L'élection présidentielle italienne de 2015 a lieu du au afin d'élire au suffrage indirect le président de la République italienne pour un mandat de sept ans.
Elle fait suite à la démission du chef de l'État sortant Giorgio Napolitano, survenue le précédent. Réélu en pour un second mandat, celui-ci avait accepté de se représenter dans le contexte d'une grave crise consécutive aux élections parlementaires tout en indiquant que son maintien à la présidence ne serait que temporaire afin de faciliter la mise en œuvre d'une révision constitutionnelle visant à mettre un terme au bicamérisme égalitaire.
Après trois premiers tours infructueux, le juge constitutionnel Sergio Mattarella est finalement élu au quatrième tour, le , avec 665 voix sur 995 votants. Il entame son septennat le suivant, dans la foulée de sa prestation de serment au palais Montecitorio.
L'élection de Sergio Mattarella constitue un succès politique et personnel pour le président du Conseil Matteo Renzi, qui est parvenu à faire élire le candidat du Parti démocrate malgré l'opposition initiale d'une partie de sa coalition et la rupture du pacte d'entente qu'il avait conclu quelques mois plus tôt avec le chef du centre droit, Silvio Berlusconi « Mattarella président de la République italienne, le triomphe de Matteo Renzi », Le Monde, ..
Élection Procédure électorale vignette|L'hémicycle du palais Montecitorio, où se réunissent les grands électeurs. D'après la Constitution, le président de la République (Presidente della Repubblica) est élu au suffrage universel indirect par la séance commune du Parlement, à laquelle participent également cinquante-huit délégués régionaux, trois par régions, sauf pour la Vallée d'Aoste qui n'en a qu'un. Du fait de la présence de six sénateurs à vie, le collège comprend à cette occasion .
Le plénum est présidé par le président de la Chambre des députés et se tient au siège de la chambre basse, le palais Montecitorio à Rome. Pour ce scrutin, la présidence sera, par conséquent, assumée par Laura Boldrini, qui était déjà chargée de présider le précédent scrutin présidentiel, en 2013. C'est la première fois, dans l'histoire de la République italienne, qu'un président de la Chambre des députés se retrouve, deux fois de suite, chargé de présider un tel scrutin.
L'élection est acquise à la majorité des deux tiers de l'assemblée aux trois premiers tours, à la majorité absolue par la suite. Il faudra donc réunir , ou au-delà de trois tours.
Enjeux du scrutin Le , le président de la République sortant, Giorgio Napolitano, avait accepté d'être réélu pour un second mandat « Giorgio Napolitano a été réélu président italien », Le Figaro, . ; les grands électeurs que sont les députés, les sénateurs et les représentants de région n'étaient pas parvenus à lui trouver un successeur, dans un contexte politique très compliqué, puisque aucune coalition ne disposait de la majorité dans les deux Chambres du Parlement issue des élections générales des 24 et . Dans son discours d'investiture, qu'il a prononcé juste après avoir prêté serment deux jours après ce scrutin, le chef de l'État a indiqué que ce mandat ne serait que provisoire et qu'il attendait que le gouvernement bientôt désigné puisse mettre en œuvre de véritables réformes institutionnelles, économiques et sociales, sans quoi sa démission serait immédiate « Italie: le président Napolitano prête serment et réprimande la classe politique », France Info, ..
Le suivant, le vice-secrétaire du Parti démocrate (PD), Enrico Letta, était chargé de former un gouvernement « Enrico Letta : la carte jeune de Giorgio Napolitano », Le Point, ., finalement constitué trois jours plus tard « Italie: "Giorgio Napolitano a la haute main sur ce gouvernement" », L'Express, . ; outre le PD, ce cabinet d'union nationale était composé du Peuple de la Liberté (PdL), de Silvio Berlusconi, et du Choix civique pour l'Italie (SC), de Mario Monti. Le mandat de ce gouvernement est cependant abrégé le , lorsque le nouveau secrétaire du PD, Matteo Renzi, parvient à renverser, au sein du parti, le président du Conseil, auquel il succède le suivant. Le nouveau chef du gouvernement, décide d'accélérer les réformes, avec le soutien d'Angelino Alfano, ministre de l'Intérieur et chef du Nouveau Centre droit (NCD), une formation politique constituée de cadres transfuges du PdL refusant que les ennuis judiciaires de Berlusconi puissent peser davantage sur la politique nationale.
