Emiel (néerlandisé) ou Émile Xavier Wambach, né à Arlon, le , et mort à Anvers, le , est un compositeur, chef d'orchestre, violoniste et pianiste belge, lié au renouveau musical flamand. Il a épousé la peintre Marie de Duve (1865-1957) en 1887. Ils eurent cinq enfants. Marie s'est fait connaitre par ses marines et des paysages de la côteDictionnaire biographique illustré des artistes en Belgique depuis 1830, Arto, Bruxelles, 1987. Elle signait ses œuvres de son nom d'épouse, Marie Wambach.

Wambach a été enterré au cimetière du Schoonselhof. En 2008, l' (la Fédération flamande de chorales), reprit la concession, jadis à perpétuité, de sa sépulture, non classée et en péril, sauvant celle-ci de la destruction« Graf van Emile Wambach gered », Gazet van Antwerpen, .. L'ANZ se fixe plusieurs objectifs parmi lesquels promouvoir et pratiquer le chant folklorique néerlandais et constituer un répertoire national communVoir le site de l'ANZ..

Biographie 1854-1894 À Arlon, où Émile Wambach naquit, son père Paul était un bassoniste de l'orchestre militaire du régiment de ligne depuis 1854Annelies FOCQUAERT, Wambach, Emiel, [En ligne], réf. du , [www.svm.be] (Centre d'études de la musique flamande).. Originaire d'Albshausen en Hesse-Électorale, Paul Wambach fut naturalisé en 1858Voir la décision prise lors de la séance du de la commission belge de naturalisation, dans : « Demande du sieur Paul Wambach », Recueil des pièces imprimées par ordre de la Chambre des représentants : session de 1857-1858, Bruxelles, Chambre des représentants de Belgique, 1858, vol. 3, 125, III., l'année où il démissionna de l'armée et où il déménagea à Anvers en vue de devenir professeur de basson à l'École de musique, tout en étant employé comme soliste au Théâtre royal français (l'actuel théâtre Bourla). À l'âge de six ans, Émile commença à prendre des leçons de violon à l'École de musique, où il s'avéra une telle promesse que Henri Vieuxtemps lui conseilla de s'inscrire au Conservatoire royal de Bruxelles. En 1866, Wambach y devint l'élève de Colyns (violon), de Brassin (piano) et de Gevaert (harmonie et contrepoint). Cependant, un an plus tard, Peter Benoit ayant été nommé directeur de l'école communale de musique d'Anvers, où Wambach père enseignait encore, Émile s'inscrivit à cette institution. Il y suivit des cours de violon auprès de Mertens, de piano chez Hennen et d'orgue auprès de Callaerts. Plus tard, le compositeur juif Adolphe Samuel lui donna des cours privés de composition, alors qu'il étudia simultanément l'harmonie, le contrepoint, la fugue et la composition chez Benoit.

La carrière de violoniste de Wambach débuta au Cercle artistique, au Théâtre royal et à la Société royale d'harmonie, mais bientôt il se fit remarquer comme chef d'orchestre et compositeur. Il obtint son premier succès de compositeur avec son (Ode à Rubens), exécutée en 1877 lors des célébrations à Anvers à l'occasion du de la naissance de RubensHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Letteren en Schone Kunsten van België, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. La cantate (La Patrie) fut créée en 1880, dans la grande salle de la Société royale d'harmonie, à l'occasion de la distribution des prix à l'école catholique Saint-Norbert. En 1881, Wambach devint directeur musical de la Société Saint-Grégoire d'Anvers, où il s'attela à l'exécution des œuvres de Palestrina et d'autres maîtres anciens. La même année, son oratorio (Moïse sur le Nil) fut exécuté dans la salle des fêtes de la Société royale d'harmonie et, à plusieurs reprises, aussi à Bruxelles et aux Pays-Bas. En 1884 suivit un deuxième oratorio, YolandeHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. À l'instar de Benoit, Wambach composa, en 1885, une (Cantate pour enfants) pour l'Exposition universelle d'Anvers. Même s'il était originaire de Wallonie, Wambach était un ardent défenseur de l'école flamande : ainsi, il dédia son oratorio à Benoit, en témoignage de reconnaissance à celui qui l'avait initié au monde des arts. Après avoir composé plusieurs chansons et œuvres sacrées, il écrivit, en 1888, (Sur les bords des fleuves de Babylone ; un : un chant accompagné à la harpe) à l'occasion des fêtes à la mémoire de Vondel. Ses arias de concert (Les Fiançailles de Frédégonde), (Retour à la mère patrie) et (Nuit de Noël) remportèrent beaucoup de succès et furent traduites en français et en anglais. Il écrivit (Danse de spectacle) pour orchestre à l'occasion du Un concours dramatique régional. de 1892 et une (Ouverture dans le style ancien) à celle de l'inauguration du Vieil Anvers - des répliques de vieilles maisons - à l'Exposition universelle de 1894. Le , Emile Wambach a épousé Marie de Duve (1865-1957)Dictionnaire Biographique - Arts Plastiques en Belgique, Arto 2002. qui avait été son élève de piano. Son épouse, artiste peintre très appréciée, s'était spécialisée dans les marines et paysages de la côte. Elle signait ses œuvres sous son nom d'épouse, Marie Wambach.

