Mamadou Mustafa Ndala (né le à Ibambi, dans le territoire de Wamba (Province Orientale) et ), il fut colonel des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Formé par des instructeurs belges, angolais, américains et chinoisAssassinat : « Joseph Kabila » fait tuer Mamadou Ndala à Beni, KongoTimes, 2 janvier 2014, consulté le 9 février 2014., il fut commandant du des commandos des Unités de réaction rapide des FARDC. Il s'est rendu célèbre en remportant des victoires éclatantes sur les combattants du Mouvement du 23 mars (M23), durant la première rébellion du M23, dans l'est de la république démocratique du Congo.

Il est mort calciné dans sa jeep avec deux de ses gardes du corps le , des suites d'une embuscade tendue, selon le gouvernement congolais, par les rebelles ougandais d'ADF-Nalu à 10 kilomètres de Beni, au Nord-KivuRDC: le colonel Mamadou Ndala tué dans une embuscade au Nord-Kivu, Radio France internationale, 2 janvier 2014, consulté le 9 février 2014... Il était marié et père de trois enfants.. Il a été inhumé au camp Kokolo de Kinshasa et nommé général de brigade à titre posthume.

Biographie Enfance Mamadou Ndala né le à Ibambi, dans l'ancienne province du Haut-Zaïre et grandit dans une famille musulmane, culte qu'il pratiquera jusqu'à sa mortUne prière spéciale à la Mosquée Office de Goma pour le repos de l’âme du Colonel Mamadou Ndala Moustapha, Province du Nord-Kivu, 7 janvier 2014, consulté le 9 février 2014. Il fait ses études primaires à Ibambi et poursuit les études secondaires à l'institut les Aiglons d'Isiro, capitale de la Province du Haut-Uélé. Il s'inscrit ensuite au complexe scolaire « Petits Anges ». Ses amis d’enfance le décrivent comme un excellent footballeur. Il a notamment évolué au sein d’Africa Sport, une ancienne équipe de la localité d’Isiro.

Carrière et exploits militaires Mamadou Ndala entre dans l'armée le . Quatorze ans plus tard, le , il est promu au grade de colonel. Il prend le commandement du des commandos des Unités de Réaction Rapide. Il se fait rapidement remarquer par la population de Goma, en juilletÉtonnant renversement de situation - Le Colonel Mamadou Ndala et les Fardc taillent le M23 en pièces !, Afrique rédaction, 25 juillet 2013, consulté le 9 février 2014. et , en menant des offensives victorieusesLes combats se poursuivent au Nord-Kivu, 7sur7, 16 juillet 2013, consulté le 9 février 2014. contre les combattants du M23 qui assiégeaient la villeRDC : Lourdement armé, le M23 se positionne à Munigi, à 7 km de Goma, KongoTimes, 3 juillet 2013, consulté le 9 février 2014.. L'inertie des casques bleusRDC: pourquoi la Monusco revient-elle sur son ultimatum ?, Radio France internationale, 5 août 2013, consulté le 9 février 2014. avait fini par lasser la population. Dans un premier temps, les victoires des hommes de Ndala laissent la population dubitative. L'armée congolaise avait habitué la population à des débandades ahurissantes, comme en lorsque le M23 s'était emparé de la ville de GomaRDC: retour sur la journée du 20 novembre à Goma et dans le reste du pays, Radio France internationale, 20 novembre 2012, consulté le 9 février 2014. désertée par l'armée nationale. Trois mois plus tôt, dans une interview accordée à la journaliste belge Colette Braeckman, le général rwandais James Kabarebe avait affirmé que l'armée congolaise n'était même pas capable de tuer un ratCartes sur table : les quatre vérités du général James Kabarebe, Le carnet de Colette Braeckman, 29 août 2012, consulté le 9 février 2014..

Les Congolais étaient prostrés dans un mélange de ressentiment et d'humiliation. Ils n'en revenaient pas en voyant leurs soldats s'imposer sur le champ de bataille et montrer les corps. des ennemis jusqu'alors présentés comme invincibles. Les batailles sont rudes et le M23 subit de lourdes pertes. Le colonel Mamadou Ndala doit parallèlement intervenir auprès de la population en colère contre la Monusco dont l'attitude ambiguë fait craindre un retournement de situation. Surtout après un ultimatum qu'elle lança contre le M23, suivi d'un rétropédalage. Des foules caillassaient les convois de la MonuscoRDC : manifestations anti-Monusco à Goma, Radio France internationale, 3 août 2013, consulté le 9 février 2014.. Seules les interventions du colonel Ndala auprès de la population permettaient d'apaiser la situation.

