècle d'or néerlandais. Leurs techniques de navigation et commerciales, la montée d'un nationalisme et d'un militarisme accompagnant l'indépendance contribuèrent à cette aventure. Comme les Anglais, le début des possessions coloniales se fit au travers de compagnies coloniales capitalistes privées avec la domination de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, l'intervention directe de l'État néerlandais dans l'entreprise coloniale n'arrivera que plus tard. Les navigateurs et commerçants néerlandais participèrent aussi à la fièvre exploratrice qui caractérisa les , même si les vastes territoires découverts par Willem Barents, Henry Hudson, Willem Janszoon et Abel Tasman en Arctique, Australasie ou Océanie ne se transformèrent pas ou peu en colonies néerlandaises.
Avec la montée rapide de la puissance navale néerlandaise à la fin du , les Provinces-Unies régnèrent sur les océans et dominèrent le commerce mondial durant la seconde moitié du , ce qui fit des Provinces-Unies une des premières puissances mondiales maritimes de cette époque. La richesse apportée provoqua aussi un important développement culturel pendant ce siècle lui donnant ce nom de siècle d'or néerlandais. Les guerres anglo-néerlandaises (1652-1678) avaient affaibli la flotte néerlandaise au profit de l'anglaise et occasionné la perte de la Nouvelle-Néerlande en 1664 et sa cession définitive en 1673. Les Pays-Bas perdirent beaucoup de leurs possessions coloniales, comme leur statut de puissance mondiale, au profit des Anglais lorsque le pays fut envahi par les armées révolutionnaires françaises. Après la chute de Napoléon, les parties récupérées de l'empire néerlandais, surtout les Indes orientales néerlandaises (actuelle Indonésie), le Suriname et les Antilles néerlandaises restèrent sous le contrôle de La Haye jusqu'au déclin des empires européens au milieu du .
Du XVIIe au XIXe siècle, environ un million de personnes ont été réduites en esclavage par les autorités néerlandaises. Cette main-d'œuvre permit aux Pays-Bas de constituer la première puissance commerciale de 1584 à 1702..
Liste des colonies et établissements néerlandais Spitzberg / Smeerenburg Spitzberg (ca 1620 à ca 1660), aujourd'hui Svalbard, Norvège.
Amérique du Nord
La Nouvelle-Néerlande thumb|droite|300px|Carte politique du nord-est de l'Amérique du Nord en 1664. Le fleuve Hudson fut visité par Henry Hudson alors au service de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) en 1609. Dès 1614, apparait le nom de Nouvelle-Néerlande sur les cartes de L'explorateur Adriaen Block. La colonie s'étendait alors sur plusieurs États américains actuels dont New York, le Delaware, la Pennsylvanie, le New Jersey et le Connecticut. La Nouvelle-Amsterdam et sa périphérie (actuels Staten Island et Long Island), capitale commerciale et administrative de la colonie allait devenir New York après la conquête anglaise de 1664. Fort Orange/Beverwijck située plus au nord qui fut rebaptisée Albany sous le régime britannique. La région irriguée par la rivière Delaware fut occupé par la Suède. La Nouvelle-Suède tombe aux mains des Néerlandais en 1655 après seulement 17 années d'existence. La ville d'Amsterdam y fonde La Nouvelle-Amstel, ayant reçu les berges du Delaware comme domaine seigneuriale des mains de la Compagnie des Indes occidentales.
L'Amérique centrale et les Antilles Les Antilles néerlandaises Les Antilles néerlandaises de 1620 à aujourd'hui : Aruba : de 1636 à 1805 et de 1815 à aujourd'hui ; Curaçao : de 1634 à 1805 et de 1815 à aujourd'hui ; Bonaire : de 1636 à 1805 et de 1815 à aujourd'hui ; Saint-Martin : de 1620 à 1633 et 1648 (traité avec la France) à aujourd'hui (avec intermittences) ; Saint-Eustache : de 1636 à aujourd'hui (avec intermittences) ; Saba : de 1640 à aujourd'hui (avec intermittences).
Îles Vierges De 1625 à 1680, aujourd'hui Îles Vierges britanniques ou américaines (Sainte-Croix) : Sainte-Croix : de 1625 à 1650 ; Tortola : de 1648 à 1672 ; Anegada : de 16.. à 1680 ; Virgin Gorda : de 16.. à 1680.
Tobago Nouvelle-Walcheren : de 1628 à 1677, aujourd'hui fait partie de Trinité-et-Tobago
Amérique du Sud vignette|redresse=2|Possessions néerlandaises 1620-1800
Côte sauvage
Dès la fin du , des marchands et entrepreneurs, majoritairement zélandais, établissent des réseaux de commerce et s'établissent même le long de l'Amazone. Avant même la trêve de 1609 avec l'Espagne, les Néerlandais entreprennent de coloniser une partie de ce qui est connu alors sous le nom de la Côte sauvage (entre Orénoque et Amazone). Ils s'implanteront durablement le long des fleuves Essequibo, Berbice, Demerara et Pomeroon. Aux traités de Westphalie, en 1648, l'Espagne reconnaîtra la région comme néerlandaise. L'île de Cayenne fut aussi colonisée par les Néerlandais à plusieurs reprises sans succès avant que des Juifs et autres réfugiés brésiliens ne s'y établissent dès 1654, les Français ayant déserté le site deux ans plus tôt. Cayenne fut reprise en 1664 au nom de Louis XIV (malgré l'alliance franco-néerlandaise de 1662) par Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre.
