Roger Melliès, né le à Béziers et mort le à Lyon, est un illustrateur et artiste de bandes dessinées français.

Après la Seconde Guerre mondiale, il devient le pilier d'Artima D'après le dossier consacré à Roger Melliès dans le de la revue Hop !, rédigé par L. Cance et Roger Jeanne..

Biographie

1901-1928 : les origines et le début d'une vocation Roger Melliès est né le à Béziers, dans l’Hérault, en France. Il est le fils de Paul Melliès, un notaire de profession et d’Élise Delmas, une femme sans profession. Son père souhaite qu'il prenne la succession de son cabinet, mais le jeune homme se passionne pour le dessin après ses études et choisit de poursuivre cette voie.

Il entame sa carrière de dessinateur en 1925 par la réalisation de panneaux publicitaires et travaille comme dessinateur dans une usine d'aviation américaine à Paris, qui va lui faire prendre goût à l’aéronautique. Par la suite, il est engagé par deux grands magasins : Le Bon Marché et les Galeries Lafayette, comme dessinateur pour leur catalogue. La photographie n'étant pas encore utilisée dans ce milieu, tout était encore dessiné à la main. C'est ainsi que Roger Melliès dessine vêtements, vaisselle, outils… Un vrai travail de précision qui lui est utile par la suite et qui se retrouve dans son travail.

Il commence à publier ses premiers dessins humoristiques entre 1927 et 1928 dans la revue L'Auto, un quotidien sportif.

1938-1939 : ses premières bandes dessinées Roger Melliès porte un intérêt certain pour la bande dessinée et pour l'aviation grâce à son travail dans l'usine d'aviation. C'est aussi une période d’essor pour l’aéronautique après l'utilisation des avions lors de la Première Guerre mondiale et par les exploits des pilotes de l'Aéropostale. Aussi, en parallèle de sa production de catalogue, il s’attelle à la conception de ses premières bandes dessinées.

Par la qualité de son dessin et l’engouement à l'époque des lecteurs envers l’aéronautique, il rencontre facilement des rédactions prêtes à le publier à la fin de l'année 1938. Il publie ainsi trois récits à suivre dans des revues très différentes idéologiquement. Le premier, Fou Volant est publié dans Mon camarade, un hebdomadaire issu du parti communiste français qui visait à être lu par ses adhérents. Le second, Police de l'air est publié dans L'Épatant, un hebdomadaire fondé par les frères Offenstadt et qui vise la classe populaire. Enfin Pilotes des sables est publié dans Pierrot, un hebdomadaire édité par les Éditions de Montsouris qui se destine aux garçons de 7 à 15 ans. C’est un des rares journaux à avoir résisté à la concurrence du Journal de Mickey avant la guerre en publiant essentiellement des bandes dessinées françaises.

Il poursuit sa carrière de dessinateur de bande dessinée l'année suivante, en 1939, pour les éditions Touret par la réalisation d'une histoire humoristique avec du texte sous les vignettes, intitulé Les Aventures de Bill, Bock et Kay chercheurs d'or. Cette aventure connaît un succès certain à la vue de ses nombreuses rééditions, notamment sous la forme d’albums souples en 1941, 1942 et 1946. Mais aussi sous la forme d'un récit en deux parties dans le Journal de Francette et Riquet, un périodique édité par les Editions René Touret.

En parallèle de sa production de bandes dessinées il produit aussi des illustrations pour les journaux Pierrot et Lisette, jusqu'à sa mobilisation en 1939.

Il est fait prisonnier en et envoyé au Stalag III A, se trouvant à Luckenwalde, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Berlin en Allemagne.

Roger Melliès, un dessinateur sous l'Occupation En 1942, Roger Melliès réussit à s’échapper en arrangeant lui-même un faux livret militaire. De retour en France, occupée par les allemands, il travaille pour les éditions de Del Duca, et créé Viva Villa, publié dans l’Aventureux dès le numéro 288 (le ). Cependant, le journal est arrêté quelques mois plus tard. La série parait aussi en Zone libre dans l’Audacieux mais est là aussi interrompue. Il continue toutefois à réaliser des récits complets dans différentes collections de Del Duca.