La rumeur Mi-juillet, une rumeur. annonçant le rappel du colonel Mamadou Ndala à Kinshasa provoque de violentes manifestations à Goma contre la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (MONUSCO)RDC : manifestations à Goma contre la passivité de la Monusco face aux attaques du M23, Le Potentiel, 19 juillet 2013, consulté le 9 février 2014. et le Président Joseph KabilaRDC : manifestations contre Kabila, Le Figaro, 19 juillet 2013, consulté le 9 février 2014., accusés de vouloir paralyser l'action de l'armée et du colonel. C'est une pratique longtemps déplorée au Congo : les officiers qui se distinguent au combat sont rappelés à Kinshasa et neutralisés, comme s'il y avait une volonté politique visant à faire durer le conflitRD Congo : Kabila et le coup du torero, La Conscience, 16 septembre 2013, consulté le 9 février 2014. entre le Congo et le Rwanda. Le nom du général Mbuza Mabe, de son vrai nom Nkoy Nkumu Mbanze, surnommé l'homme de BukavuLe Général Mbuza Mabe, « l’homme de Bukavu », La Conscience, 12 juillet 2004, consulté le 9 février 2014., . Cet ancien officier des FAZ, puis des FARDC, est connu pour avoir sauvé la ville de Bukavu en 2004« Les soldats dissidents affirment contrôler Bukavu (RDCongo) », Agence France-Presse, 2 juillet 2004, consulté le 9 février 2014.. La ville avait été envahie par des troupes commandées par le général Laurent Nkunda et le colonel Jules Mutebutsi. Après ses faits d'armes à Bukavu, Félix Mbuza Mabe fut rappelé par Kinshasa et envoyé sur la base de Kitona. En 2009, il mourut à Johannesbourg. des suites d'une longue maladie, probablement due à un empoisonnement. La population de Goma fut ainsi paniquée par l'idée que le célèbre colonel fût au point de subir le même sort.

Le tournant vignette|Mamadou Ndala fait visiter aux membres du conseil de sécurité des Nations unies les , début octobre 2013. La position autour de Goma a été reprise des mains du M23 par les FARDC du colonel Ndala. La guerre va connaître un tournant décisif fin lorsque le M23 lance des obus sur la ville de Goma.. Une offensive musclée des FARDC appuyées par la brigade d'intervention de la MONUSCOLa brigade d'intervention de la Monusco est alors composée de soldats tanzaniens et sud-africains. Les Tanzaniens sont d'autant plus motivés au combat que leur Président, Jakaya Kikwete, est en conflit ouvert avec le Président rwandais, Paul Kagame. va mener les troupes de Mamadou Ndala à son plus haut fait d'armes, la conquête des "Trois antennes" dans le secteur de Kibati.. La bataille de Kibati cause de lourdes pertes au M23 qui laisse d'importantes quantités de munitions. et sombre dans le doute.

Après Kibumba, Kiwanja et Rutshuru-centre, l'armée congolaise s'empare de la base de Rumangabo le RDC: l’armée prend Rumangabo, BBC, 28 octobre 2013, consulté le 9 février 2014..

Les victoires des FARDC s'enchaînent jusqu'à la reprise de Bunagana, le . Le colonel Mamadou Ndala rentre triomphalement dans la villeL'entrée triomphale du colonel Mammadou Ndala à Rumangabo avec les FARDC, Voice of Congo, octobre 2013, consulté le 9 février 2014.. Dans la foulée, Martin Kobler, le patron de la MONUSCO annonce la fin du Mouvement du 23-Mars (M23) en tant que force militaireRDC: selon la Monusco, le M23 est «quasiment fini» militairement, Radio France internationale, 29 octobre 2013, consulté le 9 février 2014..

Bilan Au , les combats entre les FARDC et le M23 auront coûté la vie à plus de 900 combattants selon les autorités congolaises. , a déclaré le général Jean-Lucien Bahuma, commandant de la militaire, qui comprend la province du Nord-Kivu, théâtre des combats. Trois casques bleus de la mission de l'ONU ont également été tuésRDC : premier bilan des combats avec le M23, Le Monde, 25 novembre 2013, consulté le 9 février 2014..

La dernière mission Conformément à la résolution 2098(2013)Résolution 2098 (2013), Organisation des Nations unies, 28 mars 2013, consulté le 9 janvier 2014. du Conseil de sécurité de l'ONU, l'opération de neutralisation de tous les groupes armés devait se poursuivre. Le colonel Mamadou Ndala est ainsi envoyé dans le Nord de la Province du Nord-Kivu, en territoire de Beni où sévit un violent groupe armé, les ADF-Nalu, connus pour de multiples exactions dont des enlèvements de civilsNord-Kivu: Massacre à Beni, l'ombre des ADF-NALU, La congrégation du Saint-Esprit, 17 décembre 2013, consulté le 9 février 2014. (plus de 600 personnes depuis trois ans) et des massacresMassacre à Béni, en RDC... les ADF-Nalu pointés du doigt, La Voix de l'Amérique, 17 décembre 2013, consulté le 9 février 2014.. Le colonel Ndala prend l'engagement devant la population de traquer ces maquisards même sous l'eauLe colonel Mamadou Ndala en colère promet coûte que coûte de mettre fin à la nouvelle rébellion à l'est, Voice of Congo, consulté le 9 février 2014..

L'armée congolaise, sous son commandement, avait sécurisé le secteur et repris la cité de Kamango qui était tombée, le , entre les mains des combattants venus d'OugandaRDC : qui sont les assaillants de Kamango ?, Jeune Afrique, 26 décembre 2013, consulté le 9 février 2014.. Il s'apprêtait à lancer une offensive générale pour liquider les ADF-Nalu. Les unités de l'armée étaient positionnées.

Le , en fin de matinée, le colonel Mamadou Ndala et son escorte quittent l'hôtel Albertine de Beni-Boikene en direction d'Eringeti ( de Beni) à bord d'une jeep montée d'une mitraillette lourde. À hauteur de la localité de Ngadi (environ de Beni), la section tombe dans une embuscade. Une roquette de RPG-7 frappe l'avant de son 4x4. Le colonel Mamadou Ndala et trois de ses gardes du corps, dont une femme soldat (prénommée Edith), sont tués sur le coup.

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