La bataille de Montereau eut lieu le à Montereau (en Seine-et-Marne) et s'est soldée par une victoire des Français commandés par Napoléon sur les Autrichiens et les Wurtembergeois commandés par le Prince royal de Wurtemberg.

Contexte Après le désastre de la campagne de Russie et la défaite de Leipzig, les armées de la coalition franchissent le Rhin et commencent la campagne de FranceJacques Bienvenu, Récit détaillé de la campagne de France, dont la bataille de Montereau. en . Après de nombreux succès face aux Prussiens, Napoléon se tourne vers les Autrichiens.

Le , le général Oudinot donne l'ordre de se replier sur Nangis, en France. Il ordonne au général Pajol d'évacuer Montereau et de se replier sur Melun ou Nangis. À , l'évacuation commence devant les habitants médusés. Deux fortes explosions détruisent les ponts de l'Yonne et de la Seine.

Le soir, on aperçoit les feux de bivouac de l'ennemi à La Brosse-Montceaux. Le , le général autrichien Hardegg entre dans Montereau. Du 14 au , la ville est livrée au pillage avec son cortège d'atrocités sur la population. Le , les alliés commencent à s'affoler de la marche de Napoléon sur la ville.

Le , Napoléon ordonne l'offensive. Il pousse pour vaincre les Autrichiens après avoir défait les Russes et les Prussiens les jours précédents. Il demande à Victor de se réinstaller à Montereau le 17 et à Pajol de le rejoindre dans cette ville.

Dans les jours précédents, Schwarzenberg, qui commande l’armée autrichienne, a donné l'ordre au prince royal de Wurtemberg, commandant de l'armée wurtembergeoise, de tenir Montereau avec son double pont qui enjambe l’Yonne et la Seine. Le prince prend ses dispositions et place l’essentiel de ses troupes au nord de la ville, au-delà du château de Surville. Les troupes alliées sont ainsi organisées en conséquence pour repousser toute attaque.

Sur leur aile droite, devant Saint-Martin, les Austro-Wurtembergeois ont plusieurs escadrons de cavalerie échelonnés le long des coteaux soutenus par de l’artillerie ainsi qu’un régiment d’infanterie. Au-dessus, ils renforcent la défense de la ferme de Luat à l’aide d’artillerie, d’infanterie et de cavalerie en réserve.

Au centre, ils positionnent l’essentiel de leur infanterie avec sur la droite du château de Surville, des bataillons commandés par l’autrichien Zach, en avant dans le parc des Ormeaux deux bataillons autrichiens du et un bataillon wurtembergeois (Zach et Colloredo appartiennent à la brigade Schaeffer) et dans Villaron la brigade Stockmayer le long du Chemin d’Enfer, le tout soutenu par des postes d’artillerie. Derrière Villaron se trouvent les bataillons du général Doering.

Sur l’aile gauche se trouve l’essentiel de la cavalerie wurtembergeoise et autrichienne, et de l’artillerie, du chemin de la grande paroisse, en passant par le Dragon Bleu, au hameau des Courreaux et au-delà à Mauperthuis. De l’infanterie bavaroise est également présente en soutien de l’aile gauche dans le faubourg Saint-Nicolas et jusque vers Plat Buisson.

Dans toutes les directions sont mis en place des éléments avancés : dans le bois de Valence tout d’abord, à Mauperthuis, dans le parc du château de Forges et dans les alentours du château de Courbeton.

Enfin, en réserve, le général autrichien Hohenlohe attend derrière le faubourg Saint-Maurice avec une brigade d’infanterie. Plus au sud-est, sur la route de Bray est positionnée la brigade de cavalerie de Jett avec de l'artillerie dans le bois de Motteux. Une batterie d’artillerie est également présente en face de Courbeton dans le faubourg Saint-Maurice. Au total plus de sont présents devant Montereau.

