thumb|upright=0.8|Georges de Saint-Clair, premier président de l'.|alt=portrait crayon de Georges de Saint-Clair thumb|upright=0.6|Le vicomte Léon de Janzé en 1905. thumb|upright=0.8|Paul Escudier, avocat à la Cour d'appel, devient président de l' en 1899.
L'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) est une fédération sportive française omnisports fondée le à Paris avec Georges de Saint-Clair pour président. Créée initialement sous le nom d'« Union des sociétés françaises de courses à pied », elle est à l'origine une fédération consacrée à l'athlétisme mais, dès 1889, elle s'ouvre à d'autres sports (rugby à XV, hockey sur gazon, escrime, natation) qui sont représentés en son sein par des commissions spécialisées. Le football n'est reconnu qu'en 1894.
Fondée par le Racing Club de France et le Stade français, c'est d'abord une fédération essentiellement parisienne qui ne s'ouvre véritablement à la province qu'à partir de 1899. L'année suivante il lui revient d'organiser la majeure partie des épreuves des Jeux olympiques d'été à Paris, non sans heurts avec Pierre de Coubertin qui en est l'instigateur. À partir de 1906, divers autres conflits dont le principal enjeu est le football entament son autorité et en dépit des efforts de Frantz Reichel pour rétablir l'unicité du monde sportif autour d'un Comité national des sports, l' ne survit pas à la fin de la Grande Guerre. Ses diverses commissions donnent alors naissance aux fédérations unisports telles que nous les connaissons au .
Historique
Le Il s'agit de la date de fondation de l'« Union des sociétés françaises de courses à pied » qui devient véritablement une fédération omnisports le sous le nom d'« Union des sociétés françaises de sports athlétiques », les dirigeants de deux clubs parisiens, le Racing Club de France et le Stade français, décident de créer une fédération d'athlétisme : l'« Union des sociétés françaises de courses à pied » (USFCP) qui organise le ses premiers championnats nationaux. Un mois plus tard, Pierre de Coubertin crée un « Comité pour la propagation des exercices physiques dans l'éducation » placé sous la haute présidence de Jules Simon et qui se consacre surtout à l'organisation des jeux à l'école Mongel'école Monge est devenue Lycée Carnot à la fin du jusqu'à ce que les élèves de celle-ci rejoignent ceux du lycée Condorcet au sein du Racing Club de France. L' accepte rapidement d'autres sports en son sein et le prend le nom d'« Union des sociétés françaises de sports athlétiques », non sans provoquer de vives polémiques, les termes de sport et d'athlétisme renvoyant encore respectivement au champ de course et aux bateleurs de foire. Découvrant alors son existence et le travail déjà réalisé par son président Georges de Saint-Clair, Pierre de Coubertin renonce à son comité et rejoint l' dont il devient secrétaire. Avocat de profession, Michel Gondinet (1856-1936) préside l' de 1891 à 1894 tout en étant, en 1885, l'un des membres fondateurs du Racing Club de France qu'il dirige de 1891 à 1902L'Athlétisme : organe officiel de la Fédération française d'athlétisme, n°66, 13 février 1936.. Le vicomte Léon de Janzé lui succède à la fin des années 1890.
Développement thumb|upright=0.8|Le rugby à XV, sport-roi de l' : tableau de la finale des Jeux olympiques de Paris en 1900.|alt=score de la finale du tournoi des JO de Paris À partir de 1888, les établissements parisiens privés et publics se confrontent dans des épreuves de rallye-paperLe rallye-paper est assez comparable à la course d'orientation et de cross-country pour la possession du fanion de l'Union qui revient souvent au lycée Janson-de-Sailly. L' n'admet bientôt que les clubs comptabilisant au moins 25 membres et un an d'existence. Ils sont sept en 1890 et cinquante en 1892. Coubertin qui se consacre particulièrement au développement du sport scolaire fonde la Revue athlétique dès 1890 puis Les sports athlétiques avant de fusionner les deux titres. Grâce à son prosélytisme, le nombre d'associations passe à 350 en 1903, pour atteindre en 1913, regroupant . Les associations scolaires sont rapidement plus nombreuses que les clubs, ce qui n'est pas sans poser de problème, certains membres du comité craignant que ce développement ne se fasse au détriment du recrutement des clubs eux-mêmes. L'organisation des Jeux olympiques de Paris accentue les divergences et Pierre de Coubertin est ainsi amené en 1898 à démissionner et céder ses fonctions à Frantz Reichel, champion de talent très polyvalent et dirigeant dynamique qui a laissé depuis son nom au championnat de France junior de rugby (Coupe Frantz-Reichel) et à la Fédération française de hockey (FFH). Fédération exclusivement parisienne à l'origine, l' ouvre ses championnats à la province en 1899 et les étend à la natation et au hockey sur gazon.
C'est à l'occasion du de l', en 1892, que Pierre de Coubertin prononce le discours fondateur de la rénovation des Jeux olympiques prévue en 1896 à Athènes. En 1900 l' se charge de l'organisation des Jeux athlétiquesRapport des concours internationaux d'exercices et de sport, des seconds Jeux olympiques, initialement prévus comme « concours internationaux d'exercices physiques et de sports » de l'exposition universelle de 1900 à Paris. Le , son comité d'organisation se voit confier 15 activités sur les 19Lui échappent les courses cyclistes, automobiles, de montgolfières et la gymnastique retenues par le Comité international olympique (CIO) pour constituer le programme olympiqueRapport des concours internationaux d'exercices et de sport, . Bien que très sensible aux problèmes d'amateurisme, contrairement alors à d'autres fédérations françaises, l' est aussi à l'origine de la création de la Fédération internationale de football association (FIFA) le au siège même de l'. Malgré ces actions, celle-ci ne reçoit aucune aide financière des pouvoirs publics jusqu'en 1907, contrairement à l'Union des sociétés de gymnastique de France (USGF) qui, reconnue par le gouvernement comme un organisme patriotique, est financée à ce titre par le ministère de la Guerre.