Dès 1944, toujours passionné de l’aviation, il succède à Kurt Caesar (Caesar Away) sur la série Aéroport Z, d’abord parue en Italie dans Paperino et disponible en France dans le mensuel, Sélections Prouesses pour l’éditeur Tedeschi, qui connaît un véritable succès. Il anime là aussi, une série d’aventure aux Indes, Terreur à Kalinpoor jusqu’en 1947. Travaillant chez cet éditeur, il côtoie Bourlès, Souriau, Bastard, Van Straelen, Liquois,…

Puis, en 1946, il crée le personnage Jérôme Gaillard et ses compagnons : Olive et Alouette, dans les Sélections Hardi et les Gars de l’éditeur Heroica. L’histoire débute au Gabon, à Pointe Noire, où il lutte contre l’espion nazi, Muller. Au cours des huit épisodes, les deux adversaires cherchent tour à tour à s’attraper. Ils se retrouvent en Afrique, au moment où les Allemands cherchent à contrôler l’empire colonial français. Il publie aussi pour cet éditeur d’autres récits comme Slim Harvey, L’As de Pique, Fulgur le roi du Trapèze,…

En même temps, il dessine quelques récits dans la deuxième série du journal Pic Nic, édité par la SAETL (Société anonyme d’éditions techniques et littéraires), comme Le Super-Rapid 110 a disparu, un récit d’aviation et un petit récit complet dans la collection SCALP.

Ensuite, jusqu’en 1954, il travaille avec les Editions Mondiales de Del Duca. Entre 1947 et 1948, il reprend sa série Viva Villa sous le nom de Pancho Villa dans l’Astucieux. Interrompu avant la fin de la série, sans aucune explication, il ne fait finalement pas carrière dans cette maison d’édition alors que ses confrères comme Bourlès, Giffrey, Souriau, Cazenave, les frères Droux vont quant à eux créer des séries et des personnages connus et aimés des jeunes lecteurs. Roger Melliès préfère alors s’en tenir seulement à la signature de quelques illustrations et récits complets dans « Les Aventures en images », « Les Aventuriers d’aujourd’hui » et « L’Intrépide ». En 1948, il propose L’Énigme du Lampong à la Société universelle d’édition, une filiale des éditions Mondiales.

1944-1965 : Roger Melliès, un dessinateur à succès grâce à sa collaboration avec Artima Parallèlement, dès 1944 et jusqu’à son décès, il collabore surtout avec Artima pendant vingt-cinq ans grâce à sa rencontre au camp de Stalag III A avec un illustrateur, M. Cladé travaillant pour l’éditeur de Tourcoing, qui conseille au recruteur des éditions Artima, Emile Keirsbilk, de contacter en 1943, Roger Melliès. Là, il réalise d’abord avec des recueils indépendants comme Escale 7, qui marque les adolescents de l’après-guerre et qui est dédié aux pilotes des sables, chargés d’assurer les liaisons aériennes entre les avant-postes disséminés dans le bled ; le Fantôme bleu du Hoggar, qui narre la colonisation de l’Afrique du Nord ; Potofeu le corsaire ; Tim et Tom détectives ; Toupinet voyageur clandestin ; le Trésor du pirate ; Polyte détective amateur et Polybe terreur des fauves.

En 1947, les éditions Artima lancent leur célèbre collection, Une Aventure de… en grand et moyen format à l’italienne et les dessinateurs sont invités à créer des personnages récurrents dans l’objectif de fidéliser les lecteurs. Pour cela, Roger Melliès présente Tex Bill, le Texas Ranger ; l’aviateur Toni Cyclone et l’aventurier Luc Hardy. Ces trois personnages lui assurent un travail régulier puisque les collections se transforment en Dynamic et Audax, toujours en format à l’italienne et devenant hebdomadaires.