Ordre de bataille Alliés ( - prince royal de Wurtemberg) Brigade Schaeffer (Autriche) Zach Gyulai Esterhazy Josef Colloredo de hussards de l'Archiduc Ferdinand Deux batteries d'artillerie à pied

Division Gottgetreu von Koch (Wurtemberg) Brigade Doering , et d'infanterie du Wurtemberg Une batterie d'artillerie à pied (huit pièces)

Brigade Stockmayer de chasseurs du Wurtemberg d'infanterie légère du Wurtemberg

Brigade de cavalerie von Wasleben de chasseurs du Wurtemberg de dragons du Wurtemberg Une batterie d'artillerie à cheval

Réserve Hohenlohe (Wurtemberg) Brigade Hohenlohe et d'infanterie du Wurtemberg Une batterie d'artillerie à pied (huit pièces)

Brigade de cavalerie Jett et de chasseurs du Wurtemberg Une batterie d'artillerie à cheval

France Empereur Napoléon Escadrons de service de la Garde

Corps d'Exploration (général Pajol) Division Pacthod d'infanterie de ligne Gardes nationaux bataillon de gendarmes

Division de cavalerie Delort Brigade Coëtlosquet (escadrons des et de hussards) Brigade Grouvel (escadrons de dragons) de chasseurs à cheval

(Maréchal Victor) Huguet-Chateau et d'infanterie légère () , , et d'infanterie de ligne Artillerie : six pièces

Duhesme d'infanterie légère , , , et d'infanterie de ligne Artillerie : dix pièces

Réserve de Paris (général Gérard) Brigade Jarry

Brigade Lefol de cavalerie L'Héritier , , , et de dragons

Garde Impériale (Maréchal Lefèbvre) division d'infanterie de la Garde Friant Grenadiers (vieille Garde) Chasseurs (vieille Garde)

La bataille

vignette|La Bataille de Montereau, gravure, d'après "le colonel" Jean-Charles Langlois (1789-1870).

PajolLe récit de la bataille est tiré du livre écrit par Tondu-Nangis père et complété par Paul Quéhevers « La bataille de Montereau de 1814 » disponible à la bibliothèque numérique de la BNF gallica gallica Bataille de Montereau. ignore que Victor n’a pas suivi les instructions de l’Empereur et s’est arrêté la nuit à Salins. Partant de Valence-en-Brie le 18 au matin avec sa troupe d’environ , dont près de nationaux dirigé par le général Pacthod, il se trouve vite opposé vers à l’avant-garde alliée, soutenue par des canons, au carrefour de la demi-lune au milieu du bois de Valence. Après une heure de combat, il repousse ses ennemis vers le sud. En effet, il commande de déborder les alliés par son aile gauche à Mauperthuis, avec l'artillerie et les brigades Grouvel (dragons) et Coëtlosquet et par son aile droite, à travers les bois, avec Pacthod et Jacques-Antoine-Adrien Delort. Il peut enfin déboucher de la forêt vers . Se trouvant face au gros des forces wurtembergeoises, il installe ses quelques pièces d’artillerie face à celles de l’ennemi et place ses bataillons à gauche et à droite de ses canons, en gardant la moitié de ses hommes en réserve dans le bois. À son aile gauche, il positionne en particulier les brigades de cavalerie Grouvel et Coëtlosquet, et à son extrême gauche la brigade de cavalerie Delort. Au centre sont placés les gendarmes d’EspagneLa troupe des de l’armée d'Espagne est commandée par le capitaine Dourtre.. Pajol s’active afin de tenter de rejoindre Victor dans Montereau. Ses deux ailes notamment harcèlent l’ennemi et arrivent vers à le déloger l’une sur sa gauche du hameau de Courreaux, l’autre sur sa droite de la ferme de La Mare ce qui l’oblige à reculer.