Difficultés et déclin
thumb|upright=0.8|Pierre de Coubertin, secrétaire général puis trublion de l'.|alt=photographie de Pierre de Coubertin Le besoin d'être reconnue comme telle l'amène à sanctionner ses associations qui se déplacent à Rome en 1906 pour un grand rassemblement sportif à l'invitation du pape Pie X, avec pour conséquence une fuite massive et immédiate d'effectifs importants vers la toute jeune Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) de Paul Michaux qui s'en trouve fortement confortée. Le secrétaire général de celle-ci, Charles Simon, profite de la situation pour regrouper les fédérations attachées au football au sein d'un Comité français interfédéral (CFI) le et Pierre de Coubertin marque aussi son désaccord en se retirant définitivement des instances dirigeantes de l' en . Il revient à Frantz Reichel de contrôler au mieux la situation par la création, le , d'un Comité national des sports (CNS) qui finit par accueillir et absorber plus ou moins le Comité olympique français (COF) en créant au sein des fédérations le consensus nécessaire pour participer aux jeux de 1908 et 1912. Le à Stockholm, deux jours après les Jeux olympiques d'été, l' est au nombre des 17 fédérations nationales qui fondent l’Association internationale des fédérations d'athlétisme (IAAF).
L'influence de l' sur le football est cependant définitivement compromise et celui-ci prend son autonomie au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1919, préludant à l'éclatement de l' : sous la présidence de Gaston VidalSous-secrétaire d'État à l'enseignement technique et à l'éducation physique (ministère de l'instruction publique) du au dans les gouvernements d'Aristide Briand et de Raymond Poincaré puis président du de 1925 à 1931 (1919-1920), la grande fédération omnisports se réunit en assemblée générale extraordinaire le et vote sa transformation en « Union française des fédérations de sports athlétiques » (UFFSA). Cette nouvelle structure doit permettre la création en son sein de multiples fédérations sportives spécialisées et indépendantes mais finalement, les nouvelles fédérations autonomes quittent l' sans pour autant rejoindre l'.
Si la section football est la première à la quitter avec la création de la Fédération française de football association (FFFA) le , le hockey suit avec la création de la le . Le de la même année, c'est au tour de la Fédération française de rugby (FFR) d'être officiellement créée pour remplacer l' en tant qu'organe dirigeant du rugby à XV en France, Octave Léry en devient le premier président. La Fédération française d'athlétisme (FFA) voit le jour le et la commission natation de l'Union devient « Fédération française de natation et de sauvetage », future Fédération française de natation (FFN), en 1921. L' n'organise plus de compétitions après 1920. Le basket-ball est géré jusqu'en 1932 par une commission de la .
Organisation thumb|upright=0.8|L'équipe de France de football aux Jeux olympiques d'été de 1900, avec le logo de l' sur les maillots.|alt=Équipe de France de football aux Jeux olympiques de 1900 à Paris
Toutes les équipes nationales françaises émanant de l' portent le maillot blanc et arborent comme emblème deux anneaux entrelacés, rouge et bleu, réduits aux couleurs du drapeau françaisLes équipes de France militaires dont le maillot est de couleur y ajoutent un troisième anneau blanc ; le utilise ces trois anneaux sous l'Occupation. Cet emblème inspire plus tard le drapeau olympique. Le coq est progressivement intégré au blason à partir de 1913 avec l'adhésion de l' au . La devise de l' Ludus Pro Patria (Des jeux pour la Patrie) est l'œuvre de Jules Marcadet, président du Stade Français et cofondateur de l'Union. Chaque discipline sportive est organisée par une commission : athlétisme, rugby à XV, football. Le , le comité d'organisation de l' décide de créer 19 comités régionaux afin d'organiser des compétitions en province. Elle publie sa revue Les sports athlétiques chaque samediAnnuaire de l'USFSA 1894.
Athlétisme thumb|upright=0.8|Michel Théato, champion olympique du marathon à Paris en 1900.|alt=Arrivée du marathon des Jeux olympiques de 1900 à Paris
Dès sa création l' se distingue dans la lutte contre le professionnalisme sportif, particulièrement en athlétisme, et impose sa vision comme modèle pour longtemps. Elle organise les premiers championnats de France en 1888 avec quatre épreuves au programme : , , et haies. Le racingman René Cavally y remporte le 100 et le . Les épreuves se déroulent ensuite pendant 20 ans à la Croix-Catelan, sauf en 1890 (aux Tuileries), 1906 et 1908 (au parc national de Saint-Cloud). À partir de 1909, les championnats ont lieu au stade du Matin à Colombes, propriété du journal Le Matin consacré également au football et au rugby. Les premiers grands champions et championnes français d'athlétisme sont de cette époque : Frantz Reichel, Michel Théato, Henri Deloge, Jean Bouin, Géo André, Violette Morris, Lucie Bréard ; Pierre Lewden dont le record de France de saut en hauteur n'est battu qu'en 1945 commence sa carrière sous les couleurs de l'. Le , à la suite des Jeux olympiques de Stockholm, l' participe avec 17 autres fédérations nationales à la création de l’ .
thumb|upright=0.8|Henri Deloge, champion de France de 1899 à 1902 et médaille d'argent aux Jeux de Paris sur .|alt=photographie d'Henri Deloge thumb|upright=0.8|Plaque commémorative à Géo André, athlète, rugbyman et pilote de chasse français, 9 rue Marguerin (Paris).|alt=plaque commémorative à Géo André