thumb|Gróa prononçant un galdr à son fils Svipdagr, dessin de William Gershom Collingwood publié en 1908 inspiré du Grógaldr.
Un galdr, au pluriel galdrar, est un terme en vieux norrois pour désigner une incantation dans la culture germanique ancienne. Il est associé a certains ritesL'article Galder in Nationalencyklopedin (1992) et effectué aussi bien par les femmes que les hommes. Le galdr se chante et certains chercheurs ont proposé que le galdr se chante peut-être en faussetSteinsland, G. & Meulengracht Sørensen 1998:72L'article galder in Henrikson A., Törngren D. and Hansson L. (1998). Stora mythologiska uppslagsboken. .
Étymologie Le mot galdr en vieux norrois est dérivé de l'ancien haut allemand gala voulant dire "chant, incantation". Il a un suffixe indo-européen -tro Hellquist, E. (1922). Svensk etymologisk ordbok. C. W. K. Gleerups förlag, Lund.
En vieil anglais les formes sont gealdor, galdor, galdre c.à.d. charme, enchantement, sorcellerie et le mot galan c'est-à-dire chant, incantation. Le mot galan est toujours contenu dans le mot anglais nightingale venant de næcti-galæ (rossignol) lié à giellan on peut retrouver la notion aussi dans le verbe en anglais moderne to yell et le néerlandais gillen voulant tous les deux dire "crier". En islandais le verbe að gala peut être traduit par "chanter, appeler, crier".
Le mot galstar en vieux bas allemand et galster en moyen bas allemand veut dire "chant, enchantement"Konrad von Ammenhausen Schachzabelbuch 167b qui survit dans l'allemand dialectal Galsterei, Galsterweib sorcellerie, sorcière.
Origine Les galdrar sont créés par Odin, qui en reste un des grands utilisateurs, raison pour laquelle il est aussi appelé , qui signifie en français « le seul créateur du galdr », ainsi que ou , qui signifient tous deux « père du galdr ».
Les galdrar sont créés à partir des runes qui sont "inventées" par Óðinn. On peut lire dans le Hávamál : No bread did they give me nor a drink from a horn, downwards I peered; I took up the runes, screaming I took them, then I fell back from there. Larrington, Carolyne (Trans.) (1999). The Poetic Edda. Oxford World's Classics. Aucun pain l'on me donna, ni une goulée d'une corne vers le bas je cherchais je pris les runes, criantVoir la référence au crie (giellen / galan) dans l'étymologie je les prenais.
Pratique La formule ou galdrar est composée en galdralag, une forme de versification allitérative, similaire au ljóðaháttr mais comportant un septième vers et présentant un parallélisme caractéristique.
Le galdr se chante, à la fois par des hommes et les femmes et particulièrement les völva, qu'ils soient mortels ou divins.
Prononcer un galdr peut être bénéfique, comme faciliter un accouchement, mais aussi avoir un effet négatif comme celui de rendre fou. Prononcé par un dieu, il permet à celui-ci de conjurer des sorts ou des maléfices, de réveiller les morts et de converser avec eux.
Exemples de galdrar Grógaldr faisant partie de l'Edda poétique Hrafnagaldur Óðins, « l'incantation-corbeau d'Odin », comportant un galdr d'Odin Hávamál faisant partie de l'Edda poétique et comportant 18 galdrar d'Odin Oddrúnargrátr
Galdrabók Le Galdrabók (ou le livre magique des galdrar) est un grimoire islandais datant d’environ 1600 Matthías Viðar Sæmundsson 1992:10; Flowers 1989:29; Lindqvist 1921:11.. C’est un petit manuscrit contenant une collection de 47 formules magiques Lindqivst 1921:9; Matthías Viðar Sæmundsson 1992:11. Le grimoire fut compilé par 4 personnes différentes A comparer avec les 4 Évangélistes considéré comme les 4 rédacteurs sacrés de la Bible. . Probablement depuis la fin s. jusqu’au milieu du S. Les trois premiers scribes étaient islandais et le quatrième un danois travaillant à partir de matériaux islandais Matthías Viðar Sæmundsson 1992:10; Flowers 1989:30.. Les différentes formules consistent dans des textes latins et des inscriptions runiques, ainsi que du les bâtons magiques , des invocations à des entités chrétiennes, des démons, des dieux germaniques et l’utilisation d’herbes et objets magiques divers. Certains des charmes sont de protection, utilisés pour des problèmes de type gestation et naissance, maux de tête et insomnie, incantations contre la pestilence, mal de mer et accidents marins. D’autres encore sont de magie noire destinés à provoquer la peur, tuer des animaux, trouver des voleurs, endormir quelqu’un, causer la flatulence ou ensorceler des femmes.
Le livre fut publié pour la première fois en 1921 par Natan Lindqvist dans une édition diplomatique avec une traduction suédoise Lindqvist, Natan (1921). En isländsk svartkonstbok från 1500-talet. Uppsala.. La première traduction en anglais fut publiée seulement en 1989 par Stephen FlowersFlowers, Stephen (1989). The Galdrabók: An Icelandic Grimoire. . et un facsimilé de la première édition avec les commentaires détaillés de Matthías Viðar Sæmundsson en 1992Matthías Viðar Sæmundsson (1992). Galdrar á Íslandi. Reykjavík: Almenna bókafélagið. .
Notes et références Notes
Références
Article connexe Joik
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