Le WWF (, auparavant jusqu’en 1986) ou Fonds mondial pour la nature est une organisation non gouvernementale internationale (ONGI) créée en 1961, vouée à la protection de l'environnement et au développement durable.
Elle est l'une des plus importantes ONG environnementalistes de la planète, grâce à plus de cinq millions de soutiens à travers le monde. Elle travaille dans plus de cent pays bénéficiant de de protection de la nature depuis sa création.
Le WWF est aussi l'objet de rapports d'investigation de journalistes et de documentaires TV l'accusant de multiples abus, allant des liens d'intérêt opaques avec des multinationales au recours à des groupes paramilitaires suspectés de violences sur les peuples autochtones dans le cadre de l'exercice de la mission de l'organisation.
Histoire Création Le , un groupe d'hommes d’affaires et de biologistes principalement britanniques, dont Julian Huxley, Peter Markham Scott, Guy Mountfort et Edward Max Nicholson, crée le WWF...
L'idée d'une organisation pour collecter des fonds d'aide pour les animaux en voie de disparition est initialement proposée par l'homme d'affaires Victor Stolan à Julian Huxley à la suite de la lecture de trois de ses articles publiés dans le journal britannique The Observer sur la chasse et la dégradation de l'environnement en Afrique de l'Est qui menacent la grande faune.. Huxley met alors en contact Victor Stolan avec l'ornithologue Edward Max Nicholson, directeur général de The Nature Conservancy qui décide au printemps 1961 de rassembler un groupe de scientifiques et d’experts en relations publiques pour créer ce type d'organisation.. Parmi ces experts, il fait appel à Peter Markham Scott qui dessinera le logo emblématique du WWF, et au docteur en biologie, Luc Hoffmann, héritier des laboratoires Hoffmann-La Roche qui sera vice-président de WWF International jusqu’en 1988.. Président du conseil d'administration du WWF France créé en 1973, Hoffmann est aussi le créateur de la réserve naturelle régionale de la Tour du Valat en Camargue..
Le WWF est conçu pour agir comme une organisation internationale de collecte de fonds pour soutenir le travail des groupes de conservation de la nature existants, comme l'UICN (l'Union internationale pour la conservation de la nature).. Sa création est marquée par la signature du « Manifeste de Morges », le document fondateur qui énonce notamment l'engagement du fonds à aider les organisations qui luttent pour sauver la faune mondiale :
Années 1970 À partir des années 1970, le WWF ne se concentre plus seulement sur les projets de conservation liés aux espèces, mais aussi sur la protection des habitats. Par exemple, en 1975, il participe à la création du parc national de Corcovado au Costa Rica, qui contient une dizaine de grands types d'habitats au cœur d'une forêt tropicale désormais protégée. En 1976, le WWF lance une ambitieuse campagne marine, intitulée , c'est-à-dire « La mer doit vivre ». La protection des aires marines existe déjà mais le but est d'agir plus efficacement sur la conservation marine sur l'ensemble de la planète, de créer des sanctuaires pour les dauphins, les phoques, les tortues et les baleines et de protéger les sites de nidification des tortues marines.
En outre, en 1974, il commence à décerner le Prix Getty, créé par l’homme d’affaires milliardaire américain J. Paul Getty. D'un montant annuel de , il récompense les contributions exceptionnelles à la conservation de la vie sauvage. Il passe à en 1999, puis à dans les années 2000, et se concentre sur l'éducation des futurs défenseurs de la nature. Les lauréats du Prix Getty incluent des scientifiques de renommée mondiale comme le docteur Jane Goodall, Peter Markham Scott ou encore Pan Wenshi.
Le WWF se concentre également davantage sur le suivi et le renforcement des contrôles du commerce des animaux et des plantes (y compris l'ivoire et la corne de rhinocéros). En 1976, un an après l'adoption de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), il crée en effet TRAFFIC en partenariat avec l'UICN. TRAFFIC () est un réseau de surveillance du commerce des espèces sauvages qui veille à ce que le commerce des plantes et des animaux sauvages ne constitue pas une menace pour la conservation de la nature. À la fin de la décennie, le WWF collecte plus d'un million de dollars dans le cadre d'une campagne visant à sauver le rhinocéros des braconniers.
Années 1980 Dans les années 1980, les actions du WWF dépassent la protection des espèces et des habitats. Ainsi, en 1980, avec le PNUE, elle assiste l'UICN dans le cadre de l'élaboration de la Stratégie mondiale de la conservation, qui pose les bases du concept du développement durable. En effet, il y est affirmé que l'humanité fait partie de la nature et qu'elle n'a pas d'avenir si la nature et les ressources naturelles ne sont pas conservées.
S'appuyant sur la Stratégie mondiale de la conservation, le WWF lance en 1985 le programme , qui démontre que les conditions économiques des populations rurales qui partagent leurs terres avec des animaux sauvages peuvent s'améliorer sans dégrader les habitats naturels. L'avenir de la diversité biologique de la Terre est extrêmement lié à l'amélioration de la qualité et de la sécurité de vie des populations rurales : pour que les gens ne soient pas obligés d'épuiser leurs ressources pour survivre ; pour créer les conditions nécessaires pour que les populations commencent à se stabiliser ; et pour qu'il soit logique et prudent pour elles d'investir dans des stratégies d'exploitation durable à plus long terme. C’est dans cet objectif qu’est créé en 1986 le parc national de Korup, au Cameroun, l'un des premiers à inclure la population locale dans le processus de planification afin d’aider la nature et les communautés à prospérer.