Ces personnages ont des traits communs entre eux : courage, audace, perspicacité, loyauté et peuvent être confondus par leurs grandes tailles. Seuls leurs compagnons, vêtements et terrain d’action les distinguent.

Lors d’un nouveau changement en 1952, les éditions Artima adoptent le format à la française et les titres passent de 8 à 36 pages. Roger Melliès voit alors la demande de son éditeur augmenter. Dès lors commence pour lui, une période intense de production. Accablé de travail, il finit par abandonner Luc Hardy pour se consacrer à Tex Bill et Toni Cyclone, d’autant qu’ils deviennent les vedettes respectives des titres Aventures Film et Dynamic. C’est pour Artima, la période la plus prospère. Finalement, la mode des grands formats passe. En effet, au remontage, l’agrandissement des vignettes n’embellit pas les séries de Roger Melliès. Après la disparition d’Aventures Film, Tex Bill se retrouve dans Audax et passe en récit complémentaire dans le petit format Bill Tornade où il disparaît finalement en 1961.

Quant à Toni Cyclone, dont le titre Dynamic est passé en petit format, disparaît aussi à la fin des années 1965 avec un récit d’adieu « La dernière mission ». Dynamic a établi un record avec Toni Cyclone avec 160 numéros.

En même temps, il dessine aussi pour Artima-Arédit, Contre-espionnage à Aden, publié dans le mensuel Téméraire et Biggles et King, une série humoristique inspiré très largement de l’œuvre de Captain Johns, qu’il propose dans son fascicule éponyme en 1963. Il reprend aussi Bob Corton, devenu Bob Field pour trois épisodes et signe quelques récits complets dans Thierry et Olympic.

Personnages qui ont assuré le succès de Roger Melliès

Luc Hardy Par ses dessins élaborés, Roger Melliès met en scène une lutte ouverte contre les trafiquants d’esclaves dans la collection Audax.

Tex Bill Tex Bill est largement inspiré du Texas Ranger de Gary Cooper dans les Tuniques écarlates, dont l’acteur a servi de modèle.

Le personnage apparait pour la première fois dans un fascicule à l’italienne numéroté 2219, portant le nom de « Tex Bill shérif ». Le lecteur découvre alors le personnage lors de sa nomination de shérif dans le district de Black-City où a lieu le grand rodéo annuel. Participant à l’événement, il reçoit le grand prix, tout en mettant fin à la carrière d’un bandit, Tunero.

Mais, dès 1948, Artima souhaitant s’imposer sur le marché de la presse illustrée, lance une nouvelle collection, Une Aventure de…, qui transforme Dynamic et Audax. Elle impact directement cette série de Roger Melliès qui change alors de nom, en se nommant seulement Tex Bill, car ce nom « a une bonne consonance et est susceptible de frapper l’imagination des jeunes lecteurs » d’après Artima.

Très vite, on établit clairement la situation de Tex Bill en tant que shérif de San Pedro dans le récit nommé Contre les pirates du rail, en renforçant son rôle de représentant de la loi sur la frontière américano-américaine, le long du Rio Grande, de la Basse Californie au Golfe du Mexique.

Dans la collection Une Aventure de… et dans sa suite Dynamic, au format à l’italienne, de 8 pages, il faut souligner l’effort apporté aux couvertures, avec des couleurs vives et qui appelle à l’achat. Aussi, les vignettes en noir et blanc sont beaucoup plus équilibrées, le trait est affirmé et appuyé.

Les aventures de Tex Bill mêlent à la fois selon les récits une partie sur le sud-ouest moderne et une autre sur la conquête de l’ouest sur le point de s’achever. Roger Melliès ne suit pas une chronologie précise. Ainsi, l’auteur saute un siècle par exemple entre Les cow-boy à New-York avec des grosses voitures modernes, le métro aérien et les gratte-ciel alors que dans Les passeurs du Rio Grande, Tex Bill, utilise le talkie-walkie, moyen beaucoup plus moderne que le talking wire (le fil parlant), qui étonne les indiens.