Le château de Madaillan est situé sur la commune de Madaillan, dans le département de Lot-et-Garonne.
Localisation Le château de Madaillan est situé à Madaillan, en Lot-et-Garonne. Le nom de Madaillan dérive du latin Mediolanum qui signifie terre du milieu. Le château domine les petites vallées des ruisseaux de Bourbon et de Saysset. Il est séparé du plateau, à l'est, par un large fossé.
Historique Le château de Madaillan a été construit par la famille du Fossat, une famille noble de l'Agenais, seigneur d'une partie d'Aiguillon. Le nom du Fossat n'apparaît pas avant le ; Les Madaillan de Lesparre sont une autre famille, issue d'un autre Madaillan sis à Roumagne.
La famille du Fossat Cette famille avait donnéVoir : Raymond-Louis Alis, Histoire de la ville d'Aiguillon et de ses environs : depuis l'époque gallo-romaine jusqu'à nos jours, 1895, : Raymond-Bernard du Fossat, évêque d'Agen, entre 1128 et 1149. Il a soutenu la fondation du prieuré du Paravis, entre 1125-1130, sur un terrain placé entre la Garonne et l'Auvignon, qui avait été donné vers 1100, à Dieu et la Vierge Marie, entre les mains de l'évêque d'Agen, par Gautier du Fossat, ses frères Arnaud et Giraud, leur mère GiraudePierre Jules de Bourrousse de Laffore, Notes historiques sur des monuments féodaux ou religieux du département de Lot-et-Garonne, , imprimerie F. Lamy, Agen, 1879 (lire en ligne) ; Le premier connu est Gautier du Fossat qui est cité comme seigneur de la cour de Guillaume IX, duc d'Aquitaine, entre 1120 et 1125. Il est probablement le père de Gautier II qui a eu un fils, Guillaume du Fossat, cité en 1162, qui a eu deux fils : Gautier III, cité en 1224 ; Arnaud-Garcie du Fossat, mentionné dans des actes entre 1242 et 1253, qui a eu quatre enfants : Amanieu du Fossat, mort en 1298, qui a eu deux fils et une fille : Gautier IV du Fossat, mort en 1298, comme son père, qui a eu : une fille, Indie du Fossat, un fils, Amanieu II du Fossat, seigneur de Madaillan, marié à Marthe de Lagraulet, qui usurpe au roi la justice haute et basse à Madaillan et s'est emparé des paroisses de Fraysses, Cardounet, Saint-Denis et Doulougnac en 1301. Il est mort en 1307 ; Amanieu III du Fossat, né vers 1270, et qui hérita de son cousin et de son neveu, et hérite du Fossat d'Aiguillon, de Madaillon, et d'autres lieux, maire de Bordeaux en 1311, sénéchal d'Agenais en 1313, sénéchal de Guyenne en 1319 ; Amaury du Fossat ; Amanieu IV du Fossat qui a deux fils : Bertrand du Fossat ; Jacques du Fossat qui a une fille : Jeanne du Fossat, mariée à Simon de Béarn ; Jeanne de Béarn, mariée à Amanieu II de Montpezat vers 1399 ; Marthe du Fossat, mariée à Raymond-Bernard de Montpezat, petit-fils de Rainfroid de Montpezat Gautier V du Fossat, qui eut : Arnaud-Garcie II du Fossat, cité dans une sentence arbitrale de 1287 et 1289. En 1316, le roi d'Angleterre demande au sénéchal de Gascogne d'évaluer les revenus du château du Fossat d'Aiguillon pour l'échanger contre des biens ayant des revenus équivalents. Il dévaste le bourg de Lunac à Aiguillon et est retenu prisonnier par le roi d'Angleterre en 1317. Il est le père de : Gautier VI du Fossat, placé en 1286 sous la tutelle de son oncle Raymond-Bernard du Fossat, prieur du Mas-d'Agenais. Le , son tuteur reconnaît qu'il est seigneur de Bruch du fait de son neveu et tenir du roi le château de BruchPierre Jules de Bourrousse de Laffore, Notes historiques sur des monuments féodaux ou religieux du département de Lot-et-Garonne, . Il a occupé en 1298 Duns et Sarrossa et usurpe au roi la justice haute et basse sur le territoire de la paroisse de Floirac ; Bonafoux du Fossat, mort avant 1287, qui a eu un fils : Bonafoux du Fossat, dont Amanieu a été le tuteur entre 1287 et 1289, mort jeune, et dont a hérité Amanieu III, en lui laissant les biens qu'il possédait à Aiguillon, Sainte-Livrade, Coleignes et Saint-Salvy ; Raymond-Bernard du Fossat, prieur du Mas-d'Agenais.
