Les relations entre l'Arabie saoudite et la France remontent au avec l’ouverture d’un premier consulat français à Djeddah en 1841., et se concrétisent dès la proclamation officielle de la constitution du Royaume le par Abdelaziz ibn Saoud.
Avec d’autres puissances, la France reconnaît directement la légitimité de l'Arabie saoudite et de ses frontières avant même la déclaration officielle de l’État saoudien en 1932. À partir de la seconde moitié du , les relations diplomatiques entre les deux pays se densifient à la suite de la rencontre entre le président Charles de Gaulle et le roi Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud en 1967. En 2014, les relations diplomatiques, commerciales et culturelles sont bonnes. L’Arabie saoudite est le premier partenaire commercial de la France dans le Golfe, et la France est le troisième investisseur étranger dans le royaume.
Histoire Relations entre l’Europe et la péninsule arabique avant 1932 L'État saoudien en tant que tel trouve sa source en 1744 lorsqu’une alliance est scellée entre le patriarche Mohammed Ibn Saoud et Mohammed ben Abdelwahhab. Le territoire est alors soumis à la domination ottomane. Ce sont donc les Égyptiens menés par Mohammed Ali qui vont tenter de reconquérir la péninsule arabique.. S'ensuivent des conquêtes et des pertes de territoires entre les Ottomans et les al Saoud. À cette époque, la France lancée par la révolution industrielle conquiert des territoires arabes comme l'Algérie, et en place d'autres sous protectorat, à l'instar de la Grande-Bretagne..
Ibn Saoud reprend Riyad aux Chammar en 1902. Les Saoud entreprennent une prise de pouvoir progressive tout d'abord face à l'Empire ottoman durant la Première Guerre mondiale, se rangeant alors du côté des Britanniques puis face à Hussein ben Ali en 1919Rémi Kauffer, La Saga des Hachémites, la tragédie du Moyen-Orient, Éditions stock, 2009 . Grâce à la reconnaissance de la France, de la Grande-Bretagne et de l'URSS, Ibn Saoud parvient à concrétiser et légitimer à l'international ses conquêtes, et affirme les frontières de son Royaume en 1932. La France reconnait dès la souveraineté saoudienne, mais s'en tient essentiellement à des relations formellesPrésentation de l’Arabie saoudite, www.diplomatie.gouv.fr (consulté le 5 avril 2018).
État saoudien après 1945 En 1945, Ibn Saoud conclut le Pacte du Quincy avec les États-Unis. Dès lors, l'Arabie saoudite bénéficie de la protection militaire américaine en échange d'un accès prioritaire au pétrole.. Cette alliance, décisive face à la montée des nationalismes et durant la guerre froide, se poursuit aujourd'hui. La France ne constitue pas à cette époque une grande alliée du Royaume. Durant l'entre-deux-guerres, la France privilégie ses relations avec le Liban et la Syrie, placés à l'époque sous protectorat françaisCharles F. Gallagher, Le monde arabe et la culture occidentale, www.persee.fr, 1971 (consulté le 28 novembre 2018).
En 1963, le premier accord de coopération culturelle et technique entre les deux pays est signé..
1967 à 2007 : intensification des relations À partir de la Cinquième République, les liens entre la France et l'Arabie saoudite s'intensifient et s'étoffent notamment autour du conflit israélo-palestinien où la France se range aux côtés de la cause palestinienne tandis que les États-Unis, alliés historiques des Saoudiens, se rangent du côté israélienHenry Laurens, La question de Palestine: 1947-1967, L'accomplissement des propheties, Armand Colin, 2005 .
