La brigade anti-criminalité., connue aussi sous l'acronyme « BAC », est un service de la Police nationale française, créé en 1993. La BAC est, en région parisienne, rattachée à la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne et, ailleurs, à la direction nationale de la Sécurité publique.

Ces unités sont présentes à Paris, dans sa proche banlieue (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), en grande couronne parisienne (Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Val-d'Oise), ainsi que dans les grandes et moyennes villes de province, au sein de la plupart des commissariats. Il existe des BAC jour et des BAC nuit.

Les policiers de la BAC sont en civil ou non. Ils se déplacent dans des véhicules banalisés ou non. Des véhicules de certaines BAC départementales portent une sérigraphie spécifique. Certaines BAC départementales, comme la BAC75N de la préfecture de police de Paris, effectuent leurs missions en combinaison d’intervention et véhicules sérigraphiés (inscription police particulière en basse visibilité).

Les policiers de la BAC sont spécialisés dans les interventions à risques en zones urbaines, particulièrement en milieux sensibles (cités ou quartiers prioritaires).

Histoire

Les premières BAC départementales sont créées dans les départements de Paris et de Seine-Saint-DenisLe Figaro (17.11.2011) par Pierre Bolotte, ancien haut fonctionnaire aux colonies.

Avec la suppression de la police de proximité en 2003 par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, les policiers de la BAC sont devenus l’un des principaux visages de la police pour les habitants des quartiers prioritaires.

Accès droite|vignette|Policiers de la BAC lors du Mouvement anti-CPE, en 2006.

Les policiers sont tous volontaires, et passent des tests psychologiques. Ils doivent avoir une très bonne connaissance policière et maîtriser les éléments de procédure pénale. Pour intégrer les brigades anticriminalité, il faut avant tout avoir réussi le concours de gardien de la paix et être Policier.

Au bout d'un minimum de deux ans d'ancienneté après titularisation (laquelle est effective après l'année d’école de Police et celle de Gardien de la Paix stagiaire), le policier peut en théorie passer les épreuves afin d'être habilité BAC. Une à deux fois par an, un télégramme arrive dans les divers commissariats afin de recenser les fonctionnaires volontaires pour passer les épreuves sanctionnant l'obtention de l'habilitation. Une fois habilité BAC, le fonctionnaire peut déposer sa candidature sur les postes ouverts dans des BAC. Il est d’usage que les policiers des BAC puissent faire eux-mêmes leur choix parmi les postulants, pour les qualités qu'ils pourraient apporter au groupe.

Les policiers restent théoriquement à la brigade anticriminalité un maximum de neuf ans, en trois périodes de trois ans, chacune soumise à un test de recyclage. La réalité veut qu'un fonctionnaire de police exerçant en brigade anticriminalité pourrait y rester jusqu'en fin de carrière s'il le souhaitait, l’expérience policière spécifique étant appréciée dans ces unités.

Évolution : plan BAC-PSIG

vignette|Deux véhicules de la BAC en intervention en 2019. Le , le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve annonce un plan « BAC-PSIG 2016 » destiné à renforcer la sélection et la formation du personnel affecté aux BAC de la Police nationale et aux pelotons de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie (PSIG), et ce dès l'année 2016. Ce plan prévoit également le renforcement des moyens attribués à ces unités, notamment l'achat de véhicules (340 pour la police) et d'équipements de protections ou d'armementsCommuniqué du ministère de l'intérieur http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Communiques/Presentation-du-Plan-BAC-PSIG-2016-a-Rouen-le-30-octobre-2015. Ces mesures incluent : un volet anti-criminalité plus poussé en formation initiale en école de police ; la création de stages de formation complémentaires - y compris un module intitulé « déontologie de l'interpellation » ; la mise en place d'une « nouvelle doctrine d'action et d'intervention » pour gagner en efficacité face aux nouvelles formes de délinquance ou de criminalité les plus violentes (allant du droit commun au terrorisme).

Ce plan prévoit des achats de véhicules, équipements de protection et armements pour un montant de d'euros, toutes forces confondues (police et gendarmerie). Parmi les mesures annoncées, les dotations supplémentaires compte environ d'euros pour l'acquisition ou le remplacement de véhicules. La somme de d'euros a également servi à l'achat de moyens de transmission et de systèmes de géolocalisation, mais surtout à la modernisation d'équipements de protection individuelle.

Pour le maintien de l’ordre en quartier difficile, l’une des spécialités de ces Policiers, des protections pour les épaules et les tibias viennent s’ajouter au casque dit « léger». D’autres équipements et armes intermédiaires sont à leur disposition, bâtons télescopiques, aérosols et grenades lacrymogènes à main, grenade de désencerclement, pistolets à impulsions électriques (Taser), armes longues type lanceur de balles de défense de nouvelle génération, calibre , avec dispositif holographique d'aide à la visée Brügger & Thomet GL06 (LBD-40). Ce type d'équipement est parfois invoqué dans les débats sur la militarisation de la police.

Le , le ministre de l'Intérieur annonce, dans le cadre de mesures prises à la suite des attentats de novembre 2015 à Paris, un plan d'intervention d'urgence pour faire face à toute attaque terroriste sur le territoire, impliquant la participation des BAC. En cas d’attaque terroriste, le rôle de la BAC (et des PSIG "Sabre" en zone gendarmerie) est d’atteindre la zone et de se déployer en moins de vingt minutes, avec équipement de protection lourd et fusil d’assaut, puis de prendre les premières mesures en attente des services d’intervention, type Brigade de recherche et d’intervention, RAID ou GIGN.

alt=|vignette|Unité déployée en fonction de la menace.