Le château de Madaillan et l'Agenais pendant la guerre de Cent Ans Après la mort d'Alphonse de Poitiers et sa femme en 1271, l'Agenais est passé sous la souveraineté du roi de France, avant de passer sous celle du roi d'Angleterre, en 1279. Philippe le Hardi a relevé de leur serment les villes et barons de l'Agenais. L'Agenais est alors plongé dans la guerre entre seigneurs essayant d'agrandir leurs domaines. La période de trouble qui en a résulté, des bourgeois et des seigneurs ont usurpé des biens du domaine royal et communal du bailliage d'Agen, comme les Durfort, seigneurs de BajamontNota : le château de Bajamont est complètement détruit., les Marmande pour le château de Castelnoubel, et les du Fossat, seigneurs de Madaillan. Pendant plus d'un siècle et demi les consuls d'Agen, appuyés par les souverains ou seuls, vont lutter contre les seigneurs pour défendre ou recouvrer leur domaine.
Le château a été construit, vers 1285-1289, par Amanieu II du Fossat (vers 1245-1307),
Le château a été construit sur le territoire de la ville d'Agen. Leurs armoiries sont sculptées sur la cheminée du rez-de-chaussée de la Grosse tour. Le château a dû être précédé vers 1250 par un simple poste militaire, mais le , le comte de Toulouse Raymond VII a reçu à Agen l'hommage d'Arnaud-Garcie du Fossat (vers 1215-après 1255) pour son château de MadaillanJean Florimond Boudon de Saint-Amans, Histoire ancienne et moderne du département de Lot-et-Garonne, volume 1, , Bertrand libraire, Agen, 1836 (lire en ligne).
Vers 1301, Amanieu II du Fossat s'est emparé des paroisses de Fraysses, Cardounet, Saint-Denis et Doulougnac, mais il n'a pas pu conserver les deux dernièresG. Tholin, P. Benouvelle, Revue de l'Agenais, . Amanieu III du Fossat (vers 1271-1351), frère ou neveu d'Amanieu II, est devenu seigneur de Madaillan en 1307 et co-seigneur du fief du Fossat d'Aiguillon. Il a été nommé par Édouard II maire de Bordeaux en 1311, sénéchal d'Agenais en 1313, sénéchal d'Aquitaine en 1317. Une enquête menée en 1311 à la demande du roi d'Angleterre est défavorable à Amanieu du Fossat quant à ses prétentions sur les paroisses de Fraysses et Cardounet, mais le procès entamé en 1318 par la ville d'Agen pour récupérer ses biens n'a abouti qu'à la charte de 1318.
La charte du roi d'Angleterre Édouard II datée de 1318 montre que Madaillan est alors une des principales baronnies de l'AgenaisNota : Pour l'entrée solennelle du nouvel évêque d'Agen dans sa ville, il était porté de l'abbatiale Saint-Caprais à la cathédrale Saint-Étienne par cinq seigneurs de l'Agenais, les seigneurs de Clermont-Dessus, du Fossat, Boville, de Madaillan et de Fumel.. Amanieu III du Fossat a augmenté les défenses du château.
À la mort d'Édouard II, un traité de paix est signé le par lequel la Guyenne est rendue au roi d'AngleterreRaymond-Louis Alis, Histoire de la ville d'Aiguillon et de ses environs : depuis l'époque gallo-romaine jusqu'à nos jours, , Ferran frères libraires-éditeurs, Agen, 1895 (lire en ligne). Onze des barons compromis dans le conflit sont exceptés de l'amnistie générale et leurs châteaux doivent être rasés. Amanieu III va s'activer pour préserver son château. Édouard III ne va pas montrer beaucoup d'empressement pour faire exécuter cette clause du traité. Robert Bertrand, seigneur de Bricquebec, maréchal de France, campe alors devant le château pour vérifier l'application de cette clause du traité. Amanieu va discuter avec les cours d'Angleterre et de France pour le conserver. Après la mort de Charles IV, son successeur Philippe VI de Valois a accepté en 1331 de ne pas le faire détruire. À la suite de cette victoire diplomatique, Amanieu s'est empressé de s'emparer des paroisses contestées de Cardounet, Fraysses, Saint-Denis et de Doulougnac. Les consuls d'Agen ont alors protesté devant les rois de France et d'Angleterre qui ont convoqué des assises à Langon en 1334. Le tribunal a rétabli la juridiction de la ville d'Agen sur Saint-Denis et Doulougnac mais a réservé sa position sur les deux autres paroisses. Cependant, la nouvelle déclaration de guerre entre le roi de France et celui d’Angleterre, le , va rendre inapplicable cette décisionG. Tholin, P. Benouvelle, Revue de l'Agenais, .