À la suite direct de la guerre d'Octobre 1973 et du premier choc pétrolier, Pierre Messmer, alors Premier ministre, va, en passant outre aux canaux diplomatiques traditionnels, traiter directement avec le roi Fayçal d’Arabie pour s’assurer des approvisionnements en pétrole français. Il mandate le général Hugues de l'Estoile alors directeur des affaires internationales au ministère des armées pour négocier ce memorandum. Ces entrevues secrètes aboutissent à ce que le Premier ministre appelle « une coopération importante et de longue durée ». L'accord est divisé en deux. D'abord, un contrat cédant aux deux sociétés françaises Elf-Erap et la CFP 27 millions de tonnes de pétrole à livrer de 1974 à 1976, « pour un prix raisonnable ». Ensuite, un deuxième accord, plus important prévu de 1977 à 1990 qui prévoyait la fourniture par l’Arabie saoudite à la France de 35 à 60 millions de tonnes de pétrole par an. En contrepartie, les compagnies pétrolière françaises iraient construire, en Arabie saoudite, une raffinerie d’une capacité de 10 millions de tonnes, gèreraient le transport des produits raffinés, construiraient des installations pétrochimiques et lanceraient des recherches minières. Le memorandum est signé le . Mais la nature de ces accords est révélée par Henry Kissinger qui dévoile la coopération secrète et critique publiquement la France, qu’il dénonce vouloir rompre la solidarité européenne.
Les relations franco-saoudiennes prennent une autre dimension sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing et sous le règne de Khaled ben Abdelaziz Al Saoud. À partir des années 1970, la France et l’Arabie saoudite commencent à développer une coopération tant militaire qu’économique et nucléaire. L'événement qui incarne la concrétisation de cette coopération est celui de la prise de la Grande Mosquée de La Mecque le . Le roi sollicite l’aide du GIGN français afin de collaborer avec les forces de sécurité saoudiennes. Ensemble, ils parviennent à mettre fin à la prise d’otage. À la suite de cet évènement, des contrats militaires tels que Sawari 1 sont mis en place dans les années 1980Laurent Lagneau, La modernisation de 4 frégates saoudiennes confiée à la France, www.opex360.com, 29 août 2013 (consulté le avril 2018)..
Les mandats de François Mitterrand en 1981 et de Jacques Chirac en 1995 vont dans le même sens d'une entente positive entre le Royaume saoudien et la France. Le soutien de cette dernière à l'Irak et aux pays du Golfe dans la guerre Iran-Irak de 1980-1988, puis contre l'Irak lors de l'invasion du Koweït pérennise la relation entre la France avec l'Arabie saouditeLa France, la guerre Iran-Irak et les affaires..., www.liberation.fr, 21 septembre 2010 (consulté le 5 avril 2018)Invasion du Koweït par l'Irak, www.usherbrooke.com, 2 août 1990 (consulté le 5 avril 2018) À la suite des attentats du 11 septembre 2001, les relations américano-saoudiennes se dégradent fortement. Jacques Chirac se rend à Riyad en , au moment où les relations entre l'Arabie saoudite et le reste du monde sont fragilisées, et réaffirme son soutien à Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud..
Relations depuis 2007 Mandat de Nicolas Sarkozy La France, durement touchée par la crise de 2008, est attirée par le dynamisme des monarchies du Golfe et notamment du Qatar. L'émir Hamad ben Khalifa Al Thani est le premier chef d'État étranger à être reçu par Nicolas Sarkozy peu après son élection de Jean-Pierre Perrin, Sarkozy, le très cher ami du Qatar, www.liberation.fr, 6 février 2015 (consulté le 7 septembre 2018). Les relations franco-saoudiennes se limitent durant cette période à un formalisme cordial et des relations beaucoup plus distantes que celles qui liaient Jacques Chirac au roi AbdallahNotre ami l'émir du Qatar, www.lemonde.fr, 22 mars 2012 (consulté le 28 novembre 2018).
En 2011, le Printemps arabe redéfinit les rapports de force et les puissances occidentales sont confrontées à l’instabilité de leurs partenaires au Maghreb et au Proche-Orient. Les États du Golfe, considérés comme stables, attirent à ce moment les puissances occidentalesSmail Kouttroub, Printemps arabe et nouvel ordre géopolitique au Maghreb, www.journals.openedition.org, 2013 (consulté le 7 août 2018).