Pour faire face à ces situations, les effectifs des BAC se sont vu attribuer des équipements de protection lourds et de l'armement lourd spécifique.

Structure et fonctionnement

Il existe différents types de BAC : les BAC locales et les BAC départementales.

La BAC locale est répartie par circonscription de sécurité publique (CSP), patrouillant sur une ou plusieurs communes, voire sur un arrondissement comme à Paris. Ce sont des BAC les plus répandues, notamment en banlieue parisienne. Les fonctionnaires de police des BAC locales travaillent majoritairement en civil, au contraire de ceux de certaines BAC départementales (BAC75N, BAC94N, etc.).

Des BAC départementales existent dans certains départements, notamment en région parisienne. Elles sont réparties par direction départementale de sécurité publique (DDSP) ou direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP), avec une compétence sur la totalité du département qui lui incombe, à l'exclusion des zones attribuées à la gendarmerie.

Le cycle et les horaires de travail en BAC sont adaptés aux évolutions de la délinquance, analysée quotidiennement à l'aide de la cartographie informatisée. Elle essaye de traiter en priorité les flagrants délits. Selon leur localisation, en banlieue parisienne par exemple, et sur ordre de l'autorité hiérarchique, la BAC peut être utilisée comme une colonne d’assaut si aucun groupe spécialisé n'est disponible ou est trop éloigné.

Tenue

La tenue de la BAC est une tenue civile avec un brassard orange siglé « police » complétant la présentation d'une carte professionnelle en cas de besoin. Certaines BAC départementales, ainsi que les policiers exerçant en civil (en cas d'événement particulier ou de maintien de l'ordre), sont dotés d'une combinaison BAC (bleu foncé) avec écusson BAC (spécifique à chaque unité, créé par les effectifs et validés par l'administration).

thumb|center|Tenue en 2019.

Équipement et armements

Les effectifs des différentes BAC possèdent le matériel habituel de la Police nationale ainsi que du matériel spécifique aux différentes missions BAC. Cet équipement peut comprendre : le pistolet semi-automatique de marque Sig-Sauer SP 2022, arme de service, calibre , cartouches creuses (pouvoir de pénétration volontairement faible, pouvoir d'arrêt important) ; le fusil à pompe modèle Remington 870 en calibre 12 (peu utilisé, le G36 lui étant préféré) ; le pistolet mitrailleur de marque Heckler & Koch type HK UMP, cette arme étant un choix complémentaire ou secondaire pour les effectifs des BAC, plutôt majoritairement utilisée par les policiers de commissariat exerçant en tenue ; le bâton télescopique de défense ou plus rarement le tonfa (BPPL) ; les menottes administratives.

L'équipement peut également comprendre : le fusil d'assaut modèle HK G36 (variante KP2, canon de , coup par coup et rafales courtes, avec visée électronique type « point rouge », lampe tactique, poignée, etc.), arme longue principale de dotation collective, exclusivement réservée aux BAC et services assimilés en raison de la puissance de feu très importante ; le lanceur de balles de défense LBD40, communément appelé « 40 », calibre 40x46, avec visée holographique militaire EOTech et portée utile de (), arme intermédiaire présente dans chaque équipage BAC (maintien de l’ordre en milieu sensible, individu muni d’une « arme blanche », etc.) ; le pistolet à impulsion électrique (PIE) de marque Taser modèle X26, mode tir direct (filaire, effet immédiat de paralysie temporaire par blocage du système nerveux, 2 ma, ) et/ou mode contact direct sur l’individu à maîtriser (« shocker »).

Pour le maintien de l'ordre, l'équipement comprend aussi : le casque de maintien de l'ordre avec visière ; le bouclier antiémeute plastique ultra rigide ; les grenades à gaz lacrymogène type MP7 ou CM6 (avec bouchon allumeur - grenades à main - ou avec bouchon propulseur pour lance-grenades type Cougar) ; des grenades à éclats non létaux (GENL), remplaçant progressivement depuis les grenades de désencerclement, dispositif manuel de protection à très fort effet explosif (TNT) qui projette des plots en caoutchouc afin de disperser un attroupement hostile proche ; l'aérosol de défense de grande contenance, composé de gaz lacrymogène CS ; le gilet tactique pour l'emport de munitions pour LBD 40x46 et grenades.

Pour faire face à une situation d’acte de terrorisme, de prise d'otage, mais également pour intervenir sur des cas d'individus menaçants, retranchés ou armés, chaque policier de la BAC a été doté d’un équipement dit « lourd ». Il comprend un gilet pare-balles lourd avec plaques balistiques frontale, dorsale et latérales en céramique (porté en plus du gilet pare-balles à port dissimulé porté, lui, au quotidien), un casque pare-balles blindé d’intervention (avec visière pare-balles) et des équipements divers (poignée, lampes tactiques, etc.).

Criminologie

La BAC est à la recherche constante d'infractions sur la voie publique. Elle procède à de nombreux contrôles de véhicules, et à de nombreux contrôles d'identité, comme le lui permet l'article 78-2 du Code de procédure pénale. Elle s'emploie à rechercher, notamment dans le cadre juridique du flagrant délit, des faits quotidiens de petite et moyenne délinquance, et ponctuellement de faits de nature criminelle.

Il peut s'agir de vols à main armée, de vols de véhicules, de vols par effraction ou à la roulotte, comme de recels de vol, d'extorsions, d'arnaques diverses de voie publique ou de flagrants délits d'escroqueries, vols par ruse, abus de confiance, usages de fausse qualité. Elle intervient lors de violences, agressions, rixes, attroupements armés, affrontements entre bandes rivales, menaces, violences conjugales en cours.