Abdel Basset Sarout, né en 1992 à Homs en Syrie et mort le à Reyhanlı en Turquie, est un footballeur syrien, évoluant au poste de gardien de but. En 2011, lors des manifestations du printemps arabe, il devient une figure de l'opposition syrienne à Homs, puis de 2012 à 2019 un chef rebelle de la guerre civile syrienne.

Biographie Carrière dans le football Abdel Basset Sarout est le gardien de but du club local d'Al-Karama et ses exploits avec la sélection syrienne des moins de 20 ans lui ont valu le titre de « deuxième meilleur gardien de but d'Asie », lorsqu'il interrompt sa carrière, à 19 ans, pour rejoindre les premières manifestations au printemps 2011Benjamin Barthe, Abdel Basset Al-Sarout, voix des révoltés de Homs, mort au combat à 27 ans, Le Monde, 10 juin 2019..

Révolution syrienne Originaire du quartier sunnite de Bayada dans la ville Homs, sa famille elle est venue du Golan et son père est d'origine bédouine de la tribu husseinite des al-Na'im, en , il met sa notoriété au service des protestataires et devient une des figures les plus populaires de l'opposition syrienne. Pendant le siège de Homs, il lance des slogans et des chants repris en chœur par les manifestants : « Écoute sniper, voici ma nuque et voici ma tête ! », « Pourquoi s'entre-tuer, l'armée et le peuple sont frères ». Il partage parfois le podium avec Fadwa Souleimane, une actrice et poétesse alaouite ayant rallié de l'opposition. Désireux de contrer la propagande du régime qui présente la contestation comme un complot sectaire, purement sunnite, les deux frondeurs plaident pour un mouvement pacifique et populaire. Abdel Basset Sarout se lie également avec d'autres militants pacifistes, dont le jeune réalisateur Bassem Shehabeh. Cependant Bassem Shehabeh est tué en , tandis que Fadwa Souleimane s'enfuit en France où elle meurt d'un cancer en 2017.

Selon de nombreuses sources, Sarout aurait embrassé la tête ensanglantée d'un jeune manifestant de 19 ans mort, tandis qu'une foule scandait au rythme d'un tambour: « Dors bien, nous allons continuer la lutte… Des mères pleurent pour les jeunes de Syrie ».

Il fait rapidement parler de lui, à tel point que le média Al Jazeera le décrit comme: « l'icône la plus célèbre de la révolution syrienne ».

Siège de Homs En 2012, alors que les quartiers rebelles de Homs sont assiégés par l'armée syrienne, Abdel Basset Sarout finit par prendre les armes et prend la tête d'un groupe rebelle, la Brigade des martyrs de Bayada.

Son père et ses quatre frères trouvent la mort pendant le siège de Homs. Son oncle, Mohe Edden Sarout, est également tué en à Homs. Abdel Basset Sarout survit quant à lui à de multiples tentatives d'assassinat.

En 2014, après la capitulation des rebelles à Homs, Abdel Basset Sarout fait partie des personnes qui sont évacuées vers la région d'Idlib.

Rumeurs d'allégeance à l'État islamique Selon Le Monde, . En , quelques jours avant la capitulation rebelle à Homs, Abdel Basset Sarout enregistre une vidéo où il loue les actions du Front al-Nosra et de l'État islamique et appelle à combattre les chrétiens et les chiites بالفيديو: عبد الباسط الساروت، هدفنا من هدف داعش والنصرة وسوف نتكاتف معهم — http://www.annafir.com. Quelques mois plus tard, il apparaît dans une autre vidéo au milieu d'une assemblée, chantant un chant faisant l'apologie des attentats du 11 septembre 2001. Malgré son rapprochement avec al-Nosra, Talal Derki, réalisateur du documentaire « Homs, chronique d’une révolte » et qui connait bien Sarout, estime que jamais ce dernier ne deviendra terroriste. Selon Talal Derki, Sarout est dans une « logique de revanche » : « Il n’a plus rien à perdre. Le régime a détruit la ville et tué des civils, des membres de sa famille. Comment rester normal après cela ? N’importe qui deviendrait fou. ». En , le groupe armé de Sarout dément les rumeurs faisant état de son allégeance à l'État islamique. Fin , un militant de l'opposition, Abou Bilal Al-Homsi, affirme que Sarout a bien rejoint l'État islamiqueHélène Sallon, Sarout, icône de la révolution syrienne, rejoint l’EI, Le Monde, 31 décembre 2014.Abdel Sarout : le foot, la révolution syrienne et l'EI, L'Obs, 31 décembre 2014.. Mais en , dans une longue interview, dos au drapeau de la révolution syrienne, Abdel Basset Sarout, dément avoir jamais prêté allégeance à l'organisation djihadisteLien vers une vidéo. Selon le journaliste du Monde Benjamin Barthe, .

Combats dans la région d'Idlib et mort Après avoir séjourné quelque temps en Turquie, Abdel Basset Sarout rejoint le gouvernorat d'Idlib et rallie le groupe rebelle Jaych al-Ezzah.

Au printemps 2019, Abdel Basset Sarout combat dans les rangs du groupe rebelle Jaych al-Ezzah, alors que les troupes du régime mènent une offensive contre la poche d'IdlibUn footballeur devenu combattant rebelle meurt dans le nord-ouest de la Syrie, AFP, 8 juin 2019.. Dans la nuit du 6 au , il est grièvement blessé par un obus loyaliste près du village de , dans le nord du gouvernorat de Hama. Le , il succombe à ses blessures dans l'hôpital de Reyhanlı, en TurquieFehim Tastekin, The Syrian funeral that divided Turkey, Al-Monitor, 13 juin 2019.. Son corps est enterré le dans le village de , dans le nord-ouest de la Syrie, en présence d'une foule de plusieurs centaines de personnesEn Syrie, les funérailles du "gardien de but de la révolution", AFP, 9 juin 2019.Caroline Hayek, La révolution syrienne dit adieu à son « oiseau chanteur », OLJ, 10 juin 2019..

Notes et références

Liens externes

Homs, chronique d'une révolte, Le Monde,

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