gauche|vignette|Déroulement de la bataille Montereau 18 02 1814. Dans le même temps, Victor s’est résolu à marcher sur Montereau avec ses . Vers , ses deux divisions s’occupent, l’une de se diriger vers Surville (division Chateau) en passant par le chemin de Grand Buisson, l’autre (division Duhesme) d’attaquer, en se divisant en deux colonnes, le château de Courbeton d’une part et Le Luat en passant par Merlanges d’autre part. L’avant-garde de Chateau chasse les troupes alliées du parc de Forges et arrive en vue de Villaron. Les troupes alliées plus nombreuses et défendues par leur artillerie les repoussent jusqu’à Forges. L’arrivée de l’essentiel de la division française permet de stopper cette contre-attaque et de marcher de nouveau vers le sud et la ferme du Luat. Chateau arrive même jusqu’à Saint-Martin où il est grièvement blessé et doit reculer. À Courbeton, les forces françaises délogent rapidement les avant-postes ennemis de leurs positions mais, faute d’une puissance de feu suffisante, campent sur leurs positions. À la ferme du Luat, les Français commencent à encercler les Wurtembergeois. Aidés par des escadrons du corps d’armée de Gérard, ils les en chassent définitivement vers .

En effet, ce dernier a reçu l’ordre de marcher sur Montereau, depuis Nangis, avec ses deux divisions et son artillerie (environ ) provenant de la réserve de Paris. Il vient notamment suppléer les forces engagées par Victor, qui tiraillent l’aile droite alliée au Luat et dans le parc de Courbeton, et a comme instruction de Napoléon de remplacer celui-ci. Vers , il met en ligne ses régiments et peut aligner l’essentiel de son artillerie face aux forces austro-wurtembergeoises au nord de Surville et à l’est du faubourg Saint-Martin.

Depuis , les alliés contraints sur leurs ailes entre les fermes de La Mare et du Luat ont été déjà forcés de reculer vers Surville au-delà de leur ligne allant du Dragon Bleu au Plat Buisson. Désormais, ils subissent sur toute leur ligne la pression des Français. Sur leur aile gauche notamment, les Bavarois reculent devant le harcèlement exercé par la brigade Delort, secondée par les gendarmes de l’armée d’Espagne, passés à couvert derrière la brigade Delort durant la matinée, et qui s’approchent du faubourg Saint-Nicolas.

Apprenant l’arrivée de Napoléon sur le champ de bataille, il apparaît aux alliés désormais qu’il leur sera difficile de se rétablir. Le prince de Wurtemberg, qui commande l’essentiel des troupes, quitte le centre du champ de bataille vers pour se replier sur la route de Bray.

Napoléon arrive dans le même temps par Laval avec près de . Il laisse là l’essentiel de ses divisions et ordonne alors à ses généraux de former quatre colonnes : une pour marcher vers le château de Surville ; une pour repousser les ennemis des Ormeaux ; une pour faire pression sur l’aile gauche ; l’autre pour forcer les alliés à accélérer leur retraite de leur aile droite.

Ce dispositif accélère la fuite des troupes alliées. Le prince de Wurtemberg ordonne à la brigade Stockmayer ainsi qu'à l'essentiel de sa cavalerie et de son artillerie de battre en retraite. Ces troupes doivent être couvertes par les régiments Zach et Colloredo de la brigade Schaeffer. Mais les Français ne leur laissent que peu de répit. Sur leur gauche, les gendarmes et la garde nationale prennent par surprise leurs pièces de canons aux Bavarois. Au centre, Pajol, qui veut enlever la position solidement tenue par les Autrichiens aux Ormeaux, est aidé par l’ancien maire qui lui montre un chemin lui permettant de contourner ce lieu et d’encercler l’ennemi. Enfin, l’artillerie de Gérard permet de démonter plusieurs pièces d’artillerie autour du château de Surville malgré une attaque du général Doering pour tenter de détruire des canons, repoussée par Gérard lui-même ; la destruction des canons alliés laisse enfin le champ libre à l’infanterie française, qui ne tarde pas à repousser les défenses alliées et à atteindre le château de Surville. Partout, la cavalerie française, par ses attaques successives, accélère la désorganisation de l’ennemi.