Dans un éditorial du de 1984, le vice-président du WWF, le , expose le concept consistant à utiliser la réduction de la dette du tiers monde pour protéger l'environnement : the debt-for-nature. Grâce à ces échanges de « dettes contre nature », le WWF convertira des parties de dettes nationales en Fonds pour la conservation. Ce mécanisme évite que les pays en développement ne soient obligés de réduire leurs budgets de conservation pour rembourser leurs dettes. « (Ces échanges) seraient bien plus qu'une aumône désintéressée aux mendiants : si l'on n'y touche pas, les problèmes environnementaux du tiers monde vont inévitablement toucher nos vies en générant des troubles sociaux et politiques » écrit le Thomas Lovejoy dans son éditorial. À la fin des années 1980, le concept est lancé au Costa Rica, en Équateur et aux Philippines.
Le WWF entreprend de travailler en partenariat avec les institutions religieuses, tout en conservant sa culture laïque. En 1986, en marge des Rencontres d'Assise, le WWF invite ainsi les représentants de cinq grandes religions pour un colloque interreligieux sur le thème de l'environnement afin de permettre aux religions de s'intégrer davantage dans le mouvement écologique et d'éveiller les consciences des fidèles des grandes religions et spiritualitésElisabeth Bourginat et Jean-Pierre Ribaut, "Des animaux pour quoi faire ?: approches interculturelles, interreligieuses, interdisciplinaires", éd. Charles Léopold Mayer, 2003, ..
La campagne du WWF menée à la fin de la décennie pour sauver l'éléphant d'Afrique joue un rôle important dans la décision de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) d'interdire, en 1989, le commerce de l'ivoire.
Années 1990 Les années 1990 illustrent l'implication croissante du WWF sur les problématiques liées à l'impact de l'homme sur le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité. La décennie marque ainsi l'adoption, en 1997, du protocole de Kyoto par les ministres des pays industrialisés, réclamée depuis de nombreuses années par le WWF et d'autres organisations comme Greenpeace. Le protocole de Kyoto fixe des objectifs juridiquement contraignants de réduction des gaz à effet de serre, afin de protéger le climat. Le WWF publie également en 1998 le premier rapport Planète Vivante, dont la publication biannuelle se poursuit encore aujourd'hui en partenariat avec la Société zoologique de Londres. Il fournit une analyse de pointe sur la santé de la biodiversité et la pression de l'humanité sur la nature, à travers notamment un indicateur principal, l’Indice planète vivante (IPV). En 1999, le WWF crée Climate Savers, en partenariat avec des entreprises de premier plan, dans le but de les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Le WWF continue également son action sur la conservation. En 1992, il commence ainsi à créer des « fonds fiduciaires pour la conservation » pour un certain nombre de zones de conservation hautement prioritaires. Ces fiducies agissent comme des fondations, fournissant un financement stable et à long terme qui peut couvrir les coûts environnementaux récurrents d'un pays. En 1998, la Namibie établit le programme de conservation des zones communales, désignant quatre réserves naturelles gérées par la communauté couvrant d'hectares d'habitat faunique essentiel. Ces nouvelles réserves sont la première étape de la création d'un réseau plus large de réserves dans le cadre d'une initiative de conservation lancée par le WWF, par le biais d'un accord avec l'Agence américaine pour le développement international (USAID), appelée LIFE ().
Dans les années 1990, WWF joue également un rôle clé dans le lancement du (FSC), un système de certification pionnier pour les produits forestiers durables afin de favoriser une gestion responsable des forêts du monde. Le lancement par le WWF et Unilever du programme (MSC) afin d'assurer la durabilité à long terme des stocks mondiaux de poissons et l'intégrité des écosystèmes marins suit trois ans plus tard, en 1997.
En 1991, en réponse à la diminution de la population de gorilles de montagne en Afrique, le Programme international de conservation des gorilles (PICG), une initiative conjointe de l' (AWF), de (FFI) et du WWF, est créé. Depuis, le programme a étendu ses activités et le nombre de gorilles a considérablement augmenté.
Années 2000 Dans les années 2000, le WWF renforce ses missions commencées lors des précédentes décennies et met en place de nouvelles actions. Le conseil d'administration du WWF annonce notamment en 2005 avoir adopté un objectif sur : conserver de manière mesurable 15 à 20 des écorégions les plus importantes du monde et, ce faisant, transformer les marchés, les politiques et les institutions afin de réduire les menaces pesant sur ces lieux et la diversité de la vie sur Terre.
Le WWF continue de travailler avec les institutions religieuses. Le processus engagé à travers différentes rencontres culmine en 2000 à Katmandou avec la déclaration d'engagements en faveur de la protection de l'environnement des représentants bahaïstes, bouddhistes, chrétiens, hindous, jaïns, juifs, musulmans, shintos, sikhs, taoïstes et zoroastriens.