Si les échanges économiques diminuent substantiellement entre la France et l'Arabie saoudite sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le président français affirme néanmoins son attachement à la culture saoudienneSarkozy défenseur des religions en Arabie Saoudite, www.liberation.fr, 15 janvier 2008 (consulté le 9 avril 2018).
Mandat de François Hollande Élu en 2012, François Hollande prend la suite de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy en privilégiant les partenaires du Golfe, jugés plus stables sur le plan politique et économique. Il opère un rééquilibrage des relations avec l'Arabie saoudite par rapport au Qatar. Pour restaurer les liens entre les deux pays, François Hollande réserve au roi Abdallah sa première visite dans le Golfe en tant que président de la République... Il renouvelle l'expérience un an plus tard, entérinant une entente chaleureuse entre les deux paysÀ Riyad, François Hollande et le roi Abdallah affichent leur entente, www.lemonde.fr, 29 décembre 2013 (consulté le 7 août 2018). Les relations franco-saoudiennes bénéficient aussi à cette époque du regain des tensions entre l'Arabie saoudite et les États-Unis, dû au rapprochement américain avec l'Iran..
Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud utilise la France comme un challenger diplomatique, militaire et commercial vis-à-vis des Britanniques et des Américains, il soigne aussi les relations avec la présidence de François Hollande après que son prédécesseur Nicolas Sarkozy (2007-2012) a porté à leur apogée l'alliance franco-qatarie, Doha restant un concurrent, voire un adversaire de Riyad dans la région...
Trois visites de délégations françaises mais aussi de François Hollande dans le Royaume saoudien sont organisées en 2015. En , François Hollande est invité à assister au sommet du Conseil de coopération du Golfe par l'Arabie saoudite, une première dans la mesure où aucun autre chef d'État occidental n'avait jamais été ainsi accueilli à ce sommet.. À l'occasion de la visite du Prince Mohammed ben Nayef Al Saoud en France en 2016, François Hollande le décore de la légion d'honneurLe Saoudien Ben Salmane à Paris, l’effet du prince, www.liberation.fr, 27 juin 2016 (consulté le 7 septembre 2018). La politique étrangère de François Hollande vise à replacer l'Arabie saoudite au centre des relations moyen-orientalesAdrien Lelièvre, Hollande, l'allié indéfectible des Saoudiens, www.lesechos.fr, 27 juin 2016 (consulté le 7 septembre 2018).
Les investissements français en Arabie saoudite se multiplient en 2015La France conclut 10 milliards d'euros d'accords avec l'Arabie saoudite, www.latribune.fr, 13 octobre 2015 (consulté le 9 avril 2018), et sont accompagnés de plusieurs contrats d'armementLa France et l’Arabie saoudite signent leurs premiers contrats, www.lemonde.fr, 24 juin 2015 (consulté le 9 avril 2018)..
En 2016, l'Arabie saoudite organise un colloque au Sénat français pour mettre en avant positivement son rôle. L'Arabie saoudite cherche à lutter contre son image de sponsor du terrorisme. Le royaume est aidé en France par quatre agence de communication : Publicis, Image 7, Edile Consulting et une quatrième non nommée..
Mandat d’Emmanuel Macron L’élection d’Emmanuel Macron coïncide avec la perte de territoires et la chute progressive de l’organisation dite État islamique, aussi ce dernier entame le dialogue très tôt avec ses homologues moyen-orientaux en vue de préparer l’après-DaechJean-Michel Gradt, Emmanuel Macron en visite au Qatar avec un agenda chargé, Lesechos.fr, 7 décembre 2017 (consulté le avril 2018).. En , il profite de son passage aux Émirats arabes unis pour effectuer une visite surprise à Mohammed ben Salmane..