Le , le roi Philippe VI a nommé Simon de Provigny, sire d'Erquery, et Étienne de La Baume, dit le Galois, seigneur de Valenfin, maître des Arbalétriers, pour commander l'armée en Agenais et en Gascogne. Au début de 1338, le seigneur d'Erguery et le Galois de la Baume viennent assiéger le château de Madaillan en Agenais. Le château de Madaillan s'est rendu dans la seconde quinzaine de , ils sont à Marmande à cette époque, avant d'attaquer Penne-d'AgenaisClaude Devic Lucas, Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives, tome 4, , Chez Jacques Vincent, Paris, 1742 (lire en ligne)Jean-François Samazeuilh, Histoire de l'Agenais, du Condomois et du Bazadais, tome 1, , imprimerie J. Foix, Auch, 1846 (lire en ligne). Le château ne devait pas avoir de donjon à cette époque. De nombreux boulets de pierre ont été trouvés. Amanieu du Fossat a été retenu prisonnier pendant quatre années avant de retrouver la liberté dans un acte d'amnistie du roi qui lui a rendu ses châteaux avec les paroisses contestées de Cardounet, Fraysses, Saint-Denis et Doulougnac. Les consuls d'Agen ont de nouveau protesté auprès du roi pour cette atteinte à leur domaine. Philippe VI ordonne une enquête qui ne propose aucune solution. Celle-ci vint de la trahison d'Amanieu du Fossat qui est passé au service du roi d'Angleterre amenant le roi de France à lui supprimer toutes ses concessions en .
Le château de Madaillan est restitué à Amanieu III du Fossat par le roi de France en 1342. Il est encore vivant en 1350. Il est le constructeur des différentes parties de l'enceinte, de la maîtresse-tour et d'une partie du corps de logisG. Tholin, P. Benouvelle, Revue de l'Agenais, . Après la mort d'Amanieu III, lui succède Amaury du Fossat. Amanieu IV du Fossat apparaît en 1355, jusqu'en 1373.
Le château est assiégé en par Craon, lieutenant du roi de France, puis, le château ayant résisté, en , par Jean, comte d'ArmagnacG. Tholin, P. Benouvelle, Revue de l'Agenais, .
En , les troupes du comte d'Armagnac et celles du roi d'Angleterre se sont affrontées près de Madaillan d'Agenais. L'enceinte basse du château a été construite au et améliorée avant le siège de 1575Voir : Charles-Laurent Salch.
Le traité de Brétigny, en 1360, donne de nouveau l'Agenais au roi d'Angleterre. Les seigneurs, dont Amanieu IV du Fossat, les paroisses d'Agenais, les représentants du consulat et de la ville d'Agen doivent prêter serment mutuel de fidélité et de protection au roi d'Angleterre représenté par le prince de Galles dans la cathédrale de Bordeaux, le Archives historiques de la Gironde, tome XXXIV, ..
En 1364, Amanieu IV du Fossat est nommé sénéchal de Rouergue par le Prince Noir. Après une nouvelle plainte des consuls d'Agen sur les usurpations des seigneurs de Madaillan, le Prince Noir demande une enquête sur cette usurpation du domaine royal en 1364 et 1365. L'enquête tournant à son désavantage, Amanieu a multiplié les sursis et le Prince Noir lui a accordé des délais. Finalement, les consuls d'Agen ont proposé une transaction en 1369. Le baron de Madaillan devait conserver Fraysses, Saint-Denis et une partie de Cardounet, mais abandonner ses prétentions sur Pauliac et Saint-Julien. Approuvée par le Prince Noir, cette convention n'a pas été exécutée par les barons de Madaillan.
En 1372, dans le conflit qui oppose le comte de Foix et le comte d'Armagnac, Bertrand du Fossat, seigneur de Madaillan, est venu au secours du comte d'Armagnac. Il assiste comme témoin à la paix entre le comte de Foix et le comte d'ArmagnacFrançois Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, tome 6, , chez Antoine Boudet, Paris, 1773 (lire en ligne)