1894-1914 Le , Wambach fut nommé maître de chapelle de la cathédrale d'Anvers, une fonction qu'il exercera jusqu'en 1912. Il y exécutera, entre autres, sa (Grande Messe), un (La mère se tenait debout), et (Quand Israël sortit d'Égypte). L'année 1894 vit encore la première de son drame lyrique (Mélusine), représenté au Théâtre lyrique d'Anvers. En 1898, la (Cantate de héros), écrite pour la ville de Hasselt, fut créée à l'occasion de l'inauguration du monument commémorant la guerre des PaysansHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. En décembre 1899, l'Opéra flamand monte son (Quentin Metsys), le plus connu de ses opéras.

Toujours en 1899, il fut nommé au Conservatoire d'Anvers comme professeur de musique ancienne ; en 1901 suivit sa nomination comme professeur d'harmonie, succédant à Jan Blockx, qui avait accédé au poste de directeur, et, l'année suivante, il devint inspecteur des écoles de musique belges, ceci au détriment de sa participation active à la vie musicale flamandeHendrik WILLAERT et Jan DEWILDE, Het lied in ziel en mond – 150 jaar muziekleven en Vlaamse Beweging, Tielt, Lannoo, 1987 , .. En 1905, à l'occasion du de l'indépendance de la Belgique, il écrivit une nouvelle orchestration de la Brabançonne (), dédiée au roi Léopold II, et il composa trois autres œuvres, dont la cantate (Au pays des Belges)Hedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , ., exécutée à Bruxelles par les chœurs réunis du Conservatoire, de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule et de l'orchestre de la Monnaie. En 1909, Arras accueillit la première de son oratorio Jeanne d'Arc, qui fut ensuite exécuté à São Paulo et à Montréal. En 1911, il tenta en vain d'obtenir la direction du Conservatoire royal de Liège. En 1912, lorsque Jan Blockx eut pris sa retraite comme directeur du Conservatoire royal d'Anvers, Wambach lui succédaErik BAECK, André Cluytens : itinéraire d'un chef d'orchestre, Wavre, éditions Mardaga, 2009 , . en dépit des protestations violentes de certains flamingants préférant Mortelmans ou Keurvels à la tête de cette institution, plutôt que quelqu'un ayant des racines en Wallonie. On lui reprochait, entre autres, une certaine hésitation dans la composition, ses ambitions liégeoises manquées et le fait qu'il parlait français en familleHendrik WILLAERT et Jan DEWILDE, Het lied in ziel en mond – 150 jaar muziekleven en Vlaamse Beweging, Tielt, Lannoo, 1987 , ..

1914-1924 Pendant la Première Guerre mondiale, Wambach vécut aux Pays-Bas et en Angleterre. Nicolaas Cupérus et Paul Gilson le remplacent à la tête du Conservatoire royal d'Anvers. Au cours de la Grande Guerre, il traversa les Pays-Bas, l'Angleterre et la France, se produisant comme violoniste et pianiste aux concerts de bienfaisance organisés au profit des soldates belgesHendrik WILLAERT et Jan DEWILDE, Het lied in ziel en mond – 150 jaar muziekleven en Vlaamse Beweging, Tielt, Lannoo, 1987 , .. Pendant cette période, il composa (25 poèmes de guerre) pour voix et orchestre, ainsi que plusieurs œuvres chorales. De retour à Anvers en 1919, il reprit son poste de directeur et composa le (Cantate d'hommage), une cantate sur un texte de Maurits Sabbe, exécutée sous la direction de Constant Lenaerts en 1920. La même année, il se rendit à la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille de Lille pour diriger sa Messe pour quatre voix mixtes en l'honneur de la sainte patronne de la ville, qui était, depuis 286 ans, la Vierge Marie ; encore en 1920, cette messe fut reprise à Lille à l'occasion de la fête de la ToussaintHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. En 1922, Wambach fut le premier à introduire un cours d'histoire de la musique au Conservatoire. En outre prit-il l'initiative d'enrichir considérablement la bibliothèque du Conservatoire ainsi que de constituer une collection d'instruments de musique historiques. Ses dernières compositions sont un (Doux Jésus), une Invocation à Saint-Michel (), et une Cantate pour la bienheureuse sœur Thérèse (), resté inachevée.

Principales œuvres (Hymne à Rubens, ou la Mort de Rubens commémorée), 1877, cantate, paroles d'Alex StoopsHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. (Le Pays flamand), 1877, pour chœur a cappella, paroles de Ed. van Bergen. (Les Fiançailles de Frédégonde), aria de concert, paroles d'Edmond van HerendaelHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. (La Patrie), 1880, cantate, paroles de Pieter Andries de VosHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. (Moïse sur le Nil), 1881, oratorio, livret d'Edmond van HerendaelJohannes Godefridus FREDERIKS et Frans Josef VAN DEN BRANDEN, Biographisch woordenboek der Noord- en Zuidnederlandsche letterkunde, Amsterdam, L.J. Veen, 1888-1891, .. (Retour à la mère patrie), 1883, aria de concert, paroles de Theodoor van RijswijckHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. (Yolande), 1884, oratorio, livret d'August Snieders. (Nuit de Noël), 1884, aria de concert, paroles d'Hilda RamHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. (Cantate pour enfants), 1885, cantate, paroles de Frans WillemsHedwige BAECK-SCHILDERS, Emile Wambach (1854-1924) en Het Antwerpse muziekleven, Bruxelles, Koninklijke Vlaamse Academie van België voor Wetenschappen en Kunsten, Klasse der Schone Kunsten, 1986 , .. (Dieu, nous te louons), 1886. (Sur les bords des fleuves de Babylone), 1888.