L'USS Atlanta (CL-51) était un croiseur léger de la marine des États-Unis. Il était le navire de tête des bâtiments de la classe Atlanta ( au total). Construit par la Federal Shipbuilding and Drydock Company à Kearny dans le New Jersey, il est le premier navire de sa catégorie à afficher un déplacement de . Il est le troisième navire de l'US Navy à porter le nom de la ville d'Atlanta en Géorgie. Conçu pour apporter une protection anti-aérienne aux groupements de forces de la marine américaine, il assura cette fonction au cours de la bataille de Midway et de la bataille des Salomon orientales.
La coque porte le code d'identification CL-51. Dans certains ouvrages, l’Atlanta est désigné sous le code CLAA-51 en raison de son armement d'origine et des missions pour lesquelles il avait été conçu. D'où le fait que l'ensemble des navires de la classe Atlanta fut parfois désigné sous l'appellation CLAA. Cependant, ses canons de étaient à double usage. Ils pouvaient ainsi être utilisés tant contre des cibles en surface que contre des avions. Ces canons étaient ainsi en mesure de tirer des obus anti-aériens, explosifs, ou anti-blindage. Par ailleurs, la classe Atlanta fut la seule classe de croiseurs de la marine américaine de la Seconde Guerre mondiale à posséder des tubes lance-torpilles.
Les navires de la classe Atlanta possédaient un blindage léger, ce qui en faisait de piètres bâtiments pour le combat de surface en comparaison des croiseurs légers de type classique. En matière d'armement, la classe Atlanta était plus proche des destroyers. En effet, elle était armée de canons de , là où un croiseur léger était généralement équipé de canons de , mais, du fait de la longueur supérieure à de ces bâtiments combinée aux de (plus tard réduits à 12 sur les navires de cette classe), ces navires furent classés comme croiseur légers.
Les destroyers classiques de l'époque n'étaient armés que de cinq ou six canons de . En dépit d'être sous-blindés pour des croiseurs légers, les croiseurs de classe Atlanta avaient un blindage plus épais que les destroyers, qui étaient notoirement insuffisamment protégés.
Construction et armement La quille de l'Atlanta, premier navire de cette nouvelle classe, fut posée le , à Kearny, dans le New Jersey par la Federal Shipbuilding and Drydock Company. Le navire est parrainé par Madame John R. Marsh, plus connue sous le nom de Margareth MitchellL'auteur du roman Autant en emporte le vent. Il fut mis en service le au sous les ordres du captain Samuel P. Jenkins. Dictionary of American Naval Fighting Ships. Département de la Marine des États-Unis. Naval History & Heritage Command.
Armement
L’Atlanta fut équipé de huit tourelles à double canon de , placées dans une configuration unique : trois tourelles à l'avant et trois tourelles à l'arrière, montées en ligne, étagées l'une au-dessus de l'autre symétriquement de chaque côté du milieu de la superstructure. En outre, la batterie arrière disposait également d'une tourelle d'aile « intégrée » de chaque côté, pour un total de de . Les angles de tir des batteries avant et arrière se recoupaient sur un angle très limité, lui conférant un angle de dans lequel le navire pouvait faire feu avec toutes ses armes par bordée (à l'exclusion des tourelles de l'aile). Du fait que l’Atlanta était en mesure de pointer ses canons ensemble seulement dans un angle aussi étroit, sa capacité à engager des cibles de surface s'avérait limitée. Ses angles de tir étaient en revanche parfaitement adaptés pour pointer ses canons contre des aéronefs, cependant, avec un minimum de six canons disponibles à partir de n'importe quel angle.