Le , le président Napolitano, dans son traditionnel discours télévisé de fin d'année, confirme ouvertement sa démission imminente, qui est officielle le « Le président italien, Giorgio Napolitano, a démissionné », LeMonde.fr, 14 janvier 2015.
Choix des candidats vignette|redresse|Sergio Mattarella, candidat soutenu par la majorité parlementaire. Lors du précédent scrutin présidentiel, de nombreuses personnalités avaient été pressenties pour succéder à Giorgio Napolitano, bien que ce dernier ait été finalement reconduit dans ses fonctions au terme d'une élection laborieuse. Cette fois, Giorgio Napolitano ayant démissionné, plusieurs noms sont de nouveau avancés soit par des personnalités politiques, soit par la presse italienne.
Parmi ces candidats pressentis, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, était régulièrement présenté comme l'un des favoris, bien que celui-ci ait nié tout intérêt pour la fonction présidentielle italienne. Dans une moindre mesure, trois ex-présidents du Conseil ont été perçus comme de sérieux candidats pour la magistrature suprême, tous trois étant néanmoins des personnalités issues du centre-gauche : Massimo D'Alema, Giuliano Amato et Romano Prodi. Celui-ci, déjà désigné candidat deux ans plus tôt à la présidence de la République, avait néanmoins subi une humiliante défaite.
Pour la première fois en Italie depuis 1992 et la candidature avortée de Nilde Iotti, l'hypothèse de la désignation d'une femme comme candidate à la présidence de la République est souvent mise en exergue, notamment par la presse. Parmi elles, la ministre de la Défense, Roberta Pinotti, et l'ancienne ministre des Affaires étrangères, Emma Bonino, sont les plus citées ; cette dernière, plusieurs fois candidate à la fonction suprême, n'a toutefois jamais été élue malgré une forte popularité et le souhait émis par une majorité de ses concitoyens de la voir élue présidente de la République, selon plusieurs enquêtes d'opinion.
Quatre autres femmes font figure de candidates jugées présidentiables : la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, chargée de diriger le collège électoral ; la vice-présidente de la Cour constitutionnelle, Marta Cartabia ; l'ex-ministre de l'Intérieur Annamaria Cancellieri ; et la présidente de la commission des affaires constitutionnelles du Sénat, Anna Finocchiaro.
D'autres candidats, de moindre envergure, pourraient être choisis, malgré les désaccords politiques qui les opposent alors au chef du gouvernement Matteo Renzi : le maire de Turin, Piero Fassino, l'ancien maire de Rome, Walter Veltroni, l'ex-secrétaire du Parti démocrate Pier Luigi Bersani et le ministre des Biens et des Activités culturels et du Tourisme, Dario Franceschini sont, dans ce cas, les plus cités.
Parmi les candidats pressentis, deux juristes juges de la Cour constitutionnelle ont les faveurs de la presse italienne : Sergio Mattarella et Sabino Cassese, qui a toutefois quitté la haute juridiction quelques mois plus tôt. Parmi la société civile, les noms de Riccardo Muti et de Renzo Piano sont également avancés « Quirinale. Numeri per un nuovo Presidente: 14, 58, 80, Padoan, Prodi, Cantone? », 2 janvier 2014.
Si aucun des candidats précédemment cités ne devait s'imposer, le président du Sénat, Pietro Grasso, pourrait être l'homme d'un compromis, tout comme le magistrat Raffaele Cantone.
Le , Antonio Martino est désigné candidat par le parti Forza Italia, auquel il appartient. Sa candidature est soutenue par le Nouveau Centre droit, dirigé par Angelino Alfano. Une semaine après, le , c'est le journaliste conservateur Vittorio Feltri qui est proposé par la Ligue du Nord et les Frères d'Italie, quand, le même jour, le président du Conseil, Matteo Renzi, indique sa préférence pour la candidature de l'ancien ministre démocrate-chrétien Sergio Mattarella.