Prise aux Anglais durant la deuxième guerre anglo-néerlandaise, la colonie de Suriname (Paramaribo ou Fort Zealandia) et ses rentables plantations de cannes à sucre passèrent aux mains des Néerlandais, avec la signature du traité de Westminster de 1674. Elle resta un territoire d'outre-mer néerlandais jusqu'à son indépendance en 1975.
Le développement de la Côte sauvage en tant que colonie fut long et pénible et sujet de compétitions entre la chambre zélandaise et amstellodamoise de la WIC. La Zélande finit par contrôler au sein de la compagnie coloniale les réseaux coloniaux de la Côte sauvage. Objet des convoitises néerlandaises, anglaises et françaises, ses établissements durent subir plus d'une fois pillages et occupations. Seule Berbice ne changea pas de mains au . Les colonies néerlandaises éparpillées entre l'Orénoque et le Maroni ne connurent la prospérité qu'aux .
Berbice : de 1627 à 1814, aujourd'hui fait partie de Guyana Démérara : de 1752 à 1814, aujourd'hui fait partie de Guyana Essequibo : de 1616 à 1814, aujourd'hui fait partie de Guyana Pomeroon : du début du à 1814
Nouvelle-Hollande (Brésil) thumb|300px|Carte de la Nouvelle-Hollande à son apogée en 1644 Les Néerlandais ont conquis la moitié du Capitanas et l'ont conservé de 1630 à 1654. Ces possessions concentrées autour de la ville de Recife (appelée alors Pernambouc ou Mauritstadt en néerlandais) étaient connues sous le nom de Nouvelle-Hollande (Nieuw Holland) et font partie du Brésil.
Chili Île de Chiloé : occupée par Hendrik Brouwer, 1643
Afrique Mauritanie Île d'Arguin, de 1633 à 1678 puis de 1724 à 1728
Sénégal Portudal Rufisque Joal Île de Gorée (Goeree eiland), de 1617 à 1663 puis du (reprise par la flotte néerlandaise de l'amiral de Ruyter) à 1677, aujourd'hui île du Sénégal.
Sierra Leone (ou Saint-André) et île de Bunce : en 1664, lors de la deuxième guerre anglo-néerlandaise (1665-1666), l'amiral de Ruyter détruit ces colonies anglaises, en prend possession mais sans les occuper.
Liberia Kaap Mount, actuelle Robertsport au Cape Mount, péninsule occidentale du Liberia, proche de la Sierra Leone.
Ghana (Côte de l'Or) Fondée en 1598 par un marchand de Medemblick, Bernard Ericks, la colonie de Côte-de-l'Or néerlandaise s'étend en 1637 avec la prise de la place forte portugaise de São Jorge da Mina par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. L'établissement colonial est ensuite transféré aux britanniques en 1872.
Togo Petit Popo (Popo, Aného), de 1731 à 1760
Bénin Great Popo, de 1680 à ? ; Ouidah, fort portugais de Ouidah (1670-1687 et 1702-1724/1726) ; Godomey, Jaquim, Jakri, Fort-Zelandia (1726–1734) ; Offra (?) (1675-1691) ; Appa (?) et Ekpè (1732-1736) ; Savi (Ouidah) ; Allada et Ardra.
Nigeria Bénin (1705 à 1736) Badagry (1737 à 1748) Epe (1732 à 1755)
Congo Loango (Boary) : de 1648/ à 1686/ 1721-1726) Ngoyo ou G'oy
Guinée équatoriale Annobón : 1641 à 164?/ 1665 à 16.. puis au Portugal
Angola Du 26 aout 1641 au 21/, aujourd'hui en Angola : Sao Paulo de Luanda (Luanda) : Fort-Aardenburgh au Portugal ; Sao Felipe de Benguela : de à 1648, au Portugal ; Pinda ou Mpinda (Sonyo) : Bouche du fleuve Congo: de 1648 au Portugal ; Ensandeira Island (Bouche de la rivière Cuanza) Fort-Mols : de à 1648 au Portugal ; Malemba (Malembo, au Cabinda).
Sainte-Hélène (Aujourd'hui territoire britannique)
Sao Tomé Du au puis du au , aujourd'hui partie de Sao Tomé-et-Principe
Colonie du Cap De 1652 à 1806, Kaapkolonie ou colonie du Cap aujourd'hui en Afrique du Sud
En 1652, la VOC établit au cap de Bonne-Espérance une base de réapprovisionnement pour ses navires, située à mi-chemin entre les Indes néerlandaises orientales et les Indes néerlandaises occidentales mais surtout les Pays-Bas. La région présentant alors peu d'intérêt pour le négoce, elle allait surtout être une des rares colonies de peuplement néerlandais. La Grande-Bretagne saisit la colonie en 1797 durant l'occupation française et l'annexa en 1805. Les colons néerlandais restèrent en Afrique du Sud après la prise de contrôle britannique et plus tard entamèrent le Grand Trek à travers le pays pour rejoindre le Natal. Ils furent soumis par les Anglais après la seconde guerre des Boers (1899-1902) et sont connus maintenant sous le nom d'Afrikaners.
Mozambique De janvier 1721 au , aujourd'hui au Mozambique Baie de Maputo : Fort-Lydsaamheid.
Madagascar Baie Antongil : de février 1641 à juillet 1646
Maurice De 1638 à 1658 puis de 1664 à 1710, aujourd'hui l'île Maurice
La Réunion Voir à ce sujet l'article Histoire de La Réunion.
Asie thumb|Les possessions et les échanges commerciaux de la compagnie des Indes néerlandaises au . Indes orientales néerlandaises De 1605 à 1942, aujourd'hui l'Indonésie (avec périodes d'occupation britannique entre 1799 et 1803, et 1805-1817.