Histoire et états de service Après avoir été armé et équipé, l’Atlanta effectua des entraînements inauguraux jusqu'au le long de la côte Atlantique, tout d'abord dans la Baie de Chesapeake puis dans la Baie de Casco dans le Maine, avant de retourner au New York Navy Yard pour des réparations et remises à niveau. Déclaré le , le croiseur prit la route du Canal de Panama en partant de New-York dès le . Il arriva à Cristobal le . Après avoir traversé l'isthme, il quitta Balboa le avec pour mission d'effectuer une reconnaissance de l'Île de Clipperton, un minuscule et stérile atoll à au sud-ouest d'Acapulco, sur la route vers l'archipel des Îles Hawaï, à la recherche d'activités ennemies. N'en ayant décelé aucune, il poursuivit sa route jusqu'à Pearl Harbor qu'il atteignit le . Bataille de Midway
Ponctuant son bref séjour dans les eaux hawaïennes par un exercice anti-aérien au large d'Oahu le , l’Atlanta, en compagnie de l', fit route le en mission d'escorte de l' et de l', à destination de Nouméa, Nouvelle-Calédonie. Une fois la mission accomplie, il rejoignit la Task Force 16 () du vice-amiral William F. Halsey, constituée autour des porte-avions et , alors qu'elle rentrait sur Pearl Harbor ayant été rappelée vers les eaux hawaïennes en réponse à une poussée offensive imminente des Japonais en direction de l'atoll de Midway. La parvint à Pearl Harbor le .
L’Atlanta navigua à nouveau avec la à partir du . Au cours des jours qui suivirent, il participa à la protection des porte-avions alors qu’ils opéraient au nord-est de Midway en anticipation de l'arrivée de la flotte ennemie. Dès que les navires japonais furent signalés au sud-ouest au matin du , l’Atlanta se prépara au combat alors qu'il participait à la protection du Hornet. Les escadrilles des porte-avions américains recherchèrent les Japonais et durant toute la journée, des avions du et de l' infligèrent des dommages létaux à quatre porte-avions que les japonais ne furent jamais en mesure de remplacer. Les avions japonais quant à eux frappèrent à deux reprises la Task Force 17, qui supporta l'essentiel du poids de l'attaque ennemie. Au cours des jours qui suivirent la bataille de Midway, l’Atlanta est resté en protection de la jusqu'au , date à laquelle le groupe aéronaval reçut l'ordre de rentrer à Pearl Harbor.
Parvenu à destination le , l’Atlanta, en dehors de brèves périodes d'entraînement antiaérien les 21, 25 et , resta au port, en alerte à , puis à jusqu'en . Il fut mis en cale sèche le et afin que sa coque soit récurée, nettoyée et repeinte. Le croiseur acheva sa remise à flot le puis reprit un agenda chargé d'exercices d'artillerie, contre des drones cibles, des cibles tractées à grande vitesse ou des bombardements contre des objectifs à terre dans la zone d'opération de Hawaï.
Le , l’Atlanta, à nouveau au sein de la TF 16, fit route vers Tongatapu. Ayant jeté l'ancre à Nuku'alofa dans les îles Tonga le , il recompléta l' en carburant avant de se ravitailler lui-même auprès du pétrolier Mobilube. Le croiseur léger poussa ensuite plus avant le même jour pour rejoindre la TF 16. Le , alors que les préparatifs battaient leur plein pour l'invasion de Guadalcanal, l’Atlanta fut affecté à la TF 61.
Assurant la protection des porte-avions alors qu'ils lançaient leurs attaques aériennes en appui des opérations de débarquement des 7 et , l’Atlanta resta sur place jusqu'au retrait des porte-avions le . Dans les jours qui suivirent, il resta à la mer, effectuant les recomplètements lorsque c'était nécessaire, alors que le groupe opérationnels opérait dans les îles Salomon.
Bataille des Salomon orientales
Alors que les Américains consolidaient leurs positions sur Guadalcanal, le besoin critique des renforts incita l'amiral japonais Yamamoto Isoroku à envoyer la flotte combinée vers le sud afin de couvrir un grand convoi de troupes. Des avions de reconnaissance américains parvinrent à repérer les forces japonaises dans la matinée du . L'ennemi ayant été localisé au nord-ouest, l' et le lancèrent des avions de reconnaissance et d'attaque, mais ces derniers échouèrent à entrer en contact avec l'ennemi en raison de la détérioration des conditions météorologiques et du fait que les Japonais, sachant qu'ils avaient été repérés, rebroussèrent chemin.