Composition du collège électoral + center Parti Grands électeurs Parlementaires Délégués régionaux Total % Parti démocrate (PD)4153044544,10Forza Italia (FI)1301314314,17 Mouvement 5 étoiles (M5S)128112912,78 Area Popolare (NCD/UdC)704747,33 Ligue du Nord (LN)353383,77 Gauche, écologie et liberté (SEL)331343,37 Choix civique pour l'Italie (SC)320323,17 Autres108611411,30 Total95158100
De tous les partis représentés au Parlement, le Parti démocrate (PD) est, de loin, le plus important : avec un total de 445 grands électeurs, il n'est toutefois pas en mesure de faire élire, seul, le candidat qu'il proposerait. Une alliance s'avère donc nécessaire dans ce cas de figure. Loin derrière se trouvent Forza Italia (FI), le parti de droite dirigé par l'ex-président du Conseil Silvio Berlusconi, lequel espère jouer un rôle important dans le processus électoral, et le Mouvement 5 étoiles (M5S), lui-même situé dans l'opposition.
Ces deux partis refusant de se ranger derrière le PD, les autres forces en présence, de l'Area Popolare (AP) au Choix civique pour l'Italie (SC) en passant par la Ligue du Nord (LN) et Gauche, écologie et liberté (SEL) sont appelées à jouer un rôle crucial tout au long du scrutin, dans l'hypothèse d'un soutien offert au candidat présenté par le PD ou, au contraire, par la présentation d'un candidat propre dont l'élection serait toutefois peu probable compte-tenu des antagonismes opposant les partis membres du collège électoral « Italie : l'élection présidentielle prend son essor », Le Figaro, édition numérique du ..
Résultats de scrutin Il a lieu le .
+Résultats.Candidat Parti Voix %Ferdinando Imposimato12029,70Vittorio Feltri4912,13Luciana CastellinaSEL379,16Emma BoninoPR256,19Stefano Rodotà235,69Gabriele AlbertiniNCD143,47Claudio Sabelli Fioretti 112,72Romano Prodi 92,23Mauro Marelli 92,23Massimo CaleoPD81,98Marcello GualdaniNCD61,49Pier Luigi BersaniPD51,24Sergio Mattarella 51,24Lucio Barani NPSI40,99Agostino Marianetti30,74Antonio MartinoFI30,74Ricardo MerloMAIE30,74Ignazio Messina IDV30,74Paolo Mieli30,74Giuseppe Pagano NCD30,74Antonello Zitelli30,74Dario Ballini D'Amato20,50Anna FinocchiaroPD20,50Ezio Greggio 20,50 Autres candidatsCandidats n'ayant recueilli qu'une seule voix chacun.4811,88Majorité requiseLa majorité des deux tiers requise au premier, deuxième et troisième tour, ainsi que la majorité absolue aux tours suivant, s'effectue sur la base du total des inscrits. Il s'agit donc d'un nombre fixe, et non d'un pourcentage des suffrages exprimés. 673 voixSuffrages exprimés40441,44Bulletins blancs53855,18Bulletins nuls333,38Total975100Abstentions00,00Absents343,37Inscrits / Participation 96,63
tour de scrutin Il a lieu le .
+RésultatsCandidat Parti Voix %Ferdinando Imposimato12331,06Vittorio Feltri5112,88Luciana CastellinaSEL348,59Emma BoninoPR235,81Stefano Rodotà225,56Claudio Sabelli Fioretti 143,54Marcello GualdaniNCD102,53Giuseppe PaganoNCD71,77Santo Versace 61,52Romano Prodi 51,26Paola Severino 51,26Sergio Mattarella 41,01Antonio RazziFI41,01Gian Carlo SangalliPD41,01Ezio Greggio 30,76Mauro GuerraPD30,76Ignazio Messina IDV30,76Lucio Barani NPSI20,51Pier Luigi BersaniPD20,51Luciano CimminoSC20,51Anna FinocchiaroPD20,51Franco Frattini 20,51Agostino Marianetti20,51Giuseppe Scognamiglio20,51 Autres candidats6115,40Majorité requise 673 voixSuffrages exprimés39641,55Bulletins blancs53155,72Bulletins nuls262,73Total953100Abstentions00,00Absents565,55Inscrits / Participation 94,45
de scrutin Il a lieu le .