Tout au long de la journée du , l’Atlanta reçut des rapports de contact avec l'ennemi et participa à la protection de l' alors que celui-ci lançait une escadrille d'attaque contre les porte-avions japonais. La détection d'un avion de reconnaissance ennemi à envoya l'équipage de l’Atlanta aux postes de combat, où il resta plusieurs heures. À , le croiseur augmenta sa vitesse alors que la se trouvait au nord-nord-ouest cherchant à se . À , alors que des avions non identifiés approchaient, l’Atlanta accéléra de nouveau à . L' lança ensuite une escadrille d'attaque peu de temps après, achevant la mise en place à .
Dans le même temps, les bombardiers et avions de combat du Shōkaku et du Zuikaku qui arrivaient incitèrent le groupe aéronaval américain à augmenter sa vitesse à , peu de temps après que l' eût terminé de lancer ses propres avions. Le raid japonais, estimé par le capitaine Jenkins à au moins en piqué Aichi D3A1 « Val », arriva par le nord-nord-ouest à . Au cours des onze minutes qui suivirent, l’Atlanta avec ses canons de , et ses batteries de contribua au barrage de protection de l', alors même que le croiseur léger s'efforçait de suivre les manœuvres et brusques changements de cap du porte-avions qui tentait d'éviter les bombardiers en piqué.
En dépit du barrage antiaérien très dense, le porte-avion fut touché à une reprise sur cinq coups tombés à proximité. Le capitaine Jenkins rapportera plus tard que son navire pourrait avoir abattu cinq appareils japonais.
Rattaché le lendemain à la Task Force 11 pour les opérations, l’Atlanta opéra au cours des quelques jours suivants avec cette force, qui fut rebaptisée Task Force 61 le . Lorsque le sous-marin I-26 torpilla le porte-avion le , le croiseur léger participa à la protection du navire amiral touché alors que l' le gréait d'une ligne de remorquage et commença à le tracter pour le mettre hors de danger. La force rejoignit finalement Tongatapu le , le croiseur léger put se ravitailler, se réapprovisionner en carburant auprès de l' et profiter d'une période d'entretien.
Ayant repris la mer le , le croiseur léger escorta le et le le . À l'issue de cette opération, ayant accompagné ses protégés à bon port, dans la en Nouvelle-Calédonie le 19, l’Atlanta se réapprovisionna en carburant, recompléta ses magasins et ses stocks de munitions, avant de repartir le 21 au sein du Task Group 66.4 (TG 66.4). Rattaché à la Task Force 17 à compter du , le croiseur léger fut détaché le jour suivant afin d'accompagner le , les destroyers et à Tongatapu qu'ils atteignirent le .
Reprenant la mer avec ces mêmes navires le , l’Atlanta escorta brièvement des navires de transport destinés à Guadalcanal entre le 11 et le , avant de faire escale à Espiritu Santo pour un recomplètement en carburant dans l'après-midi du 15. Affecté ensuite à la Task Force 64 du contre-amiral Willis A. Lee, le navire fit route le même jour après la tombée de la nuit pour reprendre les opérations de couverture des efforts en cours pour la sécurisation de Guadalcanal. retournant brièvement à Espiritu Santo pour un réapprovisionnement en carburant, le navire de guerre resta au large du Segond Channel (bras de mer séparant l'île d'Espiritu Santo et l'île d'Aore dans l'après-midi du .
Deux jours plus tard, avec une offensive de l'Armée japonaise ayant échoué à expulser les Américains de Guadalcanal, l'amiral Yamamoto décida d'envoyer la flotte combinée dans une tentative d'annihiler la force navale américaine qui appuyait obstinément les . L’Atlanta opérait au sein de la TF 64, aux côtés de l', de l', de l' et de deux destroyers lorsque les deux forces navales engagèrent le combat dans la bataille des îles Santa Cruz le . Ce jour-là, l’Atlanta patrouillait sur les arrières du groupe de pétroliers-ravitailleurs en appui des deux groupes aéronavals américains. Le 27, lorsque le sous-marin I-15 attaqua la TF 64, la groupe naval manœuvra à grande vitesse afin de quitter la zone.